‹ Dictionnaire de pomologie (volume 4)Chapitre 83 sur 439 · AUN · texte numérisé non relu

AUN

volumineuse. — Fm-me : ovoïde -al longée, aplatie à la base et parfois assez contournée dans tout son ensemble. — Pédoncule : court, de force variable, duveteux, profondément inséré dans un bassin irrégulier et très-étendu. — Œil : petit, fermé, légèrement cotonneux, rarement bien enfoncé, entouré de quelques plis et de faibles gibbosités. — Peau : mince, unie, jaune-citron du côté de l'ombre, marbrée et fouettée, sur l'autre face, de carmin plus ou moins foncé, et fmement ponctuée de blanc grisâtre. — C/iair : jaunâtre, tendre et mi -fine. — Fau : suffisante, fort sucrée, presque dépourvue d'acidité, mais possédant un parfum agréable et prononcé qui rappelle assez bien celui de la racine d'année.

Maturité. -— Novembre-Janvier.

Qualité. — Première, surtout pour ceux qui aiment les fruits très-aromatisés.

Mistorieiue. — L'espèce ici caractérisée remonte environ à la moitié du XVIII' siècle. Herman Knoop, pomologue hollandais, fut en 1760 le premier qui l'étudia. Elle me paraît provenir de son pays. Il la nommait Princesse noble et lui connaissait déjà deux surnoms : Pomme Noblesse, et Franche-Noble. Voici la description qu'il en donna, nous l'empruntons à l'édition allemande de sa Pomologie :

« Fruit de moyenne grosseur et quelque peu contourné, ayant souvent la forme d'un carré oblong, mais parfois aussi diminuant de volume auprès de l'œil. Sa peau, unie, devient jaunâtre à la maturité, et l'une des faces est généralement mouchetée ou rayée de carmin. La chair, demi-tendre, possède un goût aromatique et relevé. On doit donc regai'der cette pomme comme l'une des meilleures qui dans sa saison — novembre-décembre — puisse paraître sur nos tables. — L'arbre, très-fertile, donne de bon bois et atteint une assez grande hauteur. » (P» partie, pp. 14 et 60.)

Quarante ans après Knoop, Diel, auteur allemand si connu par ses nombreux et savants ouvrages sur les arbres fruitiers, s'occupa de cette même variété, qu'il dit avoir reçue, antérieurement à 1798, du professeur Wittwer, de Nuremberg (Bavière), sous le nom Alantapfel [Pomme d' Année], dont il la laissa en possession. Puis il ajoute: « Dans l'automne de 1800, le professeur « Crede, de Marburg (liesse-Électorale), m'adi'essa, étiqueté Zimmetapfel [Pomme H Cannelle], un fruit qui n'était autre que l'Alant venue de Nuremberg. » [Kernobslsorten, 1800, t. III, p. 26, note, et pp. 39 à 43.) ûiel ne fit pas observer que sa pomme Alant était identique avec la Princesse noble signalée par Knoop en 1760. Ce fait lui échappa probablement. Mais de nos jours M. Oberdieck, l'un des écrivains arboricoles les plus compétents de l'Allemagne, affirme comme nous cette identité [[llustrirtes Handbuchder Obsikunde, 1839, t, I, p. 249, n" 109). Il explique aussi pour quel motif on n'a pas substitué au nom d'Alant, adopté par Diel, celui de Princesse noble, beaucoup plus ancien. C'est parce qu'il était plus court, et qu'ensuite il indiquait le caractère particulier de ce fruit, possédant réellement la saveur de l'Alant, appelée chez nous, Année — Inula helenium ■ — plante vivace à fleur radiée, dont la racine, fort aromatique, est utilisée par les médecins.

Observations. — Parmi les synonymes de cette variété, il en est deux, Princesse noble, pomme Carrée, qui ne doivent pas la faire supposer identique avec notre Princesse noble, propagée par les Chartreux de Paris et décrite ci-après, non plus qu'avec certaine Reinette carrée signalée en 1864 (Revue horticole, pp. 404, 411), et dont nous parlerons à l'article Reinette de Cuzy.

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