‹ Dictionnaire de pomologie (volume 2)Chapitre 445 sur 486 · Poire COLMAR D'ARENBERG · texte numérisé non relu

Poire COLMAR D'ARENBERG

Premier Type.

Synonymes. —

Poires : 1 . Kartof- FEL (Van Mons, Catalogue de sa pépinière de Loumm, 1823, n" 224).

— 2. Ardente de Printemps (Prévost, Cahiers pomologiques, 1839, p. 88). — 3. Pomme DE Terre (Alexandre Bivort, Album depomologie, 1 847, t. I. n» 74). — 4 . Fondante de Jaffard (A. du Breuil, Cours d'arboriculture, 1834, t. II, p. S69-III).

— 5. D'Arenberg (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum , 18S9 , t. II).

Description de l'arbre. —

Bois : très -fort.

— Rameaux : peu nombreux, généralement érigés, courts, des plus gros et des plus géniculés, d'un beau jaune brunâtre, ayant les lenticelles petites, rapprochées, les

COL [COLMAR are]

coussinets saillants et les méri thalles excessivement courts. — Yeux : très- volumineux, ovoïdes, pointus, légèrement écartés du bois. — Feuilles : grandes, de forme ovale-allongée, profondément dentées en scie , portées sur un pétiole long et des plus gros.

Poire Colmar d'Arenberg. — Deuxième Type. Fertilité. — Re-

marquable.

Culture. — Ce poirier, dont le développement n'a rien d'exceptionnel , peut se greffer soit sur le franc, soit sur le cognassier ; il fait dès sa deuxième année de fortes pyramides qui sont généralement peu ramifiées.

Description du fruit. — Grosseur :

énorme, et quelquefois moins considérable. — Forme :

inconstante , variant entre l'oblongue cylindrique excessivement gibbeuse et la turbinée faiblement obtuse et quelque peu bosselée , surtout vers le sommet. — Pédoncule : très-court, mince, plus ou moins recourbé , oblique ment ou perpendiculairement inséré dans une assez vaste cavité en entonnoir et dont les bords sont toujours inégaux. — Œil : grand , fermé , entouré de plis bien marqués , placé dans un bassin souvent très-profond. — Peau : peu épaisse, jaune d'ocre du côté de l'ombre, gris-roux du côté du soleil, ponctuée et tachetée de brun clair. — Chair : blanchâtre, demi-fine et demi -fondante, légèrement granuleuse autour des loges. ~ Eau : suffisante, assez sucrée, faiblement aromatique, parfois entachée d'une âpreté prononcée.

Maturité. — De la mi-octobre jusqu'à la fin de novembre et pouvant même, accidentellement , atteindre le mois de décembre.

Qualité. — Deuxième.

Historique. — Van Mons est l'obtenteur de cette énorme poire, qu'il dut gagner à Louvain, vers 1821. On la crut d'abord d'origine allemande, en raison de la fantaisie qui poussa le célèbre semeur à l'appeler Kartoffel (poire Pomme de Terre) , nom sous lequel on la voit inscrite en regard du n" 224, dans le Catalogue

COL [COLMAR ARl'l 577

qu'il dressa en 1823. Mais depuis lors, les pomologues allemands ayant euxmêmes attribué ce gain à Van Mons , on n'a plus songé à le lui contester. Par un hasard étrange, la Kartoffel se répandit chez nous avant d'être cultivée dans les jardins belges, et ce fut précisément son importateur qui lui donna en 1837^ la croyant innommée, le nom qu'elle porte encore aujourd'hui, non-seulement en France, mais même en Belgique : Colmar d'Arenberg. Voici du reste comment un pomologue belge fort accrédité, M. Laurent de Bavay, établit ces faits en 1855 :

« M. Camuzet — écrivait-il — chef des pépinières du Jardin des Plantes de Paris, fut frappé de la beauté de ce fruit en visitant le domaine d'Hervelé (en 1836), appartenant au duc d'Arenberg, et situé en Belgique. Une botte de greffes en fut promise à M. Camuzet, et quand il la reçut il s'empressa de la partager avec ses amis, en qualifiant cette poire de Calmar d'Arenberg, nom qui lui rappelait le propriétaire du jardin où pour la première fois il l'avait remarquée... Aussi ce fruit était déjà très-répandu en France quand il n'était encore connu, en Belgique, qu'au château d'Hervelé, où Van Mons envoyait, de temps à autre, quelques greffes de ses meilleurs produits. C'est ainsi que les Catalogues français ont pu annoncer cette poire, d'origine belge, à une époque où elle était à peine connue chez nous. C'est vers 1838 ou 1839 qu'ils l'ont mentionnée pour la première fois; elle s'est propagée ensuite avec une incroyable rapidité : il n'a' fallu à cette variété que deux ans pour se répandre par toute l'Europe, et

même en Amérique Van Mons lui avait d'abord donné le nom de Kartoffel. [Annales de

pomologie belge et étrangère, t. III, pp. 3 et 4.)

Observations. — Ce fruit est un de ceux qu'il importe le plus de ne pas toucher, quand on l'a déposé au fruitier, car la moindre pression le fait noircir et hâte rapidement sa décomposition. Si l'on a besoin de le déplacer, il faut alors le prendre par le pédoncule. — Sa grosseur est souvent si considérable, qu'à l'exposition horticole de Chartres (1862), notamment, on présenta au jury un Colmar d'Arenberg dont le poids s'élevait à 690 grammes! (Voir Revue horticole, année 1862, p. 403.)

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