‹ Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de F. BuissonChapitre 469 sur 573 · VENEZUELA · texte numérisé non relu

VENEZUELA

20 Pour los écoles libres ; •

IniiUUiteurt

laïques co'igr.

Inililutrieei

laïques songr.

Titulaires brevetés......

— no» brevcics..

Adjoints brevetés.,.,....

— ùqÀ brevetés. . .

■■■lu"'' . [''■

Maisons d'école. — La situation au 1er septembre 1885 est résumée dans le tableau suivant :

Nomùt'e et nature des immeubles scolaires.

( de garçons.

Écoles < de lilles ...

f mixtes.....

Groupes scolaires...*

/ ioil«ux

Appartenant aux communes

Prêtés Loués Total

Parmi les maisons d'école appartenant aux communes, 140 sont l'objet d'une demande d'amélioration. Le montant des sommes payées annuellement pour loyers de maisons d'école s'élève à

Le chiffre des subventions accordées par l'État à diverses communes du département de la Vendée pour construction ou réparation de maisons d'école et pour acquisition de mobilier scolaire, durant les neuf dernières années, est le suivant :

•f-y'iy'-''["\r'-

Totaux.

Nombre dej cuiiiiaunes

de l'Eut

10 200 fr.

728 785 fr.

Ecoles maternelles. — Le département compte, en 1885, 38 écoles maternelles (17 publiques et 21 libres). Sur les 17 écoles maternelles publiques,

5 sont dirigées par des directrices laïques et 12 par des directrices congréganistes. Toutes les directrices laïques sont munies du certificat d'aptitude; parmi les 12 directrices congréganistes,

6 n'ont pas de brevet. Sur les 21 écolcr- maternelles libres, 1 est dirigée par une laïque et 20 par des congréganistes ; 4 directrices congréganistes n'ont pas de titre de capacité. Les directrices publiques laïques sont secondées par 3 sousdirectrices, toutes pourvues d'un titre de capacité; les directrices publiques congréganistes sont secondées par 11 sous-directrices, dont 3 sans titre de capacité. On trouve également 1 sous-directrice d'école maternelle libre laïque et 5 congréganistes, dont 1 sans titre de capacité.

Les écoles maternelles ont reçu, pendant l'année 1884-1885, 4 896 élèves (4 734 en 1883-1884), répartis comme suit :

Kcoles maternelles

publiques.

laïques.. 584 ( , o^/., congrég. 2406 \ "^'^

libres.... l^^'^q""- ,,5; ( congrég. 1845

^ Les enfants de 6 ans et au-dessus, c'est-à-dire d'âge scolaire, figurent dans ce nombre pourG51.

Ecoles normales. — hc département de la Vendée possède deux écoles normales, une pour les instituteurs et une pour les institutrices.

L'école normale d'instituteurs, fondée à La Roche-sur-Yon en 1837, contient actucllementCO élèves. L'enseignement y est donné par le directeur,

8 maîtres-ad]oints et3 profes^ftttw Wt>pîér«enta*rei.

L'école normale d'institutrices, ouverte en 1884, par application de la loi du 10 août 1879, a également son siège à La Koche-sur-Yon. Son cffeciif d'élèves-maîiresscs est de 31,' et l'enseignement y est donné par la directrice, 5 maîtresses-adjointei et 2 professeurs supplémentaires.

Ecoles primaires supérieures. — A la date dn 1er septembre 1885, le département de la Vendée ne possédait encore, comme établissement d'enseignement primaire supérieur, qu'un cours complémentaire public de garçons de 38 élèves.

Bibliothèques scolaires et bibliothèques pédagogiques. — Voici la situation au l^"^ janvier 1886.2

Bibliothèques scolaires. ïôî

Nombre de livres de lecture 1852')

— de prêts en 1885 18 712

Bibliothèques pédagogiques 27

Nombre de volumes 9 929

En 18G3, le département no possédait que 5 bibliothèques scolaires, ne contenant qu'un très petit nombre de volumes.

Caisses des écoles. — 149 caisses des écoles fonctionnent en 1886 dans le département. Voici leilr mouvement pendant l'année 1885 :

Recettes de l'exercice 1885 24 -342 fr.

Dépenses 1S405

Somme en caisse à la clôture de l'exercice 5 937 fr.

Avant l'application de la loi du 28 mars 1882, qui a rendu cette institution obligatoire, le département ne possédait que 12 caisses de ce genre, dont l'actif était en 1881 de 1100 francs.

Caisses d'épargne scolaires. — Elles existent dans le département depuis 1877. Voici leur situation en 1879 et en 1886 :

KOMBRB

de caisses

de livrets

80MHB8

inscrites à ces livret*

130 fr.

44 958 fr.

Société de secours mutuels. — La Société de secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices, fondée en 18GG, est en voie de prospérité. Elle ne comptait en 1879 qu'un faible nombre de membres, et son actif n'atteignait pas 25 200 fr. Elle compte, en 1880, 580 membres participants, ci son actif s'élève à 46 750 francs.

Bulletin scolaire. — Le Bulletin scolaire du département de la Vendée, dont la fondation remonte à 1865, paraît suivant les besoins du service, en format petit in-S<>. Il est envoyé gratuitement à toutes les écoles publiques, dont il devient la propriété, et reçoit, à cet effet, une subvention du Conseil général.

VEIS'EZUKLA. — La république de Venezuela a une superficie de 1 115 000 kilom. carres, et une population de plus de 2 millions d'habitants, dont seulement 500000 blancs; le reste comprend des Indiens, des noirs et des métis. Le territoire du Venezuela forme sept Etats, dont chacun est divisé en deux districts. Le pouvoir législatif est composé de deux Chambres; le pouvoir exécutif est remis à un président élu pour quatre ans. Les districti sont administrés par des préfets, qui ont dans leurs attributions la surveillance de l'instrucàcQ primaire. Il y a un ministère de l'instruction publique.

Le Venezuela, affranchi de la domination espagnole par Miranda et Bolivar, fit d'abord partie do la république de Colombie avec la Nouvelle-Grenade et le Pérou septentrional ; en 1821 il se sépara pour former une république indépendante. D'incessantes guerres civiles, de stériles révolutions, ont

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retardé les progrès de la civilisation ; néanmoins, il faut reconnaître que le Venezuela est l'un des pays de l'Amérique du Sud où la culture intellectuelle est le plus en honneur. Il possède deux universités, à Caracas et à Mérida, et treize collèges nationaux. L'enseignement primaire est, d'après la loi, gratuit et obligatoire ; mais les écoles sont généralement installées dans des locaux insulfisants, la plupart des maîtres manquent de préparation prolcssionnelle, et la fréquentation laisse beaucoup à désirer. Les frais de l'enseignement primaire sont supportés moitié par le gouverne-

" ment central et moitié par les districts. De renseignements publiés en 1884 par le Bureau d'éducation de Washington nous extrayons les indications suivantes : « Comme il n'existe pas de maisons d'école, on a l'habitude de payer à l'instituteur, outre son traitement, une indemnité trimestrielle en échange de laquelle il est tenu de fournir une salle de classe avec le mobilier nécessaire. Ce mobilier se réduit ordinairement à des caisses et des barils vides qui servent de siège aux élèves. Presque toutes les écoles sont organisées selon ce système. Dans quelques villes cependant on rencontre des exceptions : certaines écoles y sont installées dans un local loué à cet effet, et les instituteurs n'y reçoivent que le traitement affecté aux fonctions enseignantes. Dans ces écoles-là il y a des tableaux noirs, des bancs et des pupitres. Les instituteurs qui ont à fournir le local scolaire sont payés de 40 à 80 dollars par trimestre; ceux qui enseignent dans les écoles dont le local est fourni par l'administration reçoivent de 15 <à 40 dollars par mois. Les heures de classe sont de 8 lî 11 heures le matin et de 2 à 4 heures l'après-midi. Dans les villes,

• les élèves des deux sexes sont séparés. Il n'existe aucune distinction ou séparation fondée sur la race

» ou la couleur. Les matières enseignées sont la lecture, l'écriture, la grammaire, le calcul, et la géographie. » Nous ne possédons pas de données sta-

, tistiques relativement au nombre des écoles ni à celui des élèves. Disons seulement que, d'après le

■ document américain cité ci-dessus, un dixième seulement de la population adulte serait en état de lire et d'écrire.

VEIN'TILATION. — C'est là, très certainement, le point capital de l'hygiène scolaire. Telle est, à tout âge, mais plus particulièrement pour l'enfance, la nécessité de respirer un air abondant et pur, qu'au prix de celle-là toutes les autres apparaissent secondaires. L'enfant, à la rigueur, se passera d'un éclairage parfait; sa santé résistera aux effets d'un mauvais mobilier scolaire, d'un chauffage insuffisant, d'une installation rustique et grossière de toute la classe. Allez visiter telle école de hameau, installée dans une grange, meublée de bancs et de tabourets taillés à coups de hache par le charpentier de l'endroit; vous n'y verrez pas beaucoup plus d'enfants cliétifs ou souffreteux que dans mainte école modèle de grande ville. C'est qu'ici un seul luxe compense la privation de tous les autres : le luxe de l'aliment aérien. X\n air salubre, constamment renouvelé, noiinit abondamment toutes ces jeunes poitrines, vivifie leur sang, maintient ces enfants vigoureux endépiidc toutes les autres infractions à l'hygiène. Cette aération parfaite suffit à empêcher cette école, si rudimentair equ'elle soit, de dégénérer, comme tant d'autres, en une fabrique d'avortons.

Il viendra peut-être un temps où la classe trop étroite, ce que j'appellerais la classe asphyxique, ne sera plus qu'un souvenir, où toutes les écoles de France auront été reconstruites sur un plan rationnel, seront munies do toutes les dispositions indispensables à un renouvellement parfait du mi-

/ lieu respiratoire. Ce rêve se réalisera peut-être un jour. JMais d'ici là des générations entières d'enfants passeront encore cinq ou six de leurs plus déli-

cates années dans. des salles trop exiguës, trop closes, où l'air risque, si l'on n'y prend garde, de se vicier très rapidement et de devenir un agent énergique d'infection. Il n'existe, à cette situation inévitable, qu'un seul remède : apprendre à tous nos maîtres et à toutes nos maîtresses qu'?/ y a toujours moyen d'assurer Vaération d'une classe, même étroite, même insuffisamment percée de fenêtres.

Voilà, si je ne me trompe, le genre de ventilation qu'il est le plus nécessaire de traiter dans nos écoles normales, dans les conférences cantonales, dans les ouvrages spéciaux, partout enfin où l'on est entendu des instituteurs. C'est généralement tout autre chose que l'on fait. Le chapitre Ventilation, dans les cours, dans les livres, est l'un des plus .savants de la physique appliquée. On y décrit complaisamment tous les appareils grâce auxquels aujourd'hui nos palais scolaires respirent à la façon des êtres vivants. Mais c'est là une étude sans portée. Les maîtres qui auront l'occasion de voir fonctionner dans leurs classes une de ces puissantes machines auraient pu l'ignorer impunément : l'aération, ici, ne les regarde plus; elle a été assurée par l'ingénieur, elle se fait d'ellemême.

Ce qui importe, c'est la ventilation sans appareiK sans frais, la ventilation telle que peut l'appliquer le maître d'une école de pleine campagne, qui réunit chaque jour une soixantaine d'enfants dans l'une des deux chambres de la maison commune, basse de plafond, et ne prenant jour que par une lucarne d'un mètre carré. C'est là que la science hygiénique doit s'exercer, et que son bienfait sera le plus précieux.

Le premier point, le point préalable, est de convaincre nos maîtres de la nécessité physiologique d'une bonne aération. Remarquez, je vous prie, que c'est là, de toute la physiologie, le chapitre qui leur présente l'intérêt professionnel le plus grand. De l'alimentation, ils n'auront qu'un mince souci : qu'y peuvent-ils ? Il n'est pas en leur pouvoir de donner aux pauvres la richesse, qui leur permettrait une nourriture moins imparfaite. Et ainsi des autres fonctions physiques. Mais la respiration, le maître la peut gouverner, pour ainsi dire, à sa guise, pourvu seulement qu'il en comprenne très bien le mécanisme et qu'il en sache les lois fondamentales.

Ces lois, nous les rappellerons brièvement ici. L'oscillation respiratoire se répète environ vingt mille fois par vingt-quatre heures, introduisant en moyenne chaque fois un demi-litre d'air. C'est donc six mille litres de ce gaz qui circulent par jour dans le poumon, où ils entrent en contact avec vingt mille litres de sang. L'importance de ces chiffres suffit à témoigner de l'énergie prodigieuse avec laquelle la respiration agit sur la vie; ils font apercevoir les proportions gigantesques de l'échange gazeux qui constitue chimiquement lo phénomène respiratoire.

A la respiration pulmonaire, il convient d'ajouter celle dont la peau est l'organe. La peau constitue un troisième poumon étalé à la surface au lieu d'être ramassé à l'intérieur, et, si l'on ne peut obtenir ici une mensuration précise, du moins on sait que l'importance de la respiration cutanée est telle que sa suppression entraîne la mort rapide par asphyxie. Un animal enduit de goudron ou do vernis périt en quelques minutes en proie à une véritable suffocation.

D'autre part, il résulte des expériences les plus concluantes que la quantité d'acide carbonique exhalée en vingt-quatre heures est sensiblement de seize litres et qu'il suffit d'une proportion do quatre millièmes de ce gaz pour vicier l'atmosphère, c'est-à-dire pour la rendre impropre à une nutrition régulière et déterminer les accidents de

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l'aspliyxic lento ou brusque. La conclusion de ces données, et do qucltiues autres dont le détail ne peut ôtre exposé à cette place et qui portent sur la viciation de l'air par la vapeur d'eau, est que la pureté (lu milieu respiratoire n'est assurée qu'à la condition de fournir exactement dix mètres cubes d'air neuf par heure et par pei\<tonne.

Telle est, avec la dernière précision, la formule de l'exigence hygiénique, hors de laquelle la santé sera fatalement compromise.

Rappelons maintenant en quelques mots l'action sur l'organisme de l'air confiné, de l'air insuffisamment renouvelé. Car c'est encore là un point important de l'éducation du maître ; il doit être muni des notions suffisantes pour pouvoir surprendre le premier signe de cette action et y porter un prompt remède.

Le mécanisme de l'asphyxie est triple. L'être vivant qui succombe par insuffisance d'aliment aérien meurt : 1° par défaut d'oxygène; ce gaz manquant, la combustion s'arrête dans tous les tissus, et la mort survient en quelques instants; 2° par accumulation de l'acide carbonique ; ce gaz est un poison, qui tue en empêchant l'acide carbonique contenu dans le sang veineux de s'éliminer par le poumon; 3" par accumulation de la vapeur d'eau exhalée ; celle-ci renferme en suspension une matière animale éminemment putrescible, délétère, qui est un toxique violent.

Ces trois causes agissent à la fois pour déterminer l'asphyxie. Mais elles peuvent agir brusquement et foudroyer en quelques instants l'être vivant, ou au contraire l'empoisonner lentement, sûrement, à petites doses, selon que l'insuffisance de l'air est totale ou qu'elle est peu sensible. De là deux modes d'asphyxie, l'une brusque, l'autre lente.

La première n'a pas à nous occuper ici. Il n'en existe pas d'exemples dans les écoles, les circonstances nécessaires à cet empoisonnement tragique ne s'y trouvant jamais réunies. C'est la seconde qu'il importe de deviner, do soupçonner sans cesse. C'est celle-là qu'il faut prévenir. Elle est incomparablement la plus redoutable, précisément parce qu'elle se produit chaque fois qu'il y a disproportion, même légère, entre la quantité d'air et le nombre des poumons à satisfaire, et surtout parce (ju'elle frappe traîtreusement, à coups sourds, sans bruit, sans drame, et que les effets n'éclatent que lorsqu'il est trop tard. Ici pas de signes manifestes, pas de douleurs, de vomissements, de syncope, de chutes. Rien qu'une lente altération de la santé générale, une pâleur qui indique que le foyer intérieur languit et menace do s'éteindre, de l'amaigrissement, de la faiblesse. L'organisme est dans cet état que l'on a si justement nommé la misère pfrtjsiologique ; soudain la scène change, un accident éclate, une maladie se déclare, la fièvre typhoïde, l'anémie grave, ou, de préférence, la grande faucheuse d'hommes, la tuberculose. Mais cet événement, en apparence inopiné, n'est que le dernier terme, le dénouement d'une lente évolution, dont l'origine et la cause permanente a été le défaut d'aliment respiratoire.

^ Par quels moyens conjurer à coup sûr l'invasion d'un ennemi si perfide et si meurtrier? Impossible de songer à satisfaire les exigences de l'hygiène par une capacité suffisante des bâtiments. A dix mètres cubes par heure et par personne une salle de théâtre ou d'hippodrome suffirait à peine aux besoins d'une classe d'école rurale! L'unique remède est d'assurer une circulation constante de l'air Hitericur, un afflux continuel d'air venu du dehors, et le départ continuel de l'air souillé du dedans.

Je crois inutile de parler ici des appareils puissants et compliqués qui assurent aujourd'hui cette |

respiration dans nos grands édifices publics ou privés. Kncorc une fois, dans les écoles (jui en sont munies, les maîtres peuvent ignorer impunément les lois de la ventilation : elle s'opère sans leur aide. Mais cotte respiration, comment l'assurer dans nos humbles écoles de campagne ou de village?

Rien n'est plus aisé. Il .suffit de faire communiquer la salle avec l'air extérieur par deux ouvertures, d'inégales dimensions, percées ou créées à des hauteurs difl'érentcs. Lune est la porte d'entrée de l'air pur, l'autre livre une issue à l'air confiné. Un carreau enlevé ou brisé à la partie supèi'ieure d'une croisée, un trou porcé dans le haut d'une porte, une ouverture rjue le premier maçon venu peut pratiquer en un jour dans la muraille, il n'en faut pas plus pour que l'atmosphère, jusque-là immobile et morte, de la classe, se mette en branle, que la circulation s'établisse, que maître et élèves puisent largement à la masse aérienne dont ils étaient isolés.

Point capital : deux ouvertures au moins sont nécessaires, une seule ne suffit pas. Je visitais récemment une chambre de malade dont la croisée était ornée d'un superbe aéri/ère, d'un modèle nouveau et excellent, mais dont la cheminée était soigneusement bouchée à l'aide d'un écran. Il me fut aisé de montrer que ïaérifère perfectionné n'aérait pas le moins du monde : une bougie présentée à ses ouvertures gardait sa flamme verticale et calme. Mais dès que j'eus fait enlever [ l'écran de la cheminée, une brusque irruption d'air par les trous de l'instrument vint éteindre le flambeau. Le courant venait de s'établir : le tuyau de la cheminée fournissant une issue aux couches inférieures, l'air du dehors se précipitait pour le remplacer.

Autre remarque importante. Il convient de disposer les ouvertures d'accès de telle sorte que le courant d'air froid ne vienne point frapper les habitants de la pièce. Il sutfit pour cela do les pratiquer dans les régions supérieures et de les diriger obliquement de dehors en dedans et de bas en haut, en telle façon que la colonne aérienne s'aille briser contre le plafond, et redescendant en nappe se môle lentement aux couches plus chaudes de l'intérieur.

Je l'épète qu'à défaut de moyen moins primitit et plus coûteux, il vaut mieux se résigner à enlever ou à briser une des vitres supérieures. Mais pour peu que l'on dispose d'une petite somme, on pourra la consacrer à l'installation d'un ou de plusieurs vasistaff. Le vasistas a ce double avantage de diriger l'air vers le haut, et de permettre une graduation parfaite de l'apport aérien, selon qu'on l'ouvre tout grand ou qu'on l'entre-bàillo seulement.

Mais comment être sûr de proportionner cet apport aux besoins de la classe? Car il est évident qu'il faut l'augmenter avec le nombre des élèves, le diminuer quand la ditTérence de température entre le dehors et le dedans détermine un échange trop considérable et un refroidissement nuisible. Il n'existe pas d'appareil pour mesurer la pureté de l'air intérieur. Le maître devra se contenter d'une observation très attentive, dont l'instrument par excellence est l'odorat. Tant que la salle n'est pas parfaitement inodore après une ou deux heures de classe, c'est que l'air vicie n'a pas été complètement éliminé.

La ventilation de la classe s'opérera toujours plus aisément en hiver, quand le poêle sera mis en activité. Il est évident, en effet, que la colonne d'air chaud incessamment dégagée par le tuyau est au fur et à mesure remplacée par une égale quantité d'air pur arrivant par les interstices des portes, des fenêtres ou du plancher. iMais que le maître ne l'oublie jamais, la présence d'un foyer

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alhimé, si elle est une garantie de bonne aération, peut d'autre part menacer gravement la pureté de l'atmosphère respiratoire. Le poêle représente un être de plus à nourrir d'oxygène, une source de plus d'acide carbonique à tarir continuellement. Le tirage de l'instrument devra être contrôlé avec la dernière attention. Ce détail important d'hygiène scolaire a été traité ailleurs [N .Chauffage). Nous nous bornons à le rappeler ici.

Enfin la ventilation ne doit pas faire oublier au maître l'aération. Nous entendons par ce mot le balayage complet de la salle par un violent courant d'air. Dès que les enfants sont entrés en récréation, il faut ouvrir toutes les ouvertures et laisser l'air du dehors, fût-ce au prix d'un abaissement notable de la température, pénétrer largement et entraîner toute trace de miasme et d'impureté. N'oublions pas d'ailleurs qu'avec l'air, le soleil aussi pénètre, et que la lumière n'est pas moins nécessaire que l'air pur k la santé de l'organisme, quoique le mécanisme de son action soit moins exactement connu.

Ce n'est pas tout que d'apprendre à nos maîtres la prix qu'il faut attacher à la parfaite pureté de l'air dans leurs écoles et les moyens d'assurer cette pureté. Ce n'est encore là que la moitié de leur tâche et de la nôtre. Il faut encore les bien convaincre que cette grande loi de la vie, ils doivent l'inculquer à leur petit monde.

Si vous avez vécu quelque temps de la vraie vie des champs, vous aurez sûrement découvert à quel degré d'ignorance en sont nos paysans sur ce point fondamental de l'hygiène comme sur presque tous les autres. Tant que le paysan travaille, il s'abreuve largement au sein de l'inépuisable atmosphère, et peut-être la richesse de cet aliment, que lui offre gratuitement la nature, l'aide-t-elle à se passer impunément de tant d'autres conditions d'une vie confortable et régulière, à rester \igoureux sans cesser de se nourrir de mets grossiers, de se couvrir "de vêtements insuffisants, de négliger les soins de la peau, le sommeil, le repos, etc. Mais suivez-le dans son humble demeure. Pénétrez, comme le fait le médecin, dans ces alcôves surbaissées et hermétiquement closes où le dormeur pourrit six heures sur vingt-quatre au sein de ses propres miasmes; entrez dans ces chambres basses, noires, suintantes d'humidité, éclairées d'une lucarne que bien souvent l'on tient fermée faute de vitres : votre cœur se serrera, et votre raison sera frappée de surprise que la vie puisse persister en de telles conditions. Mais ne croyez pas qu'elle persiste sans recevoir de graves atteintes. Pour vous en convaincre, consultez le médecin de campagne : il vous dira combien le manque d'air pur a tué de malades qu'une installation moins barbare eût sauvés, combien de rhumatismes, d'angines, de fièvres, de phtisies, sont éclos et ont fleuri dans ces bouges comme autant de plantes mortelles.

Le maître et la maîtresse d'école sont ici les apôtres naturels de la civilisation. C'est à eux de prêcher la bonne croisade à leur petit peuple, de démontrer aux enfants à la fois le péril redoutable de telles pratiques et la facilité d'y porter remède. L'hygiène n'a pas de loi sur laquelle l'école soit davantage tenue à faire la lumière. Je ne crains pas de dire que le rôle de la maîtresse me paraît ici plus important et plus efficace que celui du maître. C'est à elle de faire de chacune de ses petites sauvages une mère de famille amoureuse de propreté et de lumière, une maîtresse de maison impatiente de secouer la vieille routine, fermement résolue, si humble que soit sa condition et sa demeure, à faire de celle-ci une maison ouverte au grand air pur, salubre pour elle et pour les siens, et par cela même plaisante aux habitants. La femme peut tout, dans ce do-

maine. C'est elle qui peut économiser la pièce blanche avec laquelle on posera un carreau; c'est elle qui ouvrira largement plusieurs fois par jour portes et fenêtres et fera respirer son modeste logis; c'est elle qui veillera au parfait nettoyage du sol et des meubles, à l'aération des lits, etc.

Le paysan français, c'est une observation déjà ancienne, a peur du froid. Pour le fuir il n'hésite pas à se priver d'air, à loger sa couchette en quelque recoin étroit, sous la cage de l'escalier, au fond de quelque alcôve sombre. Il ne peut deviner tout seul que c'est là s'exposer à un pire ennemi que le froid : c'est à nous de lui apprendre que le lit doit être, de tous les meubles, le plus accessible à l'air, le mieux situé de la maison, en raison des miasmes qui s'y accumulent.

Et c'est à nous surtout de le convaincre que si l'air pur est le premier besoin de l'homme sain, il est plus indispensable encore au malade. Je ne parle pas seulement des maladies contagieuses, où il va sans dire que le renouvellement complet de l'atmosphère ambiante importe au plus haut degré à ceux qui entourent la victime comme à la victime elle-même. C'est de toutes les maladies, contagieuses ou non, qu'il est juste de dire qu'elles nous imposent un redoublement d'attention à nourrir le malade d'un air parfaitement pur. Quand l'équilibre vital est détruit, que la flamme intérieure vacille et pâlit, c'est le moment de lui fournir l'aliment le plus vivifiant.

[D-^ Élie Pécaut.]

PAYS ÉTRANGERS

Plusieurs pays étrangers ont, dans leurs règlements scolaires, des prescriptions spéciales rela* tives à la ventilation. Nous en citerons quelques spécimens.

ALLEMAGNE. — Bade. — « Des mesurss seront prises pour le renouvellement et la purification de l'air dans les salles de classe, tout en évitant les courants d'air nuisibles, au moyen d'installations appropriées, par exemple en plaçant des ventilateurs aux fenêtres, ou en disposant dans les murs des canaux de ventilation pouvant se fermer, etc. » (Règlement du 11 février 1869, art. 6.)

Bavière. — Les fenêtres et les portes des salles de classe doivent rester ouvertes durant les pauses qui séparent chaque leçon — lorsque les élèves évacuent le local, — et durant l'inteivalle qui sépare la classe du matin de celle de l'après-midi (cette fois pendant une heure au moins). L'inspection scolaire locale et l'autorité scolaire du district ont à veiller rigoureusement à l'observation de cette prescription. Toutefois, cette ouverture des portes et fenêtres n'aura pas lieu par le mauvais temps ou lorsque la température est trop froide. Comme moyen permanent de ventilation, on recommande de placer dans la partie supérieure des fenêtres un vasistas, qui doit s'ouvrir de haut en bas de manière à diriger le courant d'air vers le plafond. Durant l'hiver on peut obtenir une bonne ventilation au moyen de conduits amenant l'air du dehors à l'intérieur du manteau du poêle. (Règlements des 16 novembre 18G6 et 16 janvier 1867.)

Prusse. — « Dans chaque salle de classe, on prendra des mesures pour le renouvellement de lair pendant la durée des leçons. Comme il n'est pas possible, dans la règle, d'ouvrir la fenêtre en entier, les vitres de la partie supérieure doivent être disposées de façon à pouvoir s'ouvrir en tournant de haut en bas sur un axe horizontal. Dans la muraille en face, on disposera, à la môme hauteur, un nombre convenable d'ouvertures, pouvant se fermer. Dans l'installation des appareils de chauffage, on se préoccupera des moyens de les utiliser pour le renouvellement de l'air : à cet effet, oq

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installera d'uno part des tuyaux do ventilation communiquant avec la cheminée, d'autre part un canal passant sous le plancher et amenant l'air du doliors dans l'espace, ouvert»par le haut, qui existe à l'intérieur du manteau du poêle. » (Règlement do la régence de Diisscldorf, 14 avril 1874.)

WuKTEMBKHU. — «Le renouvellement do l'air a lieu essentiellement au moyen des fenêtres et des portes. Un certain nombre de carreaux des fenêtres, principalement dans la partie supérieure, doivent être rendus mobiles de façon à pouvoir s'abaisser plus ou moins complètement ; en face, à la même hauteur, on prati([ucra dans la porte ou dans la muraille des ouvertures pouvant se fermer. L'emploi de la chaleur du poêle pour le renouve!lemont de l'air, la combinaison des appareils de ventilation avec les appareils de chauffage sont particulièrement recommandés. Dans les intervalles entre les leçons, et après l'achèvement de la classe, les fenêtres et les portes devront être ouvertes. On n'aura recours cà ce moyen, pendant la durée des leçons, que s'il peut être employé sans occasionner des courants d'air trop vifs. Si les élèves se plaignent du mauvais air, l'instituteur devra procéder sur-le-champ à l'aération de la classe. » (Règlement du 28 décembre 1870.)

ITALIE. — Le programme élaboré en ï-6'6 par une commission municipale de Rome relativement aux prescriptions hygiéniques à observer dans la construction des maisons d'école dit à l'article 21 : « On devra pourvoir, par des moyens spéciaux, bien moins encore au chauffage qu'à la ventilation artificielle des salles, et cela avec une sollicitude particulière. A cet effet, on choisira le système qui assurera le renouvellement de l'air dans les conditions les plus hygiéniques. »

UNION AMKfilC.iiNE. — La question de la ventilation des bâtiments scolaires a été sérieusement examinée dans les divers Etats de l'Union. Le rapport des commissaires français délégués à l'Exposition de Philadelphie cite, parmi les travaux auxquels cette question a donné lieu, les suivants :

1" Le mémoire de M. H. Pennell, de Portland, inséré au Rapport de l'Etat du Maine de 1875 ;

2° Le rapport de M. J.-W. Allard, surintendant des écoles de Gloucester ^Rapport du Massachusetts, 1874-1875);

3° Les mémoires produits par la commission médicale nommée en 1875 par le School Doard de Philadelphie pour étudier l'hygiène scolaire.

La commission de Philadelphie recueillit de l'air dans douze maisons d'école de récente construction, avec les fenêtres en partie ouvertes, et elle en fit l'analyse chimique. Elle trouva la proportion de 13.13 volumes d'acide carbonique en moyenne sur 10 000 volumes d'air, ou environ 4 fois ce que contient l'air atmosphérique dans les conditions normales. Certaines écoles avaient donné 15.53, 10. 2G, 1G.77 et même 21. 3i volumes d'acide carbonique. Voici les conclusions de la commission :

« L'air se trouvait vicié encore par les matières animales qui se dégagent des poumons et de la peau et qui sont en solution dans la vapeur d'eau. Ces matières se trouvaient en quantité presque égale à l'excès d'acide carbonique dans l'air. De là la nécessité d'une ventilation suffisante pour débarrasser les salles de classe de ces principes morbides.

» Toute maison d'école, vieille ou neuve, chauffée par des poêles ou par des tuyaux de calorifère, doit être pourvue de tuyaux de" ventilation avant IG pouces sur 21, pour que l'atmosphère, durant les heures de classe, et spécialement en la saison d'hiver, demeure convenablement Dure, même avec toutes les portes et les fenêtres fermées. Ceux qui sont en usage aujourd'hui sont insuffisants et ne fonctionnent pas commodément. »

VERDIER. — Jean Vcrdier, médecin et avocat, né à la Fcrté-Bernard en 1735, mérite une mention dans ce Dictionnaire pour ses tentatives originales dans le domaine de l'éducation. Ses connaissances en médecine lui avaient valu la place de conseiller-médecin ordinaire du roi Stanislas; il avait en outrO' publié divers ouvrages sur la jurisprudence de la médecine. En 1704, après la mort du roi de Pologne, il quitta Nancy et vint se fixer à Paris. Là, il conçut l'idée d'un établissement à la fois médical et pédagogique, qu'il appela « Maison d'éducation physique et morale »; les « enfants et jeunes gens infirmes et valétudinaires » devaient y trouver « les soins d'une bonne instruction, réunis au traitement de leurs infirmités et maladies ». Il publia en 1772 le prospectus de cet établissement, qui s'ouvrit la même année. En môme temps, il fit paraître une série de petits volumes intitulés Piccueilde mémoires et d'observations sur la perfectibilité de l'homme par les agents physiques et moraux, dans lesquels il exposa ses idées sur le rôle que devraient jouer en éducation l'exercice physique et la gymnastique médicale. « Mon dessein, dit-il, n'est pas de donner lieu aux instituteurs et moralistes d'empiéter sur la médecine clinique, dont l'objet est de porter secours aux malades dans leur lit ; mon motif est de répandre la connaissance et l'usage de la médecine économique, pédagogique et morale, dont l'objet est d'aider la nature dans le développement des facultés du corps humain, et de prévenir ses maladies... Regardant l'art de l'éducation tel qu'il est actuellement, comme un embryon conçu dans le sein de la médecine économique des anciens, mon but est de me servir des secours de la modecine plus perfectionnée de nos jours, pour le faire renaître et le mettre entre les mains de ses maîtres, afin ciu'ils puissent l'élever et le nourrir. Je n'aspire (ju'à l'honneur de rappeler les instituteurs et moralistes au grand problème que Descartes leur a proposé, en les invitant do chercher dans la médecine les moyens de rendre l'homme plus spirituel et plus sage. » Verdier n'appartient point, comme on pourrait le croire, à l'école philosophique des encyclopédistes; il a grand soin, au contraire, de protester de son attachement à la religion et de son respect pour toutes les autorités. Il subit toutefois, comme tous ses contemporains, l'inlluence du grand mouvement d'idées qui devait produire dans l'éducation nationale de si profondes réformes; et voici comment il en parle : « Les progrès des sciences et des arts ont rendu le règne de Louis le Grand comparable à ceux d'Alexandre, d'Auguste, de Gliarlcmagne et de François 1er; niais la réformation des écoles est une révolution qui caractérisera le règne de Louis le Bien-Aimé, et qui ne le rendra comparable qu'à lui- même. Tout s'empresse à répondre aux vœux du monarque. L'effervescence est générale; les ministres et les tribunaux se sont réunis pour proposer à la société, que dis-je? à l'humanitâ, ce grand problème : Quels sont les vrais moyens de produire les hommes les plus parfaits, les meilleurs citoyens?... Il ne s'agit de rien moins que de métamorphoser les hommes, et do refondre la société; il ne s'agit de rien moins enfin que do reproduire une nouvelle race d'hommes. » L'établissomont fondé par Verdier eut du succès; au bout do peu d'années, il associa, aux enfants infirmes qu'il se chargeait de guérir, des élèves ordinaires. «^ La maison d'éducation de M. Verdier, lit-on dnns un règlement de 1777, est destinée : 1° aux enfants du plus bas âge, faibles, valétudinaires, difformes, et autres qui ont besoin d'un régime ou d'un traitement particulier, pourvu que leurs infirmités ne soient pas contagieuses; 2° à ceux qui, étant destinés aux plus hauts emplois et aux pre-

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mières professions, ont besoin de l'éducation \s^ plus approfondie et la plus cultivée. » Pour faire mieux connaître sa maison et son système, il publia en 1777 un volume intitulé : « Cours d'éducation à l'usage des élèves destinés aux premières professions et aux grands emplois de l'État, contenant les plans d'éducation littéiaire, physique, morale et chrétienne, de l'enfance, de l'adolescence, de la première et la seconde jeunesse, et des règlements généraux d'éducation. » Ce livre médiocre, indigeste et mal écrit, qui ne saurait être comparé, pour la vigueur de la pensée et l'originalité des vues, à ceux de La Chalotais, du président Rolland et de Philipon de la Madelaine, attira à son auteur des difficultés de diverse nature. Le grand-chantre voulut obliger Verdier à changer le titre de son établissement en celui de « petite école », et à limiter son enseignement à la lecture, à l'écriture et au calcul; l'Université, d'autre part, prétendait le forcer à envoyer ses élèves aux classes d'un collège. Pour se défendre, Verdier fit imprimer en 1779 un Mémoire à consulter sur les fonctions et les droits des instituteurs, où l'on trouve des détails intéressants sur l'histoire de l'Université et celle des petites écoles; un peu plus tard parut un second Mémoire sur les droits respectifs des juridictions naturelles, civiles, ecclésiastiques et scolastiques.

En 1787, Buffon, désirant agrandir le Jardin du roi, fit exproprier Verdier, dont la maison était contiguë aux terrains de cet établissement. Cette mesure ruina le médecin instituteur, qui dut renoncer à son entreprise. Pendant la Révolution, Verdier s'occupa tour à tour de politique, d'éducation et de médecine. Au commencement de 1792, il publia un Discours sur l'éducation nationale, dans lequel il annonce un Plaîi d'éducation nationale qui n'a jamais vu le jour : ce ne devait être, d'ailleurs, qu'une réédition des idées contenues dans ses ouvrages antérieurs. R fut membre de la Commune de Paris après le 10 août, et, en cette qualité, chargé de donner des soins médicaux à Louis XVI pendant la détention de celui-ci. Lors de la création de l'Académie de législation, il y devint professeur de médecine légale. Dans la dernière partie de sa carrière, il fit paraître encore divers ouvrages d'enseignement et de médecine, entre autres un Art d'étudier et d'enseigner les langues française et latine séparément et conjointement, 1804. Verdier est mort à Paris en 1830.

VEUGERIO. — Pierre-Paul Vergerio (qu'il ne faut pas confondre avec le prélat du même nom, qui vécut au xvi" siècle) naquit vers 1350 à Capo d'Istria; il étudia à Padoue et à Florence, et acquit une grande réputation comme érudit et littérateur. R devint, vers 1400, précepteur des enfants de François de Carrare, seigneur de Padoue ; c'est à cette occasion qu'il écrivit en latin son traité Des bonnes mœurs, dédié à l'un de ses élèves, Ubertino de Carrara. R accompagna plus tard le cardinal Zabarella au concile de Constance, puis passa au service de l'empereur Sigismond, qu'il suivit en Hongrie : c'est dans ce pays qu'il mourut en 1419. Il a été fait au xv^ et au xvie siècle d'assez nombreuses éditions du traité d'éducation de Vergerio; celle que possède la bibliothèque du Musée pédagogique de Paris a été imprimée k Florence par Francesco Dini; elle ne porte pas d'indication de date; le titre de l'opuscule, qui compte G7 pages et qui est réuni à quatre autres traités de divers auteur.^, est : Pétri Pauli Vergerii JustinopoHtani ad Ubcrlinum Carrariensem De ingenuis moribus opus praeclarissimum. Ce petit ouvrage n'offre rien de remarquable, et l'on a peine «à s'expliquer la réputation dont il a joui; il ne contient que les lieux communs de morale qui se retrouvent dans tous les

écrits pédagogiques de cette époque. Il existe unotraduction française, assez défectueuse, du traité de Vergerio, publiée sous ce titre ; De ingenuis vtoribus, auctore Petro Puulo Vergerio, traduction par M. le vicoynte de Carrière, Paris, H. Champion, 1878^ brochure in-16 de G4 pages.

VERLAC. — Bertrand Verlac, publiciste français, né à Montpellier en 1757, est l'auteur de divers ouvrages traitant de questions de politique, de morale ou d'éducation. A l'époque de la Révolution, il était professeur d'anglais à l'Ecole de la marine de Vannes; il fit paraître en 1790 un NoU' veau plan d'éducation pour toutes les classes de citoyens, suivi d'un Traité de la liberté civile tra^ duit du docteur Priée. Voici comment Verlac dépeint le magister de l'ancien régime : « Un homme à 50 écus de gages qui est tout à la fois le barbier, le chantre, le carillonneur et le maître d'école,, qui a femme et enfants, et, par conséquent, assez inquiété par sa pauvreté et les soucis de son ménage, tel est le sujet qui préside à 1 éducation des gens de la campagne. » Il propose qu'on charge un maître spécial de donner aux enfants et aux adultes l'instruction morale et civile. « La nouvelle éducation doit enseigner que catholiques et protestants sont chrétiens et frères, que nobles et roturiers sont hommes et égaux, qu'ensemencer son champ ou veiller à la garde de nos frontières sont des professions également honorables... Et comme parmi les habitants de la campagne il en est plusieurs qui, devant vivre de leur travail journalier,, retiennent leurs enfants chez eux pour les aider,, je désirerais qu'on les obligeât d'aller à l'école, car l'éducation importe plus à la patrie qu'aux parents (sauf à les indemniser d'une autre manière). Et pourquoi;, d'ailleurs, ne serait-il pas instruit, ce paysan qui, devenu un jour lé consul du lieu, aura des diff"érends à terminer, le bon ordre à maintenir, qui, député vers sa province, aura les intérêts de son canton à défendre?... Pourquoi ne lui délierait-on pas la langue, pour être en état au moins de se plaindre d'une injustice ou d'une oppression, pour pouvoir terminer par lui-même et avec son adversaire une discussion qui, devenue bientôt un procès, les ruinera tous deux? — Où trouver le temps? Rendez l'école attrayante,. il y emploiera le temps qu'il passe au jeu, au cabaret. »

La même année, Verlac publia deux Mémoires adressés à l'Assemblée nationale et relatifs à son plan d'éducation. Sous le Directoire, il devint professeur à l'école centrale du département de Vaucluse. Son hostilité contre le régime impérial l'empêcha d'obtenir un emploi dans l'Université. Ses derniers écrits sont des pamphlets politiques contre le gouvernement de Napoléon. Il mourut à l'hôpital à Paris en 1819.

VESTIAIRE. — Les vestiaires sont des locaux : aménagés dans les écoles en vue du dépôt des vêtements de dessus, des parapluies, des paniers, etc., des élèves.

Cette partie dos constructions scolaires n'a été prévue que depuis fort peu d'années. On sait, en effet, combien étaient négligés avant 1878 les bâtiments destinés aux écoles et combien étaient alors restreintes les exigences de l'administration. Mais, depuis les lois qui ont assuré aux communes la participation do l'État à leurs dépenses d'instal--» lation d'écoles, les prescriptions administratives;.^, ont été plus précises et plus sévères.

Un Règlement pour la construction et Tameublement des maisons d'écolo, dressé en 1880, !>| prévoit, dans les locaux à organiser, l'établisse- VJ ment de vestiaires desservant une ou plusieurs classes contiguos, avec rayons à claire-voie pour j| les paniers et porto-manteaux pour les vêtements. >j

Une figure accompagne le texte de ces instruc- jj tiens, qyi avaient été rédigées par le comité de*

VICTORIN bE FELTRE — 2953 - VICTORTN DE FELTRE

"bâtiments scolaires et onvoyécs à toutes les commissions départementales intéressées aux projets ■de constructions scolnircs.

Il faut se garder de considérer le vestiaire de 'école comme une addition inutile et de simple uxe. C'est souvent dans les plus modestes, on peut dire dans les plus pauvres installations, fjue cette pièce est indispensable. Les petites écoles situées dans des régions montagneuses reçoivent, en effet, des enfants venus souvent de points fort éloignés, par des chemins difficiles, dégradés, boueux. II importo que ces élèves puissent déposer quelque part, pour ne pas encombrer la classe, les vêtements ou les cliaussui'es de dessus qu'ils reprennent au départ. Il est surtout nécessaire que les provisions apportées pour le déjeuner et le goûter soient mises en lieu sûr hors de la pièce où l'on travaille. Le vestiaire reçoit toutes ces décharges, et, à l'heure des repas, il peut servir de réfectoire aux élèves qui ne doivent rejoindre leur famille qu'après la classe du soir. Enfin il forme un intermédiaire utile entre l'extérieur et la classe, qu'il met à l'abri des courants d'air gênants pour les élèves déjà placés, et qu'il préserve de la boue, de la neige ou de l'eau qu'entraînent, à leur entrée, les élèves qui arrivent.

L'administration a, d'ailleurs, laissé aux communes toute la latitude possible en ce qui concerne les dimensions et l'organisation du vestiaire de l'école. On l'installe en un coin du préau cour vert, sous le vestibule, ou dans un couloir de dégagement, on ne lui ménage qu'une place très étroite, on économise sur sa part, ou bien on le développe suivant l'importance de l'école ou les ressources dont on dispose. Dans tous les cas, il est bien de l'exiger et d'applaudir à son installation.

On ne saurait qu'admirer et encourager les communes qui s'imposent déi sacrifices pour assurer aux élèves des écoles primaires une installation large et saine. Des habitudes d'ordre, de propreté, une certaine allégresse d'esprit, un équilibre moral plus constant, sont certainement dus en partie à l'influence des choses avec lesquelles l'enfant est en contact. Sans l'efTéminer donc, ne lui mesurons ni les soins, ni l'espace, ni le bion-ôtre raisonnables. [Georges Petit.]

VEUVIiS ETORPIItLINS D'INSTITUTEURS.

— V. Retraite {Pensions de).

VICTORIi> DE FELTIIE. — C'est vers l'année 1378 que naquit, dans une petite ville appartenant aux possessions de terre ferme de la république de Venise, Victor Rambaldoni, qui fut désigné dans la suite, à cause de l'exiguïté de sa taille, par le diminutif de Victorin, auquel on joignit le nom de sa ville natale, de Fellre.

Sa famille, qui avait occupé jadis un certain rang, se trouvait alors dans un état de fortune voisin de l'indigence. Bien qu'à contre-cœur, son pèrOjBruto de' Rambaldoni, et sa mère Monda, qui «hérissait tendrement ce fils unique, durent le laisser partir pour Padoue, dont l'université brillait alors d'un vif éclat; à Feltre les maîtres et les livres eussent manqué pour cultiver les brillantes facultés qu'annonçait le jeune homme.

A Padoue, Victorin, tout en étudiant, dut pourvoir lui-môme à son entretien; il se fit, à cet effet, le répétiteur de quelques jeunes gens nobles En même temps, il suivait les leçons de belles-letties et d'éloquence du célèbrt Jean de Ravenne, qui avait été le disciple favori de Pétrarque ; il étudiait la langue latine sous Gasparino Barzirza, la dialectique sous Paolo Nicoletti, la philosophie naturelle et morale sous Jacques dclla ïorre. Il s'adonna également à l'ctudc de la théologie et du droit canon sous Paolo Veneto; et, son goût le portant aussi du côté dos sciences positives, il voulut apprendre les mathématiqîios, alors enseignées à

Padoue par le célèbre Pcllacano, maître très savant, mais âme sordide et inté rcssée Victorin, qui n'avait pas le moyen de payer les leçons de Pellacano, entra pendant un certain temps à son service comme domestique, et obtint, en échange du travail servile auquel sou amour de la science l'avait fait se condamner lui-même, le droit de participer à l'enseignement de l'avare professeur. Il lui manquait encore, pour compléter le cycle des études alors en faveur, la connaissance de la langue grecque : il l'acquit en suivant les leçons da docte Guarino de Vérone, dont il devint bientôt le meilleur élève, et qui le choisit pour précepteur de son propre fils.

A son zèle pour l'étude des sciences et des lettres, Victorin joignait le goût des exercices dU corps, auxquels il s'adonnait avec succès : il excellait à la course, au saut, à l'escrime, à tous les jeux gymnastique?, et se montrait cavalier adroit et vigoureux. Aussi eut-il bientôt la réputation d'un instituteur hors de pair, non moins recommandable par ses connaissances et ses talents que par l'intégrité de ses mœurs et par la sainteté de sa vie : s'il est juste d'appeler saint celui dont l'activité n'avait d'autre mobile que son propre perfectionnement, l'utilité d'autrui, et la consolation de ses vieux parents, de sa mère en particulier, de laquelle il ne se sépara plus dès qu'il put gagner assez de pain pour le partager avec elle.

Après avoir obtenu le grade de docteur, Victorin enseigna la rhétorique et la philosophie au gymnase de Padoue, tout en dirigeant un collège particulier dans lequel il réunit pendant plusieurs années l'élite de la jeunesse studieuse.

Arrivé à l'âge mûr, et voyant croître parmi les étudiants le dérèglement des mœurs, sans que son exemple et ses avis pussent retenir sur la pente du vice cette nouvelle génération au salut de laquelle il voulaittravailler, il quitta Padoue vers 1422 et alla chercher à Venise un nouveau champ d'action. Là, ses leçons furent suivies par de nombreux disciples, dont plusieurs appartenaient à la classe populaire : non seulement il enseignait gratuitement ses élèves pauvres, mais il consacrait à leur entretien les honoraires que lui payaient les élèves riches. La renommée de Victorin s'étendit promptemcnt de Venise jusque dans les autres cités italiennes. Le marquis de Mantouo, Jean-François de Gonzague, cherchait à ce moment un précepteur pour ses fils : il fit proposer cet emploi à Victorin, en accompagnant sa proposition des offres les plus honorables et les plus généreuses. Victorin liésita d'abord; il n'accepta que lorsqu'il eut reçu du marquis — l'un des princes les plus instruits et les plus sages de son temps — J'assurancc que le précepteur aurait sur ses élèves une entière autorité, et que le père n'entendait conserver pour lui que le privilège de la tendresse paternelle.

Victorin se rendit à Mantoue en 1423. Il demanda, comme une condition essentielle du succès de sa tâche, une résidence appropriée. Le prince l'installa avec ses élèves dans wn édifice situé à quelque distance de son château et appelé la Casa gioiosa (la Maison jotjeuse)'., c'était une maison de plaisance, qui avait été consacrée jusqu'alors à des divertissements mondains; elle était entourée de jardins délicieux, décorée avec le plus grand luxe, et pourvue de tous les agréments désirables. En entrant dans cette somptueuse demeure, le sage instituteur comprit aussitôt tout le parti qu'il pourrait tirer de cette installation si favorable, où, au milieu des jardins et sans communication avec la cour du prince, il réaliserait le rêve d'une école semblable aux antiques gymnases d'Athènes et aux jardins d'Academus. [^Eà primo tnrfre^su Vicforinus del'Cfari visas est: fiabet enini umbracula et deambulationes optimas, Quae res maxime g>jinnasiis conuenire putaban-

tur; Prendilacqua.) Craignant toutefois que le luxe des appartements où il allait vivre avec ses élèves n'exerçât sur eux et sur lui-même une influence fâcheuse, il demanda et obtint que l'ameublement de la maison, ainsi que le traiu journalier des repas et de toute l'existence, fussent ramenés à une simplicité plus sévère. Il changea également le nom de l'édifice, qui fut appelé désormais Casa giocosa [Maison des jeux), tant à cause des peintures qui en décoraient les murs et représentaient des enfants jouant [Jocosa dicta est apictuvae varietate, quum in ed multae ludcntium. puerorum imagines videaniur; Prendilacqua), que par une réminiscence classique des Itcdi de l'antiquité, ces écoles qui réunissaient à la fois les exercices du corps et ceux de l'esprit. Après avoir ainsi rebaptisé sa maison, Victorin en assura l'ordre et la tranquillité en en faisant garder rigoureusement la porte par une personne de confiance : personne ne put en franchir le seuil sans la permission du précepteur. [Janitor in limite positus, ne quis ignaro praecepiore aut admittcretur aut egrediretur ; Prendilacqua). Cette discipline fut maintenue non seulement dans les premières années, où Victorin reçut sur ses genoux les jeunes princes presque au sortir du berceau, mais encore dans les dernières, à l'époque où les plus jeunes de ses élèves avaient déjà dépassé l'âge de l'adolescence, et où ils étaient entourés d'une troupe nombreuse de nobles condisciples venus des diverses parties de l'Italie, ainsi que de la Grèce, de la France, de l'Allemagne, et d'autres pays étrangers, pour recevoir l'enseignement que donnait l'Académie de Victorin, Cette Académie fut reconnue comme un véritable institut international pour l'éducation des princes et des jeunes gens des plus hautes classes par l'empereur Sigismond qui, lors de sa venue à Mantoue en 1433, érigea l'école de Victorin en établissement public, l'assimila pour les immunités et les privilèges aux universités les plus renommées, et lui accorda le titre de Gymnase littéraire. Cette distinction fut confirmée, encore du vivant de Victorin, par les diplômes des empereurs Albert II en 1439 et Frédéric III en 1442 et 1445. Elle était pleinement justifiée par la valeur des maîtres illustres que Victorin avait appelés à l'aider dans sa tâche, et par l'abondance des ressources matérielles dont son établissement était fourni, telles entre autres que la précieuse bibliothèque que les Gonzague avaient fondée avec l'aide de Pétrarque et que l'industrie de Victorin avait enrichie de nombreux manuscrits. Celui-ci, cédant à l'impulsion de son cœur généreux, avait, en outre, ouvert à Mantoue, à côté de la Casa giocosa, un autre institut plus modeste où étaient entretenus et instruits à ses frais des jeunes gens sans fortune chez lesquels il avait remarqué des dispositions pour l'étude. Ces élèves gratuits atteignirent le nombre de soixante-dix. Victorin ne possédait rien en propre, quelquefois pas même l'habit qu'il portait, bien qu'il lui eut été assigné un traitement de vingt sequins d'or par mois, avec la faculté de puiser dans le trésor du prince autant d'argent qu'il en désirerait; sans compter les divers bénéfices dont il fut revêtu, et la jouissance d'une agréable villa près de Pietole, que la tradition représentait comme l'ancien domaine du chantre de l'iswézf/e, auquel Victorin ressemblait par la pureté virginale du cœur, par la tendresse des sentiments et par le culte du beau. Son inépuisrble charité, toujours prête à secourir autrui, explique pourquoi il resta pauvre au milieu de tant do richesses. Comme sa piété le porta à faire bâtir une église à la Madone del Cannine, sa générosité lui fie doter des hospices, secourir des malades, entretenir de nombreuses familles d'indigents ; il fut le protecteur et le bienfaiteur de tous les malheureux qui s'adressaient à lui.

Sa position dan&la famille du marquis de Mantoue était devenue celle d'un véritable père spirituel. Il défendit contre la volonté de François de Gonzague la vocation religieuse de la princesse Cécile, son élève, qui désirait entrer au couvent. Il s'interposa dans la querelle qui éclata entre l'aîné de ses élèves, Ludovic, et son jeune frère Charles, et l'empêcha d'avoir une issue funeste ; il réussit à réconcilier avec son père offensé ce même Ludovic, qui en 1436 avait pris inconsidérément le» armes en faveur du duc de Milan contre la république de Venise, dont le marquis de Mantoue était alors le capitaine général. Sa douce et pacifique influence s'étendait sur la ville tout entière, dont il futpendant vingt-deux ans la vivante providence.

Une mort paisible l'enleva à ses travaux le 2 février 1446. La somptuosité des funérailles que lui fit la cité de Mantoue contrasta avec la simplicité de la tombe qu'il s'était choisie lui-même, dans le cimetière de l'Église du Saint-Esprit, à côté du lieu où reposait déjà sa mère, et sans une pierre qui en indiquât l'emplacement à la postérité. Ce n'est que de nos jours qu'un monument modeste a été élevé là par la piété des instituteurs mantouans.

Les vertus de Victorin furent célébrées après sa mort par plusieurs de ses disciples, qui se firent un honneur de retracer la vie et les actions du maître qu'ils avaient aimé. Le célèbre Victor Pisanello reproduisit son image sur la toile et sur le bronze, accompagnée de l'emblème du phénix qui nourrit ses petits de son propre sang. Voici le portrait que nous a laissé de lui la plume d'un de ses biographes : « Petit de taille, sec, le teint tirant sur le rouge, presque brûlé, la lèvre inférieure un peu proéminente ; il avait une voix sonore et douce qui charmait grandement ses auditeurs, et dans ses gestes et toute son attitude gardait toujours une réserve pleine d^ dignité ; de sorte qu'à première vue on l'aurait pris pour un philosophe de l'antiquité. »

Parmi ses élèves les plus célèbres, il faut mentionner Frédéric de Montefeltro, qui fut duc d'Urbin ; Ognibene de Lonigo, qui continua à Vicence l'enseignement de Victorm ; les savants Gregorio Correro, Lôrenzo de Castiglione, et Sassuolo de Prato, auquel Victorin avait donné un exemplaire de Xénophon portant une affectueuse dédicace, exemplaire conservé à la bibliothèque Laurentienne de Florence ; et particulièrement Francesco Prendilacqua de Mantoue, qui écrivit vers 1474, pour honorer la mémoire de son maître, son beau Dialogue sur la vie de Victorin de Feltre {Dialogus de vita Victorini Feltrensis), source la plus abondante et la plus autorisée à laquelle aient puisé les nombreux biographes modernes de Victorin ; il convient d'y joindre le Commentaire sur la vie de Victorin de Feltre [Commentariolus de vita Victorini Feltrensis), écrit vers 1460 par Bartolomco Sacchi de Piadena, surnommé Platina,

Il reste à parler des principes pédagogiques do Victorin et de sa méthode d'éducation. Imbu des idées platoniciennes sur l'âme, qu'il avait puisée» dans la culture littéraire classique de son temps, il croyait avec Virgile que les âmes des homme» étaient comme autant de semences d'origine et de nature divine, déposées dans les corps pour y germer comme dans un terrain où, selon la composition élèmenîaire et la fécondité procurée artificiellement par la culture, elles devaient être modifiée» dans leur développement et révéler d'autant mieux les facultés innées qu'elles portaient en elles, qu'elles en seraient moins empêchées par la matérialité des corps.

Ignens est ollis vigor et cœleslis origo Seiuiuibu5, quauîuin non uoxia corpora tardant.

(^'/itid., VI, T. 730.)

Le but véritable et unique de l'éducation en gérai, et de celle de l'enfant en particulier, était donc pour Victorin de corridor le corps, par nature défectueux et contraire à l'âme, afin que celle-ci pût sans obstacle se révéler dans la vie ce qu'elle était par création divine, une étincelle de l'éternelle lumière ; il s'agissait de rendre aux âmes immortelles cette liberté qui leur était ravie par l'union avec des corps mortels. De là le cboix de moyens propres à mortifier les mauvaises tendances du corps, à en accroître la puissance par la santé, et à obtenir pour résultat, selon la formule menssana in corporc sario, l'homme parfait. C'est l'imitation qui donne l'impulsion à toute cette évolution composée d'une série indéfinie de progrès, de reculs, et do nouveaux progrés : le fondement de tout édifice pédagogique est l'exemple du maître. Voilà pourquoi, avant d'enseigner les autres, Victorin voulut être lui-même sain, agile, fort, de bonnes mœurs, sobre, vertueux, docte en beaucoup d'arts, homme spirituel. Sa première préoccupation était l'étude du naturel présent de l'élève et des conditions antérieures de la famille, pour y découvrir les influences de l'hérédité et de l'atavisme, et pour choisir le genre d'activité sur lequel il était opportun de faire porter de préférence les exercices, et les arts auxquels il convenait d'appliquer chacun, sans exclure même les plus faibles ou les plus vicieux. Sans s'imposer toutefois, sans prétendre modeler tous les caractères sur un seul type, il secondait les inclinations et dirigeait les volontés vers le genre d'action où chacun se sentait le plus capable de réussir, fidèle au précepte de Virgile :

Nec vero terrae ferre omnes omnia possunt. (Georff., II, Y. 109.)

Aussi l'enseignement, dans l'école de Victorin, était-il des plus variés, ainsi qu'en témoigne Platina : « Victorin, écrit celui-cî, proposait aux enfants plusieurs études en même temps ; car il disait que comme le corps se restaure par la variété des aliments, ainsi le font les âmes par l'alternance des matières d'études. Il louait beaucoup ce que les Grecs ont appelé encyclopédie, parce que, disait-il, la science et l'érudition se composent de disciplines nombreuses et variées, et qu'il était très à propos que chacun, selon l'occasion et l'utilité, sût discourir des choses naturelles, de la morale, de l'astronomie, de la géométrie, de la musique, du chant, de l'arithmétique, et de la stéréomoi rie. » Il y joignait une ample culture littéraire et philosophique, dont nous parlerons tout à l'heure. Et si, malgré tout, il arrivait qu'un enseignement pour leciuel un élève témoignait de l'inclination fît défaut à son école, il s'empressait de le lui procurer, fallût-il s'adresser ailleurs et dûtil en résulter pour lui un accroissement de dépense.

^ En dehors des cas spéciaux, son programme consistait, pour les débuts, à enseigner aux enfants les premiers éléments de la lecture et de l'écriture, par manière de jeu, au moyen de tablettes pointes de diverses couleurs, et portant la figure des lettres, qu'il faisait combiner pour former des mots : suivantainsi les exemples que nous a laissés Qnintilien, plutôt que préludant à Frœhel.

Ensuite, selon ce que rapporte son disciple Sassuolo, venaient des exercices destinés à « expliquer et commenter les poètes, enseigner l'histoire, former la prononciation à une accentuation correcte. Ce sont là les parties auxquelles il pense devoir donner la prcmiorc place et les soins les plus diligents dans l'instruction de l'enfant; vu que celui-ci, après s'en être rendu maître, trouvera la voie facile pour aborder des études plus hautes... En conséquence, il présente d'abord aux enfants Virgile, Homère, Cicénm et Dcniosthène,

pour qu'ils les apprennent; et quand ils s'en sont nourris comme d'un lait pur et non corrompu, et que leur estomac a acquis ainsi un peu de force et de vigueur, il pense qu'ils peuvci t, avec sécurité aborder les historiens et les autres poète», aliments plus difficiles à assimiler. Dans les quatre premières années, il explique complètement toute» les lois de la grammaire. Puis, divisant toute l'éloquence en deux parties, la dialectique et la rhétorique, il croit qu'il faut apprendre en premier lieu la science du raisonnement, guide et maîtresse de toutes les autres ; il y exerce assidûment les Jeunes gens, et ne les accoutume point aux interrogations captieuses ou aux misérables conclusions pleines d'erreur et de fausses apparences, auxquelles s'adonnent aujourd'hui si volontiers le» précepteurs, avant d'enseigner à définir les choses, à diviser les genres, à enchaîner les concept» pour en tirer une conséquence parfaite. II leur donne ensuite la connaissance des sophismes,non point pour qu'ils s'en servent pour obscurcir la vérité, mais afin qu'ils puissent avec plus de sûreté distinguer entre le vrai et le faux dans leur» propres jugements. Puis on vient à la rhétorique; et il veut, pour que des préceptes on passe à l'action, que les jeunes gens se livrer ^i^sidùment aux exercices de déclamation, sur dea «ujets empruntés aux plaidoyers du forum, aux harangue» populaires ou sénatoriales. Tu sais que telle était la manière en laquelle les anciens faisaient l'éducation des orateurs; lesquels, après s'être convenablement exercés dans le particulier, se trouvaient ensuite mieux préparés à parler au forum ou dans la curie. A la rhétorique font suite l'arithmétique, la géométrie, l'astrologie, la musique, lesquelles, semble-t-il, entre toutes les études, portent à juste titre le nom d'enseignements, parce que ce senties seules qui puissent avec vérité et certitude ôtreapprises par tous... Ces discipline» invitent à faire resplendir d'une nouvelle lumière la vertu rayonnante de notre âme, emprisonnée dans l'obscurité corporelle... Une fois accompli le cours ci-dessus indiqué, Victorin, jugeant ses élèves capables d'entendre avec fruit la philosophie, les introduit dans la palestre académique, auprès des princes de celle-ci, Platon et Aristote. 11 ne permet à nul d'en sortir avant d'avoir parcouru attentivement toute la philosophie enseignée par ces maîtres. C'est alors seulement qu'il licencie ses disciples, affirmant que, quel que soit l'art ou l'étude auquel ils se consacreront, aussi bien à la médecine qu'à la jurisprudence ou à la théologie, ils acquerront aisément la connaissance de tout ce qu'ils voudront apprendre. »

C'est en s'adressant au cœur de ses élèves que Victorin les amenait à parcourir sans fatigue ni dégoût ce vaste programme d'études : il avait pour eux à la fois la tendresse d'une mère et la juste sévérité d'un père. Sa préoccupatioi\ particulière était de réprimer, au besoin par des châtiments corporels, les instincts bas, la duplicité, les mensonges, la paresse; sans colère, mais avec fermeté, et avec plus de déplaisir que n'en poinait éprouver le coupable lui-mùmc à qui la punition était infligée. Juste, impartial, indulgent jusquaux limites que lui imposait la prudence et la véritable alïection, il faisait à peine sentir à ses fils adoptifs le joug plein de douceur qui les contraignait à marcher droit dans la voie du bien, qu'une heureuse habitude leur faisait suivre ensuite conmio par une propension naturelle.

S'il était inexorable pour les passions, il s'appliquait avec sollicitude à cultiver les bons sentiments, et s'etïorçait par tous les moyens de les susciter dans le cœur de ses élèves, principalement l'émulation et lamour de la gloire. Tout en imposant silence à l'orgueil, il provoquait la fierté^ qu'il voulait tempérée par la bienveillance chei

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ceux (le SCS élèves que leur haute naissance et leur fortune destinaient au gouvernement des peuples. Tel lut l'aimable Frédéric d'Urbin : il ne démentit pas la prédiction de son maître, qui avait écrit à l'heureux père du jeune homme : « Un jour viendra, et je ne me trompe point, où ton Frédéric, au naturel divin, orné de toutes les gloires, sera salué le premier des chefs d'armée de toute l'Italie. » Tels aussi les fils du marquis Jean-François de Gonzague, qui, grâce aux leçons de Victorin et aux exemples de leur illustre père, arrivèrent à une grande réputation : l'aîné, Ludovic, fut un vaillant capitaine, un souverain sage et généreux; Charles, qui à un esprit élevé, à la science, à la libéraUté, no joignit malheureusement pas l'intégrité dans la conduite, fut pourtant un intrépide guerrier; Gian-Lucido, d'une constitution frêle, cultiva avec passion les sciences sacrées et les belles-lettres, et obtint tout jeune la renommée d'un gracieux poète ; Alexandre, contrefait de corps et d'une santé chancelante, doux et pieux, devint un lettré distingué et le protecteur des artistes et des savants; Cécile et Marguerite, fleurs de grâce et de bonté, cultivant avec succès toutes les muses, furent une couronne de gloire et de vertu pour leur famille, pour leur cité, pour leur maître.

A l'éducation de l'esprit et du cœur, Victonn voulait associer celle du corps, fondée sur les préceptes les plus sages de l'hygiène, et visant à faire acquérir, avec la force physique, l'énergie du caractère. Bannissant la recherche des mets délicats, le luxe des vêtements, la mollesse et l'oisiveté, il i T'augura dans ses instituts le régime rationnel et fécond de la sobriété et de l'activité résistante, conformément à la maxime stoïcienne : Abstine et sastine. Au moyen d'exercices gradués et continus, il rendait ses élèves habiles à toute espèce de jeux gymnastiques, à la course, au saut, à l'équitation, au tir à la cible, à la chasse, à l'emploi des instruments do musique, au chant et à la danse; ils arrivaient ainsi à joindre la force à la grâce et à la dignité de l'attitude Ces exercices avaient toujours lieu en plein air, par le chaud comme par le froid, au milieu de la campagne ou sous les ombrages de l'hospitalière Giocosa, avec tous les ménagements que pouvait exiger la santé des élèves, mais avec une ferme conviction de l'efficacité du vouloir et du devoir de ne s'abandonner jamais à la douce quiétude de l'être, et de faire effort sans cesse dans la lutte du devenir.

Fortifiée par le souvenir des exploits les plus glorieux des héros antiques et par les exemples des plus vaillants parmi les champions, dans une atmosphère d'activité chevaleresque et générale, en pleine renaissance des arts et des lettres, une telle éducation, si complète et si appropriée aux besoins du présent, devait nécessairement être féconde aussi pour l'avenir.

Quoique Victorin n'ait laissé aucun écrit sur le système d'éducation et sur les méthodes didactiques professes par lui et continués par ses successeurs dans les écoles, et que nous ne les connaissions que par les rares indications transmises par des contemporains presque tous ses disciples, son œuvre a traversé les siècles, peu remarquée, mais efficace, pour briller de nos jours d'un éclat nouveau, en renaissant sous les auspices d'une philosophie plus positive et d'une pédagogie plus humaine, comme une auréole au fror„ du grand instituteur de Feltre, dont l'Italie moderne, l'Italie des Aporti, des Lambruscliini, des llosmini, desRayneri, et de tant d'autres, a repris la tradition et suivi les féconds exemples.

A consulter : De vita Victorini FeHi-enxis, D alngm Irancisci ] 'rendilncqua M'in'poiun, ex coilice Vaticauo. Annotatioiios adjecit Jacobus Morelius: l'utavii, 1774. — Commentariolus Plutinae de vita Victo7'ini Ftltrensis\ ox

codicc Vaticano, ia coW. Cremonensium Monumenta Rom niae exstantio, F. Thom. Augusti Varani ; Romae, 1778.— Lettres de Sassuolo de Frato, publities par les l'P. Marteue et Durand au tomelll du recueil Veterum scriptorum et monumcntorum collectio amplissima, Parisiis, 1724- 1733 ; ces lettres out été reproduites en partie par l'abbé Jacopo Beriiardi comme appendice de son ouvrage Stiidi su Viltorino da Feltre, Pignerol, 1856. — Fragments de la Vie de Victorin, par Francesco de Castiglione, son élève, insérés dans la Vita Ambrosii Trnversari generalis Camaldoleiisis de Lorenzo Meiius ; Florence, 1759. — Idea delV ottimo procettore nella vita e disciplina di Vitt^rino da Feltre et de' suoi discepoli, par Carlo de' Rosmini ; Bassano, 1801. Un abrégé du livre de Rosmini a été donné en allemand par Jean-Gaspard Orelli, sous ce titre : Viltorino von Feltre, oderdie Annàherung zur idealen Pàdagogik im fiinfzehnten Jahrhundert, nebst Nackrichten ûber die Methoden Guarino's und Filelfo's, bearbeito.t nach de' Bosmini von Johann Caspar von Orelli; Zurich, 1812. L'ouvrage de Rosmini a aussi servi de base à une composition romanesque intitulée Victorin de Feltre ou de l'éducation en Italie à l'époque de la Jienaissance, par M''" E. Benoît; Paris, Gaume frères, 1853, 2 vol. in-8. — La Casa Giocosa di Viltorino da Feltre in Mantova, par Enrico Paglia, directeur des écoles municipales de Mantoue, mémoire publié dans VArchivio storico lombardo, anno XI", fasc. 1° ; Milan, 1884.

[Enrico Paglia.]

VIENNE (Département de la). — Superficie, 6970 kilom. carrés. Population: 340 295 habitants en 1881, au lieu de 330 916 en 1876. Densité moyenne de la population par kilom. carré : 49 habitants, au lieu de 71 habitants, chiffre de la densité moyenne de la France. 5 arrondissements, formant 5 circonscriptions d'inspection primaire, savoir : Poitiers, Châtellerault, Civray, Loudun et Montvnorillon; 31 cantons, 300 communes, dont 228 de 600 habitants et au-dessus.

Le service de l'inspection primaire dans le département de la Vienne est réparti comme suit :

ClRCOnSCRIPTIONS.

Poitiers

Ciiâtellerault .

Civray

Loudun

Moutmorillon .

NOMBRE

de classes

Population d'âge scolaire. — En 1876 on comptait 41 295 enfants de 6 à 13 ans (20 890 garçons et 20405 filles), soit 12.48 enfants d'âge scolaire pour 100 habitants. En 1881 on compte 43018 enfants de 0 à 13 ans (21 957 garçons et 21 001 filles), soit 12.64 enfants d'âge scolaire pour 100 habitants. C'est une augmentation de 1723 enfants de 6 à 13 ans pour une période de cinq années. Pendant la même période la population totale s'est accrue de 10 379 habitants.

1. État de l'instruction publique avant 1789. — Aux indications données à l'article Poitou, nous ajoutons quelques renseignements que nous devons à l'obligeance de M. E. dOlleudon.

Il existe aux archives delà Vienne une brochure sans date, mais qui appartient au commencement du wni"^ siècle, intitulée << Méthode des écoles charilahlus pour le diocèse de Poitiers, drossée par ordre de Mgr l'illustrissime etrevérendissimc messire Jean-Claude de la Poype de Vertricu, evêque de Poicticrs ». La préface résume ainsi l'ouvrage : « On marque ici les règles et les pratiques qu'on doit

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so faire un devoir et un honneur d'observer, le tout étant prescrit par Mgr l'évoque, qui a considéré l'éducation chrétienne de la jeunesse comme un des plus grands biens qu'il puisse procurer à son diocèse. Cette Méthode est divisée en quatre chapitres; dans le premier on marque le devoir des écoliers en général et en particulier, et celui de chaque officier que l'on doit établir pour le bon ordre de l'école; dans le second on traite des pratiques qu'on doit observer pendant l'école, et surtout des demandes du catéchisme, de la lecture, de l'écriture, et de la manière de finir la classe ; dans la troisième, des cérémonies saintes qu'on doit observer pendant le cours de l'année ; dans la (juatrième enfin, on indique les jours de l'année auxquels les écoles doivent vaquer, le jour qu'elles doivent finir et commencer; les avis que les maîtres doivent leur donner la veille des congcz et surtout pendant l'été: on met aussi à la fin quelques avis aux maîtres, afin qu'ils puissent plus facilement s'acquitter de leur devoir, et qu'ils cherchent avec sincérité l'avancement de ceux dont on leur confie la conduite. «

Tout est minutieusement prévu et réglementé dans cette Méthode. L'article l^'' du chapitre I'''^ a pour titre : De l'entrée de l'école, et de ce qu'ils (li)tvent faire avant d'y venir. Voici quelques-unes des recommandations qu'il contient : « Il est impossible d'observer ponctuellement les règles de l'école, si les écoliers ne s'y rendent assiduëment à l'heure marquée; c'est pourquoi le maître doit veiller à cela particulièrement, afin qu'ils entrent le matin, été et hyver, au plûtard à 7 heures et un quart, et le soir à une heure, et pour s'y rendre facilement, ils se lèveront à 6 heures et demie ; feront, avant de sortir de chez eux, la prière tout haut avec leurs frères et sœurs, prieront honnêtement leurs parents de les peigner, s'habilleront le plus modestement qu'il sera possible, auront soin d'apporter leurs livres, papiers, plumes, et encre, avec tout ce qu'ils auront dû étudier chez eux, les jours de congé particulièrement, et ce suivant le commandement qui leur en a été fait. Ils se rendront sagement à l'école, avertissant par charité leurs confrères de s'y rendre au plus tôt si l'heure presse... Que si quelques-uns se rendaient sans être peignés et modestement habillés, qu'ils se donnent bien garde d'entrer dans cet état, afin de ne pas scandaliser leurs compagnons, et pour éviter l'affront d'être renvoyés par le portier qui est établi pour empêcher l'entrée à ceux qui tombent en pareils défauts... »

L'article 2 traite du devoir des officiers en particulier et de leur nombre : « Pour le bon ordre de l'école, il est à propos d'établir pour officiers huit enfans des plus sages et des plus sç.avans ; scavoir : 2 sous-maîtres, l'un pour la lecture et l'autre pour l'écriture ; 2 aumôniers pour vacquer aux œuvres de piété qui se font dans l'école, comme l'on fera voir dans la suite ; 2 intendans, pour faire ranger les enfans ; 1 préfet de modestie, et 1 portier. » Puis suit l'énoncé très détaillé des attributions de chacun de ces dignitaires.

Voici les passages principaux de l'article 2 du chapitre II, qui a pour titre : De la lectur3 et de la division de l'école : « Le déjeuner étant fini, les excuses entendues, les décuries examinées, les plumes taillées, la revue des plumes, livres, paj)iers et encre étant faite comme ordinairement doit faire un bon maître, les enfans ne pouvant apprendre sans toutes ces choses; le maître commande au préfet de modestie de sonner la fin du déjeuné, et en môme temps le commandement de la lecture... Le sous-maître de la lecture aussitôt fait le commandement pour lire, en ces termes : Lecteurs, prenez garde à vous; — prenez vos livres; — montrez-les ; — cherchez la leçon;— éludiezla et ne causez pas. A chacun de ces commande-

1" Partir.

monts tous doivent obéir... Les enfans rangés en ligne directe et assis dans leurs places, tenant leurs livres à la main, doivent étudi ;r de manière que personne ne l'entende, afin de garder toujours un silence inviolable, puisque c'est l'ârae de l'école... Mais, avant de parler de la manière dont on doit faire lire, il est à propos de dire un mot sur la division de l'école, qui est une chose essentielle pour l'avancement d'un chacun, tous n'étant pas d'égale force ; ainsi le maître divise son école en plusieurs classes ou bandes; la première sera composée de ceux qui lisent passablement dans l'écriture à la main et les contrats, et aussi dans le livre intitulé La civilité puérile, dans le français et le latin ; la seconde de ceux qui lisent passablement, tant en latin qu'en français ; la troisième de ceux qui commencent à lire dans le français ; la quatrième de ceux qui lisentseulement en latin ; la cinquième enfin de ceux qui assemblent leurs lettres ; on peut en ajouter une sixième pour ceux qui commencent à connoître leurs lettres ou caractères : on a pour cela des cartes de l'A B C que le maître leur fait apprendre dans peu, pourvu qu'il s'y applique... »

Relevons encore dans le chapitre IV, intitulé Des vacances, les dispositions suivantes de l'article 2, De la réception des enfans : « Pour ce qui regarde la réception des enfans à l'école, le maître ne doit pas les recevoir à moins qu'ils ne soient de la qualité requise, c'est-à-dire pauvres, et qu'ils n'ayent un certificat de monsieur leur curé pour preuve qu'ils sont hors d'état de payer des maîtres qui enseignent pour de l'argent ; l'école charitable exclut tous ceux qui sont en état de payer ; il est juste outre cela de ne point faire tort à ceux qui gagnent leur vie en enseignant. »

L'article 3 du même chapitre contient des^uis pour les maîtres des écoles charitables : « Le maître doit tâcher dans l'école de ne point marquer plus d'affection pour les uns que pour les autres; mais il doit les traiter tous également quand ils feront leur devoir; outre cela il faut, en les châtiant, en agir avec douceur et sans passion, ne point les frapper ni leur donner le fouet, si ce n'est pour des fautes énormes; mais les punir par des privations et humiliations qui les engagent à agir par honneur plutôt que comme des esclaves qu'on frappe... Que si quelqu'un de l'école poussait à bout la patience du maître, il doit prendre garde de ne le point punir en ce temps-là, parce que n'étant pas pour lors maître de lui-même, il pourrait le frapper hors de raison, ce qui lui attirerait le mépris des écoliers. »

Une autre brochure, qui se trouve aussi aux archives de la Vienne, a pour titre : Recueil des titres principaux de l établissement du Bureau des écoles du Diocèse de Poictiers, et des statuts et rcglemens dudit Bureau (Poitiers, chez Jacques Faulcon, s. d., in-12 de 34 pages). Elle est de la même époque que la première publication. Elle contient : w 1° Requête présentée au Roy afin d'obtenir des lettres patentes pour l'établissement du Bureau des écoles; 2° Lettres patentes du Roy pour l'établissement des petites écoles de Poictiers (février 1708); 3«> Arrest d'enregistrement des lettres patentes pour l'établissement des écoles charitables du Diocèse de Poictiers, du G août 170;); 4° Enregistrement des lettres patentes et statuts du Bureau des écoles charitables du Diocèse de Poictiers, au Présidial de Poictiers, du 14 mai 1710; 50 Enregistrement des lettres patentes à l'Hotel-de- Ville de Poictiers, du 11 janvier 1711; » etc.

La requête au roi débute ainsi : « Sire, Jean- Claude de la Poype de Vertrieu, conseiller en vos conseils et évêquc de Poictiers, supplie très humblement votre Majesté, et a l'honneur de luy représenter que lo moyen le plus efficace et là plus facile pour réparer' et pour conserver le véri-

ISG

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table esprit du Christianisme, dans les fidèles d'un Diocèse, c'est d'y établir les petites écoles chrétiennes pour les pauvres, qui n'ont aucun moyen de payer des maîtres, pour leur instruction. Et comme il a été témoin longtemps à Lyon des fruits merveilleux qu'ont produit ces écoles charitables des pauvres que votre Majesté y a établies par ses lettres patentes, il a crû ne pouvoir rien faire de plus utile pour la ville de Poictiers, et pour son Diocèse, dès qu'il y a été nommé par votre Majesté, que de se servir de la même méthode qui se pratique à Lyon, sous la protection de votre Majesté.

« En effet, ledit évêque suppliant, depuis quatre ans a fait venir à ses frais deux ecclésiastiques des petites écoles de Saint-Charles de Lyon, bien instruits et versez dans cette excellente méthode, et il a en môme temps fourni à la subsistance de quatre autres ecclésiastiques du Diocèse dont il paye la pension dans le petit séminaire de Poitiers, afin de les former à ladite méthode, et aux exercices des écoles charitables; ainsi il a établi deux écoles nombreuses de pauvres garçons, dans différents quartiers de la ville, où il a loué des salles pour y tenir l'école

« Pour la perfection et le soutien desdites écoles charitables, le suppliant a engagé et uni plusieurs personnes de pietté et de distinction tant ecclésiastiques que laïques de la ville de Poictiers, lesquels ont témoigné beaucoup de zèle pour cet établissement, et qui s'assemblent tous les mois pour composer comme un Bureau charitable où l'on rapporte toutes les affaires qui regardent les petites écoles chrétiennes, et où l'on travaille à la subsistance et à l'avancement de cette bonne œuvre... »

Les Statuts et règlemens du Bureau des petites écoles de Poictiers approuvés par le Roi en sa Cour de Parlement, le 5 février 1710, comprennent 14 articles. En voici quelques dispositions :

« Art. 1er, — Lespetites écoles de Poictiers sont sous la conduite et la direction d'un Bureau établi par M. l'évêque de Poictiers, en exécution des lettres patentes du Roy, du mois de février 1708.

» Art. 2. — Ce Bureau est composé de huit directeurs tant ecclésiastiques que laïques...

» Art. 7. — Les autres directeurs sont chargez en particulier de chaque école, pour laquelle le Bureau les aura députés ; ils y feront la visite deux fois le mois, feront observer les règlemens, et rapporteront au Bureau les choses nécessaires à régler, tant au sujet des maîtres que des écoliers.

» Art. 13. — Tous les revenus desdites écoles, tant en aumônes journalières qu'en rentes annuelles, seront distribués et employés par le Bureau en la subsistance des maîtres, et à l'assistance des écoliers, pour leur fournir livres, pa-^ piers, plumeS; encre et autres choses nécessaires' à leur instruction; on assistera pareillement du même revenu les maîtres et maîtresses du Diocèse où il sera nécessaire de tenir de petites écoles, dont les maîtres et maîtresses seront soumis aux directeurs et officiers du Bureau... »

Ce Bureau des petites écoles fonctionna jusqu'à la Révolution. Ainsi, à la fin de 1784, les administrateurs du Bureau des petites écoles de Poitiers demandaient au Conseil du roi de déclarer commune à une école de charité qu'ils avaient établie pour les filles, les lettres patentes du mois de février 1708 portant confirmation d'une semblable école pour le3 garçons.

Les évêques de la province du PoHou ont toujours, avec un soin jaloux, présidé à l'organisation et à la direction des petites écoles, tantôt seuls, tantôt d'accord avec le pouvoir civil. C'est sur leur demande que Jean-Charles Doujat, intendant du Poitou, rendit le 8 décembre 1706 l'ordonnance suivante : « Sur ce qui nous a esté remontré par Messieurs les évêques des Diocèses qui sont dans la généralité de Poitou, qu'il y avoit plusieurs par-

ticuliers de l'un et de l'autre sexe, lesquels s'ingèrent d'enseigner la jeunesse, et de tenir déjeunes pensionnaires, sans en avoir obtenu la permission des évêques, leurs diocésains, ce qui est d'une nécessité indispensable dans toutes sortes de lieux, surtout dans ceux où il y a de nouveaux convertis,

« Nous, intendant et commissaire susdit, ayant égard à ladite remontrance, faisons défenses à toutes personnes de l'un et de l'autre sexe, soit ecclésiastiques ou laïques, de tenir école, ou d'aller enseigner la jeunesse, môme d'avoir de jeunes gens pensionnaires chez eux pour les instruire, sans en avoir au préalable obtenu permission de Monsieur l'évoque dans le Diocèse duquel il seroit, à peine de trois cents livres d'amende payable sans déport, et de plus grande peine s'il y échoit »

Bien que les renseignements soient plus difficiles à recueillir pour le reste du diocèse de Poitiers, les indications puisées à diverses sources permettent d'affirmer que des petites écoles existaient dans un grand nombre de localités. Dans les actes de diverses paroisses du diocèse, M. d'Ollendon a relevé les noms de maîtres d'école, soit qu'ils figurent eux-mêmes comme parties dans les actes de naissance, de mariage, de décès, soit qu'ils n'y participent qu'en qualité de témoins.

Ainsi pour le canton de Gouhé, on trouve, au moment de la Révolution, un nommé Pineau maître d'école dans la paroisse de Brux. A Couhe même, on rencontre de nombreux maîtres et maîtresses d'école depuis 1G69 jusqu'en 1T90. A Payré, en 1780, le maître d'école se nomme Sansiquet. Favre est maître ès-arts à Romagne, en 1774.

Pour le canton de Neuville, on trouve à Vendeuvre de nombreux maîtres d'école de 1660 à 1 780 ; ces fonctions, unies à celle de notaire, ne sortent pas de la même famille pendant plusieurs générations. A. leur mort, ils sont enterrés dans l'église. A Avanton aussi, il y a des maîtres de 1691 à

1711. En 1769, à Charrais, Jacrain est régent. Pour le canton de Mirebeau, outre le collège de

Mirebeau, on trouve également de nombreux maîtres et maîtresses d'école de 1599 à 1792. En 1685, Guillot était professeur ès-lettres à Araberre.

Canton de Vouillé : En 1634, Pierre de la Lande était régent à Vouillé; un reçu daté du 21 août 1484, est délivré par Jehan Aubéri, « maistre des escolles de Vouillé, pour une somme de cent sols tournois, représentant la pension et escolle d'une demi année d'un enfant. »

Canton de Poitiers : En 1678, il y avait une école à Ligugé. En 1756, Pierre Boucault était maîtreécrivain à Croutelle,

Canton de Charroux : En 1668, Pierre Rousseau était régent à Charroux; en 1784, le régent est Pierre Prévost. Le maire de cette commune écrivait, le 20 mars 1791 : « Notre maître de grammaire latine se nomme Pierre-François Mainard, sa pension est de 500 livres et son loyer 60 livres. Le maître de grammaire française se nomme Claude Brun, sa pension est de 250 livres. La maîtresse d'école pour les filles se nomme Magdeleine Leclerc, femme du sieur Filleul, vitrier, sa pension est de 150 livres et son loyer de 40 livres. »

Canton de Saint-Georges : En 1650, décès de Giraud, maître d'école à Chasseneuil. A Dissay, Pierre Bon est maître d'école en 1696; en 1753, décès de François Petit, maître d'école. A Jaulnay, on trouve en 1614 Jean Vallée, magister; et en 1781 Jean Gault, maître d'école.

Canton de Lusignan : Depuis 1673, à Coulombiers, actes de décès d'un grand nombre d'enfants, avec la mention d'écoHer. A Curzay, en

17 12, René Thibault, maistre et enseignant. A Jazeneuil, les maîtres d'école se nomment ; en 1698, Gaudin; en 1709, Rouvreau; en 1740, Piet; en 1759, Gouault. Lusignan avait trois paroisses et chacune avait ses écoles ; on relève un grand nombre de

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noms de régents et maîtres d'école de 1C86 à 1789 ; plusieurs portent le titre de régent au latin. Rouillé a comme maître d'école, en 1785, Pierre Rcnoux. A Saint-Sauvant, le rcf^ent était, en IGGS, Isaac Clopin; en 1G81, Pierre Iloulloau; en 1701, Aiithoine Caillé ; en 1751, Chevalier a le titre de maître d'école, et en 1791 il est remplacé par Suire. Toujours à Saint-Sauvant, en 1700, Elisabeth Guilloteau est supérieure de la maison religieuse des écoles charitables, et en 1727 Jean Chaigricau est maître des écoles charitables. En 1752, Chebret est maître d'école à Sanxay, où, de 1707 à 1733, Emmanuel Minot avait le titre de régent; de 1758 à 1768, le maître d'école se nomme Forest; en 1792, c'était Pierre Allard.

Canton de Civray : En 1625, Pierre Duboys était régent du bourg de Lizant; en 1665, il était remplacé par Philippe Bernard, et de 1775 à 1778 Jean Serin avait le titre de maître d'école. De 1768 à 1779, Sicault est maître d'école à Saint-Macoux. De 1780à 1792,Bouchet est régent de Saint-Saviol. Pour Civray, le nombre des maîtres et maîtresses d'école que nous trouvons est considérable depuis

Canton de Gençay : En 1783, Caillet est maître d'école à Champagne.

Canton d'Isle-Jourdain : A l'Isle-Jourdaln, les maîtres d'école sont : en 1761, Bussereau ; en 1762, Duchesne; en 1779, Provet.

Canton de Saint-Julien-l'Ars : En 1670, il y avait une école à Jardres.

Il faut ajouter que les recherches de M. d'OUendon n'ont porté que sur un nombre très restreint de localités et n'ont pu embrasser que des périodes peu étendues. Mais 11 est permis de conclure des résultats obtenus que les actes des paroisses sont une source précieuse d'informations, à laquelle il n'a pas jusqu'ici été suffisamment puisé ; il serait désirable qu'un dépouillement complet en fût entrepris dans ce but, si l'on veut se rendre à peu prés compte du nombre des écoles que la France possédait sous l'ancien régime.

2. Développement de l'instruction primaire depuis 1789 et état actuel. — De 1789 a la fin DE LA Restauration. — Nous ne possédons pas de renseignements relatifs à la période révolutionnaire ; mais l'enquête de l'an IX nous fournit quelques indications sur la situation des écoles dans la Vienne au commencement du Consulat. Le Conseil général s'exprime ainsi : « Les écoles primaires sont tombées ou languissent. Le traitement des instituteurs est trop modique. Les presbytères sont vendus. Lorsque les communes seront réunies, les écoles primaires s'établiront d'elles-mêmes. — Les écoles secondaires sont d'une utilité reconnue. Il est facile de les rétablir dans les chefs-lieux d'arrondissement. — L'école centrale de Poitiers voit tous les ans augmenter le nombre de ses élèves : il est aujourd'hui de quatre cents. On le doit au zèle et à l'intelligence des professeurs. Elle a fourni des sujets distingués à l'École polytechnique. Les enfants et les parents sont jaloux de l'instruction. »

Pour la période du premier Empire et celle de la Restauration, nous n'avons que quelques chiffres statistiques, qui font voir que la moitié des communes étaient restées sans écoles.

Statistique comparée de 1829 a 1883-1884. — Voici les données que nous possédons sur le développement de l'instruction primaire dans le . département de la Vienne depuis la fin de la Restauration, époque où fut faite la première statistique des écoles primaires.

Nombre des communes dépourvues d'écoles. — | En 1837, le département comptait 130 communes ; n'ayant aucune école, et 160 communes n'ayant pas d'écoles de filles. En 1850, il n'y avait plus ' que iO communes entièrement dépourvues d'écoles. I

En 1883-1884 on no trouve plus que 2 communes sans écoles; mais 69 communes à^ 500 habitants n'ont pas d'écoles publiques de filles.

Nombre des écoles primaires publiques et libres. — Le nombre total des écoles primaires était, d'après VAlmanach de l Université,' da 121 en 1813 et de 151 en 1821. Le progrès du nombre des écoles à partir de 1829 est résumé dans le tableau ci-après :

(d'apr. la slatisliquc offic"») .

Écoles

École»

Total

pabliqaes

libre»

Division des écoles publiques et libres en écoles de garçons^ écoles mixtes et écoles de filles.

Ecoles mixtes

de ailes

Total

de garçons

(y compris les 98 écoles mixtes)

Division des écoles publiques et libres en écoles laïques et écoles congréganistes.

École» laïqaes

de fîllei

de garçons ou mixtes

École» congréganistea de TiUet

de garçons ou mixtes

ri8

Nombre d'instituteurs et d'institutrices^ y compris les adjoints et les adjointes.

Instituteurs

Institutrices

laïques

congtég.

laïques

con^rég.

4ÛG

un

VIENNE

VIENNE

Nombre total d'élèves^ et nombre des élèves gratuits dans les écoles primaires de toute nature.

Total des élères Élèves gratuits Manque

1832 (année civile

1876-77 (année scolaire)..

Manque 18 952 20 672 24682

Gratuité

En 1832 il y avait 255 élèves inscrits sur 10 000 habitants; en 18i0, 457; en i863, 1052; en 187G- 1877, 1210, et 1428 en 1883-1884.

Écoles maternelles [Salles d'asile).

Nombre

Nombre

des établissements

des élè\e3

Nombre des cours d'adultes et de leurs auditeurs.

Nombre de cours Nombre d'auditeurs

Hommes Femmes Bomines Femmes

Brevets. — Le nombre des brevets délivrés de 1833 à 1885 inclusivement a été le suivant :

334 brève

ts élémentaires, 57 brevets supérieurs

obligatoires, 45

— complets.

— facultatifs ou complets.

élémentaires, 20

— supérieurs.

Institutrices.

brevets élémentaires, 18 brevets supérieurs

obligatoires, 22

— facultatifs ou complets.

- élémentaires, 9

— supérieur.

dans le département de la voici le tableau :

Vienne en 1877. Eu

Garçons Filles Garçons

Certificat d'études primaires. — Les examens du certificat d'études primaires ont été introduits

1882....'. Ivé.-... ' 441

Nombre de candidat» Certiflcats oMenus-

FÏÏÎe»

Résidtats de l'instruction. — Les deux tableauiû ci-après indiquent le degré d'instruction iffea conscrits et des conjoints : ' ' ' ■

Nombre de conscrits sachant au moins lire, dà 1827 à 1884 inclusivement.

ANNÉES

Examinés

ONSCRITS

Sachant

au moins

lire

Combien pour 100

En 1827-1829 la moyenne de l'instruction des conscrits était de 44.8 0/0 ; dans le département de la Vienne cette moyenne était de 28 0/0, soit 16.8 0/0 au-dessous de la moyenne générale. La classe de 1884, en portant l'instruction des conscrits dans le département de la Vienne à 82 0/0, réalise ainsi un progrès total de 54 0/0 pour la période de cinquante-cinq années qui s'est écoulée de 1829 à 1884, soit un progrès annuel de 0.98 0/0, tandis que pour toute la France le progrès n'a été durant la même période que de 0.79 0/0. Le département n'en reste pas moins un des plus arriérés sous le rapport du degré d'instruction des conscrits et des conjoints.

Nombre de conjoints sur 100 ayant signé leur acte de mariage.

Années Hommes Femmes Hommes et fumaci

Budget de Vinstruciioyi primaire. — Nous donnons ci-dessous le tableau des dépenses ordinaires

VIENNE

VIENNE

<lc l'instruction primaire dans la Vienne pour les trente dernières années, de 1855 à 1884 :

ïf: S

iLtS aire

SUBVENTIONS

\NNÉES

es S

CES C0«) n compr jution s

es o •-

du

de l'état

fc s

département

in 317

Gratuité.

En 18G3, la dépense moyenne par tête d'élève des écoles publiques était de lO^^OO, soit V^A'i au-dessus de la moyenne générale, qui était à la môme date de O^'/t?. En 187G, cette dépense était de l^f"",??, la moyenne générale étant do H'^SS. En 1882, la dépense par tête d'élève dans le département de la Vienne était de IS^^SB, tandis que la moyenne générale était de 21''',77.

Etat actuel de l'instruction primaire. — Voici la situation de l'instruction primaire dans le département de la Vienne pendant l'année scolaire 1884-1885.

Nombre d'écoles. — Le nombre des écoles primaires est de GG5 (511 écoles publiques et 154 écoles privées); 2 communes seulement sont entièrement dépourvues d'écoles. 59 communes de plus de 500 habitants n'ont pas encore d'école publique de filles (ce nombre était de 69 en 1884). Sur les 665 écoles primaires du département, il y a 485 écoles laïques (237 écoles de garçons, 148 de filles et 100 mixtes), et 180 écoles congréganistes (17 de garçons, 160 de filles et 3 mixtes).

Division des écoles de toute nature d'après le nombre déclasses qu'elles possèdent :

Écoles

à 1 classe. .

Publiques

Privées.

2 classes..

8 — et

au-dessus...

Totaux.

lo4

Division des classes publiques d*aprês le nomCre des élèves qu'elles reçoivent :

Classes de 50 élèves et au-dessous.

— déplus de 50 élève»

54'J, loit 75.T<)/0

Les movcnncs correspondantes pour toute la Franco sont 82.8 0/0, 10.8 0/0, 4.1 0/0, 1.4 0/0, 0.9 0/0. D'où il résulte que sous le rapport de la j répartition du nombre d'élèves par classe, le département se trouve dans une situation inférieure à la moyenne générale.

Nombre d'élèves. — Les enfants qui ont fréquenté les écoles primaires pendant l'année scolaire 188i-1885 sont au nombre de 51354 (au lieu de 50432 en 1883-1884). Ce nombre peut se décomposer en :

Elèves des écoles publiques 38 950 \

— — privées 12 404 )

Garçons -21 433

Filles 2-5 901

Elèves des écoles laïques 33 024

— — congréganistes.. 15 430

i de garçons... 23 664 l

Elèves des écoles J do filles 21298 > 51334

( mixtes 6 392 \

Les élèves d'âge scolaire figurent dans ce nombre de 51 354 pour 42GlG.De plus, les états de situation des écoles maternelles accusent l'inscription de 693 enfants de plus de 6 ans, et les classes primaires des établissements d'enscignemenù secondaire en contiennent 346, soit, au total, 43655 enfants d'âge scolaire inscrits dans les établissements de toute nature. D'après le recensement do 1881, le nombre des enfants de cet âge, pour le département de la Vienne, serait de 43 0 1 8, d'où il résulterait un excédent de 637 inscrits de 6 à 13 ans sur les recensés de cet âge.

Cet excédent n'a rien d'exagéré, étant donné les causes multiples de double inscription. Il laisse croire au contraire à de grosses lacunes d'inscription et de fréquentation, que font ressortir les enquêtes scolaires à jour fixe, du 5 avril 188* et 10 février 1885, dont nous donnons ci-dessous les chiffres pour les écoles publiques, les seules où l'on ait pu procéder à ces enquêtes ;

Enfants d'âïc scolaire

inscrits

5 avril 1384 23 532

10 février 1885 29 803

prese

présents ■*" sur 100,

Soit, en moyenne générale, 88.9 présents ou fréquentants sur 100 inscrits, et 11.1 absents. Si l'tui applique cette réduction de 11.1 0/0 au total des enfants d'âge scolaire inscrits dans les établissements de toute nature, on le ramène à 38810, chiifre inférieur de 4208 au nombre des enfants recensés.

Certificat d^c'tudes primaires. — Le résultat des examens pour le certificat d'études primaires a été le suivant en 1885 :

Garçons.

Filles...

Totaux.

Nombre de candidats.

6Sl

Nombre de cerùQc obtenus.

Le nombre des certificats obtenus représonto 5.3 0/0 du total des élèves en âge de concourir, inscrits dans les écoles primaires publiques et libres. Pour toute la Franco cette moyenne est de 8.9 0/0.

l^ersonnel enseignant. — L'enseignement pri-

VIENNE

VIENNE

mai»e a employé dans l'année scolaire 1884-1885 un effectif de 1129 maîtres ou maîtresses, dont nous donnons le détail en deux tableaux.

1° Pour les écoles publiques :

Iiistiluleiirs Laïqiiej Congr.

Titulaires arec brevet supérieur 43 »

Titulaires ayec brevet élémentaire 273 3

Titulaires sans brevet... » 2

Adjoints brevetés 125 3

— non brevetés « 4

2° Pour les écoles libres :

Institutrices Laïques Congr.

Titulaires brevetés ,

— non brevetés.

Adjoints brevetés

— non brevetés.,

Instituteurs

Laïque? Congr.

Institutrices ^aique» Congr.

Maisons d'école. — La situation au 1er septembre 1885 est résumée dans le tableau ci-dessous :

Appartenant aux communes.

Prêtés.

Loué»

Total.

Écoles de garçons...

— de filles

— mixtes

Groupes scolaires....

Totaux

Parmi les maisons d'école appartenant aux communes, 116 sont l'objet d'une demande d'amélioration. Le montant des sommes payées pour loyers de maisons d'école s'élève à 31874 francs.

Le chiffre des subventions accordées par l'Etat à diverses communes du département de la Vienne pour construction ou réparation de maisons d'école et pour acquisition de mobilier scolaire, durant les neuf dernières années, est le suivant :

Nombre Subventions

des communes de l'Etat

1877.. 24 107350fp.

Totaux 387 1999 098 fr.

Ecoles maternelles. — Le département compte, en 1885, 50 écoles maternelles (17 publiques et 33 libres). Sur les 17 écoles maternelles publiques, 3 sont dirigées par des directrices laïques et 14 par des directrices congréganistes. Toutes les directrices laïques sont munies du certificat d'aptitude ; parmi les 14 directrices congréganistes, 6 seulement sont dans ce cas. Sur les 33 écoles maternelles libres, 1 est dirigée par r'.es laïques et 32 par des congréganistes; 18 directrices congréganistes n'ont pas de titres de capacité. Les directrices publiques laïques sont secondées par 4 sousdirectrices toutes pourvues d'un titre de capacité ; les directrices publiques congréganistes sont secondées par 8 sous-directrices, dont 2 sans titre de capacité. On trouve également 2 sous-directrices

d'école maternelle libres congréganistes, dont une sans titre de capacité.

Les écoles maternelles ont reçu, pendant l'année 1884-1885, 4780 élèves (5005 en 1883-1884), répartis comme suit :

Écoles maternelles | laïques.. S^^)2 8''0

publiques ( congrég. 2 305

Ecoles maternelles ( laïques.. 22 ^ . privées (congrég. 1938 ]

Les enfants de 6 ans et au-dessus, c'est-à-dire d'âge scolaire, figurent dans ce nombre de 4780 pour G93.

Ecoles normales. — Le département de la Vienne a une école normale d'instituteurs.

Cette école, fondée à Poitiers en 1834, contient actuellement 39 élèves-maîtres, auxquels l'enseignement est donné par le directeur, 5 maître? adjoints et 7 professeurs supplémentaires.

Le département de la Vienne ne possède encore (1886) ni école normale ni cours normal pour les institutrices.

Ecoles primaires supérieures. — Au l^r janvier 1885, il existait dans le département de la Vienne une école primaire supérieure publique de garçons, avec 11 maîtres et 77 élevas, dont 19 boursiers ; un cours complémentaire public de garçons avec 1 maître et 15 élèves; une école primaire supérieure libre de filles avec 18 maîtresses et S3 élèves, dont 25 boursières.

Bibliothèques scolaires et bibliothèques pédagogiques. — Voici la situation au 1er janvier 1886

Bibliothèques scolaires 204

Nombre de livres de lecture 20 268

— de prêts en 1885 17069

Bibliothèques pédagogiques 24

Nombre de volumes 7 582

En 1863, le département ne possédait que 9 bibliothèques scolaires contenant ensemble 580 volumes de toute nature.

Caisses des écoles. — 104 caisses des écoles fonctionnent en 1886 dans le département. Voici leur mouvement pendant l'année 1885 :

Recettes de l'exercice 1885 11 209 fr.

Somme en caisse à la clôture de l'exercice 4 958 fr.

Avant l'application de la loi du 28 mars 1882 qui a rendu cette institution obligatoire, le département ne possédait que 2 caisses de ce genre, dont l'actif était en 1881 de 380 francs.

Caisses d'épargne scolaires. — Elles existent dans le département depuis 1875. Voici leur situation en 1879 et en 1886 :

Nombre

Années.

de caisses.

de livrets.

Sommes inscrites à ces livrets.

4 008 fr.

13 491 fr.

Société de secours mutuels. — La Société do secours mutuels entre les instituteurs et les institutrices, fondée en 1866, progresse lentement. Elle ne comptait en 1879 que 121 membres et un actif qui n'atteignait pas 10 400 francs. Elle compte en 1886 180 membres, et son actif s'élève à 25 721 francs.

Bulletin scolaire. — Le Bulletin scolaire du département de la Vienne, dont la fondation remonte à 1869, paraît suivant les besoins du service, en format petit in-8°. Il est envoyé gratuitement à toutes les écoles publiques, dont il devient la

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