TIMIDITÉ
L'homme, placé au milieu d'une nature sauvage, entre les reptiles et les bêtes féroces, avait besoin d'un instinct qui le portât à
repousser l'agression, à défendre sa vie, son gîte, ses enfans, contre les violences du dehors. Cette force fondamentale est appelée maintenant en phrénologie combativité, dénomination assez impropre, suivant nous, puisqu'elle exprime l'exagération de la faculté. Le but naturel de cette puissance est la conservation de l'individu par sa réaction personnelle. Le mot réactionnivité aurait donc été plus juste pour en traduire la destination essentielle.
On conçoit que chaque faculté porte avec elle une gradation insensible, une sorte d'échelle qui commence au moindre degré imaginable d'activité pour aboutir a la manie, Qu'on prenne les extrêmes dans tout ordre de faits , dans les phénomènes moraux comme dans les phénomènes physiques, on peut toujours les rapporter à un terme collectif qui en exprime la qualité générale. Ainsi, le chaud et le froid ne sont que des degrés de la température. C'est le même phénomène à ses deux bouts, si l'on peut parler de la sorte. De même , il nous semble qu'on doit rendre raison de la lâcheté et de Vaudace au moyen d'une seule force fondamentale et primitive dont elles sont les extrêmes. Il s'est engagé sur cette question une lutte entre Gall et Spurzheim : Gall soutenant la thèse des qualités négatives. Spurzheim, au contraire, prétendait que l'absence d'une faculté ne pouvait jamais produire une sensation positive, et que la poltronnerie, par exemple, ne devait pas être attribuée au défaut de courage, mais au développement de la Circonspection. La doctrine de Gall, bien plus philosophique, en ce point, que celle de Spurzheim, a réuni les opinions de leurs continuateurs. Il faut donc chercher, dans le développement plus ou moins considérable de l'organe appelé Combativité , la cause de la timidité, de la bravoure, de la témérité, du penchant aux rixes, etc. Cependant il faut tenir compte aussi de Faction des autres organes qui se combinent avec celui-ci. Sans aucun doute, la Circonspection modère l'élan du courage, comme la Persévérance et la Destructivité l'affermissent. (Yoy. destructivité.)
L'organe de la Combativité est situé dans le cerveau à la partie intérieure du lobe postérieur, entre les circonvolutions de la Philogéniture, de la Circonspection et de la Destructivité. Sa base repose sur le cervelet. ( Voyez fig. 4 , 5, 6 et 7. )
Il correspond sur le crâne à l'angle postérieur inférieur des pariétaux, au-dessus et un peu en arrière du procès mastoïdien, à la hauteur du bord supérieur de l'oreille. (Voyez fig. 2 et 3. )
Quand cet organe est développé, il élargit la partie postérieure de la tête, au-dessus de la nuque. Cette indication est infaillible. On peut la vérifier sur les guerriers, les duellistes, les querelleurs; jamais on ne rencontre un bomme courageux avec la tête étroite dans cette partie.
La place de cet organe exige une étude particulière chez les animaux , parce qu'elle varie suivant la structure de la tête et la manière dont le cerveau y est placé. Les chevaux qui ont les oreilles très-rapprochées sont toujours ombrageux et craintifs; ceux au contraire qui ont les oreilles très-distantes à leur origine, sont sûrs et courageux. De même pour les chiens. Les amateurs de combats de coqs en Angleterre, distinguent très-bien , à la largeur de la tête un peu en avant des oreilles, les coqs intrépides d'avec les mauvais combattans.
COMBE (George).
George Combe est considéré comme le chef de l'école phrénologiste écossaise ; il a publié plusieurs ouvrages , où l'on sent l'influence de la philosophie de Reid. Il a poussé avec succès l'élaboration de plusieurs points indiqués par Spurzheim , et il a proposé quelques modifications a certains autres points établis de la doctrine. (Voyez CONCENTRATIVITÉ.)