Poire LAHERARD
Description de l'ar tore. — Bois : assez fort. — Rameaux : peu nombreux étalés vers la base, érigés ai sommet, gros et longs, gcni culés , vert clair et jaunâtre ayant les lenticelles fines e des plus espacées, les coussi nets bien ressortis. — Yeux légèrement écartés du bois de moyenne grosseur, ovo'i des - arrondis , aux écaille mal soudées. — Feuilles petites, ovales-allongées 01 lancéolées, relevées en goui tière, à bords presqu'unis à pétiole assez long mai faible.
Fertilité. — Grande.
Culture. — Il est vigou reux, fait de belles pyrami des , se plaît sur toute espèc de sujet et développe vite soi écusson.
Description du fruit. — Grosseur : au-dessus de la moyenne. — Forme ovoïde, mamelonnée au sommet, souvent un peu allongée, mais le plus ordinaire ment bien ventrue à son milieu. — Pédoncule : assez long, arqué, gros, renfi dans sa partie supérieure, inséré à fleur de peau ou dans une large cavité pei profonde dont l'un des bords forme un renflement parfois volumineux. — Œil moyen ou petit, ouvert ou mi-clos, presque saillant ou légèrement enfoncé. - Peau : mince, jaune d'ocre ou jaune verdâtre, vermillonnée sur la face exposé' au soleil, et semée de petits points et de taches grisâtres, particulièrement autou; de l'œil. — Chair : blanche, fine, fondante, juteuse, à peine granuleuse auprei
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des pépins. — Eau : fort abondante, très-sucrée, acidulé, ayant une saveur exquise.
Maturité. — Fin de septembre et courant d'octobre.
Qualité. — Première
Historique. — Je dois à feu M. Lahérard lui-même la possession du poirier ;jui porte son nom; il m'en fit parvenir des greffes au mois de mars 1852, mais sans m'indiquer l'obtenteur de cette excellente variété. Actuellement, mon embarras est donc assez grand pour le signaler, car si le pomologue américain Downing i dit en 4863 (page 518) que ce fut Van Mons qui la gagna de semis en 1825, mon honorable confrère M. Laurent Jamin affirmait en 1852, lui, qu'elle était née chez nous, après 1820 (voir Annales de la Société d'Horticulture de Paris, t. XLIII, pp. 310 et 311). Devant ces affirmations contradictoires, j'ai d'abord consulté tous les Catalogues belges des pépinières Yan Mons, jusqu'à l'année 1868 exclusivement, et nulle part on n'y réclame la paternité du poirier Lahérard, dont le nom ae m'y est même pas apparu. Ce point éclairci, j'ai écrit à M. Laurent Jamin, lui faisant part de mes doutes et le priant d'interroger ses souvenirs à l'égard de ce poirier, dédié à un personnage avec lequel il avait eu d'intimes relations. Yoici sa réponse, datée du 21 juillet 1868 :
« J'ai eu cette variété chez M. Bonnet, propriétaire, grand amateur d'arbres fruitiers,
iï semeur à Boulogne-sur-Mer. Très-lié avec lui, il m'offrit, dans une visite que je lui fis ?n 1841, des variétés de poirier non encore livrées au commerce et dont plusieurs même étaient innommées. Je les acceptai, et comme il me laissa libre de baptiser ces dernières, je dédiai
.'une d'elles à Charles Lahérard, mon ami Maintenant, ce poirier provient-il ou non des
semis de M. Bonnet, voilà ce que je ne saurais vous dire. »
Si cette lettre ne fait réellement connaître que le parrain et le promoteur de la poire Lahérard , les détails qu'elle renferme permettent néanmoins de regarder ce fruit comme un gain de Yan Mons, ou de Bonnet. Ces semeurs , aujourd'hui décèles, étaient fort liés, ils échangeaient leurs nouveautés; Poiteau le constatait ainsi 3n 1834, page 49, n° 25 de sa Théorie Van Mons : « M. Bonnet, amateur éclairé de « Boulogne-sur-Mer, possède maintenant une grande quantité des fruits nouveaux i« de Yan Mons. » De ce passage on peut donc conclure avec assez de certitude, que jfe poirier qui nous occupe appartient aux semis de l'un de ces deux arboriculteurs, mais je ne vois aucun moyen de savoir s'il poussa en terre belge ou française. Quant à Charles Lahérard, disons pour terminer : Payeur général à Yesoul, il y ifonda et dirigea un Jardin d'expériences, puis y mourut en 1864, après avoir rendu de tels services à la science arboricole , que le président de la Société d'Horticulture de Paris, dont il était membre, fit de lui ce bel éloge en annonçant sa mort : « Lahérard est un des hommes qui ont le plus fait pour propager en «France les saines connaissances en arboriculture. » [Journal de la Société, 1865, ':. XI, p. 39.)