ARISTOTE
Plusieurs auteurs de l'antiquité ont écrit sur la physionomie, c'est-à-dire sur les signes extérieurs qui dénotent certaines qualités intérieures de l'homme. Aristote est un des plus anciens dont les livres soient venus jusqu'à nous, car nous n'avons plus de Pythagore que quelques passages tronqués. Entre les divers traités du philosophe de Stagyre, il y en a un tout entier consacré spécialement à la physiognomonie, sous le titre de (pV7ic<yvo/xovixcc. Si les opinions d'Aristote semblent souvent singulières et hasardées, elles n'en sont pas moins une curieuse preuve de l'importance que les Grecs attachaient aux signes extérieurs.
Il n'y a jamais eu que quelques fragmens d'Aristote traduits en français ; mais il en existe plusieurs traductions entières en latin. Nous avons rassemblé ici divers morceaux qui intéressent la science de l'homme, au point de vue de ce dictionnaire. La plupart sont puisés dans le livre des animaux. Après ces citations, nous donnons presqu'en entier le traité de physiognomonie, traduit sur le grec aussi littéralement que possible. Nous devons prévenir ici que nous avons conservé exprès le mot à mot; que nous n'avons pas
voulu éclaircir par des tournures modernes les passages obscurs et peut-être inintelligibles aujourd'hui; que nous nous sommes contentés de représenter chaque mot grec par un mot à peu près analogue: enfin, pour confesser toute notre pensée sur les traductions, il ne peut plus y avoir présentement, il nous semble, un seul homme qui comprenne la langue grecrjue, pas plus que les autres langues et les autres civilisations mortes. Nous ne nous dissimulons donc pas combien cette traduction que nous avons revue est incomplète: mais, justement a cause du vague qui enveloppe les idées d'Aristote, nous croyons qu'elles peuvent éveiller une foule d autres idées chez ceux qui prendront la peine d'y réfléchir.
— « Un front grand annonce la paresse; un front petit l'activité; un front large, l'intelligence: un front rond, la colère.
Si les sourcils s'étendent en ligne droite, ils dénotent un caractère faible; s'ils sont courbés auprès de la racine du nez, ils indiquent la rudesse et l'austérité ; si la courbure a lieu auprès des tempes, c'est le signe de l'ironie et de la dissimulation. Enfin, s'ils sont baissés dans toute leur longueur, c'est le signe de l'envie.
Des yeux démesurément longs annoncent une nature malfaisante. — L'homme seul a les yeux de couleur variée ; et le cheval. — Il y a des yeux grands , des yeux petits, d'autres moyens, et ce sont les meilleurs. Il y en a de trop saillans . d'autres placés comme il convient. Ceux qui sont enfoncés, ont la vue perçante comme les animaux. Les yeux qui clignent trop, ou qui se tiennent fixes, indiquent quelquefois l'impudence, quelquefois l'inconstance.
L'homme seul, entre tous les animaux, ne remue pas les oreilles. Les oreilles médiocres annoncent le meilleur caractère ; celles qui sont grandes et trop dressées, la sottise ou la loquacité.
La partie intérieure de la main est charnue et divisée par des scissures qui sont le signe d'une longue vie , quand chaque scissure en particulier ou les deux s'étendent tout le long de la main, et d'une vie plus courte, si elles ne l'occupent pas tout entière.
On a remarqué que les femmes, les enfans et les eunuques sont exempts d'être chauve.
L'homme, en proportion de sa grandeur, a le cerveau le plus volumineux. « De historiâ animalium. »