‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 388 sur 742 · Poire MESSIRE JEAN · texte numérisé non relu

Poire MESSIRE JEAN

ynonynses. — Poires: 1. De Coulis (Olivier de Serres, le Théâtre d'agriculture et ménage des

| champs, 1600, p. 689). — 2. Messire Jean gris (le Lectier, d'Orléans, Catalogue des arbres cultivés

,' dans son verger et plant, 1628, p. 13). — 3. Messire Jean d'Hiver (Id. ibid.). — 4. Marion d'Amiens

; (de Boonefond, le Jardinier français, 1653, p. 100; — et Merlet, l'Abrégé des bons fruits, 1690,

p. 94). — 5. Messire Jean vert (de Bonnefond, ibid.). — 6. Messire Jean rlanc (Meiiet, ibid.,

1675, p. 90). — 7. Messire Jean doré (Id. ibid.). — 8. Messire Jean tardif (Triquel, prieur de

Saint-Marc, Instructions pour les arbres fruitiers, 1676, p. 100). — 9. De Ver (Merlet, ibid., 1690,

p. 94). — 10. Messire Jean de Logne (Henri Maûger, Systematische Pomologie, 1783, 2« partie,

p. 24). — il . Saint-Jean d'Anjou {Id. ibid.). — 12. Saint-Jean musqué {Id. ibid.). - 13. De Monsieur

John (F. J. Baurnann, Catalogue descriptif des arbres fruitiers les plus recherchés, 1788, p. 80).

— 14. Chaulis (de Launay, le Bon-Jardinier, 1808, p. 132). — 15. John (Robert Thompson, Catalogue of fruits cultivated in the garden of the horticultural Society of London, 1842, p. 144).

— 16. Monsieur Jean (Downing, the Fruits and fruit trees of America, 1849, p. 443). — 17. Messire Jean Chaulis (Tougard, Tableau alphabétique et analytique des variétés de poires, 1852, pp. 38 et 111). — 18. De LA Communauté (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1858, t. Ier). — 19. De Couvent (Id. ibid.). — 20. Emmilacour (Id. ibid.). — 21. Marion (Id. ibid.).

— 22. John Dory (Congrès pornologique, Pomologie de la France, 1864, t. II, n° 94). — 23. Messire Jean Romain {Id. ibid.). — 24. Messire jaune doré (Robert Hogg, the Fruit manual , 1866, p. 311).

Poire Messire Jean.

Description de l'arbre. —

Bois . très-faible. — Rameaux : peu nombreux, étalés, assez gros, courts et légèrement géniculés, brun cendré, abondamment et finement ponctués, à coussinets aplatis, à mérithallee courts. — Yeux : moyens, ovoïdes, obtus, duveteux, faiblement écartés du bois. — Feuilles : grandes, verl foncé et brillant, ovales ou ovalesallongées, profondément dentées on crénelées, au pétiole excessivement court mais rigide et bien nourri.

Fertilité. — Remarquable.

Culture . — Sa vigueur est modérée et le développement de son écusson , tardif ; on le greffe sur franc ou sui cognassier ; ses pyramides sont toujours petites et peu touffues.

Description du fruit. —

Grosseur : moyenne et souvent audessus de la moyenne. — Forme : variable, elle passe ordinairement de la turbinét obtuse et contournée, à la turbinée arrondie plus ou moins régulière. — Pédoncule court ou de longueur moyenne, et parfois même assez long, peu fort, arqué, obliquement ou verticalement implanté à fleur de chair ou dans une faible dépressioi à bords accidentés. — Œil: grand ou moyen, ouvert, légèrement enfoncé, entour< de quelques plis. — Peau : épaisse, rugueuse, roux doré du côté de l'ombre, brui roussâtre sur l'autre face, uniformément semée de larges points gris-fauve plus oi moins squammeux, et généralement striée de même auprès du pédoncule. - Chair : blanche, demi-fine, cassante, juteuse, assez pierreuse autour des loges — Eau : fort abondante, bien sucrée, aigrelette, agréablement parfumée.

Maturité. — Vers la fin d'octobre ou le commencement de novembre, e atteignant souvent le mois de décembre.

Qualité. — Deuxième pour le couteau , première pour la compote et le raisiné

Historique. — Le docteur Yenetle, de la Rochelle, parlant en 1678 et en 168! du poirier Messire Jean, dans la seconde partie de son recueil intitulé l'Art de taillei les arbres fruitiers , disait : « Il est venu de semence et a eu l'honneur de porter li « nom de celui qui l'a élevé (page 48). » (le renseignement, tout en ne manquan

pas d'un certain intérêt, serait néanmoins insuffisant pour nous éclairer sur l'origine de cette variété, si le docte Ménage ne l'eût complété de la sorte, en 1094 : « On l'appelle poire de Messire Jean, parce qu'elle a été mise en vogue par un curé « de Lorraine qui portait ce nom. » [Dictionnaire étymologique de la langue française, t. II, p. 69, au mot Jean.) Lorsque Ménage écrivit ces lignes, un très-long temps s'était écoulé depuis l'époque où les Lorrains nous avaient fourni cette variété, car cent ans auparavant Olivier de Serres (1600) lui trouvait déjà un synonyme : « Poire Messire Jean — observait-il — est celle qu'en Dauphiné et en Languedoc «l'on nomme de Coulis. » [Théâtre d'agriculture, p. 689.) On peut donc affirmer que nos jardiniers la connurent au moins dès 1550; mais en 1540 elle devait jncore être une rareté pour eux, autrement Charles Estienne — ce qu'il n'a pas fait — l'eût mentionnée dans le traité pomologique [Seminarium et plantarium fructiferarum , etc.) dont il publiait à Paris, à cette dernière date, la seconde édition. Du reste, un passage des Observations sur la manière de cultiver les arbres fruitiers, ouvrage imprimé en 1718, et fort estimé, confirme notre opinion. Il y est lit par l'auteur, Robert , procureur du roi au Châtelet : « Le Messire Jean est une :< poire aussi ancienne que le Beurré (p. 75). » Or, nous l'avons démontré page 373 le notre tome Ier, le Beurré remonte précisément à 1550. Les écrivains horticoles ilu xvne siècle ne furent pas d'accord sur le mérite du Messire Jean : Merlet (1675) ui trouvait « une eau très-sucrée et extraordinaire, » et le déclarait « un des ( meilleurs, un de ceux qu'on ne peut avoir en trop grand nombre. » [L'Abrégé des ions fruits, p. 90.) La Quintinye (1690) « avouait, au contraire, que ce fruit n'avoit ( pas véritablement le don de plaire à tout le monde ; » puis il ajoutait : « Ceux

.( qui ne l'ayment mettent en jeu la pierre, à laquelle il est fort sujet sa chair

:< rude et grossière, et en cela ils n'ont que trop raison; mais ils poussent, ce me :< semble , trop loin leur mépris , en disant que ce n'est qu'une poire de Curé , de :< Bourgeois et de Yalets , ou tout au plus une poire de Communauté. » [Instructions mur les jardins fruitiers et potagers, p. 158.) Aujourd'hui, nos pomologues sont inanimés pour la classer au deuxième rang des fruits à couteau , mais au premier uarmi les poires à cuire.

Observatiosis. — Il en a été de cette variété, comme pour le Beurré : longtemps on a cru qu'il existait un Messire Jean gris, un Messire Jean blanc, etc. Cependant la Quintinye, cité plus haut, combattait déjà ce sentiment en 1690 : « Le < Messire Jean, soit blanc, soit gris, disait-il, tout cela est la même chose (p. 158). » S'il fallait encore, actuellement, éclairer à cet égard quelques incrédules, je pense i[ue les lignes ci-après, écrites en 1809 par le savant Louis Bosc, professeur de culture au Jardin des Plantes de Paris, y suffiraient amplement :

■ « La couleur de cette poire — expliquait-il — varie suivant l'âge, la vigueur de l'arbre, e sujet sur lequel il est greffé. Si le pied est vieux et languissant, le fruit est blanc ; s'il est eune, vigoureux et sur franc, il est doré; il devient moins gros, plus pierreux et plus gris, ïur" le cognassier. De là les trois variétés que quelques personnes séparent du Messire Jean. » Nouveau cours d'agriculture, t. X, p. 249. )

i Pour terminer, disons que ce fruit demande après la cueillette une surveillance rès-attentive , vu son défaut de blossir au cœur sans nulle altération de la peau. Notons également qu'il existe un faux Messire Jean, mais facile à reconnaître t sa qualité, car il est aussi mauvais cru, que cuit; et enfin qu'en 1860 4M. Bonamy frères, pépiniéristes à Toulouse, ont propagé un poirier MESSIRE EAN PANACHÉ, provenant, d'après eux, d'un rameau panaché trouvé par un de

leurs cousins, habitant les environs de Montauban, sur un sujet du type, rameau qu'ensuite ils se sont empressés de greffer.

Poires : MESSIRE JEAN BLANC,

- MESSIRE JEAN CHAULIS, > Synonymes de poire Messi®

\ Jean, Voir ce nom.

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