‹ Dictionnaire de pomologie (volume 4)Chapitre 354 sur 439 · HAU · texte numérisé non relu

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ou assez court, gros, souvent renflé à l'attache, planté dans un bassin bien développé.

— Œil : grand ou moyen, ouvert ou mi-clos, à cavité plutôt large qu'étroite,

peu profonde et à bords inégaux. — Peau : entièrement bronzée ou vert blanchâtre,

„ . „ .. ,. .. ^ nuancée de jaune et de

Pomme Haute-Bonte. — Deuxième Type. . , , , ,

gris, ponctuée de brun ,

puis tachée de roux olivâtre autour du pédoncule et quelquefois, mais rarement, un peu teintée ou panachée de rouge sombre à l'insolation. — Chai7' : jaunâtre , fine , croquante, assez ferme.

— Sau : suffisante, bien sucrée, à peine acidulé, ayant un délicieux et léger parfum d'anis.

Maturité. — Janvier- Avril.

Qualité. — Première.

Historique. —

Voilà, parmi les pommes françaises , une de ces antiques variétés dont la trace se retrouve sûrement à travers les siècles, tant nos pères l'eurenten prédilection. Celle-ci, du moins, mérita réellement leur préférence , puisqu'aujourd'hui , malgré l'accroissement considérable des nouveautés du genre pommier, elle est toujours digne de sa dénomination primitive, Blandilalie, qui, appartenant au roman, signifie douce et agréable. A l'époque où florissait ce vieux langage — du x" au xiv" siècle — cette variété dut être assez commune. Je la vois, en effet, ainsi mentionnée par Roquefort (1808), dans son Glossaire de la langue romane : « Blandilalie, espèce de pomme que nous appelons Haute-Bonté, b (T. 1", p. 158.) En 1680 on la connaissait parfaitement encoi'e sous ce nom séculaire; le fameux Jean de la Quintinj-e le lui donnait concurremment avec celui qu'elle porte maintenant, et qui pour lors commençait à l'emporter sur l'autre :

« Les Haute-Bonié — écrivait-il avant 1688 — sont blanches, cornues et longuettes,' et durent longtemps ; on les nomme en Poictou, Blandilalie ; elles ont la chair assez douce avec si peu que rien d'aigrelet. » (Instruction pour les jardins fruitiers et potagers, 1690, t. I, p. 393.)

L'estime particulière en laquelle, chez nous, on tenait ce fruit, le fit désirer à l'étranger. C'est ainsi qu'en 1636 il fut importé en Amérique; cela ressort du curieux passage ci-dessous, émanant de Jaume-Saint-Hilaire, et que j'emprunte au recueil scientifique du baron de Férussac, année 1829 :

« Pendant son Exposition de 1828 la Société d'Horticulture de Londres a reçu des pommes dont l'espèce, introduite depuis peu d'années en Angleterre, vient de l'État de Connecticut, où elle avait été envoyée en 1636. On a reconnu que cette espèce, actuellement perdue en Angleterre, et cultivée encore aujourd'hui en France sous le nom de Eaute-Bonté [elle est à l'École du Jardin du Roi], n'offre pas de différence sensible avec les fruits de notre dernière récolte, malgré une culture de deux cents ans dans les États-Unis. » [Bulletin des sciences agricoles et économiques, t. XII, p. 62. )

Les Hollandais la possédèrent aussi dès le xyn" siècle; en 1766 Herman Kiioop,

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un de leurs pomologues, la décrivit même sous le surnom Geele Gulderling (p. 40), lui faisant honneur, car le groupe des Gulderling comporte les espèces les plus renommées du pays. Enfm un peu plus tard les Allemands, à leur tour, cultivèrent ce pommier, comme il ressort de la Systematische Pomologie d'Henri Manger (1780, 1. 1, pp. 70 et 74). — En France la pomme Haute-Bonté a pénétré partout. Vers 1590 le procureur du roi le Lectier l'avait dans son verger d'Orléans (Catalogue, p. 24), mais je ne suppose pas qu'elle provienne de l'Orléanais. Je croirais plutôt, quand la Quintinye nous la montre, avant 1688, encore imiquement appelée Blandilalie chez les Poitevins, que le Poitou peut être son berceau, puisque cette contrée fut celle où ce fruit conserva le plus longtemps son nom le plus ancien. J'ajoute que fort commune, depuis une centaine d'années, dans la Saintonge, elle a fini par y recevoir le nom de cette province, sous lequel on l'en a même expédiée, et notamment à moi, en 1840. (Voir, sur ce dernier s5'nonyme, la publication du Congrès pomologique intitulée Pomologie de la France , 1867, t. IV, n° 23.)

©tosea-vataorns. — Les Anglais cultivèrent longtemps ce fruit sous le pseudonyme Non-Pareille. Il ne saurait, je le crois, en être encore ainsi, car dès l'année 1724 Miller, un de leurs botanistes les plus estimés, s'en plaignit :

« La Non-Pareille — écrivit-il — est un fruit assez connu en Angleterre, quoiqu'on vende sous ce nom, sur nos marchés, une autre pomme que les Français appellent Haute-Bonne, laquelle est plus grosse, plus belle, plus jaune que cette Non-Pareille, et moins plate et moins acide. » {The Gardener's and botanist's Dictionary, t. IV, p. S30.)

Le pomologue allemand Mayer s'est trompé lorsqu'il a fait en 1801, dans sa Pomona franconica, le pommier Blandorellus de Jean Bauhin synonyme du pommier Haute-Bonté. Ce Blandurel est notre antique Blanc-Dureau , nous l'avons constaté ci-dessus (pp. 134-136). — Le rédacteur du Bon-Jardinier pour l'année 1808, commit égale.nent une erreur, lorsqu'il réunit (p. 141) la Haute-Bonté à la Reinette grise. Jamais fruits et leur arbre ne furent plus|dissemblables que cens de ces variétés. Actuellement, du reste, on confond toujours assez facilement la Haute-Bonté avec quelqu'autre de ses congénères. Le Congrès pomologique l'avouait en 1867 et l'expliquait de la sorte, en maintenant toutefois à cette pomme le nom Reinette de Saintonge, au détriment de celui sous lequel elle est si généralement connue, depuis bientôt trois cents ans :

- « Les teintes diverses de la peau, comme la dilTérence dans la forme de ce fruit — disait-il — ont donné lieu de croire que l'on comprenait sous un même nom plusieurs variétés ; mais le même arbre peut porter des fruits qui présentent toutes ces variations. » (Ponv)logie de la France, t. IV, n" 23.)

C'est là précisément ce qu'à diverses reprises je me suis, dans ce Dictionnaire, appliqué à démontrer pour nombre de poires et de pommes aussi variables dans leur forme et leur coloration, que la Haute-Bonté. Je suis donc satisfait qu'à cet égard mon opinion soit aujourd'hui celle des arboriculteurs et des pomologues de notre Congrès.

Pomme HAWBERRY PIPPIN. — Synonyme de pomme Hollandburij. Voir ce nom.

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