SUP
Poire Suprême Coloma.
large et peu profonde dépression. — Œil : grand ou moyen, ouvert, presque saillant. — Peau: mince et unie, jaune olivâtre, marbrée habituellement de roux verdâtre et abondamment ponctuée de brun. — Chair : blanchâtre, fine, fondante,
juteuse , presque exempte de pierres. — Eau : fort abondante, très -sucrée, acidulé, ayant un parfum particulier des plus délicats.
Maturité. — Courant de décembre et gagnant parfois le commencement de février.
Qualité. — Première.
Historique. — Par son
exquise saveur, ce fruit justifie bien le nom de Poire Suprême, qu'il reçut dès sa naissance. Divers pomologues allemands l'ont décrit voilà plus de quarante ans déjà, mais — Diel excepté — sans le rattacher à sa véritable patrie. Ainsi certains voulaient qu'il provînt des semis du pasteur Langecker, de Buschitz, et d'autres le disaient gagné à Kopertsch.
C'était une double erreur : la Bohème, dans laquelle sont situées ces deux localités, n'a nullement à revendiquer cette variété pour sa pomone ; elle appartient à la Belgique , où l'égrasseau qui l'a produite fut, en 1788, semé par le comte Coloma, de Malines. Ce fait résulte du passage suivant, extrait d'un ouvrage de Van Mons, arboriculteur belge dont le zèle pour la propagation des fruits nouveaux nés dans son pays, a toujours été fort grand :
« Le jardin des religieuses Riches-Claires, ou Urbanistes — écrivait-il en 1 835 — a fourni les bons fruits dont le comte Coloma a enrichi le domaine de Pomone. Le premier gagné de
ces fruits, fut la poire Urbaniste M. Coloma posséda ce jardin immédiatement après la
suppression de l'ordre (1786).. .. Dès 1788 il y avait fait des semis, dont sont provenues d'autres bonnes sortes, et parmi elles la Princesse d'Orange, la Reine des Poires, la Suprême, etc., etc. » {Arbres fruitiers, 1835, t. I, pp. 178-179.)
L'Allemagne posséda cette variété peu après la mise à fruit du pied-type, qui eut lieu de 1802 à 1804, comme pour ses congénères la Princesse d'Orange et la Reine des Poires (voir plus haut, pp. 561 et 582, leur historique). Son importation en France est assez récente, du moins dans les départements de l'Ouest, où personne ne la cultivait encore en 1854. Ayant lu chez un de nos pomologues que ce fruit avait été obtenu par M. l'Hoir, nouvel acquéreur, prétendait-on, de l'enclos des Urbanistes jadis possédé par le comte Coloma, à Malines, j'ai voulu contrôler cette