Poire AURATE
Synonymes. — Poires : 1. MuscATTE DE NANCY (le Lectler, Catalogue des arbres cultivés dans son verger et plant, 1628, p. 8). — 2. Muscat de NaNCI (Bosc, Nouveau cours complet d'agriculture théorique et pratique, t. X, p. 238). — 3. Petit-Muscat ROUGE, d'Été (Diel, cité par Jahn, dans le Manuel illustré de pomologie [Illuslrirtes Handbuch der Obsfkunde], 1860, t. II, p. 185).
Descriptioii de l'arbre. — Bois : faible. — Hameaux: peu nombreux, érigés, courts, nourris, flexueux, brun olivâtre, lavés de rouge clair du côté du soleil, fortement ponctués de gris, et ayant les coussinets assez marqués. — Yeux: ovoïdes, pointus, volumineux, non adhérents. — Feuilles : ovales ou arrondies, à bords unis ou très- légèrement crénelés , portées sur un pétiole long et grêle.
Fertu^ité. — Grande.
Culture. — Le franc doit lui être donné de préférence au cognassier ; il y est plus vigoureux que sur ce dernier sujet, et s'y développe beaucoup mieux en pyramide, mais il y fructifie moins vite, moins abondamment.
Description du fruit. — Grosseur :
petite. — Forme : turbinée, ventrue, obtuse, régulière. — Pédoncule : assez long , menu , droit, souvent renflé au point d'attache, obliquement inséré dans un étroit évasement que surmonte un faible mamelon. — Œil : petit, ouvert, peu développé, presque saillant. — Peau : jaune d'or, ponctuée de fauve, striée de brun-rouge dans la cavité ombilicale, et colorée de rose vif du côté du soleil. — Chair : blanche, demi-fme, demi-fondante, juteuse, légèrement
AUR m
pierreuse. — Fau : des plus abondantes, sucrée, acidulé^ vineuse, délicatement musquée.
Maturité. — De la moitié à la fm d'août.
Qualité. — Première, pour la saison.
Historique. — Dans l'édition originale de sa Maison rustique, Louis Liger, au chapitre Poirier, observa en 1700 que la variété appelée Aurate « commençait « alors à se faire connaître; » mais il ne songea pas à indiquer l'origine de ce fruit. Notre ignorance à cet égard serait donc complète, si Bosc, l'un des rédacteurs du Nouveau cours d'agriculture qui parut en 1809^ n'eût dit page 238 du tome X de cet ouvrage, que la poire Muscat de Nancy était la même que la poire Aurate. Or, le Muscat de Nancy remonte au commencement du xvii" siècle, et fut cité pour la première fois par le Lectier, page 8 du Catalogue de son verger et plant, imprimé au cours de 1628. D'où il suit que cette poire porta d'abord le nom Muscat de Nancy, qui révélait sa provenance, et prit ensuite celui d' Aurate, caractérisant parfaitement la couleur de sa peau {aurata: dorée). Ainsi donc, l'Aurate nous est venue delà capitale de l'ancien duché de Lorraine , et nous la cultivons depuis environ deux cent soixante-six ans. — Les Allemands, chez lesquels elle est fort répandue, notamment dans les vallées du Rhin, dans les plaines de Coblentz, de Mayence, etc., la mangent sous le nom de Petit-Muscat rouge, d'Été ; et ce fut le pomologue Diel qui l'en gratifia, ne voulant pas germaniser, paraît-il, notre mot Aurate. (Voir Jahn, lllustrirtes Handbuch der Obsfkunde, 1860, t. II, p. 185.)
Obsei'Tationg. — Duhamel, décrivant l'Aurate en 1768^ a dit : « Elle mûrit « presqu'aussitôt que le Petit-Muscat ; elle a l'avantage d'être plus grosse, mais elle « lui est ordinairement inférieure en bonté. » [Traité des arbres fruitiers, t. II, p. 123.) Cette double appréciation n'est pas exacte, puisque l'Aurate se mange un mois après le Petit-Muscat ou Sept-en-Gueule, et qu'elle l'emporte de beaucoup, sous tous les rapports, sur ce fruit microscopique. Notons cependant qu'un auteur allemand, Henri Manger, a prétendu en 1783 qu'il existait deux variétés d' Aurate, l'une mûrissant en juillet, l'autre en août [Systematische Pomologie, t. II, p. 125); mais notons-le en affirmant qu'il s'est trompé , et que nul pomologue, depuis lui , n'a reproduit cette opinion.