NICOLAS DE JESUS-MARIE
instruit, tandis que son prédécesseur, Eustrate Garidas (1081-1084), était illettré, peut-être aussi de qu'il avait été secrétaire. Il fut d'abord moine au monastère du Prodrome dans la capitale. Son long patriarcat fut marqué par divers épisodes, comme la lutte menée pendant deux ans contre lui par Léon, métropolite de Chalcédoine (1084-1086), la condamnation du moine Nil (1094), l'hérésie des bogomiles et la condamnation de leur chef le médecin Basile (1110). Il a laissé quelques réponses canoniques, insérées par G. Rhalli et M. Potli, SûvTxyji.a tôv îspcôv xavôvwv, t. v, p. 58-76 et P. G., t. cxix, col. 761-765 et 860-883. Il est très probablement l'auteur du lypicon de règles monastiques en vers populaires que de nombreux manuscrits attribuent à un Nicolas, patriarche de Constantinople. Ce tijpicon est adressé tantôt au prôtos de l'Athos, tantôt à l'abbé Anastase du Sinaï, tantôt à un sinaïte du nom de Jean. Il a été souvent édité à Venise depuis 1603 avec les typica de Saint-Sabas. Le cardinal A. Maï l'a reproduit, mais sans caractère métrique, dans ses Scriplorum veterum nova colleclio, t. ix, Rome, 1837, p. 611-618, et l'attribue à Nicolas le .Mystique, ce qui vieillirait ce document de deux siècles. Le texte de Mai est reproduit dans P. G., t. cxi, col. 391-406. Le cardinal Pitra a réédité le typicon en vers dans le Spicilegium Solesmense, t. iv, 1858, p. 487-490, avec des variantes tirées de différents manuscrits. M. Gédéon en a donné une édition postérieure dans son '0"A6<oç, 1885, p. 273-288, mais sans avoir connu le travail du cardinal Pitra. Nicolas Grammaticos écrivit aussi des lettres au pape Urbain II en 1089, Eustathe Boulismas, dans 'Attixôv 'H(i.epoXÔYiov, 1877, p. 323-337. Enfin le Ilr.SàXiov, éd. Leipzig, 1800, p. 508-511, lui attribue des réponses à diverses questions posées par des moines.
R. Ceillier, Histoire des auteurs sacrés et ecclés., 2e édit., t. xin, p. 559-560; Fabricius, Bibliotheca greeca, 1721, t. x, p. 291; J.-B. Pitra, Spicilegium Solesmense, 1858, t. IV, p. 466; M. Gédéon, lla;Mioyiw ix.'/ax-: , 1890, p. 338-347; 'O "\0.>:, 1885, p. 273-238'; K. Krurnbacher, Geschichle der byzantin. Literatur, 2e édit., 1897, p. 317; P. G., t. cxix, col. 761-765, 860-883; t. cxxvn, col. 171-174; t. cxxxvm, col. 937-950.
R. Janin.
30. NICOLAS DE HANAPS, dominicain à Reims en 1240, puis à Paris, pénitencier du pape à Rome, patriarche de Jérusalem en résidence à Saint-Jean-d'Acre où il mourut pendant la prise de la ville en 1291. Outre divers manuscrits, il a laissé une Biblia pauperum, sorte de traité de morale par exemples tirés de l'Écriture sainte. L'ouvrage, plusieurs fois édité, a été parfois attribué à saint Bonaventure, faussement, comme l'a montré Echard par l'examen des plus anciens manuscrits.
Quctif-Hchard, Scriptores ordinis pnedicatorum, t. i, p. 422-427; Touron, Histoire des hommes illustres de l'ordre de S. Dominique, t. i, p. 529-541.
M. -M. Gorce.
31. NICOLAS DE JÉSUS-MARÉE, (Centurionï), auteur mystique, carme déchaussé italien du xyii« siècle. — Nicolas de Jésus-Marie, de la noble famille des Centurioni, naquit à Gênes; étant allé frire ses études en Espagne, il revêtit la bure de la réforme des carmes déchaussés à Valladolid. Il fut prieur des couvents de Salamanque, Valladolid et Avila, provincial de la Vieille-Castille et professeur au collège de son ordre à Salamanque. Il mourut à Madrid en 1660 et non à Avila en 1680, comme le disent, à tort, quelques auteurs. Il écrivit plusieurs ouvrages; entre autres : 1. une étude critique sur le texte de la Montre du Carmel de saint Jean de la Croix, le ms. en était encore conservé au
couvent de Duruelo au xvni° siècle; à présent le ms. semble perdu; 2. Phrasium muslicœ thcologiiv V. P. F. Joannis a Cruce carmelilarum excalceaiorum parenlis prirni elucidatio, important ouvrage fort loué et apprécié des savants, en particulier de Bossuet, qui le cite bien des fois et en témoigne sa satisfaction, en disant que l'auteur était l'interprète érndit et même le plus savant interprète de saint Jean de la Croix. Nicolas, en effet, y explique et défend la doctrine du Docteur mystique contre les attaques et critiques du commencement du xvne siècle. L'ouvrage parut en latin, et non en espagnol, à Alcalâ de Henares en 1631 chez Jean de Orduna; puis à Cologne en 1639 à la fin des œuvres de saint Jean de la Croix. Cette œuvre fut cependant composée quelques années avant 1631. Le P. Cyprien de la Nativité en publia une traduction française à Paris 1641 et f655, traduction qui reparut, retouchée, dans les Éludes carmélitaines, juillet, 1911, p. 241, à juillet-octobre 1914, p. 361.
Daniel ds la 'Vierge-Marie, Spéculum \carmelitanum, Anvers, 1680, t. n, p. 1131 b, 'n. 3966; Bossuet, Instruction sur les états d'oraison, 1. VII, n. 9, édit. Paris 1862- 1866, t. xvin, p. 524; Mystici in tulo, part. I, art. 1, cap. IX, édit. cit., t. xix, p. 591; Nicolas Antoine, Bibliotheca hispana noua, 1500-1684, Madrid, 1733-1738, t. n, p. 384 a; Martial de S.-J.-B., Bibliotheca scriptorum carm. exe, Bordeaux, 1730, p. 308, n. 6; Cosme de Villiers, Bibliotheca carmelitana, Orléans, 1752, t. n, col. 497-498, n. 29; Barthélémy de Saint-Ange, Henri du Saint- Sacrement, Colleclio scriptorum o. carm. exe, Savone, 1884, t. H, p. 61-62, n. 9; Gérard de S.-.Jean de la Croix, Obras del mistico Doctor San Juan de la Cruz, Tolède, 1912-191 1, 1. i, p. lx et 403; Ëtudes carmélitaines, passim; cf. Table générale, 1922, p. 270.
P. Anastase de Saint-Paul.
32. NSCOLAS DE JÉSUS-MARIE, (Opacki), carme déchaussé polonais, théologien et auteur ascétique du xvne siècle. - - Fils de Nicolas Opaclvi, grand officier de la cour du roi Sigismond III, Nicolas de Jésus-Marie (dp aussi Nicolas de Jésus par quelques-uns, tels Martial de Saint- Jean-Baptiste et après lui Cosme de Villiers, etc.} naquit à Cracovie en 1596. Après de bonnes études tant à la maison paternelle qu'au gymnase de sa ville natale, il entra, en 1610, au noviciat des carmes déchaussés, établi depuis peu à Wesola, faubourg de Cracovie, et y prononça ses vœux le 16 octobre de. l'année suivante. Ses supérieurs l'envoyèrent d'abord à Lublin, puis à Gènes (1612) continuer ses études. Ordonné prêtre, à peine âgé de vingt ans, il rentra en Pologne (1617) et enseigna la philosophie et la théologie nu collège de son ordre à Lublin, et puis à celui des Saints-Michel-et-Joseph à Cracovie (couvent distinct du noviciat du faubourg Wesola). Au chapitre provincial de Lemberg, 1625, il fut élu premier définiteur provincial, et fut pendant quelque temps vicaire-provincial de Pologne. Il se distingua non seulement par sa science et ses bonnes qualités, mais surtout par sa grande vertu 11 mourut en odeur de sainteté, probablement empoisonné, à Cracovie, le 5 octobre 1627. On lui doit divers ouvrages, la plupart ascétiques, restés tous inédits, sauf : 1. Compcndium concordix libertatis crcalœ cum divina, Cracovie, 1627; et 2. Apologia perfeclionis vitœ spiritualis, sive propugnaculum rcligionuni, sed maxime m-n'ticanlium, contra epislolam theologi cujusdam ad quemlam magnatem scirc ciipicnlem, quomodo posset distribuere bona sua temporaUa ad pios mus, cum ulilitale quammaxima animiv sua. Et cui Ordini regulari u nu m e nepotibus suis, vitœ religio.ie desiderio captum, deberet addicare, Borne, 1626; Cracovie, 1627; Borne, 1628; Barcelone, 1629; Gênes, 1653; Enfin l'université de Douai fit imprimer cette apologie, en 1630, sous le titre d' Allure incensi, sive uureu
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