PREMIÈRE PARTIE
Anatomie. Embryologie. Histologie.
L'hypophyse, Hypophysis, tire son nom de sa position (ÿro, sous, 9594, production). (AIL. Gehirnanhang, Schleimdrüse ; ang. Hypophysis; ital., ipofisi.) Elle est aussi appelée corps ou glande pituitaire. Suivant les auteurs, elle a recu des noms divers, tels que : .glandula pituitaria ou pituilosa; lacuna; appendicula cerebri (EBeL) ; glans pituitam exci-
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piens (VÉsALe) ; glande basilaire; glande colatoire; appendice sus-sphénoïdal du cerveau (CHAUSSIER).
Anatomie. — L’hypophyse est un petit organe glandulaire, à forme variable, généralement ovoïde, placé, comme son nom l'indique, à la face inférieure du cerveau, auquel elle est reliée par la tige pituitaire.
Dans la région médiane de la base de l’encéphale, entre le chiasma, en avant, les bandelettes optiques, sur les côtés, et les tubercules mamillaires en arrière, se trouve une lame grise, corps cendré ou tuber cinereum, qui forme une sorte de cône, l’infundibulum, qui se prolonge obliquement en avant et en bas, pour se terminer par une petite colonne de substance grise qui constitue la fige pituitaire. C’est cette colonne, qui a chez Fhomme #4 à 6 millimètres de long, qui relie l’hypophyse à la face inférieure du cer-
veau. Le tuber cinereum et la tige pituitaire, formés de substance grise, ferment, à la partie inférieure, le troisième ventricule.
Chez l’homme, sauf de rares exceptions, la tige pituitaire ne présente un canal central que dans sa moitié supérieure, la moitié etant étant pleine ; aussi n’y a-t-il pas de communication directe entre le ventricule et l’hypophyse. Comme nous le verrons, il n’en est pas ainsi chez beaucoup d'animaux.
Chez l’homme, l’hypophyse occupe la selle turcique, dans laquelle elle est fixée par une véritable loge ostéo-fibreuse presque complète, un dédoublement de la duremère, tente pituitaire ou diaphragme de l’hypophyse, perforée à son centre pour le passage de la tige pituitaire.
L'hypophyse remplissant la selle turcique présente les rapports suivants : en avant, la paroi osseuse, et, en arrière, la lame quadrilatère du sphénoïde; sur les côtés, les sinus caverneux qui la séparent des carotides intérnes. A ces rapports il faut ajouter, en avant et en arrière, les deux branches, antérieure et postérieure, du sinus coronaire qui se trouve dans le dédoublement de la tente pituitaire, et qui, par conséquent, est plus en rapport avec la tige pituitaire et la face supérieure de l’hypophyse. Des tractus conjonctifs, ainsi que des vaisseaux, font adhérer l'organe aux parois de cette loge.
Anatomie comparée. — Dans la série animale, les rapports de l’hypophyse ne se présentent. pas toujours dans les mêmes conditions ; car tantôt elle est complètement emprisonnée dans une loge ostéo-fibreuse, comme chez l’homme, tantôt, au contraire, elle est presque libre. Mais ce qu'il y a d’important, au point de vue biologique général, c’est que cet organe existe toujours, assez développé, dans toute la série des vertébrés. Il y aurait même chez les invertébrés, comme les larves de certains mollusques, de certains vers et échinodermes, une ébauche d'hypophyse représentée par un appareil formé de petites cavités, dans lesquelles pénètre l’eau qui doit arroser le système nerveux central (L. ANDRIEZEN).
La glande subneurale de l’amphioxus a de l'analogie avec la glande pituitaire des vertébrés supérieurs, elle est en rapport intime avec le canal bucco-infundibulaire, qui fait communiquer la cavité neurale avec la cavité buccale.
Cet organe a donc une existence générale ; aussi W. MÜLLER disait qu'entre l’hvpophyse de la myxine et celle de l’homme il n’y avait pas de différence. De cette fixité on ne peut que conclure à l’importance de l’organe.
L. GENTÈS, qui a étudié, au point de vue morphologique, l’hypophyse chez tous les vertébrés, en a donné une bonne description comparative, que nous allons résumer.
Chez les poissons, elle est très développée et très volumineuse, par rapport au cerveau, et n’est pas renfermée dans une loge ostéo-fibreuse, comme chez beaucoup d’autres animaux.
Chez les batraciens, tels que la grenouille, elle n’est pas très développée; accolée, pour ainsi dire, à la base du cerveau, sans tige pituitaire, elle est vraiment sessile, et par le fait, libre; car le plancher osseux du crâne (os parabasal) ne présente se une légère dépression, et non une loge ostéo-fibreuse.
Chez les reptiles sauriens (Lacerta muralis, Merr.), l'hypophyse est bien pédiculée, et se trouve enfermée dans une loge ostéo-fibreuse que lui forme la selle turcique. Aussi reste-t-elle adhérente à la base du crâne, lorsque l’on extrait le cerveau. Il en est de même chez Lacerta viridis, L.
Chez les oiseaux, l’hypophyse est, proportionnellement, plus petite que chez les