MAI
vieillis contre les élémens qui réclament le grand jour. Il n'y a pas plus aujourd'hui a soutenir le code pénal que la magistrature. Les procureurs du roi requièrent gravement la prison contre les prolétaires auxquels la société n'a donné ni asile ni travail, et qu'elle flétrit du nom de vagabonds: ils requièrent les fers contre les pauvres qui, par la gelée d'hiver, ont pris une branche d'arbre dans la forêt d'un millionnaire; ils requièrent la mort contre des malheureux emportés par d'irrésistibles penchans et dont la société n'a jamais tenté l'éducation ni la guérison. Et de tout cela, les magistrats se lavent les mains comme Pilate. La loi est la. Ils en sont les machines; ils n'ont plus qu'à fonctionner!
Je crois en conscience que les magistrats et le bourreau doivent repousser la phrénologie. Le bourreau et les magistrats n'arriveront jamais à penser que tous les écarts anormaux des individus peuvent être prévenus ou comprimés par l'éducation , par la distribution du travail et en définitive par les maisons desanté.
Du reste , les magistrats au criminel n'ont pas besoin de savoir autre chose que les codes ; ils n'ont point comme les jurés a apprécier la moralité des faits, ou comme les avocats à faire ressortir la défense. Ils sont tout simplement les applicateurs de la lettre morte consignée dans les textes.