‹ Dictionnaire de phrénologie et de physiognomonieChapitre 175 sur 257 · PUNITION. LOIS · texte numérisé non relu

PUNITION. LOIS

Tout mal vient de deux sources ? d'ignorance et de faiblesse.

( st-augustin, livre de la fo!} ehap. 32.)

La révolution française a renversé l'inégalité monstrueuse des punitions légales qui étaient déterminées par la naissance et laeon-

dition des individus. L'égalité devant la loi pénale est maintenant la base de nos codes. Mais cette égalité-là est aussi injuste que l'inégalité féodale. L'égalité devant la loi, dont le vieux libéralisme fait tant de bruit, est une mystification misérable et ridicule. Comment peut-on dire aujourd'hui que les lois ont une même mesure pour tous les citoyens, quand les uns, grâce à l'institution de Iaj propriété héréditaire , naissent avec des millions de fortune, elles autres dans la misère, sans espoir d'éducation , de travail et d'appui? en ce qui touche directement le code pénal, comment peuton dire que la justice est la même pour tous , quand la plupart des enfans de la grande famille sont abandonnés en dehors de la société et forcés de se constituer en lutte avec elle? et supposé même que tous les individus soient élevés, éduqués et dirigés avec une même sollicitude, ne reste- t-il pas toujours les conditions de milieu, d'entourage, et par dessus tout , les conditions de l'organisation.

Il ne faut donc pas considérer les délits et les peines en euxmêmes, sans égard aux besoins et a la position des délinquans. Tous les hommes ne sont pas moralement libres à un degré égal, et par conséquent, lorsqu'il est question de culpabilité intérieure, tous les hommes ne sont pas coupables au même degré, quoique l'acte matériel et la culpabilité extérieure soient les mêmes. Pour apprécier le degré de culpabilité intérieure, il faudrait mesurer au juste l'iufluence de l'âge, du sexe, de l'état de santé, delà situation morale et de mille circonstances accessoires au moment de l'acte illégal. Aussi, la même action peut n'être qu'indifférente dans un homme, tandis que, dans un autre, elle devient l'objet d'une responsabilité morale. Le but de la société doit donc être de prévenir les délits et les crimes par l'éducation , d'améliorer les malfaiteur» et de mettre la société en sûreté contre ceux qui sont incorrigibles. C'est à la société d'éclairer l 'ignorance et de fortifier la faiblesse. Les hommes qu'on appelle méchans, ont besoin qu'on supplée au debors h ce qui leur manque du côté de l'organisation intérieure.

a Dans notre code pénal , c'est la matérialité de l'acte qui donne la mesure de la punition, sans égard à la personne agissante dans l'acte, ni à la personne qui doit l'expier; tandis que

les délits et les crimes devraient recevoir leur caractère de la na^ ture et de la situation des délinquans. »

Chose singulière! Gall auquel nous empruntons la citation précédente, cet excellent Gall. si plein de tolérance et de bonhomie, Gail est partisan de la peine de mort, et même (on hésite a dire cela) de la torture! (Page 369, 1er vol.) et cependant, un peu plus loin, Gail ajoute : quel résultat avantageux peut-on attendre des punitions et des maisons de correction sur des idiots dégradés et des demi-hommes de ce genre?

Il est certain que les punitions n'ont jamais amélioré personne. Au lieu d'attendre que les actes coupables aient été commis , il serait bien plus simple de les prévenir par l'éducation commune et l'association du travail selon les vocations individuelles ; que si vous punissez afin d'épouvanter, alors , infligez la torture ou la mort pour le moindre délit, car la crainte d'une prison de quelques mois, d'une prison où l'on est nourri et vêtu , ne saurait arrêter un malheureux qui vole pour manger. En prison au moins, il est sûr du pain et du gîte. Que si vous entendez seulement vous garantir contre des hommes dangereux, essayez d'abord de les rendre plus sociables et plus moraux avant leur infraction légale , ou au moins après leur chute.

11 nous semble qu'il n'y a pas moyen de se soustraire à ce dilemme: les hommes qui commettent des actes illégaux sont libres, oji ils ne le sont pas. S'ils sont libres, la société doit tout faire pour éclairer et diriger leur volonté, et ce n'est qu'après avoir employé toutes les ressources de l'éducation qu'elle aura le droit de les déclarer coupables. S'ils ne sont pas libres, la société n'a pas le droit de les punir, mais seulement de se mettre en sûreté contre leurs attaques. (Voyez liberté. — bien. — mal. — éducation, etc.)

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