HÉMOLYSE PAR LES TOXINES MICROBIENNES
La première observation du pouvoir destructeur de certaines toxines microbiennes sur les éléments figurés du sang date des recherches de Van pe Vecne (1894) sur la toxine staphylococcique.
Les premières recherches méthodiques sur ce sujet furent instituées par MApsEn (1899) qui étudia l’action, sur les hématies, des bouillons de culture filtrés du bacaille tétanique. Ces bouillons contiennent (d’après Enruicx, confirmé par Mapsen), outre la toxine tétanique habituelle, ou tétanospasmine, qui se caractérise par ses effets con— vulsivants, une substance du groupe des toxines, la tétanolysine, qui dissout les globules rouges. Ceux-ci fixent la seconde exclusivement et ne se laissent pas impressionner par la première. Quand on vaccine un anima] au moyen des cultures filtrées du tétanos, le sérum de cet animal contient, au bout d’un certain temps, des antitoxines correspondant aux deux toxines. Il empêche in vitro l’action hémolysante de la tétanolysine, tout comme il neutralise in vivo l'effet de la tétanospasmine. Cette antitétanolysine possède. pour la toxine une affinité considérable, puisqu'elle arrive à l’enlever à des globules que en avaient été préalablement imprégnés.
Un grand nombre de travaux parurent dans ces dernières années, qui signalent l’action hémolytique de toute une série de toxines microbiennes et montrent l’action neutralisante que possèdent à leur égard certains sérums normaux et les sérums spécifiques correspondants. Comme les auteurs de ces recherches se sont plutôt placés au point de vue des doctrines de l’immunité et des relations entre toxine et antitoxine, il suffira de désigner ici les noms des auteurs et les microbes dont ils ont étudié la toxine-
Kraus et CLairmonT (Vibrion cholérique, Bacillus coli, staphylocoque). Kraus et Lupwic id. id. id.
Kayser (Bacillus coli).
NEISSER (Vibrion cholérique, Bacillus coli, staphylocoque). MEINIGCKE (Vibrions).
Neisser et WECHSBERG (Staphylocoque).
Bazarpi (Staphylocoque, microcoque).
FRAENKEL et BAUMANN (Staphylocoque).
Lour (Staphylocoque).
LugENnaU (Staphylocoque, Bacillus pyocyaneus).
BuzLocu et Hunrer (Bacillus pyocyaneus).
WENIGEROFF id.
BREYMANN id.
CHARRIN et GUILLEMONAT id.
Levy (Bacillus typhosus).
CASTELLANI (Bacillus typhosus, Bacillus dysenteriæ).
MonrTEeLLA (Diplococcus pneumoniæ).
CASAGRANDI id.
BESREDKA (Streptocoque).
MaARMOREK id.
BRETON id.
SCHLESINGER id.
KERNER id.
DEWAELE et Suac (Streptocoque).
Camus et PAGniez (Bacille tuberculeux).
RayBauD et HAwWTHORN id.
RayBaup et PELLISSIER (1902) (Bacille pesteux UrrarTe (Bacille pesteux).
BJELONOwWSKY id.
CaLamipA (Choléra des poules).
SCHWONER (Bacille de Lôffler).
HÉMOLYSE. 1435
L’hémolyse par les toxines microbiennes tient une place importante dans l'étude générale du problème de l’hémolyse, parce que deux exemples en ont été éludiés avec un soin particulier.
Le premier de ces travaux traite de l’hémolyse par la toxine du staphylocoque (Scuur, 1902). Le second se rapporte à la tétanolysine. Il émane d’Arraenius et MADSEx (1903). Saxur étudia l'influence des concentrations en hématies et en toxine, et l'influence du temps sur le degré d'hémolyse. Il mesura celle-ci à la quantité d'hémoglobine qui a abandonné les hématies, exprimée en fraction de l’hémoglobine totale de l’émulsion globulaire. Cette facon de mesurer le phénomène avait déjà été utilisée par Mapsex, Lapic- Que, ete. Scaur put établir les trois points suivants :
1° À égalité de teneur en toxine, l’hémolyse varie avec la richesse globulaire. La quantité absolue d'hémoglobine diffusée croît avec la richesse globulaire jusqu’à une certaine limite, passé laquelle elle diminue. La quantité relative, c’est-à-dire le rapport entre la fraction d'hémoglobine diffusée et la concentration globulaire du mélange, est en raison inverse de la concentration sanguine.
Voici les résultats d'une expérience :
: UANTITÉ AE : QUANTITÉ ABSOLUE Q QUANTITÉ QUANTITÉ L'HÉMOGLOBINE DIFFUSÉE
rapportée à 1 goutte
DE TOXINE. DE SANG. ; 5 ù el diffusée.
gouttes. gouttes.
1 : 1 La goutte de sang correspond à 95 parties d’hémoglobine.
20 Si, pour une quantité constante de globules, on fait varier la teneur en toxine, on constate que les très faibles doses ne produisent pas d'hémolyse ou très peu d’hémolyse ; puis, dans l’étendue d’une zone assez large, l’hémolyse est proportionnelle à la concentration ; passé cetle zone, elle ne croît plus aussi vite que la concentration.
Voici le résultat d’une expérience de ce genre :
NOMBRE NOMBRE : DNS HEMOGLOBINE D'HÉMOGLOBINE DIFFUSÉE DE GOUTTES DE GOUTTES ex DIFFUSÉE. rapportée à 1 goutte de sang. de toxine. de toxine.
8 O2 10 L 10 8 0.2 40 20 8 0.4 83 F0 1 8 0.8 160 2) 8 120 190 19 8 2.0 250 1275 8 4.0 310 GATE
30 Enfin, si l’on étudie l’action d’une même quantité de sang pendant des temps différents, on constate que l’hémolyse est presque complète après 24 heures, avec les doses moyennes, tandis qu’elle se poursuit pendaut plusieurs jours avec les doses faibles. Au bout d’un temps suffisamment long, les doses faibles poussent l’hémolyse aussi loin que les doses fortes.
416 HÉMOLYSE.
La vitesse de ces hémolyses lentes n’est pas constante. Si l’on établit la valeur du coefficient de réaction k# dans la formule de l’équation monomoléculaire,
dx dt
on constate que la valeur de Æ va lentement en diminuant.
Condensant ces constatations, Scaur admet que l’hémolyse par la staphylolysine n’est que l’exagération d’un processus naturel. Le sang conservé stérile s’hémolyse : (v. Limgecx, Nour). Cette destruction spontanée s’établit tardivement, s'accélère dans les premiers temps, puis se ralentit. La staphylolysine ne fait que renforcer ce phénomène. Elle agit à la facon d’un agent catalytique. Le phénomène qu'elle accélère est un phénomène chimique, c’est la dissociation du complexe artérine de Hopps- SEYLER (Voir Hématie).
ArRHENIUS et Mapsex ont étudié de la même facon l’action de la tétanolysine.
Un premier tableau montre l'influence de : con LC de la toxine. Exposition
de 4 heure à 37. Concentration en globules : 2,5 p. 100.
Concentration de la toxine C.. . . 0.91 0.74 0.57 0.48 0.43 0.38
Dégré del'hémolyse HEC RSS 25 L4 | 6 3.
Valeur du rapport de VE re CONTURE 7.4 6.8 6.6 5.5 5.1 4.9
Un deuxième tableau est relatif à une expérience dans laquelle la concentration de la lysine est constante, tandis que la teneur globulaire varie de 0.1 à 10.
Concentration globulaire. 0.1 0.2 0.3 0.5 0.8 152002 3 4. 6108 10 Degrésde Fhémolgse. 4025 SAS ES ETS 19 18 TC US EM a:
(L’astérisque indique une hémolyse totale.)
La valeur du coefficient de réaction k croît pendant la marche du phénomène. Voïci des chiffres relatifs à une expérience faite à 20°.
RS M re 1e A2: PA RENE GE RS 7 p. 100 18 p. 100 35 p. 100 Re NE 0,0063 0,00899 0,01036
Cependant Mapsen et HENDERSON Suirx ayant déterminé en combien de temps des concentrations différentes de toxine produisent le même degré d'hémolyse, trouvèrent qu’à défaut de constance du produit gt (voir hémolyse par les alcalis), on observe la constance du produit (g — 0.25) t, ce qui s'explique, dans leur hypothèse, par la combinaison (avec neutralisation) d’une partie (20 p. 100) de la tétanolysine avec le globule. L'expérience fut faite à 37° avec des globules de cheval.
Û .35 Fe 0.25