PAU — PEA
terre pour en obtenir de remarquables plein-vent à tête des plus régulières, des plus touffues. Les formes cordon et buisson, sur paradis, lui sont également trèsavantageuses.
Description dn fruit. — Grosseur : volumineuse. — Forme : conique-allongée, fortement côtelée et généralement assez régulière. — Pédoncule : long, grêle, renflé au point d'attache, profondément planté dans un vaste bassin. — Œil : grand, mi-clos ou fermé, à cavité de dimensions moyennes et très-gibbeuse sur les bords. — Peau : jaune clair, çà et là tachée de brun-roux, puis abondamment et finement ponctuée de gris. — Chair : blanche, ferme, fme et croquante. — Eau: abondante, bien sucrée, légèrement acidulée, possédant un parfum exquis.
Maturité. — Novembre-Janvier.
Qualité. — Première.
Historique. — Ce fut dans mon Catalogue de 1849 (p. 32, n° 145) que je signalai ce pommier pour la première fois. D'où l'avais-je tiré? Mes notes ne m'ont fourni aucun renseignement à cet égard, comme aussi presque tous les pomologues sont muets sur lui. Le baron de Biedenfeld le citait en 1854, page 232 du Handbuch aller bekannten Obstsorten , et disait le connaître d'après la Belgique horticole, revue publiée à Liège par M. Edouard Morren. Ayant inutilement compulsé ce recueil, j'interrogeai son rédacteur, qui le 16 février 1870 me répondit : « N'avoir jamais « entendu parler de la pomme Pauline de Vigny. » L'indication donnée par l'auteur allemand est donc entièrement erronée. Toutefois cette variété doit maintenant se rencontrer, si ce n'est en Belgique, du moins sur les confins de ce royaume, car les frères Simon Louis, pépiniéristes à Metz, la propageaient déjà en 1862 (Catalogue, p. 20). Enfin en 1870 M. Willermoz, dans des Conférences horticoles faites à Lyon, recommanda ce fruit comme un des plus méritants de la saison d'automne. Je le crois d'origine française et dédié peut-être à l'un des membres de la famille du comte Alfred de Vigny , le poète , l'académicien si connu par ses nombreux ouvrages.
PEARMAIN. — A l'exemple des termes Calleville, Pigeonnet, Reinette, le mot Pearmain fut appliqué à diverses variétés de pommes chez lesquelles on trouva pour la forme, la peau, la chair, certains caractères, certaines qualités qui réellement constituaient un groupe particulier. Ce mot appartient à la langue anglaise, comme aussi le type des Pear mains est originaire de la Grande-Bretagne. Jusqu'ici, quand on a voulu traduire cette expression, on l'a rendue par Poire-Pomme, qui n'en est assurément pas l'équivalent. Seul le pomologue allemand Henri Manger en donna en 1780 une toute autre version. Parlant du Drue Pearmain, ou Pearmain d'Hiver, il pensa que son nom signifiait « fruit valant vraiment une poire » (voir page 73 du Systematische Pomologie). Manger avait raison, mais sa traduction n'est pas assez concise , assez littérale , et me paraît aussi notablement affaiblir le sens du mot composé Pearmain. Pour moi, sachant que le qualificatif main répond chez les Anglais à nos termes prédominant, prééminent, supérieur, je trouve plus logique de traduire Apple Pearmain, par Pomme Passe-Poire. D'ailleurs le Pearmain d'Hiver, nous le prouverons plus loin , était déjà cultivé en Normandie au commencement du xmc siècle. On pouvait donc bien , au moyen âge , l'appeler Passe-Poire, puisque sa bonté, son volume, le plaçaient véritablement au-dessus de la majeure partie des poires alors connues. Thompson, dans le Catalogue du Jardin