VIG
contourné et noueux; grêle à son milieu, plus fort à ses extrémités; oblique ou
perpendiculaire; placé à Heur de fruit ou inséré dans un vaste évasement dont
les bords sont mamelonnés. — Œil:
Poire de Vigne. — Deuxième Type. , ,
moyen ou petit, ouvert, légèrement
enfoncé. — Peau : jaune grisâtre, rarement vermillonnée sur le côté de l'insolation , maculée de brun fauve autour1 de l'œil et du pédoncule, puis semée de larges points verclâtres et rugueux que coupent çà et là quelques faibles marbrures gris foncé. — Chair : blanche, fine et fondante, juteuse, un peu granuleuse au cœur. — Eau : excessivement abondante, sucrée, acidulé et douée d'un léger parfum musqué anisé très -délicat.
Maturité. — Commencement et courant d'octobre.
Qualité. — Première.
Historique. — Le Lectier , procureur du Roi à Orléans , inscrivait en 1628 ce poirier sur le Catalogue des arbres fruitiers contenus dans l'immense verger qu'il possédait depuis une trentaine d'années. Avant cet amateur, nous ne voyons personne signaler la poire de Yigne ; mais après lui presque tous nos pomologues la décrivent ou la mentionnent. Merlet, en 1675 , montre qu'alors elle portait déjà deux surnoms :
« La Poibe de Vigne, ou de Damoiselle, ou la Longue-Queuë d'Anjou — dit-il — est ronde, grise-brune, fort bœurée, dont l'eau est excellente, et dont la queue est extraordinairement longue : elle veut estre cueillie ferme et verte, autrement elle est pasteuse et passe trop tost. » {L'Abrégé des boiis fruits, 2e édition, p. 91.)
Je crois cette variété originaire de l'Anjou, d'où peut-être elle aura gagné l'Orléanais. Mon opinion s'appuie sur le témoignage de Merlet, la surnommant en 1675 Longue-Queue d'Anjou; puis aussi sur ce fait, qu'on la cultive depuis un temps immémorial dans notre province , où il en existe sur les fermes des arbres séculaires. Quant à l'autre synonyme , Poire de Damoiselle , que lui donnait le même auteur et sous lequel on la vend encore fréquemment, aujourd'hui, dès le principe il fut dénaturé. C'était Poire de Mademoiselle qu'avait, en 1670, écrit Claude Saint-Étienne, le premier qui l'ait citée [Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, p. 62) ; mais Merlet ayant, cinq ans plus tard, imprimé Damoiselle au lieu de Mademoiselle, on le copia d'autant mieux, ensuite, que son ouvrage est beaucoup moins rare que celui de Claude Saint-Étienne. Mayer, qui dans sa Pomona franconica (1776) reproduisit le synonyme Demoiselle, essaya de l'expliquer :
« Comme il faut — fit-il observer — savoir cueillir et manger à propos la poire de Yigne, si l'on veut jouir de tous ses avantages, car elle est frêle, délicate, un rien la ternit, c'est peut-être de là que lui vient le nom de vierge, ou Demoiselle. » (Tome III, pp. 237-238, n° 66.)
On sent aisément tout ce qu'a d'inadmissible une telle supposition, que Mayer et d'autres, d'après lui, n'eussent pas eu besoin de faire, s'ils avaient eu sous les yeux le livre de Claude Saint-Étienne. Poire de Mademoiselle, en 4670, indique ii. 47