‹ Dictionnaire de pomologie (volume 4)Chapitre 400 sur 439 · Pomme JOSEPHINE · texte numérisé non relu

Pomme JOSEPHINE

Synonymes. — Pommes : l. Baltimore (Société d'Horlicullure de Londres, Transactions, 1817, t. m, pp. 119-120). — 2. MoNSTROUS PippiN (William Coxc, View of ihe cuUimiion of fruit trees, iSn, p. 117). — 3. Mammoth (Hugh Ronalds, Pijrus malus Brentfordiensis, 1831, p. 13). — 4. Melon (Louis Noisette, le Jardin fruitier, 1S39, t. I, p. 200, n° 24). — 5. Impératrice JosÉpmNE (l'tiuet, Annales de Flore et de Pomone, 1840-1841, pp. 84-85). — 6. American Gloria .MuNDi (Thompson, Catalogue nf fruits cultivaled in the gaiden of the horticultural Society of London, 1842, p. 17, n" 271). - - 7. AMERICAN MAMMOTH ( W. îéù/. ). — 8. Glazenwood Gloria Mu:^Di [kl. ibid.). — 9. New-York Gloria Mundi (W. ibid.). — 10. Belle-Joséphine (Alexandre Bivort, Album de pomologie, 1851, t. IV, p. 5). — 11. Gloria .Mundi (Duval, Histoire du pommier et sa culture, 1852, p. 53, n» 28). — 12. MONSTRUEUSE PlPPlN (Congrès pomologique, Procès- Verbaux, années 1859-1860, p. 5).

Dcserii» tionilel'ar> bre. — Bois :

fort. — Bameaux: étalés, nombreux et assez longs , de grosseur moyenne, peu géniculés, cotonneux, d'un brun olivâtre, à courts mérithalles.— Lenticelles : petites, arrondies, très - rappro chées. — Coussinets : aplatis.

— Yeux : gros, ovoïdes-obtus etquelquepeu écartés du rameau , ayant randes, abondantes, ovales-

les écailles mal soudées et duveteuses. — Feuilles :

allongées, vert clair en dessus, légèrement cotonneuses et vert grisâtre en dessous, courtement acuminées, canaliculées, plus ou moins ondulées, à bords fortement dentés et surdentés. — Péiiok : court, très-gros, rosé en dessous et faiblement cannelé. — Stipules : bien développées.

Fertilité. — Moyenne.

Culture. — Sa riche végétation le rendrait très-propre à la haute-tige si la grosseur de ses fruits, que le moindre vent détache avant leur maturité, ne commandait de le destiner de préférence aux formes naines, qui toutes lui sont avantageuses.

Description «1m fruit. — Grosseur : considérable. — Fortne : assez variable, elle est le plus généralement conique-arrondie ou sphérico- cylindrique, mais toujours légèrement pentagone, surtout vers le sommet. — Pédoncule : court ou de longueur moyenne, gros, souvent arqué, profondément implanté dans un vaste bassin. — OEil : grand, ouvert ou mi-clos, à cavité large, très-creuse et toujours un peu bossuée sur les bords. — Peau : assez épaisse, lisse, jaune clair verdâtre sur le côté de l'ombre, jaune légèrement brunâtre à l'insolation, où parfois on distingue quelques mouchetures vermillonnées , tachée de fauve olivâtre autour du pédoncule et finement ponctuée de brun et de gris. — Chair : jaunâtre, mi-fme et mi-tendre. — Eau : suffisante, sucrée, acidulée, sans parfum, mais non dépourvue d'une certaine saveur.

Maturité. — Novembre-Mars.

Qualité. — Deuxième pour le couteau, première pour compotes et gelées.

Historique. — En caractérisant plus haut (pp. 106-109) la pomme Belle du Bois, si souvent confondue avec la Joséphine, nous sommes entré dans certains développements arboricoles et historiques auxquels on voudra bien recourir en cas de besoin, ne pouvant, sans nous répéter, les reproduire ici. Voilà déjà soixantedix ans que l'énorme fruit dont on vient de lire la description, est connu dans notre pays, auquel, cependant, il n'appartient pas. Le pépiniériste Louis Noisette, de Paris, fut son propagateur, l'ayant reçu du comte le Lieur, qui l'avait importé d'Amérique. Pour parrains il eut les botanistes Turpin et Poiteau. Ces faits sont attestés par leurs auteurs mêmes. Ainsi Noisette a dit :

« M. le comte le Lieur, vers 1803, apporta d'Amérique uue douzaine de sortes de iwmmiers, dont quelques-uns ont produit de très-gros fruits. Celui-ci — la variété Joséphine — a d'abord été appelé pomme Melon à cause de sa grosseur, mais bientôt les horticulteurs se sont

accordés à le consacrer à perpétuer le nom de l'impératrice Joséphine qui par son

exemple et ses encouragements a fait parvenir l'horticulture à l'état le plus florissant. » (Le Jardin fmitier, 1839 , t. I, p. 200, n" 24.)

Poiteau, lui, compléta en ces termes le récit de son ami Noisette :

« C'est de l'Amérique septentrionale que M. le comte le Lieur, administrateur des

parcs et jardins de la Couronne, a tiré cette douzaine de variétés, nouvelles pour nous, quoiqu'évidemment sorties de pominiers européens transportés là lors de la découverte de ce Nouveau Monde. Parmi ces variétés trois se sont fait remarquer par la grossem' de leur fruit; M. ïurpin et moi avons nommé l'une, Joséphine (nom de l'impératrice); la seconde, MoKTALivET (nom du ministre de l'intérieur sous l'empire); et la troisième, i,ii Lieur. » {Pomologie française, 1846, t. IV, u° 49.)

Peut-on assurer, maintenant, que le pommier Joséphine soit réellement natif des États-Unis?... Non, car les Américains, loin de le réclamer, déclaraient au

contraire' eu 1869, par l'organe de Charles Downing, leur principal pomologue, que son origine leur était inxoxnue. [Fruits of America, p. 191.) Les Anglais, qui le possèdent depuis 1817, me semblent être dans la vérité, quand, d'après une version allemande, ils le croient plntôt originaire du Hanovre. Le docteur Hogg, en son ouvrage intitulé the Apple and iis varielies, a présenté de la sorte, en 1859, cette opinion :

« Le pommier Josep?!M!e, ou Gloria Mundi, passe poui' une variété américainej mais on n'en saurait fixer sûrement le lieu de naissance, diverses localités réclamant l'honneur de l'avoir vu porter ses premiers fruits. Le sentiment le plus général attribue toutefois le gain de cette pomme à un M. Smith, qui l'aurait obtenue dans son jardin, aux environs de Baltimore, d'où George Hudson, capitaine du navire le Belvédère, la transporta à l'étranger, au cours de 1817. Dans l'année 1804 le comte le Lieur l'avait déjà importée en France. Il est douteux, néanmoins, que ce pommier soit poussé chez les Américains, car en 1803 VAUgemeines Teutsches G'ârteuînagazin, publication allemande, lui donnait formellement pour obtent(>ur M. Maszman, horticulteur à Hanovre. Si cette assertion est exacte, l'introduction de ladite variété en Amérique, serait alors très-probablement due à quelque émigrant hanovrieii. » (Page 91, n° 139.)

A ces détails j'ajoute, d'après les Transactions de la Société d'Horticulture de Londres (1817, t. HI, p. 129), que ce fut en Angleterre, à Liverpool, que le capitaine du Belvédère, appelé dans ledit recueil George Hobson, et non Hudson comme ci -dessus, introduisit ce fruit, d'où il le fit parvenir dans la capitale au botaniste Joseph Banks, qui le soumit à ses collègues de la Société d'Horticulture. Maintenant, tout en tenant grand compte des renseignements fournis par le docteur Hogg, je regrette que ce pomologue n'ait pas indiqué l'ouvrage où il a vu M. Smith, de Baltimore, signalé comme l'obtenteur de notre pommier Joséphine ou Gloria Mundi. J'ai vainement, pour le rencontrer, feuilleté les Pomologies américaines. Dans celle de Downing, la plus répandue, la plus complète, on lit bien, page MO de l'édition de 1849 : « Une chose assez curieuse, c'est que diverses « localités — Red Hook sur l'Hudson , Long-Lsland et Baltimore — prétendent à la a fois avoir vu naître cette variété; d mais là s'arrête le récit de Downing, où règne seulement la raillerie. Aussi dans les éditions suivantes de ce même livre l'auteur eut-il soin d'enlever cet alinéa et de le remplacer, nous le répétons, par ces seuls mots : « origin unknotvn : » origine inconnue. Enfin je dois encore constater qu'à leur tour les pomologues allemands, et je possède les plus estimés, ont imité la réserve de l'américain Downing, en ne revendiquant nullement pour leur patrie le gain de cette fameuse pomme. — A qui donc l'accorder?... Est-ce au Hanovre? Est-ce à l'Amérique?... Si je ne puis résoudre la question, j'ai du moins consciencieusement exposé les dires, les prétentions des dissidents. Cela me suffit, cela même permettra peut-être, quelque jour, d'éclaircir plus aisément ce point obscur et controversé. Quant à l'impératrice Joséphine, à laquelle, chez nous, on dédia cette variété, chacun sait qu'elle naquit en 1763 à la Martinique et mourut à la Malmaison, en 1814.

Observatious. — Ce pommier a longtemps porté le surnom Baltimore , il est alors urgent de ne pas le confondre avec le véritable Baltimore américain, à produits de grosseur moyenne et de toute première qualité. — Même recommandation pour certains de ses synonymes : Mammoth, American Mammoth et Monstrous Pippin, n'ayant rien de commun avec la pomme Monmouth Pippin des Etats-Unis, non plus qu'avec la Monstoivs Pepping des Allemands. — Ceci me rappelle qu'en France souvent on a donné au pommier Belle du Bois , mais bien

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