CALAMINE
Pomme CALEVILLE. — Voir Calleville.
CALLEVILLE. — Sur ce nom générique appliqué à tout un groupe de pommiers à fruits côtelés et plus ou moins allongés, il me semble opportun d'entrer dans quelques détails étymologiques, avant de commencer la description des variétés qui le portent aujourd'hui... A quelle époque apparut-il pour la première fois?... En 1628, cité par le procureur du Roi le Lectier. C'est à la page 23 du Catalogue des arbres de son verger d'Orléans, qu'il l'inscrivit, et déjà cet amateur possédait trois différents Calleville : le Blanc, le Rouge, toujours très-cultivés, puis le Clair, qui pourrait bien être notre Rose actuel. L'existence au commencement du svii" siècle, de ces trois pommes, permet nécessairement d'assigner à leur commune appellation une date un peu plus ancienne : celle de 1590 ou 1595, par exemple. Toujours est-il qu'en 1600 Olivier de Serres ne fit mention d'aucun Calleville dans les listes de fruits du Théâtre d'agriculture; non plus que ses émules et devanciers, Ruel (1536), Cordus (1544-1561), Daléchamp (1586), Bauliin (1598).
CAL [CÂLLE ville] 167
;étymologie du mot Calleville fut, dès 1630, recherchée par l'érudit Ménage, mais ans le moindre succès :
« L'ori"ine de ce mot — avoue-t-il — ne m'est pas connue. Comme plusieurs poires, le Sesie de Héry, la Virgouleuse, la Saint-Lezin...^ ont pris leur dénomination du lieu d'où illes nous sont venues, il peut être aussi que les pommes de Calville ayent été ainsi appeliées de quelque lieu appelle CaMUe. Et à ce propos il est à remarquer que dans le voisinage ie Lvon, du côté de la Bresse, il y a un lieu appelle Calville. Les Anciens ont fait mention J'une sorte de noix qu'ils appelloient 7ioix chauve,... puis d'une vigyie chauve... N'auroit-on [)oint aussi appelle les pommes de Calville poma Calvilla, par rapport à mala Cotonea, qui iont les coins, lesquels sont cotonneux ; et par rapport aux pêches, qui sont velues, dont raelques-unes pour cela s'appellent veloutées? J'ajoute à ces considérations, que nous avons me sorte de pèche que nous appelions lices, et que les pommes de Calville étant extrêmenent licées ne représentent pas mal une tête chauve. Il me reste à remarquer que dans le Languedoc on dit pommes de Calvire, au lieu de pommes de Calville. » (Dictionnaire étymologique DE LA LANGUE FRANÇAISE. )
' On sent aisément que les dernières suppositions émises ici, sont invraisemblables, que la calvitie ne fut pour rien dans la dénomination du Calleville. Néanmoins un tel article dut faire prévaloir, pour ce nom, l'orthographe des termes latins calvus, calvitns, calvilimn, etc. Le Lectier (1628) avait écrit, Calville; Bonnefond (1633), Calvil. Merlet (1667, 1673, 1690), toujours très-précis, écrivit Calleville, et Claude Saint-Etienne (1670) l'imita. Mais ensuite les Chartreux (1722), Duhamel (1768), le Berriays (1783) et autres pomologues, ayant reproduit ce mot d'après 5[énage, on lui conserva presque partout cette forme, jusqu'au moment où Louis du Bois, si connu par ses études sur l'agriculture et les arbres fruitiers, crut devoir orthographier Calleville comme au temps de Merlet. Et ce fut en 1813, dans sa traduction de l'agronome romain Columelle, faisant partie de la célèbre collection des classiques latins éditée par Panckoucke, à Paris. Les motifs i qu'il invoqua pour légitimer cette modification, me semblent concluants : y « Voici — dit-il — les variétés de pommes désignées par Columelle : elles sont au
l nombre de huit 7° Les Syriennes, appelées Syriques par Pline. 11 paraît que la SjTie
; surtout avait fourni aux Romains plusieurs arbres fruitiers très-remarquables, tels que
les pommiers dont il est ici question Quant au nom de Syriennes il signifie aussi,
rouses. Le père Hardouin, qui hasarda tant de conjectures, prétend que ce sont nos pommes de Calleville, qu'il. écrit mal à propos Calville, ainsi que font ceux qui parlent de ce bon et (.'xn.llent fruit, que Bernardin de Saint-Pierre a cru importé jadis en Normandie par les DiiiMis. La Calleville, tant la Rouge que la Blanche, tire sa dénomination de la commune de Cai LEviLLE, dans le département de l'Eure, comme la Rambure (et non Rambour ni Rambu) provient de Rambure, commune de la Seine-Inférieure. » {L'Économie rurale de Columelle, ! t. II, p. 461, Notes du livre V.)
Les vingt-cinq ans écoulés depuis la publication de ces lignes, ont déjà permis I à nombre d'écrivains horticoles et de pépiniéristes — je suis un de ceux-là — de ! rendre au mot Calleville sa véritable orthographe. Véritable, car les deux plus l anciennes pommes de ce nom passent effectivement pour appartenir à la Normandie. Mais le bourg de Calleville les a-t-il vu naître, ou les a-t-on simplement appelées ainsi, parce qu'au xvi" siècle elles étaient, là, moins rares qu'en tout autre lieu? Cette double question sera traitée plus loin, aux articles Calleville blanc et Calleville roiicje d'Hiver .
PoMJiE DE CALLEVILLE, — Synonyme de Calleville blanc d'Hiver. Voir ce nom.