Pomme SUISSE PANACHÉE
Synonymes. — Pommes : 1. Cristatdm (Jean Bauhin, Historia plantarum universalis , 1613-1650, l. I, p. 21). — 2. Panachée (Id. ibid.). — 3. De Perroquet (dom Claude Saint-Étienne , Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, p. 215; — et Mayer, Pomona franconica, 1776, t. III, p. 82). — 4. Blanche suisse panachée (Nolin et Blavet, Essai sur l'agriculture, 1755, p. 233 ; — et Sickler, Teutscher Obstg&rtner, 1800 , t. XIII , p. 77 ). — 5. Bergamotte suisse (Mayer, Pomona franconica, 1776, t. III, p. 82). — 6. De Grue (Id. ibid.). — 7. Rayée de vert et de jaune [Id. ibid.). — 8. De Romarin panachée (Id. ibid.). — 9. De Rose panachée (Id. ibid.). — 10. De Zurich (Id. ibid.). — 11. Reinette Sickler (Van Mons, Catalogue descriptif de partie des arbres gui de 1798 à 1823 ont forme' sa collection, p. 21 , n° 1450). — 12. Culotte suisse (le Bon- Jardinier, 1823, p. 413). — 13. Suisse (Poiteau, Pomologie française, 1846, t. IV, n° 58). — 14. Rubanée (Alexandre Bivort, Album de pomologie, 1849, t. II, p. 129). — 15. Suisse Van Mons (Id. ibid. , p. 131 ). — 16. Reinette de Siékler ( d'Albret , Cours théorique et pratique de la taille des arbres fruitiers, 1851 , p. 333). — 17. De Suisse rouge (Id. ibid.). — 18. Sickler (Couverchel, Traité des fruits, 1852, p. 443)
Description de l'arbre. — Bois : très-fort. — Rameaux : nombreux, étalés et souvent arqués, longs, des plus gros, sensiblement coudés, bien duveteux, d'un brun-rouge violacé amplement lavé de gris blanchâtre et panaché ou rayé de jaune-orange. — Lenticelles : allongées, grandes et rapprochées. — Coussinets : larges et saillants. — Yeux : volumineux, ovoïdes, complètement plaqués sur le bois et couverts d'un épais duvet. — Feuilles : grandes ou moyennes, ovalesarrondies , assez longuement acuminées , planes pour la plupart et profondément dentées. — Pétiole : gros , long , tomenteux et carminé , à cannelure peu dévelop pée. — Stipules : larges , très-longues et souvent dentées.
Fertilité. — Abondante.
sur
Culture. — Excessivement vigoureux, ce pommier fait de superbes plein-vent, comme grosseur de tige, mais généralement leur tête est trop étalée, ce qui porte atteinte à la beauté de l'arbre. Il réussit admirablement sous toute espèce de formes naines, moyennant qu'on Fait greffé sur paradis, et non sur doucin.
Pomme Suisse panachée.
Description du fruit .
— Grosseur : moyenne et parfois un peu plus volumineuse. — Forme : globuleuse ou conique sensiblement arrondie, légèrement pentagone près du sommet.
— Pédoncule : de grosseur et longueur moyennes, renflé au point d'attache, arqué, inséré dans un large et profond bassin. — Œil :
moyen, clos ou mi-clos, duveteux , à cavité prononcée, irrégulière et dont les bords sont fortement ondulés ou bossues. — Peau:
unie, vert clair jaunâtre, panachée de blanc sur le
côté de l'ombre, fouettée de rose terne sur celui du soleil , puis finement et abondamment ponctuée de roux. — Chair : blanche , fine et mi-tendre. — Eau : abondante, sucrée, délicieusement acidulée et parfumée.
Maturité. — Décembre-Mars.
Qualité. — Première.
Historique. — Très-ancienne, la pomme Suisse panachée m'apparaît pour la première fois, en 1613, dans YHistoria plantarum universalis de Jean Bauhin, qui la nomme Cristatum, c'est-à-dire Panachée. Ce savant s'attacha surtout à l'étude des fruits répandus dans la Suisse et l'ancien comté de Montbéliard (Franche -Comté), et presque toujours en indiqua l'origine, ou du moins cita les localités dans lesquelles on les rencontrait. Ce qu'il a fait pour sa Cristatum , qui , assure-t-il, « lui fut envoyée de Helicuria (t. I, p. 21). » Malheureusement aucun Dictionnaire géographique ne parle de ce lieu, dont le vrai nom, latinisé par Bauhin, devient ainsi lettre morte, et ne peut nous prêter le secours historique dont nous avions besoin. Si je ne puis, toutefois, indiquer en quelle contrée se trouve Helicuria, je puis cependant, par l'intermédiaire du pomologue allemand Mayer, fournir quelques autres renseignements sur la provenance probable de la pomme Cristatum, ou Suisse panachée :
« Je ne la crois pas d'origine helvétique — écrivait Mayer en 1 776 — c'est en Bohême et dans les provinces adjacentes qu'elle se rencontre le plus abondamment; j'en ai tiré mes premières greffes d'Ollmùz, en Moravie. » (Pornona franconica, t. III, p. 82.)
Observations. — Les pomologues belges, notamment Alexandre Bivort (1849), ont cru à l'existence d'une pomme Suisse panachée, dont ils attribuaient le gain au fameux Yan Mons, leur compatriote. Ici, l'erreur est formelle, car j'ai maintes fois acheté en Belgique cette prétendue variété, sans jamais avoir reçu, même de