‹ Dictionnaire de pomologie (volume 4)Chapitre 119 sur 439 · Pomme BELLE DE ROME · texte numérisé non relu

Pomme BELLE DE ROME

Synonymes. — Pommes : 1. Gillett'sSeedling(F. R. Elliolt, Fruitbook, 1854, p. 106 ). — 2. ROME Beauty (M. ibicL). — 3. Roman Beauty {Id. ibid.).

Desei'iiitioii de l'<«rlire. — Bois :

fort. — Rameaux :

peu nombi'eus , légèrement étalés , trèsgros , assez courts , à peine coudés , des plus cotonneux, brun olivâtre sensiblement nuancé de rouge terne. — Lenticelks :

grandes , arrondies , excessivement espacées. — Coussinets :

modérément ressor lis. — Yeux : des plus volumineux , coni ques-arrondis, duveteux, assez éloignés du bois. — Feuilles :

moyennes , ovales -

arrondies, luisantes et vert foncé en dessus, blanc verdâtre en dessous, coriaces,acuminées, à bords très-profondément crénelés. — Pétiole: court, des plus nourris, faiblement cannelé. — Stipules : larges et peu longues.

Fertilité. — Modérée.

Culture. — Sa remarquable vigueur le recommanderait tout spécialement pour le plein-vent, s'il n'était pas très-rare de lui voir une tige à peu près droite; aussi le greffons-nous presque toujours sur doucin ou paradis, afin d'en faire de beaux cordons ou buissons.

Desci'igttiou du fi'uit. — Grosseur : assez volumineuse. — Forme : conique

BEL [belle sau]

plus ou moins arrondie. — Pédoncule : un peu court ou de longueur moyenne, bien nourri, surtout au point d'attache, inséré dans une large et profonde cavité. — Œil : grand, souvent mi-clos^ faiblement enfoncé et légèrement plissé sur ses bords. — Peau : mince, luisante, jaune d'or du côté de l'ombre ; sur l'autre face, entièrement nuancée de rouge clair, fouettée et panachée de carmin très-foncé; elle est en outre, mais modérément, ponctuée de gris et de brun. — Chair : blanchâtre, fine, assez tendre et croquante. — Eau : abondante, sucrée, à peine acidulé, de saveur agréable.

JMaturité. — Septembre-Novembre.

Qualité. — Deuxième.

Historique. — Gagné aux États-Unis depuis une trentaine d'années, ce pommier, dit Elliott en 1854 {F?'mt book, p. 106), provient delà partie méridionale de rOhio. Sans vouloir infirmer le renseignement donné par cet auteur, qui semble avoir été le premier descripteur de la Belle de Rome, je dois néanmoins faire observer que la dénomination même sous laquelle les Américains ont jusqu'alors propagé ce fruit, ne le rattache pas à l'Ohio. Je ne connais, effectivement, qu'une Rome, en Amérique, et c'est au centre de l'état de New- York, qu'elle est située. Quant à l'obtenteur, le plus ancien synonyme de cette variété — Gilleli's Seedling : Semis de Gillett — nous apprend son nom. La Belle de Rome fut importée par moi en 18-49 et parut dès 1832 sur mon Catalogue (p. 28, n° 17).

Observations. — Jadis nos jardiniers eurent aussi leur pomme de Rome, nous le voyons dans la Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits publiée par dom Claude Saint-Etienne en 1670 : « Pomme de Rome ou Romagne — y lit-on — est « comme le Caleville, mais quasi ronde, et de mesme goust et couleur, et le bois et «la feuille, mais blanchastre dedans. Crue, très-bonne. » (Page 217.) J'ignore ce qu'a pu devenir ce fruit, qu'aucun pomologue n'a depuis lors caractérisé I ni mentionné.

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