‹ Dictionnaire de physiologie (volume 2)Chapitre 111 sur 212 · CON CO · texte numérisé non relu

CON CO

La proportion de CO? dans le saug veineux par rapport à celui du sang artériel est donc plus forte après la saignée qu’à l’état normal. L’élévation du quotient respiratoire interne ne pourrait donc pas être attribuée à la diminution de l’oxygène seulement, mais aussi à l’augmentation du CO?. Dans ces expériences, SPALLITTA a pratiqué des saignées très fortes — depuis 3 jusqu’à 6 p. 100 du poids du corps — et le sang perdu a été remplacé immédiatement par l'injection d’un volume égal d’une solution isotonique de NaCI.

La capacité respiratoire du sang diminue après l'hémorragie. Peyrou, se servant de la méthode de GRÉHANT (saturation en oxygène du sang extrait du corps), a vu que, chez le chien, la capacité respiratoire du sang tombe de 26,66 p. 100 (état normal) à 18,1 p. 100 deux jours après une saignée de #1 p. 100 du poids du corps.

Cette diminution de la capacité respiratoire du sang ne marche pas parallèlement à la perte en hémoglobine, et les expériences de Boxr montrent que la teneur spécifique du sang en oxygène est plus petite après la saignée. La dilution du sang resté dans les vaisseaux par le plasma interstitiel ne saurait expliquer ce phénomène, vu que les mêmes dilutions faites, in vitro, ne donnent pas le même résultat. On peut donc supposer que l'hémoglobine se modifie sous l’influence des réactions qui s’opèrent dans l’organisme après la saignée.

b) Leucocytes. — Nasse, REMaK, ViIRcHOW, HÜHNERFAUTH, Lyon, les premiers, ont observé une augmentation du nombre des leucocytes après de fortes saignées. VIERORDT a toujours nié l’existence d’une leucocytose post-hémorragique. « Il est, dit-il, tout à fait faux, comme on l’a soutenu, que les corpuscules lymphatiques augmentent très vite après la saignée. » Les recherches ultérieures ! de Luzer, RIEDER, LIMBECK, ANTOKONENKO, MaurEL, Dawson, Srassano et BizLow, BAUMANN, Joczy, WILLEBRAND, etc., n’ont pas donné gain de cause à IRON DT, Elles ont toutes montré l'existence d'une leucocytose posthémorragique.

L'intensité de cette leucocytose ne s’est pas toujours trouvée proportionnelle à la quantité de sang perdue. Cela tient à ce que toutes les expériences n’ont pas élé faites dans les mêmes conditions. À cette cause primordiale s’ajoutent des causes multiples capables de faire varier le nombre des leucocytes en dehors du cas spécial qui nous occupe. Une simple colère suffit, semble-t-il, à faire augmenter le nombre des globules blancs (EmeLranow). De même la narcose, avec la morphine et le chloroforme, produit une leucocytose intense (Srassano et Bizcon). Il faut aussi compter avec l’imperfection de la méthode qu'on emploie dans la recherche de la richesse du sang en globules blancs. Cette méthode est la même que pour les globules rouges. Nous en avons parlé plus haut, et nous faisons les mêmes réserves.

1. Dans le tableau II nous avons réuni les résultats donnés par divers expérimentateurs, sur la richesse du sang en leucocytes après l’hémorragie (p. 492).

Tout en tenant compte de ces inconnues, il n’en reste pas moins acquis que la leucocytose est un effel constant de la saignée. Elle à été observée sur différentes espèces d'animaux : chien, lapin, cobaye, cheval, vache, etc.

Cette leucocytose dure un certain temps après une hémorragie, mais il n’a pas encore été possible de découvrir une relation entre l’intensité de l'hémorragie et la durée de cette leucocytose, et nous en avons la preuve dans le tableau suivant qui résume les expériences de WILLEBRAND :

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