DÉCENCE. — CHASTETÉ. CONTINENCE. IMPUISSANCE
L'existence et la durée des espèces reposent sur cette fonction de l'organisme vivant. Il n'est pas besoin de prouver qu'elle est une force indépendante, un penchant propre existant par lui-même. Jusqu'à Gall , on avait mis l'origine et le siège de cette faculté dans les parties sexuelles. Mais avec un peu d'observation et de réflexion, on s'aperçoit qu'il n'y a pas un rapport direct entre les organes sexuels et le penchant vénérien. Sans puiser des preuves dans les maladies ou les aliénations , n'y a-t-il pas beaucoup de femmes très-bien conformées qui ne sentent aucune attraction vers les hommes, et qui conçoivent sans éprouver la moindre sensation de volupté?
L'organe qui préside à l'amour physique est le cervelet qui occupe dans le crâne les grandes fosses occipitales, (voyez cervelet.) où il s'étend d'un procès mastoïdien à l'autre. (Voy. fig. 5,6, 7et9.)
Il se traduit à l'extérieur du crâne et on peut en apprécier le développement, malgré les muscles du col qui s'attachent en cet endroit. Plus la proéminence formée par la voûte de la partie pos*térieure et inférieure de l'occipital est bombée, plus elle descend vers la nuque; plus elle s'élargit vers les oreilles, plus aussi le cervelet est grand. Dans ce cas, la nuque est large et forte, le col arrondi et lâ*rge derrière les oreilles. Lorsqu'au contraire le cervelet est peu développé, ces parties seront plates, étroites, renfoncées; le col, quoiqu épais en partant du tronc, sera étroit dans 1 intervalle d'un procès mastoïdien à l'autre. (Voyez fig. 2 et 3. )
Un développement exagéré ou une irritation anormale du cervelet conduisent h des manifestations vénériennes exagérées et souvent à des manies presqu'incurables, de même que la faiblesse de cet organe explique en partie la continence et l'impuissance.
A propos du cervelet, Gall cite ce curieux passage d'Apollonius de Rhodes sur Médée :
« Le feu qui la dévore s'attache à tous ses nerfs, et se fait sentir » jusque derrière la tête, dans cet endroit ou la douleur est plus » vive, lorsqu'un amour extrême s'empare de tous les sens... »