CHRISTIANISME
Le christianisme , qui avait pour mission d'installer dans ie monde une vie nouvelle de sentimens et de pensées , une vie plus générale , et qui se trouvait ainsi forcé de réagir contre les habitudes de la société payenne, dut subnlterniser transitoirement les appétits de la vie instinctive et les impulsions de l'individualité. La morale chrétienne a donc flétri deux sortes de passions , les passions sensuelles et les passions personnelles. Dans la liste de ses péchés capitaux , on trouve, d'une part, l'orgueil, l'avarice , l'envie , la colère , et d'autres part la luxure , la gourmandise et Ja paresse. Il est facile de voir que ces péchés sont les exagérations de facultés bonnes en elles-mêmes , quand elles sont a un degré normal : l'orgueil est une des impulsions les plus nobles et les plus puissantes : c'est la confiance en la force que Dieu nous a donnée. C'est l'orgueil qui fait les grands hommes. La modestie ne convient qu'aux hommes médiocres. Il faut bien s'affirmer , quand on a une grande pensée et une grande valeur. Napoléon , Byron , Eourier , les trois plus hauts génies du XIXe siècle , dans la science, dans la poésie et dans l'action, ont réhabilité Y orgueil. La luxure a droit de bourgeoisie reconnu par la loi. Il n'y a guère que la paresse et X envie qui soient des vices anti-sociaux. (Voyez morale