GRU— GUE
contournée, ventrue, et toujours verruqueuse ou fortement bosselée sur toute sa i surface. — Pédoncule : court, bien nourri, noueux ou ondulé, rarement arqué et obliquement implanté à fleur de peau. — OEil : grand , mi-clos ou très-ouvert, légèrement enfoncé, plissé ou côtelé sur ses bords. — Peau : verdâtre clair, tachée de marron à ses extrémités, ponctuée de fauve et plus ou moins colorée de brunrouge luisant sur le côté exposé au soleil. — Chair : blanchâtre, fine, cassante ou mi-cassante, juteuse, presque exempte de pierres. — Eau : fort abondante, sucrée, acidulé, peu parfumée, assez agréable.
Maturité. — Fin d'octobre et se prolongeant jusqu'au commencement de décembre.
Qualité. — Deuxième.
Historique. — J'ai rapporté de Berlin (Prusse) cette variété en 1860. Elle est très-estimée des Allemands, qui l'expédient jusqu'à Saint-Pétersbourg et la cultivent depuis environ soixante - dix ans. Le pomologue Liel , son premier descripteur, croyons-nous, en précisait ainsi l'origine au cours de 1806 :
« Je dois des remerciements à M. Koberstein, chantre à Rûgenwald ( Basse-Poméranie ), pour m'avoir procuré cette excellente poire, certainement très-rare. Il l'a découverte près de chez lui, à Grumkow, dans le jardin d'un paysan. » {Kernobstsorten, 1806, p. 58.)
La fertilité de ce poirier est si grande, disait en 1858 le docteur Edouard Lucas, dans le Wurttembergische Obstsorten (p. 43), qu'une haute tige âgée déjà de trente ans valut à son propriétaire une somme de 13 florins [31 fr\ 20 c] en 1854, et une encore de 8 florins [19 fr. 20 c] l'année suivante. Ce même auteur ajoute que les poires de Grumkow atteignent souvent le poids d'une livre, notamment dans la Vistule-Inférieure, contrée où elles sont des plus communes. Chez nous, c'est un fruit d'une extrême rareté.