VII. — POINTS DE SUSPENSION
Les points de suspension, an moins au nombre de trois, annoncent que l'expression de la pensée es! brusquement interrompue. C'est ce qu'en rhétorique on appelle une réticence. Mais, pour que 1 emploi de cette figure soit légitime et produise
son effet, il faut que le lecteur ou l'auditeur pi suppléer sans effort à ce qui n est pas exprime :
La douceur de sa voix, son enfance, sa grâce, Font insensiblement à mon inimitié Succéder... Je serais sensible à la pitié!
D'autres fois les points suspensifs sont de simples signes de déclamation, destinés à détacher des membres de phrase, afin de produire plus d'effets sur l'auditeur
« Je ne sais si j'ai la vue meilleure que monsieur pour ma part, je ne vois partout que gens faisant commerce d'amitié.
— Commerce!... Ah ! parbleu !... commerce; oui !... On se voit une fois : « Monsieur!... » Deux fois : « Mon cher!... » Trois fois : « Mon vieux!... » Un Siamois qui tomberait sur le boulevard et qui nous prendrait au mot, se dirait : « Quelle le n> diction ! les Parisiens sont tons unis par les liens d'une affection indissoluble !... (/'•■ le signe de distribuer des poignées de mains autour d Mon' ami !... Bon ami !... Cher ami !... Tendre ami !... Et des poignées de mains!... devant... derrière... et je te secoue!... et je te démanche!... et je te serre la main!... Commeje te casserais le cou !... Il estvrai qu'elle estpleine de boue et d'argent volé!... Raison de plus pour la secouer !... C'est le moyen qu'il en tombe quelque chose! »
Il ne faut pas, comme font certains romanciers, abuser des points suspensifs. A force de vouloir exciter l'attention et l'intérêt du lecteur, on le fatigue.