‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 353 sur 573 · SARAZIN · texte numérisé non relu

SARAZIN

condées par 3 sous-directrices dont 1 sans titre de capacité. On trouve également 1 sous-directrice d'école maternelle libre laïque et 2 sous-directrices congréganistes possédant leur certificat d'aptitude.

Les écoles maternelles ont reçu, pendant l'année 1884-1885, 6732 élèves (5415 en 1883-1884), répartis comme suit :

Écoles maternelles i laïques 1914 i « «ga

publiques ) congréganistes 2 278 ' *" ■'

Ecoles maternelles ( laïques 270

libres 1 congréganistes 770

Les enfants de 6 ans et au-dessus, c'est-à-dire d'âge scolaire, figurent dans ce nombre pour 607.

Ecoles normales. — Le département de la Haute- Saône possède deux écoles normales primaires, une pour les instituteurs et une pour les institutrices.

L'école normale d'instituteurs, fondée à Vesoul en 1834, reçoit actuellement 65 élèves-maîtres auxquels l'enseignement est donné par 7 maîtres normaux et 6 maîtres supplémentaires.

L'école normale d'institutrices, créée par application de la loi du 10 août 1879, n'a été ouverte qu'en 1884. Son siège est également à Vesoul. Elle compte, à la rentrée des classes en 1885, 48 élèvesmaîtresses auxquelles l'enseignement est donné par 8 maîtresses normales et 3 maîtresses supplémentaires.

Ecoles primaires supérieures. — L'enseignement primaire supérieur dans le département de la Haute-Saône, d'après une statistique récente, comprend une seule école primaire supérieure publique de garçons ayant deux maîtres spéciaux pour donner l'instruction à 57 élèves, dont 9 boursiers de l'État; et un cours complémentaire public, auquel est attaché un maître spécial, avec un effectif de 30 élèves.

Bibliothèques scolaires. — Voici la situation au 1" janvier 1885 :

■ Nombre de bibliothèques 539

— de livres de lecture 34 063

— de prêts pendant l'année 76 919

En 1863, le département ne possédait que 229 bi-

Bibliothèques pédagogiques. — Voici la situation au 1er janvier 1886 :

Nombre de bibliothèques 28

— de \olumes 10 459

Caisses des écoles. — 422 caisses des écoles fonctionnent en 1886 dans le département. Voici leur mouvement pendant l'année 1885 :

Recettes de l'exercice 1885 59 745 fr.

Dépenses 40 082

Somme en caisse à la clôture de l'exercice... 19 663 fr.

Avant l'application de la loi du 28 mars 1882, qui a rendu cette institution obligatoire, le département possédait déjà 166 caisses de ce genre, dont l'actif était en 1881 de 25323 francs.

Caisses d'épargne scolaire. — Elles existent dans le département depuis 1878. Voici leur situation en 1879 et en 1886 :

Année

Nombre Sommes inscrites

à de caisses de lirrets ces livrets

146 fr.

38 217 fr.

Société de secours mutuels. — La Société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices, fondée en 1868, est en voie de prospérité. Elle ne comptait en 1879 que 603 membres et son

actif n'atteignait pas 26000 francs. Elle compte en 1886 785 membres, et son actif s'élève à 50 876 francs.

Bulletin scolaire. — Le Bulletin scolaire du département de la Haute-Saône, dont la fondation remonte à 1868, paraît suivant les besoins du service, en format petit in-8°. Il est envoyé gratuitement à toutes les écoles publiques, dont il devient la propriété, et reçoit à, cet effet une subvention du Conseil général.

SARAZIN. — Louis-Charles Sarazin naquit à Paris le 1" mars 1797. Il fit ses premières étudesdans un modeste externat du faubourg Saint-Antoine et y fut bientôt employé comme sous-maître. L'instruction primaire l'attirait. Il voulut connaître à fond la forme nouvelle sous laquelle elle se présentait alors et qui commençait à prendre faveur : il se fit le disciple du pasteur Frossard qui, avec les pasteurs Martin et Bellot, était allé en Angleterre étudier le système de Lancaster, et essayait de l'implanter à Paris. Deux écoles mutuelles venaient de s'ouvrir, l'une rue Saint-Jeande-Beauvais, l'autre rue Saint-Ambroise-Popincourt. Au mois de décembre 1816, le jeune Sarazin fut placé à la tête de cette dernière. Il s'y distingua et, le 19 août 1818, le jour de la distribution solennelle des prix du concours entre les collèges royaux de Paris, « dans le lieu des séances de l'Institut royal », il recevait des mains de Royer-Collard « une des médailles d'argent destinées à l'encouragement des instituteurs primaires ».

Le comte de Chabrol, préfet de la Seine, ayant fondé à Paris une « École normale élémentaire », la direction en fut mise au concours. Les épreuves durèrent trois jours et six heures par jour; elles portèrent sur toutes les questions de l'enseignement élémentaire (lecture, calligraphie, orthographe, principes de la langue française, éléments de la géographie, de l'arithmétique et de l'arpentage,, ainsi que les procédés de leur enseignement, connaissance suffisante des préceptes et des dogmes de la religion). Des quarante-huit candidats qui s'étaient fait inscrire, treize seulement purent en atteindre la fin; M. Sarazin, à l'unanimité du jury, fut placé au premier rang et nommé directeur de l'établissement. L'école comprenait un internat et un externat. Le 20 novembre 1821, M. Sarazin y annexa l'un des deux premiers cours d'adultes qui existèrent à Paris, et M. de Chabrol l'autorisa « à faire les dépenses d'éclairage et autres menus frais qu'exigerait la nouvelle classe ». Le 19 avril 1822, le conseil d'administration de la Société pour l'instruction élémentaire, par une lettre signée du duc de La Rochefaucauld, du duc de la Vauguyon, du duc de Doudeauville, du baron de Gérando, de Jomard, du comte de Lasteyrie, de Francœur, félicitait chaudement le directeur des résultats obtenus.

Peu de temps après (20 mars 1824), le préfet de la Seine écrivait à M. Sarazin la lettre suivante : « Sur le rapport avantageux qui m'a été fait à votre sujet, j'ai décidé qu'à partir du mois d'avril prochain vous seriez chargé de l'inspection des écoles élémentaires du département. Trois jours par semaine seront consacrés à cette inspection et trois jours à l'enseignement des élèves de TEcole normale élémentaire. Votre traitement total pour ces deux attributions sera de trois mille francs, compris vos frais de tournées. Il ne sera rien changé à ce qui concerne l'école du soir pour les adultes actuellement en activité dans la maison de l'Ecole normale. Vous recevrez une expédition des règlements dont l'exécution vous est confiée comme inspecteur. C'est principalement dans cette fonction que tout votre zèle doit se déployer, pour assurer une bonne direction à la marche des écoles. Vous veillerez surtout à ce que rien ne

SARTHE

SARTRE

soit négligé de ce qui concerne l'enseignement religieux. » j

Nous citons cette lettre parce qu'elle marque l'origine de l'inspection dans le département de la Seine. Elle fut, comme on le voit, d'abord départementale, et M. Sarazin l'exerça jusqu'à ce que l'ordonnance du 26 février 1835 eût créé des inspecteurs de l'État. Il profita de l'influence que lui donnait sa situation pour provoquer la création de nouvelles écoles, par exemple dans les communes alors suburbaines de Passy, des BatignoUes, de Montmartre, de Belleville, etc., et pour donner une organisation uniforme à celles qui existaient déjà. Dans ce but, il composa son Manuel des écoles élémentaires. Cet ouvrage, dont la première édition remonte à 1824, fut approuvé par le Conseil royal ; M. de Vatimesnil, par une lettre du 24 février 1829, en félicite l'auteur et lui fait connaître que 600 exemplaires en seront distribués, aux frais du ministère, dans les diverses académies. Ce manuel, traduit en plusieurs langues, notamment en grec moderne, demeura jusqu'à la fin le véritable code de l'enseignement mutuel.

A la suite de la loi de 1833, l'École normale élémentaire fut transformée en un simple cours normal ou pédagogique. Quelques années après, le département de la Seine eut ses inspecteurs académiques. M. Sarazin continua néanmoins, d'une part, à former des maîtres pour Paris et pour les départements voisins désireux d'avoir des instituteurs formés d'après sa méthode, d'autre part à exercer ses fonctions d'inspecteur comme délégué Général à titre gratuit du Comité central pour Tinspection des écoles communales de garçons et d'adultes hommes. En 1860, lorsque Paris et la banlieue eurent leurs inspecteurs universitaires, il demeura le délégué général du préfet, chargé du personnel et du matériel. Il passa le reste de sa carrière dans cette situation, assistant comme Mlle Sauvan *, sa contemporaine et sa collaboratrice, à l'effondrement du mode mutuel qu'il avait personnifié pendant près de quarante années, mais comprenant que ce mode avait fait son temps et qu'il devait être remplacé par la méthode simultanée à mesure que de nouvelles ressources étaient créées et que les maîtres se multipliaient.

Présenté plusieurs fois pour la décoration par le Comité central, M. Sarazin avait obtenu cette haute distinction en 1845. En 1857, sur la présentation du vice-recteur de l'académie de Paris, il reçut les palmes d'officier d'académie et, un peu plus tard, celles d'officier de l'instruction publique. Il mourut d'une maladie de cœur le 8 octobre 1865, ayant été pour les écoles laïques de garçons ce qu'avaient été, de leur côté, le frère Philippe pour les écoles congréganistes, M^» Sauvan pour les écoles laïques de filles et M°»e Pape- Carpantier, venue la dernière, pour les salles d'asile. Nous associons volontiers ici ces quatre noms, parce qu'ils résument l'histoire de l'instruction primaire à Paris, pendant la période qui s'étend de 1815 à 18G0, c'est-à-dire pendant près d'un dedemi-siècle. [E. Brouard.]

SARTUE (Département de la). — Superficie, 6 207 kilom. carrés. Population : 438 917 habitants en 1881, au lieu de 446 239 en 1876. Densité moyenne de la population par kilom. carré: 71 habitants, chifl're de la densité moyenne delà France. 4 arrondissements, formant 5 circonscriptions d inspection primaire, savoir : le Mans, la Flèche, Mamers, Saint-Calais, etSillé-le-Guillaume ; 33 cantons, 387 communes, dont 296 de 500 habitants et au-dessus.

Le service de l'inspection primaire dans le département de la Sarthe est réparti de la manière suivante :

NOMBRE

D ECOLES

DE CLASSES

d'eleves

dei érolei. '

■ji '^

fi z

poblji].

libres.

poliliq.

libres.

M^lil-

libres.

1 Le Mans. .

1 La Flèche.

Mamers. . .

St-Calais..

i Sillé- le -Guil-

laume.

Population d'âge scolaire. — En 1876 on comptait 50 342 enfants de 6 à 13 ans (25 736 garçons et 24 606 filles), soit 11.28 enfants d'âge scolaire pour 100 habitants. En 1881 on ne compte plus que 49 786 enfants de 6 à 13 ans (v4927 garçons et 24859 filles), soit 11.34 enfants d'âge scolaire pour 100 habitants. C'est une diminution de 556 enfants de 6 à 14 ans pour une période de cinq années; pendant la même période la population totale a diminué de 7322 habitants.

1. Etat de l'instruction publique avant 1789. — « Le Haut-Maine, qui forme aujourd'hui le département de la Sarthe, possédait avant 1789 des établissements d'instruction presque aussi nombreux que ceux qui existent aujourd'hui. Ces collèges ou écoles devaient leur origine à l'initiative privée ; leur entretien était assuré par des fondations dont les titres sont conservés dans les archives et remontent assez souvent jusqu'au xve ou au xvi^ siècle. Le choix des maîtres, quand les fondateurs n'en avaient pas disposé autrement, était ordinairement laissé à la communauté des habitants. Les écoles de filles étaient pour la plupart, à partir du xvm^ siècle, confiées aux sœurs de la Chapelle-au-Riboul, qui, au nombre de deux ou trois par école, étaient chargées en même temps de visiter et de soigner gratuitement les malades pauvres,

» Nous possédons encore les procès-verbaux des visites faites dans les écoles par les soins de l'évêque du Mans vers la fin du dernier siècle. Ces documents constatent presque toujours que les enfants sont bien instruits. Lors même que cette assurance ne nous serait pas donnée, nous serions amené à le croire par la lecture des pièces que renferment les archives des communes et du département. Les cahiers des plaintes et doléances des paroisses, rédigés à la veille de la Révolution, révèlent chez leurs rédacteurs, non pas assurément des connaissances grammaticales très étendues, mais un bon sens très développé, des idées pratiques nombreuses, et une vive aperception des améliorations sociales désirables. » (Communication de M. Tarot.)

2. Développement de l'instruction primaire depuis 1789 ; état actuel. — De 1 739 a la Restauration. — A l'époque de la Révolution, les anciens maîtres furent dispersés ; et les tentatives qui furent faites pour réorganiser 1 enseignement ne paraissent avoir donné que de fort médiocres résultats. L'enquête faite en l'an IX par le préfet Auvray, constate que dans un grand nombre de communes il n'y a aucune école ; lorsqu'il y en a une, le maître est le plus souvent incapable. La situation de l'instruction primaire ne s'améliora pas sous l'Empire, ni sous la Restauration. Ce n est qu'à partir de la loi de 1833 que le progrès commença à se faire sentir.

Statistique comparée de 1329 a 1883-84. — Voici les données que nous possédons sur le développement de l'instruction primaire dans le dé-

SARTHE

SARTHE

partement de la Sarthe depuis la fin de la Restauration, époque où fut faite la première statistique des écoles primaires.

Nombre des communes dépourvues d'écoles, — En 1837, le département comptait 69 communes n'ayant aucune école, et 55 communes n'ayant pas d'écoles de filles. En 1850, il n'y avait plus que 37 communes entièrement dépourvues d'écoles. En 1883-1884, on ne trouve plus que 4 communes sans écoles ; mais 26 communes de 500 habitants n'ont pas d'écoles publiques de filles.

Nombre des écoles primaires publiques et libres. — Le nombre total des écoles primaires était, d'après V Almanachde VUniversilé, de 251 en 1821. Le progrès du nombre des écoles à partir de 1829 est résumé dans le tableau ci-après :

Écoles Écxiles ^otal publiques libres

d'après la statistique offid'» .

Division des écoles publiques ou libres en écoles de garçons, écoles mixtes et écoles de filles.

Écoles

de garçons mixtes de filles

1850 371 (y compris les 286 657

écoles mixtes

Division des écoles publiques et libres en écoles laïques et écoles congréganistes.

Écoles laïques Écoles congréganistes

ll,?^fv7«°/ de filles df garçons ^ gj, Total on mixtes ou mixtes

Nombre d'instituteurs et d'institutrices ^ y compris les adjoints et les adjointes.

Total

Institu

rices

lalqces

congrégan.

laïques congrégan

Nombre total d'élèves, et nombre des élèves gratidts dans les écoles primaires de toute nature.

(année civile).

1876-77 (année scolaire)

Total des élèves 18 5GO

Élève? gratuits

Manque.

Gratuité

En 1832, il y avait 406 élèves inscrits sur 10000 habitants; en 1840, 608; en 1863, 1005; en 1876- 1877, 1083, et 1262 en 1883-1884.

Ecoles maternelles {Salles d'asile).

Nombre ;s établissements d

es et de leurs au

e cours Nombre c

Femmes Hommes

Nombre es élèves

Nombre des

cours d'adult

Nombre c Hommes

diteurs,

'auditeurs Femmes

Brevets. — Le nombre des brevets délivrés de 1833 à 1885 inclusivement a été le suivant :

Instituteurs.

1833-1850. 399 brevets élémentaires, 20 brevets supérieurs. 1851-1867. 262 — obligatoires. 16 1868-1880. 324 — — 52

— élémentaires, 5 —

complets, facultatifs ou complets, supérieurs.

Institutrices.

1836-1850. 144 brevets élémentaires, 1 851-1867. 306 — obligatoires, 1808-1880. 553 — —

— élémentaires,

5 brevets supérieurs.

8 — complets.

33 — facultatifs ou complets.

1 — supérieurs.

Certificat d'études primaires. — Les examens du certificat d'études primaires ont été introduits dans le département de la Sarthe en 1876. En voici le tableau:

SARTHE

SARTHE

Nombre de candidaU Certifical» obtenus

Garçons Filles Garçons Fillci

1878 Sl7 212 443 186

Résultats de l'instruction. — Les deux tableaux ci-dessous indiquent le degré d'instruction des conscrits et des conjoints :

nombre de conscrits sachant au moins lire, de 1827 à ISSiinctusivement.

CLASSES

CONSCRITS

RANG du

DBPAR- TBMKNT

Examinés

Sachant

au moins

lire

Combien pour 100

En 1827-1829 la moyenne de l'instruction des conscrits était de 44.8 0/0 ; dans le département de laSarthe, cette moyenne était de 36.7 0/0, soit 8.1 0/0 au-dessous de la moyenne générale. La classe de 1884, en portant l'instruction des conscrits dans le département de la Sarthe à 83.4 0/0, réalise ainsi un progrès total de 46.7 0/0 pour la période de cinquante-cinq années qui s'est écoulée de 1829 à 1884, soit un progrès annuel de 0.85 0/0, tandis que pour la France le progrès n'a été durant la même période que de 0.79 0/0.

Nombre de conjoints, sur 100, ayant signé leur acte de mariage.

Années

Hommes

Femmes

nommes et Temmes

Budget de L'instruction primaire. — Nous donnons ci-dossous le tableau des dépenses ordinaires de l'instruction primaire pour les trente dernières années de 1855 à 1S84.

ANNÉES

nP-THIOC- TIOX

scolaire

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