Pomme REINETTE DE CUZY
Synonymes. — Pommes : 1. Reinette d'Angleterre [de la Côte-d'Or] (Congrès pomologique, Pomologie de la France, 1867, t. IV, n° 20). — 2. Reinette carrée (Id. ibid.). — 3. Reinette carrée de Montbart [des environs d'Auxonne] (Id. ibid.). — 4. Reinette a Cotes [de l'Allier] [Id. ibid.).
Pomme Reinette de Cuzy. — Premier Type. Description
«le l'arbre. —
Bois : très-fort. — Rameaux : nombreux, étalés à la base , érigés au sommet , gros et longs, légèrement coudés et cotonneux , d'un beau vert olivâtre amplement lavé de gris cendré. — Lenticelles : arrondies, grandes et clairsemées. — Coussinets : peu prononcés.— Yeux: assez gros, très-larges, obtus, écrasés et complètement plaqués sur le bois, à écailles disjointes et plus ou moins duveteuses. — Feuilles : abondantes, ' grandes, épaisses, ovales arrondies , vert clair en dessus, d'un blanc jaunâtre en dessous , longuement acuminées , à bords relevés puis largement dentés et surdentés. — Pétiole :
court, très-gros, rougeâtre au point d'attache , à cannelure large mais peu profonde. — Stipules : excessivement développées.
Fertilité. — Satisfai santé.
Culture. — Greffé ras terre, pour plein-vent, il devient un arbre de toute beauté. Les formes buisson , cordon , espalier, lui sont également assez profitables,
Deuxième Type.
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niais il faut alors l'écussonner sur paradis, afin d'amoindrir sa végétation et d'augmenter sa fertilité.
Description du iruit. — Grosseur : au-dessus de la moyenne et quelquefois moins considérable. — Forme : conique assez allongée ou conique -arrondie, sensiblement pentagone, aplatie à la base et presque toujours plus volumineuse d'un côté que de l'autre. — Pédoncule : court ou très-court, bien nourri, souvent arqué, obliquement implanté dans un bassin vaste et profond. — Œil : grand ou moyen , ouvert ou mi-clos , à cavité prononcée , un peu irrégulière et bossuée sur les bords. — Peau : assez lisse, brillante, jaune intense, lavée de rouge-brique à l'insolation, tacbée de fauve dans le bassin pédonculaire , ponctuée de gris et parfois faiblement striée de brun roussâtre. — Chair : jaunâtre, fine, compacte, tendre. — Eau : abondante, bien sucrée, très - savoureusement acidulée puis parfumée.
Maturité. — Janvier-Mai.
Qualité. — Première.
Historique. — La Reinette de Cuzy, plusieurs fois séculaire et l'une des meilleures pommes connues, porte le nom de la commune d'où dépend son lieu natal. Très -longtemps localisée dans ce canton, faisant aujourd'hui partie du département de Saône-et-Loire, elle y resta, malgré tout son mérite, ignorée des anciens pomologues, qui cependant (le Lectier, 1628) mentionnèrent une Reinette de Mascon — je la décris plus loin — bien inférieure à celle de Cuzy, quoiqu' appartenant à la même province. Mais si l'amour-propre de la Reinette de Cuzy put souffrir de cette longue indifférence , actuellement sa blessure doit être cicatrisée , car le monde horticole a vu ces dernières années (1863-1865) de chaleureux débats s'engager à propos de ce fruit. Deux Sociétés d'Horticulture — l'Autunoise et la Dijonnoise — ayant réclamé, chacune pour son département, le droit, l'honneur de l'inscrire parmi leurs variétés indigènes, de là surgit un véritable procès avec enquêtes, mémoires, dits et contredits; ce qui contribua plus à la propagation de cette exquise Reinette , que n'eussent fait les descriptions de tous les pomologues modernes. Ainsi chez moi, dont les pépinières renferment maintenant de nombreux sujets de ce pommier, son nom même était inconnu voilà sept ans; et sans le débat qu'il a suscité, je l'aurais, probablement, toujours ignoré. Quant au tribunal qui jugea la cause, ce fut le Congrès pomologique, en 1867. Je trouve le texte de son arrêt dans le tome IY de ses publications , à l'article n° 20 , relatif audit fruit :
« La Reinette de Cuzy — y lit-on — est une variété très-ancienne , notoirement connue dans l'Autunois comme ayant pris naissance au hameau des Chapuis, commune de Cuzy, arrondissement d'Autun (Saône-et-Loire). Elle a pour synonymes : Reinette à Côtes, Reinette d'Angleterre, Reinette Carrée, Reinette Carrée de Montbard. »
Mais il ne saurait être sans intérêt de faire connaître les titres qu'invoqua, pour demeurer propriétaire de sa Reinette, la commune de Cuzy. Je vais donc les produire sommairement analysés, tels, enfin, qu'en 1867 me les soumit un avocat d'Autun, M. Dolivot, auquel cette pomme doit en partie sa présente célébrité :
« Monsieur André Leroy,
« L'étude consciencieuse à laquelle vous vous êtes livré sur l'origine des fruits dont vous publiez la monographie , m'encourage à soumettre à votre appréciation une question qui divise la Société Autunoise d'Horticulture et celle de la Côte-d'Or.
« L'arrondissement d'Autun a eu, de tout temps, la prétentiou d'avoir donné naissance
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à un fruit qui jouit dans les départements de Saône-et-Loire, la Nièvre et l'Allier, d'une réputation bien méritée et qui s'étend journellement. C'est la pomme Reinette de Cuzy, dont la commune qui lui a donné son nom a de mémoire d'homme été considérée comme le berceau.
« La Société Dijonnoise conteste à la fois l'origine de cette excellente variété et la dénomination qu'elle a toujours portée dans nos contrées Elle s'appuie sur ce que la Reinette
de Cuzy est la même variété que les pommes nommées : à Dijon, Reinette d'Angleterre; k Beaune, Reinette à Côtes; à Montbard, Reinette Carrée; à Rouen, Reinette de Rourgogne, et elle demande que cette dernière appellation soit substituée au nom Reinette de Cuzy.
« Dans une récente séance du Conseil d'Administration de notre Société, un membre a formellement affirmé avoir vu il y a quelques aunées , entre les mains du docteur Carion, savant botaniste autunois aujourd'hui décédé, un vieil ouvrage dans lequel la Reinette de Cuzy était nominativement signalée comme recherchée jadis pour l'approvisionnement de la
table des ducs de Rourgogne assertion que deux autres personnes ont confirmée
Malheureusement, aucun de ces Messieurs n'a pu se rappeler le titre de cet ouvrage
Vous, Monsieur, qui possédez tant d'anciennes Pomologies, tant de livres spéciaux sur l'arboriculture fruitière, ne pourriez-vous nous aider à trancher victorieusement l'incident soulevé par la Société Dijonnoise, laquelle, du reste, n'apporte aucune preuve à l'appui de sa dénégation?....
« Agréez, etc.
« Dolivot, avocat à Autun,
« Ancien vice-président de la Société Autunoise d'Horticulture, et Le 26 octobre 1867. »
Je l'ai dit au commencement de cet article, il ne m'a pas été possible de rencontrer chez nos anciens poruologues, la Reinetie de Cu/y; et telle fut ma réponse à M. Dolivot. J'ajoute ici, au point de vue purement historique, que dans le vieil ouvrage où l'on « affirme » avoir vu ce fruit « nominativement signalé comme a ayant paru sur la table des ducs de Bourgogne, » on a dû lire Pomme de Cuzy et non pas, Reinette. Et voici pourquoi : le dernier duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, mourut en 1477; or, nous prouvons ci-dessus (p. 614), au mot Reinette, que ce terme spécifique n'est guère antérieur à 1540. 11 me semble donc fort improbable qu'en Bourgogne on ait pu le connaître près d'un siècle avant cette date.
Observations. — Ne pas confondre la Reinette de Cuzy avec la Reinette Cusset, variété de second ordre, portant le nom de son obtenteur et récemment gagnée à Poleymieux (Rhône).
Pomme REINETTE DE DAMASON. — Synonyme de Reinette de Mâcon. Voir ce nom.
Pomme REINETTE DES DAMES. — Synonyme de Reinette dorée. Voir ce nom.