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RKSSOD
la réti
de rÉtat
En 1863, la dépense moyenne par tête d'élève des écoles publiques était de 9'',72, soit 0f,25 au-dessus de la moyenne générale, qui était à la même date de 9^',47. En 1876, cette dépense était de 18f'",74, la moyenne générale étant de H'^SS. En 1882, la dépense par tête d'élève dans le département de Seine-et-Marne était de 30'', 73, tandis que la moyenne générale était de 21'', 77.
Etat actuel de l'instruction primaire. — Voici la situation de l'instruction primaire dans le département de Seine-et-Marne pendant l'année scolaire 1884-1885.
Nombre d'écoles. — Le nombre des écoles primaires est de 912 (780 écoles publiques et 132 écoles libres). 2 communes seulement sont entièrement dépourvues d'école. 20 communes de plus de 500 habitants n'ont pas encore d'école publique de filles (ce nombre était de 18 en 1882). Sur les 912 écoles primaires du département, il y a 765 écoles laïques (250 écoles de garçons, 201 de filles et 314 mixtes) et 147 écoles congréganistes (7 de garçons, 135 de filles et 5 mixtes).
Division des écoles de toute nature d'après le nombre de classes qu'elles possèdent.
Publiques. Libres.
Écoles à 1 classe 671 80
— 2 classes 79 29
— 8 — et au-dessus » 1
Totaux 782 132 '
SEINE ET-MARNE — 2749 — SETNE-ET-MAUNE
Division des classes publiques d'après le nombre des élèves quelles reçoivent :
Classes de 50 élèves et au-dessous.
soit 89.1 0/0
Les moyennes correspondantes pour toute la France sont : 82.8 O/O, 10.8 0/0, 4.1 0/0, 1.4 0/0, 0.9 0/0. D'où il résulte que sous le rapport de la répartition du nombre d'élèves par classe, le département se trouve dans une bonne situation.
Nombre d'élèves. — Les enfants qui ont fréquenté les écoles primaires pendant l'année scolaire 1884-1885 sont au nombre de 50 741 (au lieu de 50 317 en 1883-1884). Ce nombre peut se décomposer en :
Elèves des écoles publiques 42 889
Filles 25 742 j
Elèves des écoles laïques 41 484 )
— congréganistes 9 257 ji
( de garçons 17 500
— J de filles 18 999
( mixtes 14 242
Les élèves d'âge scolaire figurent dans ce nombre de 50 741 pour 42 892. De plus, les états dé situation des écoles maternelles accusent l'inscription de 1437 enfants de plus de 6 ans, et les classes primaires des établissements d'enseignement secondaire en reçoivent 525 environ, soit, au total, 44 854 enfants d'âge scolaire inscrits dans les établissements de toute nature. D'après le recensement de 1881, le nombre des enfants de cet âge pour le département de Seine-et-Marne serait de 40848, d'où il résulterait un excédent de 4 006 inscrits de 6 à 13 ans sur les recensés du même âge. Quoiqu'un excédent doive forcément se produire par suite des mutations d'école à école lorsque tous les enfants en âge de les fréquenter s'y feront inscrire, il y a dans le département de Seineet-Marne une exagération manifeste, dont nous renonçons à discuter ici les causes multiples.
Les deux enquêtes scolaires faites à la date du 5 avril 1884 et du 10 février 1885 ont donné, pour le département de Seine-et-Marne, les résultats suivants :
5 avril 18S4.
10 février
Enfants de tout âge. . .
Enfants d'âge scolaire.
Enfants da tout âge...
Ënfunts d'âge scolaire.
lasci'its. Préseats. Présents p. 100.
Certificat d'études primaires. — Le résultat des examens pour le certificat d'études primaires a été le suivant en 1885 :
Garçons.
Filles...
Totaui
Nombre de certificats obtenus.
Le nombre des certificats obteuus représente 15.9 0/0 du total des élèves en âge de concourir inscrits dans les écoles primaires publiques et libres. Pour toute la France, cette proportion est de 8.9 0/0. ^
Personnel enseignant. — L'enseignement primaire a employé dans l'année scolaire 1884-1886 l'c Partie.
un effectifde 1313 maîtres et maltresses, dont nous donnons le détail en doux tableaux.
1° Pour les écoles publiques.
Instituteur» Institutrices
laïques, con^r. laïques, congr.
Titulaires avec brevet su
P''rieur 52 „
Titulaires avec brevet élémentaire 404 2
Titulaires saus brevet » »
Adjoints brevetés 100 2
— non brevetés » »
2" Pour les écoles libres :
Instituteurs
Institutrices
Titulaires brevetés
— non brevetés. ... »
Adjoints brevetés 5
— non brevetés »
laïques, congr. laïques, congr 7 5 33
L'effectif général du personnel enseignant des écoles publiques primaires et maternelles subit une perte annuelle moyenne de 2.5 0/0. Dans le département de Seine-et-Marne cette perte est de 1.9 0/0.
En voici le détail pour les deux dernières années :
Années.
Instituteurs.
(révoqués 1
démissionnaires.. 2
i decédés 1
(retraités 10
/ révoquées »
et sous-directrices démissionnaires.. 4
Institutrices, directrices i j . .
et sous-directrices < j^™ ', . -
d'écoles malcrnelles. J»-''"-;; • ■ • ■;; |
Total.
Maisons d'école. — La situation au 1er septembre 1885 est résumée dans le tableau suivant :
Nombre et nature des immeubles scolaires.
Appartenant aux communes.
Prêtés. Loués.
de garçons.
Ecoles { de lilles
mixtes
Ecoles de garçous et de filles dans le même immeuble. . .
Totaui.
Total
Parmi les maisons d'école appartenant aux communes, 173 sont l'objet d'une demande d'amélioration. Le montant des sommes payées pour loyers de maison d'école s'élève à 9 985 francs.
Le chiffre des subventions accordées par l'Etat à diverses communes du département de Seine-et- Marne pour construction ou réparation de maisons d'école et pour acquisition de mobilier scolaire, durant les neuf dernières années, est le suivant :
Totaux.
Nombre
Subrentioiu
des communes.
de l'ËUU
31 000 fr.
303 SSO
1 381 480 fr.
SEINÊ-ET-MARNE — 2750 •=:= SEINE-ET-OISK
Ecoles maternelles. — Le département compte, en 1S85, 124 écoles maternelles (75 publiques et 491ibres).Sur les 75 écoles maternelles publiques, 41 sont dirigées par dés directrices laïques et 34 par des directrices congréganistes. 9 directrices laïques ne sont pas munies du certificat d'aptitude ; parmi les 34 directrices congréganistes, 15 sont dans ce cas. Sur les 49 écoles maternelles libres 5 sont dirigées par des laïques et 44 par des congréganistes; 3 directrices laïques et 23 directrices congréganistes n'ont pas de titre de capacité. Les directrices publiques laïques sont secondées par 13 sous-directrices, dont 1 n'ayant pas de titre de capacité; les directrices publiques congréganistes sont secondées par 9 sous-directrices, dont 6 sans titre de capacité. On trouve également 3 sous-directrices d'écoles maternelles libres congréganistes, dont 1 sans titre de capacité.
Les écoles maternelles ont reçu, pendant l'année 1884-1885, 9662 élèves (9603 en 1883-1884), répartis comme suit :
, .,. ( laïques... .^398 ) ^--o -
Écoles jP"^^'^"^^-!conVég.. 3370Î^'68^
maternelles i ... ' — ' ^
\ libres. ,
nu ) -
Les enfants de 6 ans et au-dessus, c'est-à-dire d'âge scolaire, figurent dans ce nombre pour 1437*
Ecoles normales. — Le département de Seineet-Marne possède deux écoles normales, une pour les instituteurs et une pour les institutrices.
L'école normale d'instituteurs, fondée à Melun en 1833, compte actuellement 50 élèves-maîtres, auxquels l'enseignement est donné par 7 maîtres normaux et 5 maîtres supplémentaires.
L'école normale d'institutrices, dont le siège est également à Melun, a été ouverte en 1880 par application de la loi du 10 août 1879. Elle compte actuellement 50 élèves-maîtresses auxquelles l'enseignement est donné par 9 maîtresses normales et 3 maîtresses supplémentaires.
Ecoles primaires supérieures. — Au 1^^ janvier 1885, il existait dans le département de Seine-et-Marne 2 écoles supérieures publiques de garçons, avec 8 maîtres et 66 élèves (dont 23 boursiers) ; 3 cours complémentaires publics de garçons, avec 5 maîtres et 77 élèves (dont 2 boursiers), et une école primaire supérieure de filles, avec 14 maîtres et 43 élèves (dont 19 boursières).
Bibliothèques scolaires. — Voici la situation au 1" janvier 1885 :
— de livres de lecture ''.'..'JVl
— de prêts ii-i.
Bibliothèques pédagogiques. — Voici la situation au 1er janvier 1886 :
Nombre de bibliothèques 30
— de volumes 10 368
En 1863, le département ne possédait que 78 bibliotiièques scolaires contenant ensemble 6 785 volumes de toute nature.
Caisses des écoles. — 387 caisses des écoles fonctionnent en 1886 dans le département. Voici leur mouvement pendant l'année 1885 :
Recettes de l'exercice 1885 104 195 fr.
Dépenses 69 854
Somme eu caisse à la clôture de l'exercice, . 34 341 fr.
Avant l'application de la loi du 28 mars 1882, qui a rendu cette institution obligatoire, le département possédait déjà 144 caisses de ce genre, dont l'actif était en 1881 de 23 436 francs.
Caisses d'épargne scolaires. — Elles existent dans le département depuis 1875. Voici leur situation en 1879 et en 1886 ;
Aniiéés.
Nombre 'ih
1n«fi9lBni«»if.ierile$
de Caisses.
' de lirre'ts
'ces livrets.
48 036 fr.
179 360 fr.
Société de secours mutuels, r^ La Société de secours mutuels entre les instituteurs et les in»stitutrices a été fondée en 1859. Elle comptait en 1879 900 membres et son actif atteignait 59211 francs. Elle ne compte plus en 1886 que 892 membres, et son actif ne s'élève plus qu'à 52 201 francs.
Bulletin scolah^e. — Le Bulletin scolaire du département de Seine-et-Marne, dont la fondation, remonte à 1874, paraît suivant les besoins du sert vice, en format petit in-8o. Il est envoyé gratuitement à toutes les écoles publiques, dont il de-' vient la propriété, et reçoit à cet effet une subvention du Conseil général.
SEINE-ET-OISE (Département de). — Superficie, 5 604 kilom. carrés. Population : 577 798 habitants en 1881, au lieu de 561 990 en 1876. Densité moyenne de la population par kilom. carré : 103 habitants, au lieu de 71 habitants, chiffre do la densité moyenne de la France. 6 arrondissements, formant 8 circonscriptions d'inspection primaire, savoir : Versailles, Corbeil, Étampes, Gonesse, Mantes, Pontoise, Rambouillet et Saint- Germain-en-Laye ; 36 cantons, 688 communes, dont 306 de 500 habitants et au-dessus.
Le service de l'inspection primaire dans le département de Seine-et-Oise est réparti comme suit :
aâ
d'écolbs
NOMBRE
DE CLASSES
d'élèvss
Versailles. . .
Corbeil . .
Etampes .
Gonesse. .
Mantes. . .
Pontoise .
Rambonillet.
St-Germaio .
Population d'âge scolaire. — En 1876 on comptait 63 251 enfants de 6 à 13 ans (32 329 garçon* et 30 922 filles), soit 11.26 enfants d'âge scolaire pour 100 habitants. En 1881 on ne compte plus que 62 162 enfants de 6 à 13 ans (31 560 garçons et 30 602 filles), soit 10.76 enfants d'âge scolaire potu" 100 habitants. C'est une diminution de 1089 enfants de 6 à 13 ans pour une période de cinq années, tandis que pendant la môme période la population totale s'est accrue de 15 808 habitants.
1. État de l'Instruction publique avant 1789. — Le département de Scinc-ct-Oisc, qui semblerait, à raison de sa proximité de la capitale, devoir être l'un de ceux où il était le plus facile de reconstituer l'histoire des écoles, n'a encore été l'objet d'aucune publication relative à la situation de l'enseignement primaire, soit avant la Révolution, soit dans les trente premières années de ce siècle. La Statistique de Seine-et-Oise, publiée en l'an X par le préfet Garnier (dans la collection de la 5^atistique des préfets), ne contient aucun renseignement sur l'instruction publique. M. l'abbé AUain, dans son livre VInst7'uction primaire en France avant la Révolution (Paris, 1881), est obligé, pour
SEINE-ET-OÏSE-
SEINE-ET-OISE
ce département, de se borner à cette brève indication : « Les chiffres de la statistique des conjoints induisent à penser que les écoles devaient être nombreuses dans cette partie de la France. »
Nous avons pu, lieureusement, consulter un travail inédit et des plus intéressants, qui existe à la bibliothèque du Musée pédagogique. C'est la collection, en six volumes manuscrits, des notices historiques sur les écoles de l'arrondissement de Rambouillet, rédigées en 1877 parles instituteurs et institutrices de cet arrondissement, sous la direction de leur inspecteur primaire, M. Monget, Ce travail, exécuté avec le plus grand soin, constitue la plus remarquable collection de monographies d'écoles que nous ayons vue jusqu'ici, et pourrait être proposé comme modèle à suivre aux instituteurs des autres départements. Il a d'ailleurs reçu l'une des principales récompenses collectives accordées à l'instruction primaire à l'Exposition universelle de 1878, où il a figuré. Il n'embrasse qu'un seul arrondissement ; mais, comme nous l'avons dit à l'article Seine-et-Marne à propos d'un travail analogue des instituteurs et institutrices de l'arrondissement deMelun, il est permis de conclure ici du particulier au général, et ce qui s'est passé dans un arrondissement peut donner une idée suffisamment exacte de l'histoire des écoles dans le département tout entier.
Nous allons donc extraire de ce recueil de monographies de l'arrondissement de Rambouillet un certain nombre de faits et de renseignements,, choisis parmi les plus caractéristiques.
Disons d'abord que sur les 114 communes de l'arrondissement, il n'en est qu'une seule, Montfort l'Amaury, où l'on constate l'existence d'écoles dès le xiii« siècle; une seule, Ghevreuse, où cette existence est constatée dès le xv^ siècle; trois, Oros-Rouvre, Néauphle-le-Vieux et les Molières, €iù il y a trace d'une école dès le xyi^ siècle; dans 22 communes, les documents ne permettent de constater l'existence d'une école qu'à partir du xvii« siècle; dans 61 autres, cette existence n'est constatée qu'au xviiie siècle. Gela donne un total de 88 communes où il avait des écoles à la veille de 1789. Pour 72 de ces communes, les archives attestent que l'école a continué de fonctionner, et d'ordinaire avec une amélioration notable de la situation de l'instituteur, pendant la période révolutionnaire. Enfin, 6 communes doivent à la Révolution la création de leur école, et 20 ne possèdent une école que depuis une date plus récente wicore.
La ville de Rambouillet fut dotée en 1778, par le duc de Penthièvre, d'une école de charité à laquelle étaient joints des ateliers de travail en faveur des enfants d'ouvriers et d'habitants peu aisés. A cet efi'et, le duc fit bâtir près de l'hospice un édifice à deux étages ayant chacun dix croisées de façade sur la rue. Cet établissement étant destiné aux garçons et aux filles, il fut divisé en deux parties, ainsi que les salles d'étude et de travail, les escaliers et les cours. La maison fut confiée à trois sœurs. Outre les leçons de lecture, d'écriture et de calcul, les garçons apprenaient à carder, à filer la laine et le coton; les filles faisaient de la dentelle. Les enfants arrivaient le matin et ne retournaient que le soir dans leurs familles. L'établissement subsista jusqu'à la Révolution. G'est dans l'édifice qu'il occupait qu'est établie depuis 1819 l'école communale tenue par les frères.
Dans la petite commune des Bréviaires, le don fait par le duc de Penthièvre d'une maison lui appartenant permit d'installer en 1778 un maître d'école paroissial, qui fut chargé à la fois de l'instruction de la jeunesse et du soin de l'église, en qualité de chantre et de sacristain. Le premier maître fut le sieur François Jardin, qui recevait de la fabrique 20 livres de gages par trimestre, non com-
pris le casuel de chantre et de sacristain. Sur une cinquantaine d'enfants que comptait la commune, une quinzaine a peine fréquentaient l'école. Jardin exerça jusqu'en 1783 ; à cette époque, ayant négligé ses devoirs, il fut remplacé par François Bertrand ; mais celui-ci ne tarda pas à ètre-en butte aux vexations de son devancier, qui alla jusqu'à l'inquiéter dans son école. La querelle devint si vive entre les deux compétiteurs que l'autorité ecclésiastique fut obligée d'intervenir. L'archidiacre de Pincerais, vicaire de l'évêque de Chartres, dut se transporter aux Bréviaires pour terminer le différend ; il y parvint en autorisant le marguillier de la paroisse à payer à François Jardin le quart des gages que celui-ci prétendait lui être dûs : à cette condition, ledit Jardin prit l'engagement de cesser, à partir de ce jour, l'instruction des enfants, et de laisser libre la maison du maître d'école. (Nous retrouverons plus loin ce même Jardin maître d'école à Choisel.) François Bertrand ne conserva ses fonctions qu'un an. Son successeur fut le sieur Denfert, qui dirigea l'école avec succès : sa réputation d'érudit lui attira de nombreux élèves, venant même des communes voisines; la rétributioa scolaire mensuelle était fixée à une livre pour les grands et 15 sols pour les petits. Une mort prématurée ayant enlevé ce maître distingué en 1787, il fut remplacé par le sieur Etienne Brèdillot, qui se fit une réputation comme chantre : sa voix de tonnerre était, paraît-il, très appréciée du curé et des fidèles. Le dernier maître d'école paroissial fut Etienne-Mathurin Lancelin, installé le 3 septembre 1791; il exerça jusqu'au 15 janvier 1793. A ce moment, l'ancienne maison d'école fut vendue à un sieur Beaussire, qui en fit une grange.
Nous avons dit que dès le xiii^ siècle Montfortl'Amaury possédait une école : c'était une « école de grammaire », c'est-à-dire un collège où l'on enseignait le latin. Cette école était sous l'autorité de l'abbé de Saint-Magloire de Paris, le personnage le plus influent dans la localité après l'évêque de Chartres. Les plus anciens documents relatifs aux écoles de Montfort sont six brevets d'institution accordés par l'abbé de Saint-Magloire {Archives nationales, LL. 1G8, fol. 105 et 107). La première nomination, datée du 1er septembre 1298, est en faveur de maître Renaud de la Forêt, clerc du roi, et le désigne pour gouverner personnellement les écoles de grammaire de Montfort {scolas nostras grammaticales deMontforti), pendant trois ans, à partir de la Saint-Jean-Baptiste de l'année suivante. Le dernier de ces brevetst daté de 1306, renouvelle pour deux ans les pouvoirs d'un autre clerc, maître Thomas le Boucher de Saint-Arnoul. Les documents font ensuite défaut pendant plus d'un siècle et demi. On possède, plus tard, la liste d'une vingtaine de maîtres ayant enseigné à Montfort de 1470 à 1509 ; cette liste fut dressée à l'occasion d'un procès intenté en 1509 à Pierre de Ghampeaux, précepteur des enfants de Guillaume de Bergerac, lieutenant-général du baillage de Montfort; Ghampeaux avait obtenu do son protecteur qu'il fût fait défense à tout autre qu'à lui de tenir école; mais Thomas de Pitres, bachelier es arts, désigné comme « recteur des escoles de la ville, paroisse et banlieue de Montfort », protesta contre la violation des droits de l'abbé de Saint-Magloire; et un arrêt du Parlement de Paris annula la nomination de Pierre de Cham-
appaitint désormais au maire et aux echevins de Montfort. Une sentence rendue en 1587 par le bailliage nous apprend que renseignement était donné à cette époque aux écoles de Montfort par trois maîtres : messire Esmes Perrot, maître es arts et principal régent; maître Jacob
SEINE-ET-OISE
SEINE-ET-QISE
Leblanc, écrivain, et maître Jacques Arnault, instructeur des « abécédaires ». Le principal régent, qui enseigne les « lettres humaines », touche seul les « profits et émolumens des enfans et escoliers de la ville » ; quant à ses collaborateurs, il est tenu de les « stipendier par chacun mois », à raison de 4 écus et demi pour Leblanc, et 7 livres tournois pour Arnault. En outre, « pourront lesdits Leblanc et Arnault tenir pensionnaires et en tirer les profits et émolumens que les parens leur voudront bailler. Seront tenus ^à huit heures du matin aller en la principale escole et y conduire leurs pensionnaires ; et y demeureront jusqu'à l'heure de onze heures, et pendant ce temps enseigneront, ledit Leblanc tous les enfans en l'art d'escripture qui s'ofi'riront à lui pour être enseignés, et ledit Arnault tous les ABGdaires. Le semblable sera par eux observé depuis deux heures après midi jusqu'à cinq heures... Et peut ledit Leblanc aller enseigner l'art d'escripture es maisons de cette ville à heures extraordinaires; enseigner aux petites filles en sa maison ou autre part, et en tirer tel profit qu'il avisera, qui lui demeurera à lui seul sans en rien rapporter audit principal régent; comme aussi ledit Arnault en son instruction d'ABG. Enjoignons aux susdis principal régent, Leblanc et Arnault d'enseigner les pauvres gratuitement ; lesquels pauvres leur seront présentés par les maire et échevins de cette ville, et leur porteront un billet signé de nous à ce qu'il n'en advienne confusion. » Au xvii^ et au xviii^ siècles on trouve plusieurs libéralités faites en faveur de l'instruction gratuite des pauvres. La plus importante est le double legs fait en 1745 et 1747 par L.-H. Dorieu, chevalier de Saint-Lazare, d'une maison « pour tenir l'école des pauvres enfants et l'habitation de leur maître », et d'une rente de 400 livres pour le traitement du maître d'école. Grâce à cette donation, une école gratuite fut ouverte ; elle subsista jusqu'à la Révolution. Quant à l'instruction des filles, il y avait été pourvu en 1649 par l'établissement à Montfort des religieuses de la congrégation de Nt)tre-Dame. Les renseignements contenus dans la notice sur Montfort-l'Amaury, que nous venons de résumer, sont dus aux recherches de M. A. de Dion, secrétaire de la Société archéologique de Rambouillet, qui les avait communiqués à l'instituteur; cet érudit en a fait depuis l'objet d'un mémoire qui a été imprimé {Les écoles ae Montfortr Amaury ^ brochure in-8 de 32 p., Rambouillet, 1880).
Voici les curieuses indications recueillies par l'instituteur de Saint-Maurice (canton de Dourdan- Nord) sur la manière dont se faisait la classe dans sa commune au xviii* siècle :
« La première personne dont le nom se trouve inscrit sur les archives de la mairie comme ayant exercé les fonctions de maître d'école est un certain Râlé, vers l'an 1750. Râlé était journalier, car la rétribution scolaire n'était pas assez élevée pour lui fournir des ressources suffisantes; ce n'était guère que pendant l'hiver que s'ouvrait la classe, lorsque l'impossibilité de travailler aux champs forçait le maître à rester chez lui. La santé de Râlé s'étant altérée, il dut renoncer à ses fonctions ; on ne lui trouva pas de successeur tout d'abord, et les enfants restèrent deu3i ans sans recevoir d'instruction ; enfin un cultivateur de la commune, Guitel, consentit en i7Gl à essayer des fonctions de maître d'école ; mais il y renonça bientôt. En 1764, Lirot, fermier de Bourguignette, un peu plus instruit que ses voisins, entreprit à son tour de tenir école; mais l'étroitesse de son logement ne lui permettant pas de réunir les enfants chez lui, il fallut chercher un local ; et alors, pour la première fois, l'administration communale et le curé commencèrent à s'occuper des enfants :
le curé consentit à abandonner une des chambres du presbytère pour y faire la classe. Lirot étant mort en 1771, ce fut la paroisse qui s'occupa cette fois de lui chercher un successeur ; elle choisit un sieur Gaucher, de Vaugrigneuse. L'acte de son installation porte que le maître d'école « s'oblige d'instruire les enfants dans la religion catholique, apostolique et romaine, leur apprendre à lire, à écrire, le plain-chant utile aux enfants de chœur, et tout ce dont il est capable, autant qu'il lui sera possible ; leur donner bon exemple, les reprendre et corriger dans leurs fautes, humainement, charitablement et sans violence; assister à tous les offices et cérémonies de l'église, y être premier et principal chantre; accompagner M. le curé, tant de jour que de nuit, et servir ou faire servir la messe aux jours ouvriers; commençant l'école du matin à 8 heures précises, l'annoncer par le son de la cloche, et la finir à 11 heures, heure à laquelle ledit maître sonnera ou fera sonner l'angelus ; l'école du soir, la commencer à 1 heure, aussi précise, l'annoncer également au son de la cloche, et finir à 4 heures. » D'autre part, la paroisse s'engage « à loger ledit maître, entretenir son logement, ainsi que l'école, et lui faire la somme de; 100 livres par an, savoir 90 livres par le marguillier aux charges, et 10 livres par le sieur curé,, sous l'obligation de montrer à quatre enfants des plus pauvres gratuitement. » Gaucher exerça dans la commune comme instituteur jusqu'en 1802. » Terminons par quelques détails sur les école» de garçons et de filles de Saint-Chéron, commune de 1180 habitants (canton de Dourdan-Nord).
On trouve en 1624 le nom d'un premier maître' d'école, Claude Simon; il a sept successeurs jusqu'à la fin du xvii^ siècle. En 1665, un marché est fait par le premier président de Lamoignbn avec des maçons qui s'obligent à édifier un bâtiment pour loger une maîtresse d'école ; un legs' fait par un sieur Barboteau, « noble homme et conseiller du roi », permit de pourvoir à son entretien. Trois maîtresses furent successivement en exercice ; mais la paroisse fut, semble-t-il, médiocrement satisfaite de leurs services, et un acte du 12 juin 1699 expose « que cet établissement présente des difficultés, que la place a été plusieurs fois vacante, que l'institutrice doit être changée et remplacée par une des filles de la charité de Saint-Louis, choisies pour se dévouer aux soins des malades, et à laquelle serait payée la rente due par la fondation. » En conséquence, la supérieure des sœurs Saint-Lazare s'engagea « à tenir deux filles à Saint-Chéron; pour leur nourriture et entretien, elles auront 300 livres de rente, savoir : 120 livres de la fondation Barboteau et 180 livres des seigneurs de Bâville, plus 200 livres qui leur seront payées annuellement pour être employées aux réparations des bâtiments et jardins, etc., et au service des pauvres, et le surplus aux secours et assistance des pauvres malades. » Ces deux sœurs, outre le soin des malades, devaient s'occuper « à l'instruction des petites filles, sans pouvoir recevoir aucun garçon, quelque bas âge qu'il ait ». p i
Il y avait donc à Saint-Chéron, comme le constate d'ailleurs le registre des visites épiscopales de l'année 1698, école de garçons et école de filles. Lés obligations du maître d'école, telles que les énumère un acte de 1695, sont: « de chanter aux offices divins ; do tenir la lampe allumée; de sonner l'angelus au pardon, les jours ouvrables ; de récurer la vaisselle, les chandeliers et lampes de l'église, de monter l'horloge, de la faire aller quand elle sera mise en état; de montrer et enseigner aux garçons de la paroisse à lire et à écrire, les prières, le catéchisme et l'arithmétique, et autres sciences qu'il pourroit avoir, et tant qu'il plaira à M. de Lamoignon, moyennant lOi) livres
SEINE-ET-OISE
SEINE-ET-OISE
tlo pension, plus 5 sols par mois pour les enfants (jui apprendront l'AliC, U) sois pour les autres, 15 sols pour ceux qui apprendront l'arithmétique. »
On a la liste des maîtres d'école qui se sont succédé à Saint-Chéron pendant le xviiic siècle, jusqu'à la Révolution, au nombre de douze. Sur le rc|?istrc de la charité, on voit le maître d'école porté plusieurs années de suite pour recevoir cinq aunes d'étoffe dans les distributions que M^e de Lamoignon faisait aux indigents. Le dernier maître d'école du xviiie siècle, Jean-François Granger, entré en fonctions en 1780, continua à exercer sans interruption durant toute la Révolution, jusqu'à sa mort, arrivée en 180G; beaucoup de ses collègues, dans d'autres communes, en firent autant, servant ainsi de trait d'union entre l'ancien régime et l'établissement universitaire.
2. Développement de l'instruction primaire depuis 1789 et état actuel. — De 1789 a la loi de 1833. — Nous avons dit plus haut que, dans l'arrondissement de Rambouillet, le seul sur lequel il ait été fait des recherches historiques, les sept huitièmes des communes qui possédaient une école avant 1789 la conservèrent pendant la période révolutionnaire ; nous avons ajouté que dans six communes qui n'avaient pas encore d'école (Auffargis, Béhoust, Boissy, Saint-Remy-l'Honoré, Craches et Paray-Douaville), la Révolution en fit Duvrir une.
Voici quelques faits relatifs à l'histoire des écoles, de 1789 à la loi de 1833.
La petite ville de Chevreuse (1786 habitants) avait possédé des écoles dès le xv' siècle. En 1789, le maître de la « grande école » était un sieur Râlé, auquel une délibération de la fabrique du 24 août 1788 alloue une somme de 6 livres par an « pour la peine qu'il a de mettre en bouteilles le vin de l'église et de le verser dans les burettes ». Le 31 janvier 1790 a lieu l'installation de la municipalité de Chevreuse, qui se constitue sous la présidence de Fabre d'Églantinc; le sieur Lion, maître de l'école des pauvres, est nommé greffier. Le 31 novembre de la même année, le sieur Bonneuil, marguillier, expose qu'il est nécessaire de faire faire une porte neuve à l'école des pauvres, et d'autres petites réparations : le conseil de fabrique alloue à cet effet la somme nécessaire. Le 6 mars 1792, il octroie une soutane neuve à titre de gratification au sieur Râlé, maître de la grande école, « qui joue du serpent pendant toute l'année et gratuitement ». Cependant la République est proclamée; le maître de l'école des pauvres, précédemment payé par l'hospice, reçoit désormais son traitement de la commune : le conseil général délivre, le 29 novembre 1792, un mandat de 77 livres au sieur Lion, pour les mois d'août, septembre et octobre; le 30 décembre, un mandat de 51 livres 6 sols 8 deniers pour les mois de novembre et décembre. A partir de 1793, Lion abandonne ses fonctions : il n'est plus question de lui que comme remonteur d'horloge; il s'établit plus tard comme horloger. Quant à Râlé, il continue à exercer : le 28 germinal an II, il déclare à la municipalité, conformément à l'art. 3 de la première section du décret du 29 frimaire, qu'il est dans l'intention d'ouvrir une école et d'enseigner la lecture, l'écriture et les premières règles de l'arithmétique. A la date du 2 brumaire an IV, Râlé demande à être indemnisé du logement qui lui est attribué par la loi du 27 brumaire an III, lequel logement a été jusqu'à ce jour occupé par la municipalité : le conseil vote une somme de 100 livres comme indemnité de logement à cet instituteur. Le 1er brumaire an VI, les registres municipaux font encore mention d'une indemnité de 75 livres allouée à Râlé, le presbytère étant occupé par la municipalité et l'institutrice. L'institutrice était la citoyenne Ferré, à laquelle l'administration avait accordé un logement au presby-
tère, en considération de ce que cetf^ institutrice « s'était particulièrement occupée, depuis son installation, de l'éducation des pauvres de la commune, et que sous ce rapport elle avait droit aux secours qu'elle réclamait, » Le-2.j pluvieuse an VIII (c'est-à-dire sous le Consulat), Augustine Masson, Marie Marneuf et Marie-Louise ïhièbault, toutes trois sœurs de la communauté de Chevreuse (et sans doute attachées au service de l'hospice), prêtent serment à la constitution. En l'an XII, la commission de l'hospice décide de prélever annuellement sur les revenus de cet établissement une somme de 600 francs, « partageables également entre l'instituteur et l'institutrice des enfants pauvres » : c'est le rétablissement de l'état de choses antérieur à 1792. En 1808, la commission, mécontente du sieur Malraud, instituteur des pauvres, qui néglige les enfants, lui enlève la direction de l'école gratuite : elle est confiée au sieur Râlé, « qui depuis plus de trente ans s'est toujours livré à l'éducation de la jeunesse dans cette ville ». En 1817, Râlé étant mort, le maire et le curé présentent pour le remplacer un sieur Lefèvre : celui-ci, « réunissant le double avantage de pouvoir coopérer à la célébration des offices divins par son chant et le serpent dont il a l'usage », est agréé par le conseil municipal; il exerça jusqu'en 1827. Son successeur fut un sieur Baron. Outre l'école des pauvres, il y avait une école libre payante, tenue, à l'époque de la Restauration, par un sieur Loyer (mort en 1835), qui reçut en 1822 de l'administration supérieure une somme de 40 francs à titre de récompense. En 1833, le conseil municipal transforma l'école des pauvres (des garçons) en école communale : il décida que la commune aurait un instituteur du premier degré, à qui la ville fournirait un local convenable et un traitement de 600 francs, « y compris les 300 francs que l'hospice donne pour l'instruction des enfants indigents » ; quant à l'école gratuite des filles, elle continua à dépendre de l'hospice : elle était tenue, depuis 1831, par des sœurs de la Providence de Ruillé-sur-Loir (Sarthe).
Dans la commune de Choisel (436 habitants), on procède à l'élection de la municipalité le 31 janvier 1790; sur 37 habitants qui ont pris part à cette élection, six personnes seulement ont pu signer sur le registre : le curé, président, le maire, le greffier, le procureur-syndic, et deux notables; les 31 autres personnes ont déclaré ne savoir ni lire ni signer. Le maître d'école, François Jardin, fut élu greffier: son traitement, qui était de 200 livres comme instituteur et de 60 livres comme greffier, était prélevé sur les revenus de la fabrique; il lui était alloué en outre 20 livres pour sonner l'angelus, prélevées sur le produit de la location des bancs de l'église, plus une somme de 44 livres, représentant le loyer de la maison où se tenait l'école. Quatre ans plus tard, le 26 ventôse an II, « le maire, les officiers municipaux, agent et autres habitants se sont assemblés au lieu ordinaire de leurs séances (probablement l'églisel, après l'annonce faite le décadi 20 ventôse, au son de la cloche, où les habitants se sont trouvés en grand nombre, à l'effet de nommer un instituteur : 31 suffrages sur 35 votants ont été obtenus par le citoyen Jardin, François, qui a été reçu et accepté pour instituteur, avec un traitement de 233 livres. » Le 17 prairial de la même année, sur la demande de l'agent national de Versailles, la municipalité désigne pour être envoyé à l'École de Mars, afin d'y recevoir un complément d'instruction, l'olève Baptiste Guvon, comme le plus avancé en science des enfants qui fréquentent l'école de la commune. On possède la liste des élèves qui ont fréquenté l'école pendant les derniers mois de l'an II et les trois premiers trimestres de l'an III. En l'an II, il y a eu 17 garçons et 8 filles. En l'an III, le traite-
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ment de l'instituteur a été de 155 livres pour le trimestre de vendémiaire, pour 34 élèves (22 garçons, 12 filles); de 150 livres pour le trimestre de nivôse, pour 33 élèves (21 garçons et 12 filles) ; de 125 livres pour le trimestre de germinal, pour 25 élèves (15 garçons, 10 filles). En l'an IV, la commune autorise les citoyennes Pierrette Robilliaud, native de Paris, et Marie Chevalier, de Chevreuse, à s'établir comme institutrices, et s'engage à leur fournir gratuitement un local pour y réunir les enfants qui recevront d'elles l'instruction primaire. Les documents font défaut sur les écoles de Ghoisel, de l'an IV jusqu'en 1810. Cette année-là un sieur Ponctal est nommé instituteur; il a deux successeurs jusqu'en 1828; à cette dernière date, le traitement de l'instituteur est de 100 francs, plus 50 francs pour la mairie. En 1832 est fondé l'hôpital Sainte-Thérèse, dirigé par les sœurs de la Providence, qui donnent gratuitement l'instruction aux petites filles. La même année, la commune, qui n'avait plus d'école depuis 1828, autorise un instituteur breveté du 2^ degré à ouvrir une école de garçons, et lui accorde un traitement de 100 francs, plus 30 francs d'indemnité de logement; le comte de Breteuil y joint une gratification annuelle de 400 francs -
Au Mesnil Saint-Denis, le premier acte relatif a l'école qui ait été conservé est une délibération du 26 mai 1793, augmentant de 75 livres le traitement du citoyen Delamain, instituteur, qui était précédemment de 200 livres. Ce même Delamain est confirmé dans ses fonctions le 12 ventôse an II; l'école est installée dans une salle du cidevant presbytère. Les renseignements font ensuite défaut pendant huit ans. Le 15 fructidor an X, le conseil municipal nomme Nicolas Laurent, propriétaire, aux fonctions d'instituteur, en remplacement de Delamain ; il lui accorde 50 francs par an comme sonneur de cloches et chantre, et 60 francs à titre d'indemnité de logement. En 1824, Laurent a pour successeur Massot; en 1827, le traitement est élevé de 50 à 60 francs et l'indemnité de logement de 60 à 120 francs. Enfin, en 1834, le conseil municipal porte le traitement à 200 francs, plus 95 francs pour indemnité de logement; le nombre des élèves gratuits est arrêté à 7 ; la rétribution scolaire est fixée à 1 franc et 1 fr. 50.
Nous avons parlé plus haut de la petite commune des Bréviaires, près de Rambouillet, dont la maison d'école fut vendue en 1793. La notice historique ajoute ce qui suit : « Du 15 janvier 1793 au 15 octobre 1834, il n'y eut pas de maîtres titulaires qui dirigèrent l'instruction de la jeunesse des Bréviaires. Quelques hommes du pays, sachant lire et écrire, et un peu calculer, usurpèrent les fonctions d'instituteur, et firent l'école dans leur domicile, moyennant une rétribution mensuelle variant de 75 centimes à 1 fr. 50 par élève. Parmi les principaux habitants qui suppléèrent ainsi à l'absence de maîtres, il faut citer Claude Desrues, garde-vente, qui fit l'école à la Croix- Rouge, et dans une petite pièce située au rez-dechaussée du presbytère: il exerça pendant de longues années avec une certaine réputation. Il eut pour rivaux les sieurs Maillet, de la Grange du-Bois, et Liseray, des Bréviaires, qui s'unirent pour lui faire concurrence. Desrues, voulant s'y soustraire, alla s'établir à Poigny. La loi de 1833 vint mettre un terme aux abus et aux usurpations de ces maîtres sans contrôle. Par un arrêté ministériel du 5 juillet 1834, le sieur Louis Trochard fut nommé directeur de l'école communale des Bréviaires ; il n'était pas breveté ; son traitement était ainsi composé : traitement fixe, 200 francs ; rétribution scolaire (éventuel), 300 francs; casuel du chantre, 40 francs; indemnité de logement, CO francs : total, 600 francs ».
A Néauphle-le-Vieux (canton de Montfort), nous trouvons un curé transformé en instituteur à l'époque de la Révolution. « En 1793, dit la notice, à la fermeture des églises, M. Hippolyte Pavy, curé de la paroisse, resta dans la commune, se fit instituteur, et exerça ses fonctions jusqu'en 1812. Depuis 1812, l'école a été successivement sous la direction de MM. Moy (1812-1818), Laurent (1818- 1820), Pierriot (1820-1822), Pachoud (1822-1825)^ Meisgny (1825-1828), Chouvet (1828-1838), etc. »
Voici l'histoire des écoles de la commune d'Ablis (883 habitants , canton de Dourdan-Sud) , de 1789 à la loi de 1833 :
Louis-Martin Isambert exerçait au l" janvier 1789, et en l'î92 il est qualifié « maître d'école et greffier de la municipalité «. Le 27 brumaire an II, il réunit les enfants des deux sexes, par suite du départ des sœurs qui tenaient l'école des filles, et il prend possession du local occupé précédemment par cette école, dans le bâtiment de l'hospice. Un inventaire fait le 18 mars 1792 du mobilier appartenant à l'école des filles donne les indications suivantes : « Dans une chambre servant d'école, un poêle en faïence et ses tuyaux en tôle, un vieux fauteuil en bois et un petit banc servant de marchepied, un petit bureau ayant un tiroir fermant à clef, deux tables longues ayant tiroir, une autre petite aussi avec tiroir, douze bancs tant grands que petits, deux planches de chêne, deux petits chenets de fer, une planche à la cheminée et une petite bibliothèque, un vieu-«^ fauteuil de bois foncé de paille. » En l'an III, l'instituteur est logé dans le bâtiment de la fabrique nommé le vicariat, et fait l'école dans la partie de l'église appelée aujourd'hui la chapelle Saint-Joseph. A ses fonctions de greffier et de maître d'école, Isambert en joignait d'autres, car le 22 me«'«idor an X, le citoyen maire faisait observer aux administrateurs de l'hospice que l'instituteur ne manquait pas d'assister aux convois de l'hospice et que jusqu'à cette époque il n'avait rien touché ; il fut arrêté que pour les enterrements précédemment faits, il toucherait une somme de lî francs, et que dorénavant il recevrait .50 centimes par inhumation. En l'an XI, Isambert cessa de remplir les fonctions de greffier, « ce qui est regrettable, dit la notice, car il tenait les registres de l'état civil d'une manière remarquable ». Lorsque les sœurs furent réinstallées à l'hospice, à une époque que nous ne pouvons préciser exactement, l'instituteur continua à recevoir les filles à son école ; mais en 1810, l'administration écrit au sous-préfet d'Étampes pour le prier « de prendre le plus tôt possible des mesures tendant à ce que le sieur Isambert, instituteur de la commune d'Ablis, cesse de recevoir à ses écoles les jeunes filles de cette même commune. » En conséquence, les petites filles allèrent désormais à l'hospice, à l'école des sœurs. En 1820, à l'âge de soixante ans, Isambert remplissait encore les fonctions d'instituteur, qu'il cumulait avec celles d'épicier ; il se retira en 1825, et eut pour successeur Jean-Baptiste Hardouin, qui exerça jusqu'en 1851.
Si nous prenons une commune voisine, celle do Sonchamp (1119 habitants), voici les faits que relate la notice :
En 1789, l'instituteur était Éustache Billarand,, qui fut le premier greffier de la municipalité. Sur sa demande, le conseil général décide, le 8 septembre 1793, « qu'aucune personne de la commune ne doit déranger, sous aucun prétexte, le' greffier pendant ses écoles ; que seules les personnes étrangères peuvent alors être reçues pour leur éviter trop de dérangement. » Quelques jours plus tard , Billarand était remplacé par Louis Gucrard, qui avait déjà dirigé les petites écoles de Sonchamp de 1771 à 1784. En ventôse an II, Guérard reçut une nouvelle investituror
comme institutoiir, mais lo3 fonctions de greffier lui furent retirées; en môme temps, sa femme, Marie Renoux, était nommée institutrice. Guérard paraît être resté instituteur à Sonchamp jusqu'en 1801 ou 1802 ; une lacune des archives empêche de donner la date exacte de la nomination de son successeur, Michel, qui fit la classe dans sa propre maison. Devenu régisseur du château de pjnceloup, Michel fit place à son gendre Ambroise- Vincent Ilenard, fils de l'instituteur d'Orcemont, nommé en 1816, « aux mômes conditions que son prédécesseur, savoir : un logementattenant au presbytère, 50 francs annuellement payés par le percepteur, un petit jardin, et la rétribution payée par les enfants, savoir : les enfants de l'ABC jusqu'à la lecture courante, 75 centimes ; ceux qui lisent jusqu'à ce qu'ils écrivent, 1 franc ; ceux qui écrivent jusqu'à ce qu'ils calculent, 1 fr. 25; enfin ceux qui calculent, 1 fr. 50 ». C'est sans doute à cette époque que commença l'instruction gratuite des enfants pauvres, car Etienne Buchère, curé de Sonchamp, avait légué en 1815 140 francs de rente pour être payés à l'instituteur, à charge « d'instruire les enfants pauvres et leur fournir des cahiers ». Installée dans un fournil, pavée de grosses pierres, obscure, humide, l'école abritait alors de 90 à 100 enfants des deux sexes en hiver, et 40 à 50 en été ; elle était munie entre autres choses d'un seau plein d'eau et d'un gobelet destinés à permettre aux enfants d'étancher leur soif. Les enfants lisaient en classe les livres, quels qu'ils fussent, qu'ils apportaient de la maison; un ancien élève de l'instituteur Renard a dit à l'auteur de la notice avoir lu à l'école l'histoire de Cartouche et de Mandrin. En 1829, Renard acheta une maison où il établit l'école, et la commune lui paya un loyer de 50 francs. Enfin vint la loi de 1833 : en août 1833, une liste de 40 enfants pauvres appelés à fréquenter l'école gratuitement est dressée par le conseil municipal, qui vote à l'instituteur un traitement annuel de 140 francs, lequel joint aux 140 francs du legs Buchère forme un traitement total de 230 francs ; si l'on y ajoute la rétribution d'une soixantaine d'élèves payants, on arrive à une somme assez convenable pour l'époque.
On possède la liste des instituteurs qui ont exercé à Limours, sans interruption, de 1789 à la fin de la Restauration. On voit, le 10 germinal an II, le corps municipal voter des éloges à l'instituteur Cotantin, pour s'être distingué dans l'exercice de ses fonctions; ce fonctionnaire prend sa retraite et est remplacé, le 23 messidor suivant, par Antoine Lacroix, qui prête le serment « d'être fidèle à la loi de la République, et de n'enseigner aux enfants que le principe des lois républicaines ». Lacroix donne sa démission le 2 germinal an III; le 5 du même mois, une assemblée a lieu pour procéder à l'élection d'un instituteur : deux candidats se présentent, le citoyen Rué, directeur de la poste, et le citoyen Thiébault. Ce dernier, ayant obtenu la majorité des suffrages, est nommé aux fonctions d'instituteur, sous réserve de l'approbation du jury d'instruction. Il exerce jusqu'en l'an XI, et a pour successeur Louis Laisné. Nous croyons inutile de reproduire la liste jusqu'au bout.
Les archives communales de Forges-les-Bains (canton de Limours) ont fourni un document curieux : c'est l'acte par lequel le grand-maître de l'Université autorise en 1813 un instituteur à enseigner. Nous en donnons un extrait ;
« F. Cuvier, inspecteur de l'académie de Paris, à M. Manchon, Jean-Charles.
« Son Excellence le Grand-Maître de l'Université, par sa décision du 24 mai, vous autorise à exercer provisoirement les fonctions d'instituteur primaire dans la commune de Forges. En vous
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adressant cette autorisation, je croin devoir vous rappeler les principa'es règles que vous aurez à suivre dans la tenue de votre école et les principaux devoirs que votre titre d'instituteur vous impose :
» 1° Il est .prescrit aux instituteurs primaires par les décrets impériaux de ne point élever leur enseignement au-dessus de la lecture, de l'écriture et des éléments du calcul.
» 2° Un instituteur primaire ne peut prendre d'élèves pensionnaires sans une autorisation spéciale de son Excellence le Grand-Maître; en contrevenant à cette règle, il serait considéré comme maître de pension clandestin et puni comme tel.
... » 6° Il ne doit rien être imprimé pour annoncer une école, l'enseignement qu'on y reçoit, l'ordre qui y est établi, les conditions auxquelles on y entre, sans que ces prospectus, annonces, programmes, adresses, aient été soumis à l'approbation de son Excellence le Grand-Maître.
» 7" Toute distribution de prix faite publique ment est défendue.
» 8° Chaque instituteur primaire placera audessus de la porte de son école un tableau noir sur lequel il fera écrire en lettres rouges et très lisiblement l'annonce suivante :
CNIVERSITÉ IMPÉHIALE
École primaire tenue par M..., où l'on enseigne la lecture, l'écriture et les premiers éléments du calcul.
» Et rien ne doit être changé à ce tableau. » Les souvenirs recueillis par l'instituteur d'An touillet (canton de Montfort) sur la manière dont l'instruction était donnée dans sa commune avant 1832, date de l'installation du premier instituteur, nommé Riquier, nous montrent l'école tenue successivement par deux femmes de l'endroit. La première, connue seulement par le surnom de Mère la maîtresse, exerçait vers 18J0; la seconde, Marie- Jeanne Godmusse, dont le mari était berger dans la commune, succéda à la première et fit l'école jusqu'en 1832. Ces deux maîtresses ne recevaient que la rétribution scolaire (12 sols par mois), sans aucun traitement de la commune ; les parents aisés leur faisaient en outre des dons en nature. Elles faisaient la classe dans leur logement.
Les choses se sont passées à peu près de la même façon dans la commune de Goupillière (môme canton). « Les anciens, dit la notice, racontent qu'une vieille fille, qu'on ne connaissait passons un autre nom que celui de la Boiteuse, s'occupait à instruire les enfants, principalement les filles; elle portait toujours un bâton, qui lui servait à s'appuyer en marchant, et à châtier ses élèves. Elle vivait au commencement du siècle. Après elle, vers 1810, on cite un certain Jean Hourdeau, qui, tout en exerçant la profession de tailleur d'habits, recevait chez lui des enfants auxquels il apprenait à Ih'e, à écrire et à calculer. Vint ensuite Jérôme Maurice, cordonnier de son métier, qui enseigna de 1810 à 1825 à peu près; les plus anciens du pays lui sont redevables de leur instruction. Un qua trièrae, nommé Boucher, sans avoir de titre légal, était connu dans le village sous le nom de magister : c'était un vieux garçon dont l'occupation principale était celle de tailleur d'habits; il avait un âne et une vache, et c'est en leur société, en hiver, dans l'étable, qu'il confectionnait des habits et qu'il instruisait ses élèves. On parle encore d'un nommé Jardin, qui aurait fait l'école avant Boucher, pendant trois ans environ, et d'un certain François Leroy, qui faisait seulement l'école le soir à un petit nombre d'élèves. Une partie de ces maîtres de la jeunesse chantaient au lutrin. Cet état de choses dura jusqu'en 1833, année où M. Henry fut nommé instituteur communal. » Nous terminerons par quelques citations d'un
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règlement fait le 13 octobre 182G par l'évêque de Versailles pour les instituteurs du département ; il est tiré des archives communales de Briis-sous- Forges (canton de Limours) :
« Les maîtres, est-il dit dans ce document, étant obligés de donner à leurs élèves une éducation essentiellement chrétienne, doivent manifester le respect le plus profond pour la religion, et appuyer leurs leçons par de bons exemples, en remplissant eux-mêmes avec exactitude leurs devoirs religieux. — Avant d'entrer en exercice dans une commune, tout instituteur primaire doit avoir ou le brevet de capacité, ou une autorisation spéciale délivrée par nous, ou, au moins, une autorisation provisoire de M. le président du comité cantonal. Un maître qui, à l'avenir, aurait rempli ses fonctions sans cette autorisation préalable, ne pourra conserver la place qu'il aurait occupée illégalement. Un instituteur qui a l'intention de quitter une paroisse dans laquelle il exerce doit en prévenir d'avance le comité cantonal, qui nous instruira sans délai, afin que nous ayons connaissance de toute place vacante. — L'exactitude dans la tenue des écoles étant indispensable pour les progrès des élèves, les maîtres feront leurs classes avec la plus grande régularité, aux heures indiquées. Ils ne laisserontjamaisles enfants seuls dans la classe. Ils ne donneront jamais de congé extraordinaire et ne changeront jamais celui de la semaine sans une pécessité absolue dont M. le curé sera juge. — L'époque et la durée des vacances seront fixées par M. le curé de concert avec M. le maire. — Dans les écoles où les filles sont tolérées avec les garçons, les sexes seront tellement séparés qu'il ne puisse y avoir entre eux aucune communication. — Les instituteurs qui donneront des leçons hors le temps des classes ordinaires n'admettront jamais des garçons et des filles réunis ensemble ; ils choisiront des jours difi'érents pour les uns et pour les autres. — Chaque maître dressera une liste générale, en forme de tableau, de tous les élèves de son école, et tiendra des notes journalières sur l'assuidité, la sagesse et les progrès des enfants. Ce tableau sera présenté à M. le curé et à MM. les surveillants quand ils visiteront l'école. La liste sera renouvelée tous les mois, et toutes les listes de l'année seront conservées pour les consulter au besoin. Le tableau peut être disposé de manière à servir pour trois mois. — Les récompenses et les punitions seront graduées de la manière la plus propre à exciter l'émulation et à réprimer les désordres. Il est à désirer que l'on bannisse des écoles tout châtiment corporel et violent. Si le maître se voit forcé d'y avoir recours, pour le faire avec réflexion, il mettra de l'intervalle entre la faute et la punition afin de faire sentir à l'enfant la justice de la peine infligée. — Le maître d'école aura pour M. le curé le respect qui est dû à son caractère et à sa qualité de pasteur ; il le secondera de tout son pouvoir dans l'instruction religieuse des enfants et dans l'exercice des fonctions du saint ministère. Il s'appliquera à former des élèves pour le chant ; il accoutumera les enfants de choeur à servir la messe d'une manière décente et recueillie. A défaut d'enfants les jours ouvrables, le maître doit servir la messe lui-même, s'il en est requis par M. le curé. — L'instituteur, dans les offices publics où il paraît en habits de chœur, doit être vêtu d'une manière décente ce recueillie. Il doit avoir une soutane sous le surplis ou le rochet. La soutane et le surplis doivent être fournis par la fabrique. — MM. les curés, comme surveillants nés des écoles, et les comités cantonaux, en ce qui les concerne, veilleront à l'exécution de ces dispositions. »
Statistique comparée de 1829 a 1883-1884. — Voici les données que nous possédons sur le développement de l'instruction primaire dans le dé-
partement de Seine-et-Oise depuis la fin de la Restauration, époque où fut faite la première statistique des écoles primaires.
Nombre des communes dépourvues d'écoles. — En 1837, le département comptait 92 communes n'ayant aucune école, et 421 communes n'ayant pas d'écoles de filles. En 1850, il n'y avait plus que 34 communes entièrement dépourvues d'écoles. En 1883-1884, on ne trouye plus que 5 communes sans écoles; mais 78 communes de 500 habitants n'ont pas d'écoles publiques de filles.
Nombre des écoles primaires publiques et libres'. — Le nombre total des écoles primaires était, d'après VAlmanach de V Université, de 592 en 1821. Le progrès du nombre des écoles à partir de 1829 est résumé dans le tableau ci-après :
d'après la statistique offic"« .
écoles
Écoles
Total
publiques
libres
Division des écoles publiques et libres en écoles de garçons, écoles mixtes et écoles de filles.
de garço
ns
mixtes
de Slles
«. v^as
y compris les écoles m'xtes)
Ril
Division des écoles publiques et libres en écoles laïques et écoles congréganistes.
Écoles laïques Écoles congréganistes
de garçons ^ g,i ou mixtes
de garçons ^^ p,ii„ ou mixtes
Nombre d'instituteurs et d'institutrices, y compris les adjoints et les adjointes.
Instituteurs
Institutrices
laïques
congrégan.
laïques
congrégan.
Total
SElNErBTiOlSE — 2757 —
Nombre total d'élèves, et nombre des élèves gratuits dans les écoles primaires de toute nature.
SEINE-ET-OISE
Total dei élèves
Élèves gratuits
Manque