‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 441 sur 742 · Poike ORANGE D'HIVER · texte numérisé non relu

Poike ORANGE D'HIVER

Synonymes. — Poires: 1. LuciNE (Jean Mayer, Pomona franconica, 1776-1801, t. III, p. 997). — 2. Madeleine d'Hiver (Id. ibid., n° 126). — 3. Citron d'Hiver (Henri Manger, Systematische Pomologie, 1780,2° partie, p. 96, n° 106). — 4. Gros-Musc d'Hiver (Id. ibid., p. 20). — 5. Orange d'Hiver mosquée (Id. ibid., p. 96, n° 106). — 6. Orange de Pâques ( Thuillier-Aloux, Catalogue raisonné des poiriers qui peuvent être cultivés dans le département de la Somme, 1855, p. 81 ).

Description de l'arbre. — Bois : assez fort. — Rameaux : peu nombreux, étalés, gros et courts, à peine géniculés, bien duveteux, brun foncé quelque peu h. 31

OR A [orange hiv]

rougeâtre et olivâtre, ayant les lenticelles larges, abondantes, et les coussinets for-

teaient accusés. — Yeux ; moyens, ovoïdes-allongés, cotonneux, faiblement écartés

du bois. — Feuilles : grandes et Poire Orange d'Hiver. — Premier Ti/pe. 1r ,- -, •> , ,

3 J elliptiques, planes, a bords unis,

à pétiole long et bien nourri.

Fertilité. — Abondante.

Culture. — Sa vigueur est ordinaire ; on le greffe indistinctement sur toute espèce de sujet; la croissance de l'écussou est lente ; les pyramides , même dans leur troisième année , sont généralement un peu basses et irrégulières.

description du fruit. —

Grosseur : moyenne, et parfois au-dessous de la moyenne. — Forme : assez inconstante, elle passe le plus communément de la turbinée fortement obtuse, bosselée et ventrue , à la globuleuse à surface inégale , à sommet bien mamelonné. — Pédoncule : assez court et assez gros, rarement arqué, souvent renflé et plissé à la base, obliquement ou perpendiculairement inséré dans ime cavité de profondeur variable et dont les bords sont toujours très -accidentés. — Œil : grand , régulier , ouvert , placé presque à fleur de fruit. — Peau : mince et verruqueuse, jaune plus ou moins olivâtre, ponctuée, striée de roux verdâtre, veinée de même autour de l'œil et dans la cavité pédonculaire. — Chair : verte sous la peau, blanchâtre au centre, fine, mi -fondante, non pierreuse. — Eau ; suffisante, sucrée, acidulé et musquée, mais entachée parfois d'un arrière-goùt qui la rend désagréable.

Maturité . — Vers la mi-décembre et atteignant assez facilement le mois de février.

(Qualité. — Deuxième.

Deuxième Type.

Historique. — Olivier de Serres mentionnait déjà, chez nous, une poire Orange en 1600, mais sans aucun détail qui la puisse faire reconnaître aujourd'hui. Vingt ans plus lard on rencontrait à Orléans celle ici décrite, dans le célèbre verger «lu procureur du roi le Lectier. Cela ressort du Catalogue arboricole publié en 1628

OHA [orange hiv — man] 483

par cet amateur, et dans lequel il est dit, page 20, que « l'Orange d'Hiver se trouve « en maturité es mois de janvier et febvrier. » Cette variété, dont le lien de naissance reste encore un mystère, passe toutefois pour appartenir à la France, ainsi que la plupart des autres poiriers de ce même nom antérieurs à notre siècle. Nous en trouvons surtout la preuve chez Jean Mayer, arboriculteur allemand fort érudit, dont la Pomona franconira, œuvre des plus estimées, fut commencée en 1776 et terminée seulement en 1801. Yoici effectivement ce qu'il écrivit, tome III de cet ouvrage, à propos du groupe des poires Orange :

« Ces espèces de poires, très-anciennes en France, sont fort estimées partout pour la grande fécondité de l'arbre, quoique le fruit ne soit que de courte durée. Leur nom paraît venir de quelque ressemblance de forme et de peau avec les Oranges. La diversité des couleurs ne suffit pas pour en déterminer les sous-espèces et variétés : le climat, le sol, l'exposition et d'autres circonstances influant beaucoup sur ce coloris, et un même arbre donnant souvent des fruits verts, des jaunes, des rouges et des rembrunis. » (Pomo?ia franconica, 1801, t. III, p. 294.)

J'ai transcrit tout l'alinéa, car je partage entièrement l'opinion qu'y manifeste Mayer sur l'inconstance, sur la variabilité du coloris des fruits, dans une même espèce. Quant au poirier Orange d'Hiver, à partir de 1628 il se répandit très-rapidement dans les jardins français, puisque de 1650 jusqu'à Duhamel (1768) presque tous nos pomologues le signalèrent. Chez les Allemands, on lui a donné pour synonyme le nom Citron d 'Hiver, qu'anciennement nombre d'horticulteurs appliquaient à un poirier différant seulement de l'Orange d'Hiver par la forme souvent un peu plus arrondie de ses produits ; ce qui n'est pas, on le conçoit, un caractère de nature à constituer une variété.

Q$bservatioai@. — Il en est pour la poire Orange d'Hiver comme pour nombre de fruits : elle se montre médiocre ou mauvaise dans un sol, et fort bonne dans un autre presque voisin. M. Gagnaire fils, pépiniériste à Bergerac (Dordogne), l'a constaté, notamment en 1860, page 116 de la Revue horticole : « Ce vieux fruit « décrit par Duhamel (1768) — a-t-il dit — et que Ton rencontre encore dans quelce ques endroits, n'est bon que cuit, à Bergerac, tandis qu'à Campsegret, village « situé à dix kilomètres de cette ville, on en fait beaucoup d'éloges comme poire à « couteau. »

Poire ORANGE JAUNE. — Synonyme de poire Orange musquée. Voir ce nom.

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