NICOLAS BARSOTTO — NICOLAS BIARD
edilionc locupletala, dilucidata novo studio et labore Fr. Nicolai l ucensis, capucini concionatoris. Le titre, de la 2° édition diffère donc complètement de celui de la première; 3. Sermones de evangeliis pro adventu et quadraqcsima, Vienne, 1667; 4. Sermones de sanclis per annum occurrentibus, Vienne, 1668; 5. 11 traduisit de l'italien en allemand : Parctdisus inlerior P. Failli Manassei capuceini ctim additione quorumdam opusculorum et aliorum erercitiorum spiritualium, imprime deux fois à Cologne et trois fois à Vienne. Nicolas Barsotto mourut vers 1075.
Bernard de Bologne, Bibliotheca scriptornmcapiiccinorum, Venise, 1747, p. 198-199; J. II. Sbaralea, Supplemenlum ad scriptores trtum ordimtm S. Francisci, 2e édit., Rome, 1921, t. n, p. 268-269; Edouard d'Alençon, Bibliotheca Mariana Ord. FF. min. capuccinorum, Rome, 1910, p. 58-59; A. Zawart, The liislory of franciscan preaching and of Iranciscan. preachers, New-York, 1928, p. 515.
A. Teetaert.
16. NICOLAS BIARD, probablement frère mineur, doit avoir vécu vers le milieu du xme siècle et travaillé à Paris. Au cours des siècles, on l'a désigné sous les dénominations diverses de Nicolas Bayarde, Bajardus, de Briacho, de Viardo, de Biardo, de Byartho, de Broido, de Biordo, de Byard, Bayart, Biard. Comme on ne connaît à peu près rien de sa vie, on l'a fait appartenir à différents ordres religieux. Gandolfus, De 200 scriptoribus Erem. S. Augustini, en fait un augustin et lui attribue plusieurs ouvrages. D'après le catalogue de la bibliothèque des augustins à Crémone, publié par Possevin, à la fin de son Apparalus sacer, il y aurait existé un manuscrit, intitulé : Distinctiones Fr. Nicolai de Biardo ordinis eremitarum. Les dominicains Antoine de Sienne, Echard, le P. Mandonnet, au mot Preachers, dans Calholic encyclopedia, t. xn, p. 364, en font un frère prêcheur. Antoine de Sienne, Bibliotheca fratrum ord. prsed., Paris, 1585, l'appelle Nicolas de Byartho et lui attribue : Distinctiones morales, Summa de abstinentia et Sermones. Echard, Bibliotheca scriptorum ord. prsedicalorum, t. i, p. 123 sq., en fait un dominicain sur l'autorité de Bernard Guy. Jl lui donne le nom de Nicolas de Viardo et lui attribue : Sermones, Distinctiones utiles et morales et Summa de abstinentia. Il reconnaît toutefois que, dans la bibliothèque du Collège de Navarre, à Paris, il existe un exemplaire des Distinctiones, qui porte comme titre : Incipiunt distinctiones fratris Nicolai de Biardo ordinis fratrum minorum, et que, dans un grand nombre d'autres exemplaires, il n'est fait aucune mention de l'ordre auquel aurait appartenu Nicolas Biard. Il le fait vivre vers 1250. Possevin, dans son Apparatus sacer, t. i, Cologne, 1608, en fait tantôt un frère mineur, tantôt un frère prêcheur et tantôt ne le fait appartenir à aucun ordre. Il aurait vécu, d'après lui, vers 1410. Oudin, Commentarius de scriptoribus ecclesiaslicis, Leipzig, 1722, t. m, ad. ann. 1400, dit que Nicolas Biard paraît avoir appartenu à l'ordre des dominicains. L. Wadding, Scriptores ord. minorum, 28 édit., Borne 1906, p. 177, E. Longpré, O. F. M., Les « Distinctiones » de Fr. Thomas de Pavie, dans Archiv. franc, histor., t. xvi, 1923, p. 19, note 1, et J. H. Sbaralea, Supplementum ad scriptores ordinis minorum, t. n, Borne, 1921, p. 271, en font un frère mineur. Wadding l'appelle Nicolas de Broido et lui attribue : Distinctiones in quatuor libros Sentenliarum. A. Lecoy de la Marche, La chaire française au Moyen Age, 2« édit., Paris, 1886, p. 134 et 523, Fabricius, Bibliotheca latina Médise et Inftmœ JEtalis, t. i, Padoue, 1754, p. 309, etle Kirchliches Handlexikon, t. n, col. 1141, en font également un dominicain.
Bien que les témoins qui font de Nicolas Biard un dominicain soient les plus nombreux, il est cepen-
dant plus naturel, après les études récentes et plus approfondies des nouveaux éditeurs de Sbaralea, op. cit., et de B. Hauréau, Notices et extraits de quelques manuscrits latins de la Bibliothèque nationale. Pafts, 1890-1893, t. i, p. 206; t. n, p. 84-100 et 2n:,-2'.)2; t. m, p. 114; t. iv, p. 67; t. v, p. 142; t. vi, p. 264- 265, de faire appartenir Nicolas Biard à l'ordre des frères mineurs. Sbaralea donne un extrait de sermon, contenu dans le cod. lat. 12419 de la Bibliothèque nationale, fol. 120. qui prouverait à l'évidence qu'il fut franciscain. Nous y lisons : Sicut in deserto tradidit eis Dominus exemplar ut quod scriplum erat in eo facerent, similiter nobis in religione tradidit suse pauperlatis, suœ passion is exemplar, sciliect beatum Franciscum. Jllud exemplar fuit scriptum ad exemplar Christi, quia nullus in corde suo ita scriptam habuit Christi humilitatem, paupertatem et passionem. Hoc exemplar debemus respicere, et huic nos conformare. B. Hauréau, après l'étude minutieuse de plusieurs ouvrages et sermons de Nicolas Biard, est arrivé également à la conclusion, qu'il doit avoir appartenu à l'ordre des frères mineurs. Au cours des siècles, on n'a pas seulement fait appartenir Nicolas Biard à différents ordres religieux, mais aussi à différentes nationalités. Les uns en font un Anglais, tels Possevin et Oudin; d'autres le considèrent comme un Portugais (cf. A. Zawart, O. M. Cap., The history of Iranciscan preaching, New- York, 1928, p. 356); d'auti-es enfin le font appartenir à la nation française. Encore une fois, après les études de Sbaralea et de Hauréau, il ne peut subsister aucun doute, que Nicolas Biard ait été Français. De la sorte, l'opinion qui considère Nicolas Biard comme un franciscain et un Français, qui a vécu vers le milieu du xnie siècle, doit être considérée comme la plus probable et la plus proche de la vérité historique.
Bien que les détails sur sa vie et sur son activité nous échappent, nous connaissons cependant plusieurs ouvrages qui lui sont attribués. Ce sont :
1. Distinctiones ou Conceptus priedicabiles Ce n'est pas un commentaire du Livre des Sentences de Pierre Lombard, comme le suppose Wadding, Scriptores ord. min., p. 177, ni une somme ordonnée logiquement selon les matières théologiques. Cette œuvre appartient, en effet, à la littérature de la chaire, comme les autres ouvrages analogues des franciscains Maurice et Thomas de Pavie, de Robert Grossetête, de Pierre de Limoges et des dominicains Nicolas de Gorran et Jean de S. Gemignano. C'est un vaste répertoire alphabétique, qui offre aux prédicateurs des sujets à traiter et des matériaux à développer. Chaque sujet forme une distinction. Dans le but de réunir le plus de matériaux possible en vue de la prédication, le franciscain commente, explique et rapproche les « autorités » de la Bible. Voici d'ailleurs un exemple pris au mot Ascendit : ascendit Virgo ad triplicem eminentiam : ad eminentiam pietatis in sanctificaiione (suivent deux ou trois textes sacrés); item ad eminentiam gratiœ in fdii conceptionc; dictum est enim ei : Ave Maria, gratia plena...; item ad eminentiam famée et honestatis in conversatione; ingressus est enim angélus ad eam, non in foro vel in choreis, sed in oratorio reperiens eam (suivent d'autres textes); etc. Cf. Cod. lat. 164S9 de la Bibl. nat. Ces Distinctiones se vendaient ou se louaient chez les libraires de l'université et figuraient dans ses bibliothèques. Tant que les prédicateurs n'allaient puiser à ces Distinctiones que des éléments, des textes, des divisions, le rôle de l'inspiration et du talent fut seulement amoindri. Ces Distinctiones ne leur fournissaient tout au plus que les pensées; elles ne leur soufflaient pas les mots. Mais l'abus arriva promptement. En ouvrant la porte aux recettes mécaniques, on se condamnait à voir ce