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DescpiptioM dii fiaiit. — Grosses : des plus volumineuses. — Forme : affectant généralement celle d'un coing-, et presque toujours allongée, pentagone ou fortement bosselée. — Pédoncule : de longueur moyenne, droit, gros, régulièrement implanté dans un vaste évasement bordé d'énormes renflements. — OEil : très-grand, très-ouvert, très-développé, placé au fond d'un large bassin qu'entourent des cannelures extrêmement prononcées. — Peau : jaune obscur, ponctuée, striée, marbrée de fauve, et montrant parfois quelques taches brunâtres. — Chair : blanc mat, mi-fondante, juteuse, non pierreuse. — Bau : excessivement abondante, sucrée, douceâtre, manquant habituellement de parfum.
Maturité. — Allant de la fm de novembre au commencement de février.
Qualité. — Deuxième , comme fruit à couteau ; première , comme fruit à compote.
Historiciue. — Cinq poiriers ont reçu fautivement ou frauduleusement, jusqu'ici, le nom de Poirier d'Amour, au préjudice de la variété dont on vient de lire la description, et qui seule a droit de le porter. Le' Catalogue des arbres cultivés dans le verger et plant de le Lectier, en 1628, parle d'une poire de Hongrie « grosse » comme un melon sucrin, et se mangeant en janvier et février. » Cet énorme fruit — que nul auteur n'a mentionné depuis — ne saurait être confondu avec la petite poire Chat brûlé, mûrissant en octobre, et comptant parmi ses synonymes ce même nom de poire de Hongrie. Quel est-il donc?... Serait-ce l'énorme poire d'Amour ou Trésor?... A cela, rien d'impossible... On a dit, nous le savons, cette dernière synonyme de Bon-Chrétien d'Auch. Mais outre que ces deux poiriers sont parfaitement distincts les uns des autres, ainsi que leurs produits, on les trouve encore, de 1675 à 1852, décrits comme espèces non identiques par Merlet, la Quintinye, Duhamel, Noisette, Poiteau, Couverchel. En dehors de notre propre opinion, de notre propre examen, nous avons alors pour appui l'autorité de ces pomologues. Constatons-le, et couvrons-nous-en. Seulement, il reste entendu que nous n'émettons qu'une simple supposition à l'égard de la poire de Hongrie cultivée par le Lectier ; car il est difficile, on le conçoit, de se prononcer en pareil cas sans autres points de comparaison que l'époque de maturité, que la grosseur d'un fruit. Si cependant notre supposition devait plus tard se changer en certitude, le premier nom qu'aurait, chez nous, porté cette poire, indiquerait qu'elle fut tirée de la Hongrie. Quant à ceux sous lesquels Merlet l'enregistra, on devine les motifs qui les lui valurent. Un tel fruit, à une époque où l'on n'en possédait qu'un choix très-limité, put en effet recevoir à bon droit les noms d'Amour, de Trésor. Et ne blâmons pas nos pères de les leur avoir octroyés, lorsque journellement nous en voyons appliquer de plus louangeurs encore, à nombre de fort mauvais gains. — Mais un troisième baptême était réservé à cette même poire. Elle le subit en 1828. Toutefois , Louis Noisette , pépiniériste expert et consciencieux , ne l'ayant pas jugé nécessaire, s'inscrivit en ces termes contre la fausse variété qu'on essayait de propager :
« M. Alfroy, pépiniériste à Lieusaint, a présenté, il y a quatre ans, la poire d'Amour ou Trésor, comme un fruit nouveau, sous le nom de poire d'Horticulture, quoique MM. Poiteavi et Turpin l'eussent figurée, il y a plus de vingt ans, dans leur Traité des arbres fruitiers, sous son véritable nom. » (Le Jardin fruitier, édit. de 1839, P'' partie, p. 164.)
Observations. — En 1860, M. Charles Baltet, horticulteur à Troyes, disait à la page 617 de la Revue horticole publiée par M. Barrai, « qu'on rencontrait souvent « aux expositions la poire d'Amour ou Trésor, sous la dénomination de Bon-Chrétien