‹ Dictionnaire de physiologieChapitre 64 sur 81 · III, — PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

III, — PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE

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Historique et délimination du sujet. — Avant de nous engager dans la description des accidents hystériques et dans l’étude de leur pathogénie, il nous faut indiquer, sans prétendre à un historique complet de la question, quelle à été la signification de ce mot « hystérie » dans le cours des siècles, et comment il a fini par dénommer une série de troubles de plus en plus étendus.

Dans les livres hippocratiques sont décrites d’une façon sommaire les crises convulsives qui surviennent chez la femme. Leurs causes, c’est une ascension dela matrice vers le foie et aux hypochondres. Cette théorie a conduit au nom même de Ja maladie. Elle fut adoptée par CeLse, et, si GALIEN n’admet plus le déplacement de la matrice dans le ventre, il lui attribue toujours un rôle capital dans le développement des crises convulsives.

Cette pathogénie règne sans conteste pendant de longues années. En 1618, un médecin de Pont-à-Mousson, Ca. Lepots, est le premier à réagir contre cette opinion des

anciens. Il décrit l’hystérie de l’homme et des petites filles, ce qui démontre que cette affection ne dépend nullement de la matrice. Il rapproche l'hystérie de l’hypocondrie, et, suivant les théories du temps, attribue ces deux maladies à certaine perturbation des esprits animaux. |

Mais jusqu’à ce moment l’hystérie ne comprend toujours que les crises convulsives, et, si la connaissance en est plus complète, si la pathogénie en est mieux connue, on reste pourtant toujours dans les limites de la description des anciens auteurs. Avec SYDENHAM, SOUS cemême mot vient se ranger toute une série de manifestations nerveuses; l'hystérie prend une extension inattendue, et l’on peut dire que le grand médecin anglais a ouvert la voie à toutes les recherches modernes.

« L'affection hystérique n’est pas seulement très fréquente, écrit Synenxan, elle se montre encore sous une infinité de formes diverses et elle imite presque toutes les maladies qui arrivent au genre humain. » En dehors de la crise hystérique convulsive, ou suffocation de matrice, il décrit en effet les apoplexies, les troubles cardiaques ou pulmonaires, les désordres digestifs, les douleurs hystériques, etc. « Je n’en finirais point, dit-il encore, si j’entreprenais de rapporter ici tous les symptômes de l'affection hystérique, tant ils sont différents et même contraires les uns aux autres. Cette maladie est un protée qui prend une infinité de formes différentes ; c’est un caméléon qui varie sans cesse ses couleurs. » Comme Cu. Lepois, il n’attribue à l’utérus aucun rôle dans l'apparition de ces accidents. « Ils relèvent surtout des agitations de l’âme produites subitement par la colère, le chagrin, la crainte, ou par quelque autre passion se mblable. » (Sypenxau, Dissertation sur l'affection Ste ]

L'étude de Sypenuau ne fut pas développée par ses successeurs, et au xvrri° siècle on ne peut guère ciler que SAUVAGE et PomME qui aient dans une certaine mesure contribué à étendre nos connaissances des manifestations hystériques.

La description de l’hystérie n’est abordée dans toute son ampleur pi dans l’ouvrage de BRIQUET paru en 1859.

Il a éludié avec soin un grand nombre d’hystériques dans son service à la Charité et a méthodiquement classé tous les accidents. Son ambition était « d’avoir vu tout ce qui peut se. passer dans cette maladie ». Cette description fut encore complétée sur certains points par LAsèGuE, par BoucaurT. CHarcor et ses'élèves ont enfin, dans des travaux nombreux, que nous retrouverons au cours de cette étude, étendu nos connaissances. Les derniers travaux parus, de BerNueIM, de DÉJERINE, de Baginski, elc., sont surtout consacrés à la définition de l’hystérie, et à la détermination des meilleurs procédés thérapeutiques à mettre en œuvre. |

Dans ce travail, nous passerons en revue tous les accidents que les auteurs modernes

ont observés dans l'hystérie et rangés sous cette commune dénomination. Nous ne pou-

vons admettre l'opinion de BERNHEIM qui voudrait réduire l’hystérie aux crises convul-

sives. Mais dans notre description, nous essayerons surtout de meltre en évidence le

mécanisme psycho-physiologique des accidents de l’hystérie. Envisagée sous cet angle, l'étude de l’hystérie est des plus instructives et jette un jour nouveau sur les toitions inférieures et les fonctions latentes de l’activité psychique.

Nous passerons donc en revue ces diverses manifestations hystériques « en essayant

de reconnaître leur mécanisme psycho-physiologique.

Après avoir analysé toutes les données du problème, nous nous efforcerons, dans un chapitre de synthèse, de retrouver, cachée sous ces manifestations variées, la trame commune qui les relie et leur donne un caractère bien déterminé, permettant d'isoler Jhystérie au milieu des autres névroses et des autres formes de dégénérescence mentale. :

LES ANESTHÉSIES HYSTÉRIQUES.

Parmi les stigmates de l'hystérie, un des plus importants et des mieux étudiés est certainement l’anesthésie de la peau, des muqueuses ou des organes des sens. Ce signe si caractéristique n'avait pourtant pas frappé les premiers écrivains dont nous avons parlé. Seuls les délégués du Parlement, qui jusqu’au xvu® siècle recherchaient sur les sorcières la marque du diable, c’est-à-dire un point de là peau où la piqûre de l'aiguille ne fût pas sentie, observaient sans le savoir un genre d’anesthésie hystériques

Jusqu'à une époque très récente, et nous en dirons tout à l’heure la raison, les médecins n'avaient pas constaté l’existence de ce symptôme considérable chez les hystériques. SYDENHAM est muet sur ce point, et le premier travail qui fasse mention de ce signe est une lettre de Genprin à l’Académie de Médecine de Paris (1846). « Dans tous. les cas d’hystérie, dit-il, sans exreption, depuis le début de la ma adie jusqu’à sa terminaison, il existe un élat d’insensibilité générale ou partielle. Au plus léger degré, l’anesthésie n’occupe que certaines régions de la peau; au plus haut degré, elle occupe toute la surface técumentaire et celle des membranes muqueuses accessibles à nos moyens d'investigation telles que la conjonclive, la pituitaire, la muqueuse bucco pharyngienne, celles du rectum, du canal de l’urèthre, de la vessie, du vagin. Il n’est pas très: rare que l’anesthé«ie existe dans les organes des sens et qu’elle s’étende dans les parties profoudes. Certains malades perdent jusqu’à la conscience de la position de leurs: membres et des actes de la locomotion. »

En 1859, Briquer donne une description déjà précise de l’anesthésie hystérique. Il l'avait rencontrée dans 85 p. 100 de cas. Sur les 240 cas d’anesthésie hystérique, il relève 143 fois l’existence d’une anesthésie en îlot, 93 fois d’une hémianesthésie, 4 fois: d’une anesthésie lotale. |

A partir de 1872, Carcor, dans ses études sur l’hystérie et dans les travaux de ses. élèves, étudie les caractères cliniques des anesthésies hystériques et en donne une description systématique qui n’a pas été dépassée. À partir. de ce moment, les travaux publiés sur cette question ont surtout servi à expliquer la nature de ces anesthésies. curieuses et paradoxales sur plus d’un point. BERNAEIM le premier, en 4886, dans une communication à l'Association pour l'avancement des sciences réunie à Nancy, exprime nettement l’idée que l’anesthésie hystérique « est un phénomène purement p-ychique ». Cette idée est soutenue également par Moegius en 1888 dans son travail sur la conception de l’hystérie: Ueber den Begriff der Hysterie. En 1889, P1eRRE JANET développe cette idée et fait une étude très serrée des caractères psychologiques de ces anesthésies. DÉJERINE, BaBiNski soutiennent cette facon de voir actuellement adoptée d'une façon générale. Dans les pages qui vont suivre, nous indiquerons très rapidement ces caractères cliniques de l’anesthésie hystérique, tels qu’ils ont été établis par CHarcor et ses élèves. Puis nous exposerons avec plus de détails les travaux de BERNHEIM, de JANET, de Bainsxi et de tous les auteurs qui ont essayé de pénétrer le mécanisme de l’anesthésie hystérique; les recherches expérimentales à cet égard nous permettent d'arriver à une conception nette de ce stigmate qui relève, comme les autres accidents hystériques, d’un trouble psychique primitif.

Description de l’anesthésie hystérique. — L’anesthésie cutanéehystérique peut être totale ou partielle, c’est-à-dire porter sur tous les modes de sensibilité ou. seulement sur certaines sensalions : c’est ainsi qu'il peut y avoir perte des sensations douloureusés avec conservation des sensations tactiles, perte de toutes les sensibilités avec conservation de la sensibilité à l'électricité (Ca. Ricuzr), etc. Il peut aussi s’agir soit d’une anesthésie tolale, soit d’une anesthésie incomplète.

Mais un des caractères plus nets de l’anesthésie hystérique, c’est sa répartition. L’anesthésie peut être étendue sur toute la surface cutanée, ce qui est rare; BRIQUET, nous l’avons déjà dit, ne l’a constatée que 4 fois sur 240 malades. Plus souvent elle est: hémilatéiale, occupant toute une moitié de corps, et plutôt la moitié gauche du corps que la moitié droite. Cette hémianesthésie s'accompagne souvent, nous le verrons, d’une anesthésie des sens du même côté; elle est dite sensitivo-sensorielle. Entin elle:

est également accentuée dans toute la moitié du corps anesthésiée et s’arrêle nette-

ment sur la ligne médiane. À

Parfois l’anesthésie DÉCUPR AN membre ou un segment de membre, le bras jusqu’ à l’épaule, la jambe jusqu’au genou, etc. Caarcor a fait remarquer que l’anesthésie n’obéit nullement alors à la distribution anatomique des nerfs sensitifs qui innervent la région

considérée. L’anesthésie est disposée en seuments géométriques que délimitent des.

lignes circulaires, suivant un pl:n perpendiculaire au grand axe du membre.

Enfin dans certains cas l’anesthésie est disséminée et très irrégulièrement répartie :

sa distribution ne paraît obéir à aucune règle. Toutefois ces plaques d'auesthésie:

eutanée apparaissent parfois au niveau d’un organe malade, on les trouve sur la peau

de l'abdomen “hez les hystériques Ayspeptiques, ou encore tout autour de l'articulation dans les arthropathies hystériques.

Ces îlots anesthésiques n’ont qu'une existence transitoire et sont variables d’un jour à l’autre, Les hémianesthésies et les anesthésies en segment sout au contraire remarquables par leur persistance.

Les réflexes cutanés sont diminués parfois du côté anesthésié, mais ils ne sont pas supprinés. Même au niveau des zones insensibles, on peut provoquer les réflexes purillaires sensitifs; quand on excite fortem nt une partie anesthésique de la peau, la pupille se dilate, comme elle le fait lorsqu'on ex'ite douloureusement un organe sensilit quelconque, et pourtant la malade ne sent rien.

La temperalure cutanée n’est ‘as modifiée dans l'étendue des régions insénsibles, mais dans l’hémianesthésie ilexiste pourtant une ischéinie parfois assez nette de tout le côté insensible. On sait depuis longtemps que les piqûres de la peau dans toute cette étendue ne saignent pas. PiTRES à observé que les vaisseaux de la peau violemment excités se contractent et arrêtent l’h morragié; on voit en effet une aréole pâle se former au niveau de la piqûre qui persiste et s’accentue quand lépingle a été enlevée. Mais l’anesthésie ne tient pas à cette vaso-constriclion énergique ; l'application d’un sinapisme sur la peau provoque une vaso-dilatation très vive, les piqûres saignent abondamment, et pourtant l’anesthésie persiste.

Comme l'avait indiqué GExpriN, l’anesthésie peut s'étendre aux muqueuses et aux organes des sens. La perte de la sensibilité est. très souvent liée dans ce cas à l’anesthésie cutanée ; l’œil, les muquenses buccale et nasale deviennent insens b'es du côté où siège l’anesthésie de la peau : ainsi est constituée l’ane-thésie snsilivo-<ensorielle dévrile par CHarcoT. Mais ce n’est pas une règle absolue et l’anesthésie des muqueuses et des organes des sens peut exister seule.

| Ou a noté aussi l’anesthésie de la muqueuse bu'cale avec disparition du goût, et celle de la muqueuse nasale avéc disparition de l’olorat. BRIQUET avait noté aussi la disparition de la seusibilité dès muqueuses anale ou vaginale. L’anesthésie géuitale, d’après Briquer, est assez fréquente et peut expliquer la frisidité de bon nombre de ces malades.

On a longtemps altribué à l’anesthésie de l’épiglotte et du pharynx, le contact ne provoquant plus de nausées, la valeur d’un stigmate hystérique à la suite des travaux de CHarRoN (Études sur l’hystérie, 1860). Mais ce symptôme est souvent absent, puisque, d’après THaoN, on ne le trouve que chez un sixième des hystériques. On: le rencontre aussi chez des individus normaux (Taaon. Hystérie du larynæ. Annales es maladies de l'oreille, vu, 1881, 30 à #1).

L'anesthésie oculaire est unilatérale en général, et elle existe du même côté que l’anesthésie cutanée. CHarcoT en a fail une élud ‘es plus complètes.

La conjonciive peut devenir anesthésique au contact, et, comme nous l'avons signalé à propos de la perte de la sensibilité de la peau, ies réflexes sont malgré tont conservés, tel le réflexe lacrymal. On ne voit disparaître que les artes réfl:xes qui sont soumis dans une certaine mesure à l’action de la volonté, comme le réflexe palpébral.

L’anesthésie rélinienne se manifeste à La fois par une modification dans le champ visuel et par des tro bles dins la perteption des couleurs. Le champ visuel est concentriquement rétréci, ce qui est un cara tère spécial à l'hystérie, et ce rétrécissement est le plus souvent bilatéral.

Le rétrécissement porte aussi sur les couleurs. La perception des couleurs disparaît dans un ordre qui est toujours le même : violet, vert, bleu, rouge, le rouge étant la derniere couleur nettement perçue.

Enfin l’amaurose peut levenir complète : le malade x perdu toute sensation visuelle

du côté de l'œil atteint. L’amanrose bilatérale est plus rare; elle est temporaire et ne dure pas longtemps, quelqu:s heures à quelque jou s tout au plus, - Nous en aurons fini avec l’exposé de ce: troub'es de la sensibilité, lorsque. nous aurous signale la perte du sens musculaire. Le malide n'a plus aucune notion de la position de ses membres. Le sens stéréognostiqu:, c’est-1-dire la possibilité de sentir les formes des objets touchés et saisis, peut également être aboli.

Il semble enfin que l’anesthésie puisse atteiludre dans une certaine mesure les vis-

cères organiques. PITRES a noté que l’anesthésie épigastrique est fréquente; une pres:

sion, même forte, au niveau du plexus solaire, ne réveille plus aucune douleur. Nous,

rappellerons aussi que la syncope consécutive à un choc sur l’abdomen peut faire défaut chez de grands hystériques ; ainsi les convulsionnaires de Saint-Médard se fai-

saient administrer les grands secours, c’est-à-dire de violents coups sur le ventre, et l’innocuité de ces traumatismes ne paraît devoir s'expliquer que par une sorte d’anes-

thésie viscérale.

Différences entre l’anesthésie organique et l’anesthésie hystérique. — Ces anesthésies hystériques se différencient profondément des anesthésies observées au cours des affections organiques du système nerveux.

Pour ce qui est des anesthésies hystériques disséminées ou segmentaires, elles ont pour caractère leur distribution même : elles ne correspondent en effet à aucun trajet nerveux périphérique, à aucune distribution radiculaire. :

Seule l’hémianesthésie rappelle la distribution des anesthésies organiques, mais elle diffère profondément de l’anesthésie de cause cérébrale par une série de signes sur lesquels DÉJERINE à eu le mérite d'attirer l'attention.

« Dans l’hystérie et dans l’hystéro-traumatisme, dit-il, les troubles de la sensibilité acquièrent souvent une intensité que, pour ma part, je n’ai jamais constatée à un pareil degré dans l’hémianesthésie de cause cérébrale. L’hémianesthésie hystérique peut être

en effet totale, absolue, le sujet ayant perdu toute espèce de sensibilité du côté anes-

thésié. Dans l’hémianesthésie organique, on ne constate pas une perte complète, totale, absolue dela sensibilité. Cette dernière peut être, surtout au début, extrêmement diminuée dans la moitié correspondante du corps, peau et muqueuse, mais elle n’est jamais abolie d’une manière complète. Dans l’hémianesthésie de cause cérébrale, on observe d'ordinaire une sorte de parallélisme entre l’état de la motilité et celui de la sensibilité : c’est ainsi que le membre le plus paralysé est en même temps le plus anesthésié. En d’autres termes, dans l’hémiplégie par lésion cérébrale compliquée d’hémianesthésie, les troubles de la sensibilité sont plus marqués au membre supérieur qu'au membre inférieur, au tronc et à la face et au niveau de cette extrémité supérieure, ils sont d'autant plus accusés, que l’on examine des régions plus éloignées de la racine du membre; la main, par exemple, est plus anesthésiée que l’avant-bras, ce dernier plus insensible que le bras, etc. Cette distribution de l’anesthésie et la décroissance de son intensité à mesure que l’on remonte vers la racine des membres (particularité sur laquelle on n'avait pas attiré l’attention jusqu'ici) me paraissent appartenir en propre à l’hémianesthésie de cause cérébrale. Je ne les ai jamais observées dans l’hystérie. » (Traité.de pathologie générale de Boucaann, v, 980.)

Nous avons signalé plus haut que l’hémianesthésie hystérique coïncidait souvent avec une diminution de la sensibilité. des organes des sens (ouïe, goût, odorat), et un rétrécissement du champ visuel du même côté. Mais, d’après DÉJERINE, dans l'hémianesthésie organique, que celle-ci relève d’une lésion corticale, sous-cutanée ou capsulaire, le rétrécissement du champ visuel n’existe pas, et lorsque les centres sont atteints, leur sensibilité est diminuée également du côté anesthésié et de l’autre.

La lésion qui provoque l’hémianesthésie peut siéger dans l'écorce corticale ou dans la profondeur.

Pour cequiest de l’'hémianesthésie corticale, elle n’intéresse jamais les sens spéciaux. Les zones centrales des sens spéciaux sont en effet trop éloignées l’une de l’autre et trop éloignées de la zone rolandique.

Une lésion corticale s'étendant jusqu'au pli courbe et sectionnant la couche sagittale à ce niveau provoque seule, en même temps qu'une hémianesthésie, des troubles de la vision, mais il s’agit alors d’une hémianopie homonyme latérale.

. Pour ce qui est des lésions siégeant dans le voisinage du segment postérieur de la capsule interne, elles ne provoquent pas davantage une hémianesthésie sensitivo-sensorielle. Comme DÉJERINE l’a établi, il faut qu’une lésion siégeant en ce point atteigne la couche optique en détruisant les fibres terminales du ruban de Reïz ou les fibres du neurone thalamo-cortical pour qu’il apparaisse une anesthésie plus ou moins accentuée. Mais jamais dans ces conditions il n’existe de troubles sensoriels. Pour que ces sens spéciaux soient atteints, il faut que leslésions s'étendentbeaucoup plus loin :ilfaut, par

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exemple, que la lésion détruisant le segment rétro-lenticulaire et la capsule interne,

sectionne en même temps le faisceau visuel à ce niveau; ce qui détermine d’ailleurs une hémianopie homonyme latérale et non un rétrécissement du champ visuel,

Pour que l'audition soit atteinte, il faudrait que le neurone auditif venw de la première circonvolution temporale fût détruit dans une lésion du segment sous-lenticulaire de la capsule interne. Enfin l’olfaction ne serait atteinte que si la lésion touchait le milieu postérieur du trigone. Mais tous ces troubles de l'audition et de l’olfaction sont unilatéraux, et ils sont également passagers; les centres sensoriels étant bilatéraux et réunis entre eux par de nombreux faisceaux, la suppléance ne saurait tarder à s'établir.

Somme toute, dans aucun cas, une lésion organique ne peut réaliser le type de l’anesthésie sensitivo-sensorielle qui reste bien un groupement de symptômes de nature exclusivement hystérique.

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