‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. Buisson (volume 3)Chapitre 356 sur 534 · SIPHON · texte numérisé non relu

SIPHON

un grand nombre que l'on peut voir vivants en Europe : les jardin» soologiques acquièrent de

temps en temps a grands frais des Anthropomorphes, Gibbons, Orangs, Gorilles et Chimpanzés, qui malheureusement ne résistent pas longtemps

à la rigueur de notre climat; ces mômes établissements possèdent presque constamment des sériel de Cercopithèques, deScninnpithèques.de Colnbes, et même quelques Cynocéphales, quoique ceux ci ne se recommandent ni par la beauté de huis formes ni par l'aménité de leur caractère; enfin les bateleurs choisissent volontiers les Magots pour en faire des animaux savants qui exécutent différents tours devant le public. Les Singes du Nouveau-Monde sont encore plus recherchés, à cause de la douceur de leur naturel; les Ouistitis, les Saimiris prennent place dans les appartements à côté des chiens bichons et King-Charles, tandis que les Sajous ou Sapajous et les Atèles peuplent les ménageries.

En commençant cet article, nous avons rappelé que les Singes avaient été réunis, sous le nom de Quadrumanes, à ""-tains mammifères qui leur ressemblent beaucoup et qui habitent Madagascar et certaines contrées de l'Afrique et de I Asie. Ces Mammifères, ce sont les LÉIICRJEN8, qu'on appelle aussi les Faux-Singes, pour indiquer que leurs analogies avec les Singes sont purement extérieures. Les recherches de MM. Milne-Edwards et Grandidier ont démontré en effet qu'il existe des différences considérables entre les Singes et les Lémuriens sous le triple rapport du développement, de la structure anatomique et des mœurs, et qu'il convient dès lors de créer pour ces derniers animaux un ordre particulier.

En tête de cet ordre des Lémuriens se placent les Indrisinés qui, à l'état adulte, n'ont à la mâchoire que quatre dents incisiformes, cinq paires de molaires et point de canines, et dont les mains postérieures sont munies d'un pouce énorme et de doigts peu mobiles. Admirablement conformées pour saisir une branche avec force, ces mains n'offrent à l'animal que des points d'appui très incertains dans la locomotion terrestre. Dans -ette tribu des Indrisinés rentrent YAvahis lainière ou Maki à bourse de Sonncrat, Vludris à :ourte queue et les Propithèques, tous propres à la grande lie de .Madagascar. C'est là aussi que vivent les Hapalemurs, les Lépilémurs et les Makis ou Lémuriens proprement dits, dont on connaît plusieurs espèces et qui constituent la tribu des Lémurinés. En revanche les Xycticcues, qu'on appelle vulgairement les L'/ris paresseux à cause de l'extrême lenteur de leurs mouvements, les Péiodictiques ou l'ollos, et les Arctocèàes, sont étrangers à Madagascar et habitent soit le Bengale, la Birmanie, les îles de la Sonde et les Moluques, soit la côte occidentale d'Afrique. Ce sont des animaux de petite taille, à la tète globuleuse, aux yeux très développés, ce qui dénote immédiatement des habitudes nocturnes. Plus petits encore sont les Galagos. qui se trouvent dans l'ouest, le sud et l'est de l'Afrique, et les Cltirogales, qui sont confinés à Madagascar, et qui ont à peu près la taille d'un rat ou d'un écureuil.

Enfin dans l'ordre des Lémuriens doivent encore être rangés deux animaux extrêmement remarquables par la singularité de leurs formes extérieures et les particularités de leur structure anatomique. L'un de ces animaux est le Tarsier s/)ectre, l'autre est ÏAye-Aye. Le Tarsier a les deux os de la jambe, le péroné et le tibia, soudés l'un à l'autre, le tarse démesurément allongé, le deuxième et le troisième orteils plus courts que les autres doigts et terminés chacun par un ongle en forme de griffe. La tête de ce petit animal, dont la taille est inférieure à celle d'un écureuil,

est amincie on avant, éclairée par des yeux largement ouverts et surmontée de grandes oreilles; lr curps est assez svelte, couvert de poils fauves, la queue très longue et très grôle, finissant en bonppe. Essentiellement noctambule, le Tarsier

m- nourrit d'insectes qu il Capture avec beaucoup d'adresse. Il se trouve à Java, à Sumatra, à Bornéo, à Célèbes, aux Philippines, etc.

Quant à l'Aye-Aye, qu'on désigne scientifiquement sinis le nom île C/iirOmys, il est de. la grosseur d'un Maki ordinaire, mais paraît plus robustfl à cause de la longueur et de la rudesse de sou pelage et du volume de sa queue relevée en panache. Sa tête est arrondie, surmontée de larges oreille^, et animée par de grands yeux, et ses extrémités antérieures présentent une conformation tout à fait anormale, le pouce n'étant pas opposable aux autres doigts et portant comme ceux-ci une véritable griffe, le doigt médian étant comme desséché, le quatrième doigt un peu moins grêle mais encore plus long que le précédent, et le cinquième doigt relativement très développé. L'Aye-Aye habite les grandes forêts de la côte sud-est de Madagascar et doit se nourrir principalement du suc mucilagineux de certaines plantes, de miel, deeufs. et peut-être aussi de larves d insectes. Lu 1X81, le Muséum d'histoire naturelle a reçu de M. Humblot plusieurs individus vivants de cette espèce étrange, découverte il y a un siècle environ par le célèbre naturaliste Sonnerat. [E. Oustalet.]

SIl'IK». — Physique, XIII. — Le siphon est un tube recourbé, à deux branches ordinairement inégales, employé à transvaser les liquides. Quand le tube est d'abord rempli, que sa plus courte branche plonge dans le liquide à transvaser et que l'on débouche la grande, l'écoulement a lieu d'une manière continue. Si on se contente de le remplir d'eau et de le tenir verticalement en bouchant la grande branche avec le doigt, sitôt que cette branche sera ouverte, tout le liquide du tube s'écoulera comme poussé de la petite branche vers la grande.

C'est à la pression atmosphérique qu'est dû l'écoulement. Cette pression est capable de soulever l'eau à 1(1 mètres dans un tube vide k la partie supérieure. Si l'on suppose une cloison au point le plus élevé du siphon, a la coaduie du tube, la colonne comprise entre cette cloison et l'extrémité de la petite branche sera non seulement soutenue mais pressée contre la cloison avec une force représentée par une colonne d'eau dont la hauteur sera la différence entre 10 mètres et la hauteur verticale de la petite branche. Il en sera de même de la colonne contenue dans la grande branche à l'extrémité inférieure de laquelle s'exerce aussi la pression de l'air. Si donc la cloison est mobile ou si à sa place est une tranche liquide, celle-ci, sollicitée par deux forces, se trouvera poussée par la plus grande. Pour préciser l'explication, admettons que la petite branche ait 1 mètre de long, la grande 3 mètres, la force agissante de la petite branche vers la grande sera le poids d'une colonne d'eau ayant pour surface la section du tube et pour hauteur verticale 10m,33 — 1 ou 9°Vi3; la force agissant de la grande branche vers la petit* n'aura pour valeur que 10,-53 — 3 ou 7m,33. Entre ces deux poussées inégales, le liquide du siphon ne peut rester en repos ; il s'écoule par l'extrémité de la grande branche.

Pour qu'un liquide chemine à travers un siphon, il faut donc deux conditions : 1° le siphon doit être rempli du liquide, ou, comme on dit ordinairement, amorcé; 2° l'orifice de sortie doit être plus bas que le niveau du liquide à transvaser. Cela suffit dans la plupart des cas ; cependant lorsque le tube du siphon a une section un peu considérable, il faut aussi immerger l'orifice de la

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