‹ Dictionnaire de physiologie (volume 2)Chapitre 159 sur 212 · ANT · texte numérisé non relu

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HC/NCH

nel Jon on

L'hordénine.est donc en relation étroite avec une base dérivée de la tyrosine : la ‘para-oxyphémyléthylamine et aussi avec les tyrosamines de Aruanp GAuTiER. Traitée par l'acide sulfurique, elle donne, comme la tyrosine, un produit qui, après saturation par le carbonate de baryum, se colore en violet par le perchlorure de fer. (Réaction de Prrra.)

Sels et dérivés. — Un certain nombre de sels et de dérivés de l’hordénine ont été préparés par E. LÉGER.

Le sulfate, CIHIÈNO)SO“H?+H20, forme des aiguilles. prismatiques, très solubles dans l’eau, très peu solubles, dans l’alcool à 95°.

Le chlorhydrate, CHÉNO, HCI est extrêmement soluble dans l'eau, il cristallise dans l'alcool à 90° en fines aiguilles anhydres.

Le bromhydrate, CIHÈNO, HBr, forme de très longues aiguilles prismatiques, brillantes, anhydres, très solubles dans l’eau.

L'iodhydrate, CH!5NO, HI, cristallise en prismes allongés anhydres.

Le tartrate neutre, CIHINO}C#H606, cristallise dans l’alcool en aiguilles extrèmement solubles dans l’eau.

Le tartrate acide, CHHSNO, C*H605, forme des aiguilles anhydres, un peu moins solubles dans l’eau que celles du sel précédent.

Le chloroëéthylate, CIOHISNO, CH°CI, prismes très solubles dans l’eau, moins solubles dans l'alcool,

Le brométhylate, CIHSNO, C?HBr, tables carrées, très solubles dans l’eau, peu solubles dans l'alcool.

L'iodométhylate, CIHÉ5NO, CHI, prismes peu solubles dans l’eau froide.

L'iodéthylate, CIH'SNO, CHI. Aiguilles prismatiques, peu solubles dans l’eau froide.

L’iodhydrate d'acétylhordénine, C1H1* (C2H°0) NO, HI. Tables anhydres, un peu jaunâtres.

Le chlorhydrate de benzoylhordénine, CtH1*{(CTH50) NO, HCI. Aiguilles très solubles dans l’eau, beaucoup moins solubles dans l’alcol.

Le bromhydrate de benzoylhordénine, C10H1* (CTH5O) NO, HBr. Lamelles rectangulaires brillantes, peu solubles dans l’eau froide.

La cinnamylhordénine, C!H!* (C/H70) NO, se dépose dans l'alcool à 60° en aiguilles Jongues et fines, anhydres, fusibles à 55°,8, altérables en prenant l'odeur: de l'essence d'amandes amères. | | |

Le chlorhydrate de cinnamylhordénine, CIHt#{CHTO)NO, HCI+H?0, aiguilles prismatiques, très solubles dans l’eau.

Le chlorhydrate d’anisylhordénine, C'9H1#{CSHTO2)NO, HCI-H?0. Grandes tables efflorescentes, peu solubles dans l’eau froide.

… L'iodométhylate de méthylhordénine, C'CHI#NO, C2HI, aiguilles longues et fines, très. solubles dans l’eau chaude, fort peu solubles à froid.

Toxicité. — Cette recherche, et celles qui seront relatées dans la suite, sont relatives.

HORDÉNINE. 645

au sulfate d'hordénine : les animaux sur lesquels a été éprouvée la toxicité du sulfate d’hordénine sont le lapin, le cobaye, le rat et le chien, et les voies d'introduction ont été la voie intra-veineuse, la voie sous-cutanée, la voie intra-rachidienne et l’ingestion.

Toxicité pour le lapin. — On a étudié uniquement la toxicité par injection intraveineuse sur des animaux de 2 à 3 kilogrammes et les doses employées ont varié entre 0 gr. 05 et 0 gr. 25 par kilogramme d’animal.

Tableau de toxicité pour le lapin de l’hordénine en injection intraveineuse.

Quantité Espèce, sexe et poids de l'animal. de sulfate Suite de "injecte par kil, l'injection.

gr. gr.

Main Jaures Run. Er GS 0,05 Survie.

IT — blanc moucheté. . G 2890 0,10 — II — noir et blanc. Q 2070 0,10 — IV "jaune: Re Y. 2210 0,10 — D blanc oteris- tune" Loc 24070 0,20 — DR ris 0 en ane ce SG 1960 0,20 — VII — jaune pâle.. . HS is 0,25 Mort en 3 VIII — gris cendré. g 2000 0,25 Survie, OURS ES RE Q 2010 0,25 Mort en 3’.

Ainsi la dose minimum mortelle est voisine de 0 gr. 25 par kilogramme d’animal, et quelquefois elle est un peu supérieure. La mort se produit toujours assez rapidement, elle a lieu par arrêt de la respiration et le cœur ne cesse de battre qu’ultérieurement. Si l’animal surmonte les accidents du début, il survit indéfiniment sans présenter de troubles consécutifs. :

Les premiers phénomènes que l’on observe sont des modifications respiratoires et de: l’excitation corticale, des hallucinations, puis de la paralysie motrice, en général assez passagère. La mort, quand elle se produit, a lieu à la suite d’accidents convulsifs, cloniques et toniques, qui se terminent par l’opistotonos et l’arrêt de la respiration.

Chez certains animaux qui survivent, il semble se produire des troubles digestifs, qui font penser à de la paralysie du tube digestif ; cependant, chez des animaux morts rapidement, le contact de l’air a toujours provoqué des contractions marquées de l'intestin,

Toxicité pour le cobaye. — Elle a été recherchée au moyen d’injections intra-veineuses et d’injections sous-cutanées.

Tableau de toxicité pour le cobaye de l’hordénine en injection intra-veineuse,

Espèce, sexe et poids de l'animal. Quantité de sulfate Suite de De ERNeE injectée par kil. l'injection.

gr. er.

I Cobaye.. C0308 0,05 Survie.

Ii — HO: 0,10 = IT — 102909 0,20 — IV — CT aol 0,25 — W — TPM A00 Ù Mort en 3’.

VI — ; 5 Cr 308 0,35 Mort en 2’.

VIF: — M CAT 0,35 Survie.

VII ALLER 508 0,40 Mort en 2’.

IX CMS 0,50 Mort en 2’.

La dose minimum mortelle pour le cobaye en injection intra-veineuse est très voisine de celle trouvée pour le lapin : elle est de 0 gr. 30 par kilogramme d’animal. L’exception observée pour le cobaye VII n’est probablement qu'apparente et tient à des conditions particulières de l’expérience. La mort, quand elle se produit, arrive très rapidement, en deux ou trois minutes : elle apparaît toujours à la suite d'attaques convulsives, et elle est due à l'arrêt de la respiration. Quand ils échappent aux premiers accidents, les animaux se remettent ensuite d’une façon définitive et dans un espace de temps souvent inférieur à une heure. Les symptômes de l’intoxicafion sont toujours en première ligne les troubles respiratoires; puis surviennent les accidents cor-ticaux, les hallucinations, les convulsions et la paralysie motrice,

Tableau de toxicité pour le cobaye de l’hordénine en injection sous-cutanée.

HORDÉNINE.

Espèce, sexe et poids de l'animal.

ER

Quantité de sulfate injectée par kil.

Suite de l'injection.

gr. gr.

HACobare nr re 50 0,02 Survie.

Il Mens O 455 0,03 — III — Gi 251 0,0% = IV — og! 190 0,05 — V — D'AELID 6,25 .

VI ee ONE PH0g12 0,50 — VII NE G 114 fl = VIII re PR Te C'IT2ST 1 — IX — cc 254 ) — x — ANA 1,25 — XI — ©, 264 A2 — XII = ic MAUR (11399 1,50 — XIII Ven Vis ie ESS 1,50 = XIV LE A qu ee 6.129092 2 a

XV RS 5 er =) Mort en 23.

XVI — CIBLE 2 Mort en 16’.

XVII —- ere 2 Mort en 26’.

La toxicité par injection sous-cutanée est bien inférieure à la toxicité par injection intra-veineuse, La dose mortelle minimum est en effet environ 15 fois plus forte en injection sous-cutanée qu’en injection intra-veineuse. Les premiers accidents toxiques ne se manifestent qu’à partir de la dose de 1 gramme par kilogramme ; les symptômes les plus caractéristiques sont une excitation vive, la production de mouvements brusques et impulsifs, l’apparition d'hallucinations, d’attitudes de terreur et de secousses qui rappellent celles qui s’observent au cours de l'intoxication absinthique. Outre les accidents convulsifs cloniques et toniques se produisent encore des troubles respiratoires et de la paralysie motrice. La mort, qui se produit après l'injection d’une dose . de ? grammes par kilogramme, est due à l’arrêt de la respiration : elle arrive assez rapidement, en moyenne entre 15 et 25 minutes. Tous les accidents passagers disparaissent à peu près complètement en l’espace d’une heure, et l’animal revient ensuite très vite à son état normal. Si dans quelques cas on a pu noter des troubles digestifs consécutifs aux injections, le plus souvent le poids de l’animal ne s’est pas modifié ou seulement d'une facon très minime. +

Toxicité pour le rat. — C’est par voie sous-cutanée que la substance a été donnée à cet animal.

Tableau de toxicité, pour le rat, de l’hordénine en injection sous-cutanée.

Quantité

Espèce, sexe et poids de l’animal. de sulfate Suite injecté e par kgr. de l'injection.

LEA DIANC NA 52 0,50 Survie.

If — blanc et noir. Q276 0,50 — EE nr cc 40 125 — IV — — O5 12e Mort en 33 Vs HER 2 Re ON 00 12 Survie.

VE = Ablanc.ét NOLr A RER eo 1 1 — VIL 5 ESS OMS 1202 Mort en 44' VIE, EST ET © 56 1,25 Survie.

IX — blancet noir. CCENID 1,25 Mort en 27!

X° {= SDIANE PNR EE Meet 41,50 Survie.

KIT EE RTE € SAPNTES 1,50 Mort en 24 XIT TS MEN GP PR FT C0 4,75 Mort en 22’ AH EE MT See A C7 58710 as Mort en 46’

Le faible poids de ces animaux et leur jeune âge n’ont pas permis de fixer les chiffres de la toxicité pour le rat d’une façon aussi précise que pour les animaux précédents ; nous voyons en effet un rat succomber avec une dose de 1 gramme par kilogramme, alors que trois autres survivent à l'injection de la même dose. Un survit à la dose de

HORDÉNINE. 647.

1 gr. 25, alors que deux autres succombent après avoir recu une dose égale et enfin un a survécu à la dose de 1 gr. 50 par kilogramme. Quoi qu’il en soit, si le rat blanc est un peu plus sensible que le cobaye à l’injection sous-cutanée de cet alcaloïde, la différence est minime, et bien inférieure à celle que l’on observe pour le cobaye, quand on compare la toxicité intra-veineuse à la toxicité sous-cutanée. La mort est ici encore assez rapide : elle se produit de 20 et 45 minutes après l'injection; une heure après l'injection, l’animal survit toujours. On retrouve donc encore avec beaucoup de netteté ce fait déjà mis en évidence, à savoir que le poison n'est dangereux que pendant une phase très courte qui correspond au summum d'effet. Si l’animal supporte ce moment critique, il se remet ensuite très vite et ne présente plus de troubles consécutifs.

Comme chez les animaux précédents, les troubles respiratoires apparaissent parmi les premiers symptômes de l’intoxication. La phase d’excitation est moins manifeste que chez le cobaye ou chez le chien, mais les phénomènes de paralysie sont plus marqués. La mort arrive toujours par arrêt de la respiration.

Toxicité pour le chien. — Les animaux ont été soumis soit à l'injection intraveineuse, soit à l’ingestion. Les injections ont élé faites dans la veine saphène et les doses employées ont varié entre 0 gr. 02 et 0 gr. 50 par kilogramme.

Tableau de toxicité, pour le chien, de l’hordénine en injection intra-veineuse.

Quantité Espèce, sexe et poids de l'animal. de sulfate Suite — "rx. +injéctée par ker: de l'injection.

J Chien bull. c 11400 0,02 Survie,

Il A ed EX ct 9500 0,05 —

III — roquet. . r; 8600 0,10 —

IV — fox. O 3300 0,20 —

V > —“rroquel:. GG 5500 0,20 __—

VI S RUE cg 8000 0,25 — VII — Joulou. . O 6700 0,25 = VIIL — fox. cg 6800 0,30 Mort en 10

IX —. fox . QE 5000 0,31 Mort eu 5’

X — fox . O 4400 0,50 Mort en 2°

La première réaction consécutive à l'injection est une excitation plus ou moins vive, qui est toujours très précoce : souvent même elle se produit au cours de l'injection. Les troubles respiratoires apparaissent immédiatement et sont peu persistants, puis se montrent des phénomènes corticaux des hallucinations et un peu de paralysie motrice. Les troubles corticaux ne se produisent qu'avec de fortes doses, souvent ils sont peu

durables, ils peuvent même avoir des phases de rémission, par exemple quand on éveille

Lattention de l'animal. Les troubles de la motricité sont fréquemment caractérisés par des mouvements de recul, de la raideur des membres, des secousses convulsives, et quelquefois un peu de chorée. Dans tous les cas ces accidents sont assez passagers, et, après un laps de temps variant entre un quart d'heure et une heure, l'animal revient à son état normal. Les jours suivants on ne remarque aucun trouble consécutif à l’intoxication. Si la dose de sulfate injectée atteint 0 gr. 30 par kilogramme, dose minimum mortelle, on observe surtout des phénomènes convulsifs, et, après quelques attaques cloniques et toniques, la respiration s'arrête. La mort se produit par arrêt de la respiration, et le cœur ne cesse de battre que quelques instants après.

Par ingestion il est impossible de faire mourirle chien, car l'introduction dans l’estomac d’une dose un peu forte d’hordénine est toujours suivie de vomissements, la section préalable des pneumogastriques n’empêche pas ces vomissements : si l’on comprime l'œsophage, ou si l’on en fait la ligature après l'introduction de la substance, on peut faire supporter à l’animal une dose de 4 gramme par kilogramme. Après l'injection de 2 et 3 grammes par kilogramme, la mort arrive assez tardivement à la suite d'accidents convulsifs. |

En résumé, la toxicité de l’hordénine est assez faible, La dose minimum mortelle en injection intra-veineuse pour le lapin, pour le chien et pour le cobaye est très sensible ment la même ; elle est voisine de 0 gr. 30 par kilogramme pour le chien et le cobaye et

648 HORDÉNINE.

un peu moindre pour le lapin. En injection sous-cutanée la dose minimum mortelle est de 2 grammes par kilogramme pour le cobaye et de 1 gramme pour le rat.

On verra, à propos de l’ « action sur la température », que le lapin supporte en injection sous-cutanée une dose de sulfate d’hordénine supérieure à { gramme par kilogramme, que le chat et le chien survivent à l'injection sous-cutanée de 0 gr. 50 par kilogramme, dose qui provoque chez eux des attaques épileptiformes; enfin on remarquera que le sulfate d’hordénine provoque les vomissements avec une intensité tou-

jours plus grande quand il est injecté sous la peau que quand il est injecté dans le -

sang. La dose mortelle par ingestion chez le chien est voisine de 2 grammes par kilogramme.

Les symptômes de l’intoxication sont relatifs pour la plupart à des actions sur le système nerveux. Ce sont surtout des phénomènes corticaux et bulbaires caractérisés par une excitation plus ou moins forte suivie d’une phase de paralysie. Les hallucinations tiennent la première place parmi les phénomènes d’excitation : ce sont ensuite les phénomènes convulsifs, des attaques cloniques et toniques plus ou moins marquées suivant l'espèce animale; enfin apparaît la paralysie. Les réactions bulbaires sont aussi très précoces; elles se montrent dès le début de l’intoxication sous forme de troubles respiratoires : on constate toujours une polypnée plus ou moins dyspnéique, suivie d'une phase plus ou moins prolongée d’apnée. Les vomissements sont également constants après l'injection d’une dose mortelle. La mort est la conséquence d’une action de la substance sur le bulbe, et est due à un arrêt de la respiration. Si l’on ouvre le thorax d'un animal qui a cessé de réagir, on constate que le cœur continue à battre encore pendant quelque temps. La respiration artificielle retarde ou empêche la mort. Il importe aussi d'indiquer que la phase de l’intoxication pendant laquelle la mort peut survenir est toujours très courte : si l'animal surmonte cette phase, il se remet vite et complètement sans présenter de troubles consécutifs. Pour une injection intra-veineuse, on ne voit jamais la mort survenir après une dizaine de minutes; et après trois quarts d'heure pour une injection sous-cutanée.

Action sur le sang. — Le sulfate d’hordénine n’a pas d'action hémolytique, mais sa solution isotonique est assez concentrée, 6,5 p. 100 environ, ce qui indique un poids moléculaire assez élevé. Le point de congélation d’une solution à 6,5 p. 100 a été trouvé assez voisin de celui d’une solution de chlorure de sodium à 1 p. 400. Les solutions hypotoniques de sulfate à 1 p. 100 ont une action anti-coagulante qui varie avec la proportion de solution entrant dans le mélange. Il n'y a pas de rapport direct entre la toxicité de la solution et son action anti-coagulante ; bien que le sulfate d’hordénine ait un poids moléculaire beaucoup plus élevé que le chlorure de sodium, ces deux sels agissent sensiblement aux mêmes doses sur la coagulation du sang. Le plasma oxalaté recalcifié est entravé dans sa coagulation par le sulfate d’hordénine à peu près dansles mêmes conditions que le sang total. La température de coagulation du plasma sanguin est notablement abaïissée par le sulfate d’hordénine. |

Action sur la circulation. — Cette étude a été faite sur le chien et sur le lapin, anesthésiés presque toujours avec le chloralose, et exceptionnellement avec le chloroforme.

Le premier phénomène qui se produit du côté de la circulation à la suite de l’injection de quelques centigrammes de sulfate d’hordénine dans le torrent circulatoire, c’est une élévation marquée de la pression sanguine. Le tracé de la figure 100 donne l'indication de cette action. |

Les modifications cardiaques qui accompagnent l’élévation de la pression sanguine ne sont pas toujours une simple accélération cardiaque avec diminution d'amplitude des pulsations. On voit habituellement, au contraire, à la suite d’une injection de 1 à 2 milligrammes par kilogramme, se produire un ralentissement notable du cœur avec augmentation d'amplitude des pulsations (fig. 101 et fig. 102), |

Ainsi les modifications circulatoires déterminées par l’hordénine sont tantôt une élévation de la pression sanguine avec ralentissement et augmentation d'amplitude des pulsations cardiaques, et tantôt une élévation de la pression sanguine avec accélération et diminution d'amplitude des pulsations. Quel est donc le mécanisme de ces phénomènes différents? Déjà les modifications respiratoires qui se constatent sur les tracés

HORDÉNINE. 649

En SN que le système nerveux, et en particulier le bulbe, sont influencés par le sulate d hordénine. SI l'on sectionne le pneumogastrique consécutivement à une injection d'hordénine, les réactions cardiaques changent aussitôt. la figure 103.

né 1 ard: : . , , z

| Le ralentissement cardiaque et l'augmentation d'amplitude des pulsations sont donc bien la conséquence d'actions bulbaires transmises par l'intermédiaire des nerfs pneumogastriques, mais il ne faudrait pas se hâter de conclure que l’augmentation d’amplitude et le ralentissement cardiaque ont absolument besoin de l'intégrité des nerfs pneumogastriques pour se produire. La figure suivante (fig. 104) montre qu’il n’en est rien. ;

L’excitabilité du pneumogastrique se modifie sous l'influence de l’hordénine, comme le montrent les expériences faites sur les animaux à bulbe coupé ou anesthésiés par le Ækloralose. Les doses de 0 gr. 001 et de 0 gr. 002 par kilogramme de sulfate d'hordénme

. , . °° r ne suppriment pas l’excitabilité du pneumogastrique. Après une Injection intra-veineuse de 0 gr. 010 par kilogramme, l’excitabilité du

C’est ee que montre

F1G. 100. — Tracé reproduit et réduit par la photographie. -- Effets de l'injection intra-veineuse d’une solution de sulfate d’hordénine sur la pression sanguine. — Chien roquet ©, 7500 grammes, âgé de deux à trois ans, anesthésié par une injection de 0,10 grammes de chloralose par kilogramme. La pression est prise dans le bout central de l'artère fémorale gauche, elle est de 12 centimètres de Hg, au début du tracé. Sur la ligne du temps l’espace compris entre deux traits est de deux secondes. — In, injection de 0,05 grammes de sulfate d'hordénine par kilogramme.

nerf existe encore; mais, après une nouvelle injection de 0 gr. 100 par kilogramme, elle disparaît pour au moins une demi-heure.

Le sulfate d’hordénine agit donc sur le système pneumogastrique, non seulement en l’excitant (phase de ralentissement cardiaque avec augmentation d'amplitude des pulsations), mais encore en diminuant son excitabilité dans certains cas. C’est au moment de l’accélération cardiaque que l’excitabilité du pneumogastrique diminue ou disparaît; quand ensuite le cœur se ralentit, le nerf redevient de plus en plus excitable. Les faibles doses produisent surtout de l'excitation, et les fortes doses, de la paralysie. Les doses de 0 gr. 001 à 0 gr. 002 par kilogramme de sulfate d'hordénine ne diminuent que peu ou pas l’excitabilité du nerf; il n’y a pas de diminution de l’excitabilité, si le cœur ne s’accélère pas, et, en tous cas, l’effet est très passager.

Les fortes doses 0 gr. 01 et surtout 0 gr. 40 par kilogramme donnent une diminution plus marquée de l’excitabilité. On peut même observer pendant un certain temps une inexcitabilité absolue du nerf.

On notera encore ce résultat important de certaines expériences, que l'intoxication prolongée de l'animal à la suite d’injections répétées de doses fortes de sulfate d'hordénine abaisse la pression sanguine sans en provoquer secondairement le relèvement, malgré l’accélération du cœur.

HORDÉNINE.

-L’excitabililé du dépresseur est modifiée par l’hordénine, comme celle du pneumo gastrique périphérique. De faibles doses la respectent, mais de forles doses la suppriment. Les doses fortes ne donnent aussi qu'une paralysie passagère. Quand le dépresseur cesse de réagir, on constate que le grand splanchnique ne répond pas non plus aux excitations directes. L’ingestion du sulfate d’hordénine n'a pas une influence très

TONER ASTNENRS EN

(3 \1 VE rA

anesthésié par une injection de 0,10 grammes de chloraloeS

FiG. 101. — Chien roquet (X de 9 600 grammes, âgé de trois ans, à jeun,

de l'artère fémorale gauche, elle est de 11 cent.,4 Hg au

deux traits est de deux secondes. — In;'injection de 1 milligramme

le bout central

par kilogramme. La pression sanguine est prise dans’

début du tracé. Sur la ligne des temps l'espace compris entre

de sulfate d'hordénine par kilogramme.

F1G. 102. — Suite de l'expérience. — En In, injection de deux milligrammes de sulfate d’hordénine par Kilogramme.

notable sur la circulation, même après plusieurs heures; le tracé de la pression n’est pas sensrtblement modifié chez les chiens qui ont absorbé 08r,01 à Osr,11 par kilogramme:

Action sur le cœur.

— L'étude de l’action de l’hordénine sur le cœur isolé a été faite en partie sur. des cœurs de grenouilles excisés et placés dans des solutions de sulfate d’hordénine, en partie sur des cœurs isolés du même animal, disposés pour une circulation artificielle, en partie enfin, sur des cœurs de grenouilles laissés en place, mais n'ayant plus de relation avec le système nerveux encéphalo-médullaire, qui avait été préalablement détruit.

Ces trois séries d'expériences montrent d’une façon concordante que l'hordénine agit sur lecœur, mais que son degré de toxicité pour cet organe est assez faible. Si le cœurest disposé pour une circulation artificielle,ou s’il est laissé en place sur l'animal privé de son système nerveux central,onconstate que l’hordénine lui fait perdre peu à peu de sa tonicité ; il se laisse peu à peu distendre par la

pression du liquide qui circule, et la phase diastolique s’accentue avec les progrès de lintoxication ; finalement, il s'arrête en diastole. L'arrêt diastolique peut ne pas être définitif, et, quand l’appareil vasculaire est conservé, le retour ad integrum est possible.

Les expériences sur le cœur plongé dans une solution de sulfate d’hordénine montrent que dans ces conditions cet organe s’intoxique également ; mais, en apparence, l’effet semble différent, car l’arrêt a lieu en systole. La différence n’est qu'apparente; car l’organe, n'ayant pas à lutter ici contre une pression intérieure, se rétracte progressivement.

HORDÉNINE. 651

Action sur la respiration. — Les troubles respiratoires sont parmi les premiers symptômes que provoque l'injection de sulfate d'hordénine, et ils sont aussi, habituellement, la cause de la mort rapide. À l'ouverture du thorax d’un animal qui vient de succomber, et qui ne présente plus aucun mouvement, on constate, en effet, que le cœur continue à battre. Chez les animaux anesthésiés, comme chez les animaux normaux, les troubles respiratoires sont constants après l'injection d’une certaine dose de sulfate d’hordénine.

Les tracés dela pression sanguine, comme ceux de la respiration, montrent qu’il se produit plusieurs modifications successives du rythme respiratoire.

Chez les animaux chloralosés,on observe d’abord une courte

AP LU La uses Do

AN Meet En Mt nn)

’artère fémorale gauche; en In, on fait un

: le cœur se ralentit; les pulsations augmentent d'amplitude ; en $S on

gastriques : immédiatement le cœur s'accélère, les pulsations diminuent d'amplitude, et la pression s'élève.

, anesthésié par une injection intra-veineuse de La respiration,qui était suspendue au moment où la section a été pratiquée, est restée suspendue encore pendant un certain temps, puis

tions consécutives à une injection intra-veineuse de sulfate

hordénine ; la pression sanguine s'élève, les modifications

phase de respirations agoniques, et la mort arrive par arrêt de la respiration.

Si l’on pratique la respiration artificielle sur des animaux fortement intoxiqués, on peut prolonger leur existence, et même leur permettre de se rétablir complètement ; car le cœur continue à battre*rythmiquement chez les animaux intoxiqués qui ont cessé de respirer.

L'introduction du sulfate d’hordénine dans le liquide céphalo-rachidien détermine des troubles respiratoires très marqués.

Action sur les sécrétions. — Les sécrétions continues et les sécrétions intermit-

on

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HORDÉNINE.

tentes sont influencées par le sulfate d'hordénine. La bile et l’urine augmentent un peu à la suite de l’injection de faibles doses, mais elles diminuent ou se suspendent après de fortes doses. | | |

Une légère sécrétion salivaire peut se produire après une injection d'hordénine, mais, consécutivement, on peut aussi constater que la corde du tympan perd passagèrement son excitabilité aux courants électriques. La sécrétion pancréatique se modifie à peu près comme la sécrétion salivaire,

L'animal auquel on a fait ingérer une solulion de sulfate d'hordénine présente souvent une sécrétion salivaire considérable, et du larmoiïiement; la sécrétion stomacale se produit également; car, dans certaines expériences, l’œsophage ayant été lié et l’animal étant mort, on peut retirer de l'estomac un liquide acide en quantité supérieure à celle qu’on a introduite.

En résumé, le sulfate d’hordénine à faible dose peut faire apparaître les sécrétions qui sont suspendues, comme la sécrétion salivaire, la sécrétion pancréatique, et la sécrétion lacrymale ; il peut aussi accroître passagèrement les sécrétions qui existent avant l'injection, comme la sécrétion biliaire et la sécrétion rénale; à forte dose, il ralentit ou arrête les sécrétions, et l’on peut alors constater une diminution passagère de l’excitabilité des nerfs sécréteurs. D'une facon générale, l’action de l’hordénine sur les sécrétions est assez faible, et d’une durée peu considérable.

Action sur l'appareil digestif. — Un des effets les plus constants de l’hordénine sur l'appareil digestif est le vomissement; il Suit ordinairement d’assez près l'introduction de cette substance dans l’organisme ; mais, pour que cette action se produise, il faut non seulement expérimenter sur un animal qui soit capable de vomir, comme le chat et le chien, mais il faut encore injecter la substance sous la peau ou la faire ingérer en solution, à l’aide d’une sonde. Il est en effet à noter que les injections intra-veineuses chez le chien sont assez rarement suivies de vomissements. L'injection directe dans le duodénum provoque au contraire ce phénomène. L’intestin peut présenter de la paralysie à la suite de l'injection intra-vasculaire quand la dose est élevée, l’action directe d’une solution d’hordénine sur l'intestin isolée produit aussi ce résultat. L’ingestion de 0,01 gr. à 0,10 gr. par kilogramme ne donne lieu à aucun trouble digestif appréciable chez les animaux soumis à un régime bien déterminé; ni l’appétit, ni le poids de l’animal ne sont influencés.

Action sur l'iris. — Placé dans une solution d’hordénine, même concentrée à 1 p. 100, l'iris d’anguille ne perd pas sa propriété de réagir à la lumière. L’instillation dans l’œil ou l'introduction de poudre entre les paupières ne donne lieu à aucune modification pupillaire. Les seules réactions de l'iris provoquées par l'hordénine sont d’origine centrale : elles se produisent uniquement dans la phase des vomissements, c’est-à-dire quand le bulbe réagit le plus énergiquement.

Action sur la température. — Cette action a été étudiée sur le lapin, snr le cobaye, sur le chat et sur le chien. D'une façon générale la température est peu modifiée par le sulfate d’hordénine : ce n’est que quand la dose est très élevée que la tempéralure s’abaisse d’une façon notable.

Action sur le système nerveux. — Tous les animaux intoxiqués par l'hordénine

4 E. Te : * A TS ae : : 6 5 | FiG. 105. — Chien fox bâtardé © ; 7 200 grammes, anesthésié par une injection intra-veineuse de 0,10 grammes par kilogramme de

chloralose. La section des deux nerfs a eu lieu à la dixième minute. En In, on injecte 1 milligramme par kilogramme de sulfate d'hordénine : consécutivement la pression s'élève, le cœur se ralentit, les pulsations augmentent d'amplitude et la respiration se ralentit.

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HORDÉNINE. 653 présentent tout d’abord une série de réactions nerveuses d’ origine centrale très caractéristiques : agitation, hallucinations, mouvements impulsifs, troubles respiratoires, tremblement, attaques convulsives ones et toniques, puis diminution de la motilité pouvant aller jusqu’à la paralysie complète.

L'hordénine agit aussi sur le bulbe dès le début de l’intoxication ; les troubles respiratoires, les vomissements, le ralentissement cardiaque, l'élévation de la pression sanguine en sont les indices certains.

Les expériences sur le pneumogastrique, sur le grand splanchnique, sur les nerfs sécréteurs, sur les nerfs de l'intestin montrent encore que l’hordénine peut à une cerlaine dose paralyser l’action des nerfs centrifuges. #

Sur les nerfs de sensibilité, l’hordénine n’agit qu’à dose très élevée : c’est du moins ce que montre l’étude des variations d'excitabilité du dépresseur et l’on a vu d’autre part que la cornée n’est pas insensibilisée même par des doses très considérables de sulfate d’hordénine: De même, quand on interroge la sensibilité générale des animaux

) ind

Fi. 106. — Suite de. l'expérience précédente. L'injection, en 1n, de sulfate d’hordénine a été de 2 milligrammes par kilogramme : la réaction est plus marquéé que précédemment. La pression s'élève davantage et l'amplitude des pulsations est plus considérable. La respiration, qui s’est accélérée immédiatement après l'injection, se ralentit beaucoup ensuite, puis reprend son rythme normal un peu plus tard.

profondément intoxiqués, on ne la voit disparaître que dans la phase ultime de l’intoxication.

Les injections intra-dermiques provoquent bien un peu de diminution de la sensibililé, mais il n’y a là rien que de très banal, qui diffère peu de ce que produit, par action mécanique, l'injection d’une solution indifférente.

Action sur les ferments solubles. — L'action de l’hordénine a été étudiée sur la maltase, sur l’invertine, sur la pepsine, sur la trypsine et sur la lipaseïdine.

La maltase n’est pas empêchée dans son action même par la présence de 5 p. 100 d'hordénine : il en est de même pour l’invertine dont l’action est simplement retardée par de fortes proportions de cet alcaloïde.

Ajoutée à la pepsine ou au suc pancréatique, l’hordénine retarde la digestion des matières albuminoïdes : il semble qu’il y ait antagonisme entre les deux produits ou que l’albumine devienne plus difficile à digérer.

Le sulfate d’hordénine n'’altère pas la présure ; mais, à partir d’une certaine proportion, elle l'empêche d'agir; cet antagonisme n’est pas direct, les deux substances ne ré-

agissant pas l’une sur l’autre, mais la coagulation ou la non-coagulation dépendent de la prédominance de l’action de l’une des deux substances sur la matière coagulable.

La saponification n’est pas’ entravée par le sulfate d’hordénine, il y a ee une diminution d'activité au début. Après un temps suffisant, la saponification arrive à être complète même en présence d’une proportion de 5 p. 400 de sulfate d'hordénine.

Action sur les microbes. — Les recherches faites autrefois avec le bouillon de touraillon ont naturellement amené à étudier l’action du sulfate d’hordénine sur certains microbes intestinaux. Si on ajoute aux bouillons de culture des proportions variables de sulfate d’hordénine on constate qu’il faut une proportion de # p. 100 de ce sel pour FRE complètement ie développement du B. Coli et du V.de Massaouah et qu'il faut

ù p. 400 pour empêcher celui du B. d'Eberth du et V. de Finkler et Prior.

Le pouvoir antiseptique de l’hordénine n’est donc pas aussi marqué qu'on était en

droit de le supposer d’après les recherches bactériologiques faites avec les touraillons.

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