EXÉCUTION RAPIDE PRIX AVANTAGEUX
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NICOLE (PIERRE
au nombre de sept, furent complétés, plus tard, par trois autres, qui parurent en 1668. Nicole collabora à la Réfutation du livre du P. Annat, contenant des réflexions sur le mandement de l'évêque d'Alet et sur divers écrits où l'on dé/end contre ce Père les mandements et les procès-verbaux de plusieurs prélats qui ont distingué le fait et droit, sans exiger la créance du fait, in-4°, 1667.
Nicole fut un des principaux collaborateurs qui prirent part à la traduction du Nouveau Testament, imprimé à Mons, si cher aux jansénistes. Œuvres d'Arnauld, t. vi, p. 1-550. Avec Arnauld, il réfuta les objections qui furent faites à cette traduction, dans la Défense du Nouveau Testament de Mons contre le P. Maimbourg, in-4°, 1667. Cette Défense est divisée en sept parties qui parurent successivement, Œuvres d'Arnauld, t. vi, p. 559-784, et furent réunies dans un volume in-8°, en 1669, avec un avertissement de Nicole. Celui-ci travailla aussi aux autres écrits qui furent rédigés à Port-Royal pour la défense de la traduction et qui, pour la plupart, portent le nom d'Arnauld. C'est également pour défendre ses amis de Port-Royal que Nicole collabora à l'écrit intitulé : Conformité des jansénistes et des thomistes au sujet des cinq propositions, in-4», 1667, et qu'il publia la Requête de M. l'archevêque d'Embrun avec des notes, in-4°, 1668, afin de réfuter les assertions de l'archevêque d'Embrun contre les solitaires de Port-Royal, pour qui Nicole composa une nouvelle Requête au roi. M. Le Roy, abbé de Hautefontaine, avait publié une Lettre sur la constance à laquelle le P. Rouhours, S. J., avait répliqué. Pour défendre son ami et Port-Royal, Nicole publia une Réfutation de la réponse à la lettre sur la constance et le courage qu'on doit avoir pour la vérité, in-4°, 1668, et une Lettre à M. l'archevêque d'Embrun, où l'on montre l'imposture insigne de son défenseur, touchant la lettre sur la constance et le courage qu'on doit avoir pour la vérité. Ces deux écrits sont dirigés contre le P. Rouhours.
Nicole poursuivit la lutte contre le protestantisme, dans l'écrit intitulé : Préjugés légitimes contre les calvinistes, in-12, Paris, 1671. Ce livre, dont le but était de soutenir Arnauld, fut composé sous les yeux et avec l'approbation d'Arnauld, et il fut vivement attaqué par les ministres, Claude, Pajon et Jurieu. Claude, ministre de Charenton, répliqua à Nicole dans la Défense de la réformation contre les préjugés légitimes; Pajon, ministre d'Orléans, publia YExamen du livre qui a pour litre : Préjugés légitimes, et enfin, Jurieu, ministre à Metz, publia les Préjugés légitimes contre le papisme, in-12, Amsterdam, 1675, et Le vrai système de l'Église et la véritable analyse de la foi, in-8°, Dordrecht, 1682. Nicole défendit son ouvrage par l'écrit intitulé : Les prétendus réformés, convaincus de schisme, pour servir de réponse tant à un écrit intitulé : Considérations sur les lettres circulaires de l'assemblée du clergé de France de 1682 qu'à un livre intitulé : Défense de la réformation contre les préjugés légitimes, in-12, Paris, 1684 (voir E. du Pin, Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques du A'F//° siècle, t. m, p. 362-368). Le traité De l'unité de l'Église ou Réfutation du nouveau système de M. Jurieu, in-12, Paris, 1687 (voir Journal des savants, 22, 29 mars et 5 avril 1688, p. 159-179) est une réponse à la théorie exposée par Jurieu, à savoir que l'Église catholique est universelle, qu'elle est répandue dans toutes les sectes, et a de véritables membres dans toutes les sociétés qui admettent la religion chrétienne, quelles que soient les divergences qui les séparent et les portent à s'excommunier les unes les autres. Contre Jurieu, Nicole montre que la doctrine de l'Église sur l'unité est celle qui est embrassée par tous les chrétiens depuis seize siècles, et il expose les preuves du schisme
DICT. DE THÉOL. CATH
introduit par le calvinisme. E. du Pin, op. cit., t. m, p. 368-393.
Mais l'ouvrage capital de Nicole, celui qui a fait sa réputation, c'est le traité qui a pour titre : Essais de morale, qui parut d'abord en 4 vol. in-12, Paris, 1671-1678. Le premier volume fut imprimé en 1671, sous le nom de Mombrigny; le second, qui contient un traité de l'éducation d'un prince avec quelques autres traités de morale, parut en 1671 sous le pseudonyme de Chanterêne; le troisième, qui parut en 1675 sous le même nom, contient quelques traités déjà publiés : Traité des diverses manières dont on lente Dieu et un petit écrit De la comédie, déjà imprimé en 1659, pour servir de préservatif contre les ouvrages de l'abbé d'Aubignac, qui, en 1657, avait fait l'apologie du théâtre. Enfin le quatrième volume parut, anonyme, en 1678. D'autres volumes d'Essais parurent plus tard ; mais déjà de nombreuses éditions, plus ou moins complètes, avaient été publiées, en particulier, à La Haye, 9 vol. in-12, 1686-1696. Après la mort de Nicole, les éditions se multiplièrent : une dixième édition en 10 volumes parut en 1799; celle de Paris, 1713- 1725, contient 14 volumes, comme celle de 1753.
Les diverses éditions furent imprimées, avec des modifications plus ou moins profondes, ou des extraits plus ou moins importants sous des titres divers : Continuation des Essais de morale contenant des réflexions morales sur les épîtres et les évangiles de toute l'année, 4 tomes en 5 vol. in-12, Paris, 1687-1688. (A la bibliothèque Sainte-Geneviève, on trouve, ms. 1484, p. 166- 482, des Extraits des principaux endroits des explications de Nicole sur les épîtres et les évangiles de l'année et, ms. 2874, un index, par ordre alphabétique, des matières traitées dans les réflexions mêlées de feu M. Nicole sur les épîtres et les évangiles de toute l'année et sur les mystères de Jésus-Christ.) Une autre Continuation des Essais de morale donne un tome neuvième, ouvrage posthume de M. Nicole, contenant divers traités, in-12, Paris, 1700. Enfin, on peut citer encore : Continuation des Essais de morale, contenant la vie de M. Nicole et l'histoire de ses ouvrages, in-12, Luxembourg, 1732 et Liège, 1767; La science du salut, tirée des Essais de morale par Orner Joly de Fleury, in-12, Paris, 1746; Œuvres philosophiques et morales de Nicole, contenant un choix de ses Essais, publiées avec des notes et une introduction par M. Jourdain, in-12, Paris, 1844.
Nicole lui-même compléta ses Essais par d'autres écrits qui n'en sont que le développement et qui parurent après sa mort. Ce sont : les Instructions théologiques et morales sur les sacrements, 2 vol. in-12, Paris, 1700, réédités en 1704, 1708, 1723, 1741 ; — Instructions théologiques et morales sur le symbole, 2 vol. in-12, Paris, 1706, réédités en 1716, 1723, 1761 ; ce sont 13 instructions dans lesquelles Nicole aborde divers sujets religieux, en se plaçant au point de vue pratique (Journal des savants, du 11 janvier 1706, p. 17-24, et Mémoires de Trévoux, février 1707, p. 189-216, et novembre 1707, p. 1881-1892); — Instructions théologiques et morales sur l'Oraison dominicale, la Salutation angélique, la sainte Messe et les autres prières de l'Église, in-12, Paris, 1706, rééditées en 1708, 1725, 1761 ; ce sont sept instructions dont la troisième fait un bel éloge de la sainte Vierge (Journal des savants du 5 juillet 1706, p. 401-406, et Mémoires de Trévoux, octobre 1712, p. 1741-1762); — Instructions théologiques et morales sur le premier commandement du décalogue, où il est traité de la foi, de l'espérance et de la charité, 2 vol. in-12, Paris, 1709, réédités en 1714, 1741; c'est un écrit en forme de dialogues que Nicole n'eut pas le temps d'achever.
Toutes les œuvres morales de Nicole furent de nouveau éditées en 22 volumes, comprenant 8 volumes
NICOLE (PIERRE
d'Essais, 5 volumes de Continuation des Essais, publiés en 1723, puis 7 volumes, 1719-1728, d'Instructions, et enfin 2 volumes sur la Prière, 1716. Un prêtre du diocèse de Limoges, Fichant, publia, en 1732, (cent) Propositions extraites de 22 volumes de morales de M. Nicole, et il s'applique à montrer que ces propositions contiennent les cinq propositions de Jansénius (Mémoires de Trévoux, juin 1732,p. 1032-1068); de leur côté, les Nouvelles ecclésiastiques du 18 octobre 1732, p. 189-190, disent que ces cent propositions donnent une explication parfaite de la bulle dans tous ces points (Mémoires de Trévoux, février 1733, p. 372- 379). Dans tous ces écrits, Nicole exagère les faiblesses de la nature humaine et l'impuissance de l'homme pour le bien; il risque peut-être de développer les scrupules par ses analyses subtiles et tout empreintes de pessimisme. Voir Bremond, Histoire littéraire du sentiment religieux en France, t. iv, L'École de Port- Royal, p. 466-472, dont la sévérité à l'endroit de Nicole paraît néanmoins outrée.
Nicole aborda aussi les questions de spiritualité, indirectement d'abord, dans la Lettre des évêques de Saint-Pons et d'Arras au pape Innocent XI, contre les relâchements des casuistes, 1677, et directement dans le Traité de l'oraison, in-40., Paris, 1679. Nicole composa cet écrit pour défendre, contre Barcos, abbé de Saint-Cyran et neveu du fameux abbé de Saint-Cyran, un petit écrit De l'oraison mentale, que la sœur Angélique de Saint-Jean, abbesse de Port-Royal, avait publié, sous le nom de Philerème. Pour éviter des polémiques, Nicole ne publia son écrit qu'après la mort de Barcos, 16 août 1678, et, en 1694, il en donna une troisième édition, sous le titre de Traité de la prière, 2 vol. in-12, Paris, 1694. "Voir Bremond, op. cit., p. 418-482 et 501-553. Nicole fit imprimer, peu après le Traité de l'oraison, une Histoire de Catherine Fontaine, autrement La Prieuse, et la vie de Jeanne Malin, in-12, 1680; son but était de désabuser le public au sujet de ces deux prétendues dévotes qu'un prêtre habitué de Saint-Roch, nommé Villeri, exilé à Autun, prétendit justifier, dans un écrit qui a pour titre Abrégé de l'histoire de la vie de Catherine Fontaine, pour répondre à un libelle intitulé : Histoire de Catherine Fontaine, autrement la Prieuse, 1688. Sousletitre : JEqraï animas et dolorem suum lenire conanlis pia in psalmum cxviii soliloquia, Nicole donna une explication libre du psaume cxvm, composée par M. Hamon, et il fit imprimer, en 1687, le second volume des Traités de M. Hamon dont le premier volume avait été publié en 1675. C'est aussi Nicole qui fit imprimer à Paris, en 1689, deux volumes des autres traités de piété de M. Hamon, avec une longue préface où il fait un éloge enthousiaste de ce bon solitaire de Port- Royal.
Aux ouvrages de spiritualité de Nicole, il faut ajouter celui qu'il composa à la demande de Bossuet, après une étude attentive des écrits de Molinos et de Mme Guyon. La Réfutation des principales erreurs des quiélisies, contenues dans les livres censurés par l'ordonnance de Mgr l'archevêque de Paris du 16 décembre 1694, in-12, Paris, 1695, est le dernier ouvrage publié par Nicole lui-même qui mourait le 16 novembre 1695. Cet écrit, mieux que tout autre, montre bien le caractère antimystique de Nicole. Voir Bremond, op. cit., p. 483-488 et 553-588.
Nicole se sépara de Port-Royal sur la question de la grâce, et il eut des polémiques assez vives avec ses amis : Arnauld, le P. Quesnel, le P. Hilarion Monnier, de la congrégation de Saint-Vanne, et le P. Lamy, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur. Contre ses amis, il soutint l'existence d'une grâce universelle accordée par Dieu à tous les hommes : c'est la grâce suffisante que Dieu ne refuse à personne, avec laquelle
d'ailleurs, si elle est seule, on ne peut agir réellement. Sur cette question, Nicole paraît infidèle au jansénisme; il fut combattu, mais, pour éviter tout scandale, les écrits ne furent point publiés, du vivant des principaux antagonistes : Nicole et Arnauld. Ce fut seulement après la mort de Nicole que quelques-uns des écrits virent le jour (voir Préface historique et critique des éditeurs des Œuvres d' Arnauld, t. x, p. xix-xxix) : Le système de M. Nicole louchant la grâce universelle, in-12, Cologne, 1699. C'est un extrait d'un ouvrage qui parut plus tard. Le P. Souâtre, S. J., qui le publia, le donne comme le testament spirituel de Nicole (Mémoires de Trévoux, mars 1702, p. 65-76; on en trouve une copie à la Bibliothèque nationale ms. franc. 10593); Traité de la grâce générale, 2 vol. in-12, 1715, où on trouve réunis tous les écrits composés par Nicole sur cette question : au premier volume, il y a un long traité que Nicole avait composé en 1674 et cinq lettres qu'il avait écrites sur ce sujet, puis une Réponse à un écrit sur le sentiment de Jansénius touchant la grâce suffisante des thomistes; le second volume comprend un autre Traité de la grâce générale, beaucoup plus complet que le premier, puis quatre dissertations contre le P. Hilarion Monnier, bénédictin de la congrégation de Saint-Vanne, qui s'était déclaré contre le système de Nicole, et avait écrit sept lettres qui furent publiées en 1716, sous le titre de : Réflexions sur le traité de la grâce générale; à la fin du volume, il y a un Éclaircissement sur diverses propositions condamnées par l'Inquisition de Rome dans le décret d'Alexandre VIII, puis une Lettre à Quesnel et un Écrit de la part que Dieu a dans la conduite des hommes; ce dernier travail est l'œuvre de Bourdaille, docteur de Sorbonne. Les théories de Nicole au sujet de la grâce générale soulevèrent de vives critiques de la part des amis de Port-Royal : on peut citer des Extraits de deux lettres de feu le Révérendissime Père général des chartreux sur le système de M. Nicole (Mémoires de Trévoux, octobre 1712, p. 1762-1779).A la Bibliothèque nationale,on trouve : mss. franc. 10 ,r>93, Le système de M. Nicole touchant la grâce universelle; 19 303, Le système de M. Nicole sur la grâce; 10 595, Examen du système de M. Nicole sur la grâce universelle ou générale. A la bibliothèque Sainte-Geneviève, ms. 1 546, Plan du nouveau système de M. Nicole touchant la grâce universelle, et ms. 1 583, Réfutation du système de M. Nicole par M. Duguet. Ce dernier écrit se trouve aussi à la Bibliothèque nationale, ms. franc. 302. C'est en s'appuyant sur la théorie soutenue par Nicole dans ces divers écrits que M. Henri Bremond a pu écrire tout un chapitre intitulé : Nicole ou le janséniste malgré lui, dans l'ouvrage déjà cité, p. 426-466.
Dans le recueil de Lettres choisies de M. Nicole, in-12, Liège, 1702, on a réuni 54 lettres qui, presque toutes, abordent quelques points de morale exposés « avec beaucoup de soin et de délicatesse ». (Journal des savants du 13 novembre 1702, p. 629-636 et Mémoires de Trévoux, mars 1703, p. 371-383.) Elles se terminent par un panégyrique de saint François de Paule. Une seconde édition, qui parut en 1714, contient 103 lettres auxquelles on a ajouté cinq lettres de M. Rancé, abbé de la Trappe. Une autre édition parut en Hollande en 1718, avec un second volume qui a pour titre : Lettres nouvelles. En 1720, fut publié un Traité de l'usure, où l'on traite à fond la question du (aux dépôt, et, en 1724, un Mémoire sur la dispute entre le P. Mabillon et M. de Rancé, au sujet des éludes monastiques. Ce travail, rédigé en 1692, dans lequel Nicole prend la défense de Mabillon, fut inséré parmi les Ouvrages posthumes de Mabillon, in-4", Paris, 1724.
Nicole laissa un très grand nombre de manuscrits
NICOLE (PIERRE
NICON
dont quelques-uns, on vient de le voir, ont été publiés après sa mort; mais beaucoup restent encore, en totalité ou en partie, inédits. La Bibliothèque nationale possède, aux ms. franc. 13 889, des Copies de lettres de M. Nicole, du P. Quesnel et de quelques autres sur les affaires de Port-Royal, et ms. 17 805, des Extraits des lettres de M. Nicole à Mlle Gallier, 1681- 1682. La bibliothèque Mazarine, ms. 2 477, possède un Essai de Nicole contre Pascal sur le Formulaire, et, ms. 2 470, un Parallèle du système de S. Augustin et de S. Thomas touchant les décrets de Dieu, la prédestination, la grâce et la liberté, par M. Nicole.
Les ouvrages de Nicole eurent une grande réputation et les contemporains de Nicole apprécièrent fort tous ses écrits. On connaît l'estime de Mme de Sévigné pour Nicole et le Journal des savants, en 1737, p. 497, après avoir cité Mme de Sévigné, ajoute ces paroles qui résument bien les appréciations des critiques de son temps. « Nicole est solide, profond, lumineux et nous n'avons peut-être point de meilleur modèle de la précision et de la netteté du style; ses ouvrages, quoique pour la plupart de piété, sont entre les mains de tous les gens d'esprit, et humainement il n'y en a point de plus propres à leur faire respecter la religion. » Aussi c'est avec raison que M. Bremond, op. cit., p. 419, note, trouve « fâcheux, presque scandaleux, que personne n'ait encore fait une étude approfondie de Nicole. » Cette lacune sera peut-être bientôt comblée, puisqu'on a annoncé une thèse de doctorat sur Nicole.
Ajoutons enfin — • et cela seul prouve le succès de Nicole — que beaucoup d'écrits se sont inspirés de lui et ont puisé largement dans son œuvre pour en tirer des ouvrages. Qu'il suffise de citer : Œuvres de controverse de Nicole, 6 vol. in-12, Paris, 1755; L'esprit de M. Nicole ou Instructions sur les vérités de la religion, par l'abbé Cerveau, in-12, Paris, 1765 et 1774; Pensées de M. Nicole, précédées d'une introduction et d'une notice sur sa personne et ses écrits par Moreau de Mersan, in-12, Paris, 1806; Pensées de Nicole, par J.-B. Champagnac, in-8, Paris, 1828; Les moralistes français du xvn» siècle ou Pensées choisies de Pascal, Nicole, La Rochefoucauld, La Bruyère, avec des notes biographiques et littéraires par M. Bouchez, in-12, Toulouse, 1833; Choix de pensées de Nicole ou Traités de la paix avec les hommes, in-12, Paris, 1842, à la suite des Pensées de Pascal; Choix de traités de morale de M. Nicole : de la faiblesse de l'homme, de la soumission à la volonté de Dieu, des diverses manières dont on tente Dieu, des moyens de conserver la paix avec les hommes, de la civilité chrétienne, in-16, Paris, 1857, etc.
Michaud, Bibliographie universelle, 'j xxx, p. 554-556; Hoefer, Nouvelle biographie générale, t. xxxvn, col. 1018- 1026; Moréri, Le grand dictionnaire historique, édit. de 1759, t. vn, p. 1029-1033; Bayle, Dictionnaire historique et critique, édit. de 1820, t. xi, p. 139-150; Feller-Weiss, t. vi, p. 221-223; Richard et Giraud, Bibliothèque sacrée, t. xvn, p. 464-466; Chaudon et Delandine, Dictionnaire universel historique, critique et bibliographique, édit. 1810, t. xn, p. 485-488; Niceron, Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres, t. xxix, p. 285-333; Barrai, Dictionnaire historique, littéraire et critique, t. m, p. 657-664; Ladvocat, Dictionnaire historique et bibliographique portatif, t. n, p. 415-416; Dictionnaire historique des auteurs ecclésiastiques, t. m, p. 227-231; les diverses Histoires de Port- Royal : Clémencet, Guibert, Fontaine, Lancelot, du Fossé et plus récemment Sainte-Beuve dans son Port-Royal, t. iv, c. vn et vm, parlent très souvent de Nicole; de même Rapin, Mémoires, édit. Aubineau, et Hermant, Mémoires, édit. Gazier; Besoigne, Histoire de l'abbaye de Port-Royal, 1752, 1. iv, p. 223-336; Nécrologe des plus célèbres défenseurs de la vérité, 1761, p. 293-296, et Supplément au nécrologe des plus célèbres défenseurs et confesseurs de la vérité des XVII' et XVIII' siècles, 1763, p. 265-
270; Goujet, Histoire de la vie et des ouvrages de M. Nicole, in-8° et in-12, 1733 et 1766, placée en tête du t. xu des Essais de Nicole; du même, Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques du XVI II» siècle, 1. 1, p. 422-435 et 526-569; Lanjuinais, Études biographiques et littéraires sur A. Arnauld, P. Nicole et Jacques Necker, avec une notice sur Christophe Colomb, in-8°, Paris, 1823; Liron, Bibliothèque chartraine, p. 294-298; Merlet, Bibliothèque chartraine antérieure au XIX" siècle, in-8°, Orléans, 1882, p. 313- 326; Migne, Encyclopédie théologique, t. xn, col. 685-710; André Hallays, Le pèlerinage de Port-Royal, in-8°, Paris, 1914, p. 218-233. — Hurter, Nomenclaior, 3e édit., t. iv, col. 444-448; Gazier, Histoire générale du mouvement janséniste, depuis ses origines jusqu'à nos jours, 2 vol. in-8°, Paris, 1922, p. 162-164 et 214-216; Bremond, Histoire littéraire du sentiment religieux en France, t. iv, L'école de Port-Royal, p. 418-588; Em. Thouverez, Pierre Nicole, in-16, Paris, 1926; il faut ajouter La vie manuscrite de Nicole par Goujet, à la Bibliothèque nationale, ms. franc. 13 898; Vie anonyme de Nicole, écrite au milieu du xvm" siècle, distincte de celle de Goujet et de celle de Besoigne, à la bibliothèque Mazarine, ms.
J. Carreyre.
NICOLLE Vincent, dominicain, mort en 1739. Il avait publié à Douai, in-4°, une Synopsis variarum resolutionum in historiam sacram V. et N. T., qui est en réalité, sous forme catéchistique, une histoire doctrinale, en particulier des diverses hérésies, jusqu'au début du xvnie siècle.
Hurter, Nomenclator, 3e édit., t. iv, col. 1189.
M.-M. Gorce.
NICOLUCCI Jean-Dominique, dominicain italien qui publia à Bologne, en 1691, un Traclatus theologicus de justificatione impii. Canoniste, il écrivit aussi, entre 1676 et 1693, divers ouvrages sur l'état du clerc et du religieux.
Quétif-Echard, Scriptores ordinis prœdicalorum, t. n, p. 734. — Huiter, Nomenclator, 3e édit., t. iv, col. 390.
M.-M. Gorce.
1. NICON, patriarche de Moscou en 1652, déposé, en 1666 et mort en exil en 1681. I. Vie. II. Ecclésiologie.
I. Vie. — Nicon, dans le monde Nikita Minic, naquit en mai 1605 à Veldemanov, province de Niznij- Novgorod, defamille paysanne. Il entra dans le clergé séculier, mais, après une dizaine d'années, à l'âge de 30 ans, il se sépara de sa femme, qui entra dans le monastère de Saint-Alexis à Moscou, et partit luimême pour les solitudes de la mer Blanche. Il se joignit tout d'abord au moine (en Russie, bienheureux) Éléazar, supérieur de la skyte de l'île d'Anzer, mais, s'étant brouillé avec lui pour des questions d'argent, il le quitta pour se diriger vers le monastère de Kozeozero où il devint bientôt higoumène (1642). En 1647, il va à Moscou pour les affaires de sa communauté et séduit par l'austérité de sa vie le jeune tsar Alexis Mikhailovic (1629-1645-1676), qui le fait nommer archimandrite du monastère de Novospass à Moscou. L'influence de Nicon à la cour grandit si vite que, deux ans après, il est consacré métropolite de Novgorod (1649).
En 1652, il persuade au souverain de faire venir de Solovetz les reliques de saint Philippe. Il s'agit du métropolite de Moscou, assassiné sur l'ordre d'Ivan le Terrible (1530-1584) en 1569, et canonisé depuis lors dans l'Église russe. Tous les historiens russes voient dans cet acte une réparation faite parle pouvoir civil au sacerdoce outragé. Dans une lettre que Nicon devait lire devant le corps de Philippe, avant la translation, le tsar disait : « J'incline ma dignité royale devant toi, à la place de mon aïeul qui pécha contre toi, afin que, par ta venue parmi nous, tu lui pardonnes son péché, afin que l'opprobre qui pèse sur lui pour t 'avoir persécuté soit enlevé, et afin
NICON
que tous se rendent compte que tu t'es réconcilié avec lui. » Nicon, sans doute, avait jugé d'autant plus nécessaire de bien marquer cette indépendance de l'Église vis-à-vis de la couronne, que le nouveau Code de lois, promulgué à peine trois ans auparavant (1649), avait enlevé à l'Église russe ses dernières prérogatives, en soumettant le clergé à la juridiction séculière.
Durant cette absence de Nicon, le patriarche Joseph mourut. Nicon fut choisi — désigné par le tsar et élu par le concile ■ — ■ pour être son successeur; mais, après son élection, il refusa de se laisser consacrer jusqu'à ce que le tsar et les boyards se fussent jetés à ses pieds et lui eussent juré obéissance. Il voulait évidemment paralyser l'opposition du tsar et de la noblesse contre l'émancipation de l'Église qu'il se proposait d'entreprendre.
Le patriarche. — Laissant de côté les multiples questions —d'ordre plutôt historique — -qui font du patriarcat de Nicon une époque glorieuse dans l'histoire de Russie, limitons-nous à dire quelques mots de la fameuse réforme liturgique qui devait rester attachée à son nom. Depuis le concile de Florence, et surtout depuis la création du patriarcat en Russie, l'idée de Moscou, troisième. Rome, avait fait son chemin. Jérémie II de Gonstantinople, et Théophane de Jérusalem avaient consacré cette expression louangeuse. Les Russes, d'autre part, méprisaient les Grecs, qui, soumis aux Turcs et obligés d'imprimer leurs livres à Venise, à Paris, ou à Rome « dans le territoire du pape », étaient considérés comme ayant perdu la pureté de la foi. Or, au cours des siècles, bien des différences avaient surgi entre Grecs et Russes, soit dans le texte des livres liturgiques, soit dans les cérémonies elles-mêmes. En voici quelques exemples. Les Grecs lisaient Usas, ies Russes Isus; les Grecs faisaient le signe de la croix avec trois doigts, les Moscovites avec deux. Les Grecs disaient l'Alleluia trois fois, les Moscovites deux fois, etc. Le tsar et son entourage désirèrent unifier tout cela. Leur grécophilisme qui s'explique pour bien des raisons, principalement politiques, les poussait à se conformer en tout aux Grecs. Nicon, pour des motifs plus théologiques, partageait leur manière de voir, et ce fut une des raisons pour lesquelles il fut nommé patriarche. Au début du carême de 1653, il ordonna de « faire les métanies (inclinations) quadragésimales jusqu'à la ceinture, et de faire le signe de la croix avec trois doigts. » Les anciens amis de Nicon, Neronov, Daniel et d'autres, tout le petit groupe qui sous le patriarcat précédent avait dirigé l'Église se révolta. Ce fut l'origine du schisme des vieux-croyants (slarovières), les plus nombreux parmi les raskolniks (ou schismatiques) de Russie. Nicon, fort de l'appui du tsar, les fit condamner, déposer, et exiler en divers endroits de Russie. Il se livra alors entièrement à la correction des Livres saints. En mars 1654, il convoque un concile où il décrète cette correction, rétablit la législation sur les métanies, proclame la nécessité de l'accord complet entre les divers patriarcats, et condamne Paul, évêque de Kolomna, à l'exil (les starovières disent à être brûlé vif, mais sans évidence historique) pour lui avoir résisté. Peu après, il envoie une longue lettre au patriarche de Constantinople, dans laquelle il lui pose 28 questions, et demande son approbation pour les décisions prises. Sans attendre la réponse de Gonstantinople, sous l'influence du patriarche Macaire III d'Antioche, qui était arrivé à Moscou le 2 février 1655, il prononce l'anathème contre ceux qui faisaient le signe de la croix avec deux doigts. Nouveau concile en 1655, au cours duquel fut préparé la fameuse édition du missel de 1655, basée sur un eucologe imprimé à Venise. Il y eut un
autre concile encore en 1656 toujours sur cette même question.
Le patriarche Paise de Constantinople répondit par une longue lettre, dans laquelle il s'exprimait sur les 28 questions, en expliquant ce qu'il y avait d'accidentel et d'essentiel dans la liturgie. La lettre est importante pour l'histoire de la théologie en Moscovie. Le patriarche Paise n'approuvait qu'assez mollement les réformes niconiennes, et allait jusqu'à admettre des variantes dans la manière de faire le signe de la croix. Le patriarche de Jérusalem envoyait à Nicon l'ouvrage de Jean Nathanaël appelé Skrizal ou IlîvaÇ. Ce dernier ouvrage marque une date importante, car ce fut alors que furent introduites en Russie les doctrines contraires à la tradition orientale que Notre-Dame fut sanctifiée du péché originel lors de l'Annonciation et que la transsubstantiation s'opère lors de l'épiclèse. La réforme liturgique fut poussée avec moins d'énergie après 1656. Il semble que le tsar, qui intercédait pour les exilés, doit être considéré comme responsable de ce ralentissement. Ses hésitations, croyons-nous, furent une des causes principales du développement initial du schisme des starovières.
Il se fatiguait d'ailleurs de Nicon. En juillet 1658, à la suite d'une altercation, il refusait de venir à l'église pour les fêtes de Notre-Dame de Kazan et de la Translation des reliques du Sauveur (7 et 10 juillet). Nicon, le 10 juillet, lors de la liturgie, prêcha au peuple un sermon retentissant, au cours duquel il quitta le patriarcat. Après cette manifestation, il attendit encore trois jours pour voir si le souverain viendrait à résipiscence, mais, sentant que tout était bien fini, il se rendit au monastère de la Nouvelle-Jérusalem qu'il avait fondé.
La lutte. — De 1659 à 1666, Nicon lutta ouvertement contre le tsar. Dès l'hiver de 1658, on posait déjà la question d'un appel à Constantinople pour demander l'autorisation d'élire un nouveau patriarche. Tout en tolérant les intrigues des boyards contre le patriarche déchu, le souverain lui donnait encore quelques marques de respect. Le métropolite des Kruticy, au grand scandale de Nicon, le remplaçait dans l'exercice des fonctions patriarcales. Le dimanche des Rameaux, assis sur la mule que le tsar tenait par la bride, il présidait la cérémonie symbolique de l'entrée du Christ à Jérusalem. En 1659, une invasion de Tatares donna à Nicon l'occasion de venir à Moscou, où le souverain le reçut aimablement. D'autre part, moins d'un an après, une tentative d'empoisonnement était dirigée contre lui.
Concile de 1660. — En février 1660, le tsar fit convoquer un concile pour démontrer que Nicon avait abandonné le patriarcat de sa propre volonté, et qu'il devenait nécessaire de lui choisir un successeur. On fit venir tous ceux qui avaient assisté à la scène du 10 juillet 1658. Les dépositions ne furent pas faites de vive voix; elles furent écrites (ou dictées et signées, puis livrées au boyard Pierre Soltikov), et enfin lues devant le synode. Une critique, même sommaire, de ces témoignages, démontre qu'il y eut des pressions exercées et des injustices commises. Nicon d'ailleurs protesta violemment contre la procédure suivie, et condamna le synode qu'il appela une synagogue juive. Le concile, obéissant aux ordres manifestes du souverain, qui, d'ailleurs, imposait continuellement sa volonté, conclut que Nicon en fait n'était plus patriarche et qu'il était urgent de lui élire un successeur. Seul, le célèbre Épiphane Slavineckij osa dire : « On ne peut désigner un successeur sans avoir d'abord déposé Nicon. Quelques-uns disent que Nicon se déposa lui-même en renonçant à sa dignité. Je répondrai qu'il renonça seulement en paroles, afin de forcer
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les désobéissants à l'obéissance, mais pas en fait, car il ne renonça à sa dignité, ni par écrit, ni en synode, Par conséquent, il me semble impossible de lui élire un successeur tant qu'il restera en vie. » Palmer, The patriarcli and the tsar, t iv, p. 241. La multitude des factums composés pour réfuter le mémoire d'Épiphanc prouve qu'il créa une véritable sensation. Mais l'autorité de ce savant moine kiévien était si forte qu'il n'y eut pas de concile et Nicon ne fut pas déposé.
Le 7 avril suivant, Pitirim, métropolite des Kruticy, remplaça le patriarche absent pour la cérémonie des Rameaux. Peu après, il consacrait un évêque pour le siège de Kiev, soumis jusque-là à la juridiction de Constantinople, chose que Nicon avait toujours refusée au tsar. Nicon attendit jusqu'au dimanche de l'orthodoxie suivant (16 février 1662). Il éleva la voix alors contre les méfaits de Pitirim et contre le synode de 1660, et anathématisa « ceux qui abandonnent un évêque, métropolite, ou patriarche, et omettent son nom dans les prières liturgiques de l'Église, avant qu'il ait été accusé devant un synode compétent, jugé, trouvé coupable, et condamné ». Il lança en particulier l'analhème sur Pitirim qui avait usurpé les fonctions patriarcales. Ce fut alors que Ligaridès Paise (voir t. ix, col. 751 sq.) vint à Moscou. Au début, il manœuvra entre Nicon et le tsar, mais bientôt, voyant de quel côté penchait la balance, il devint l'adversaire le plus terrible de Nicon. Dès le 15 août, il se faisait poser 30 questions par un des boyards les plus acharnés contre le patriarche déchu, et y répondait par une condamnation complète. Nicon réfuta ces questions et réponses dans ses volumineuses Répliques écrites en 1663 et 1664, dans lesquelles nous étudierons plus loin son ecclésiologie.
L'appel au pape. - — On parle souvent d'un appel de Nicon au pape de Rome. Comme la question a son importance et n'a pas fait le sujet d'études spéciales, nous croyons utile dé citer les documents avec quelque ampleur : en juillet 1663, Paise Ligaridès fut envoyé au monastère de la Nouvelle-Jérusalem pour enquêter sur certains procès qui pendaient entre Nicon et les propriétaires voisins, et aussi sur un prétendu anathème que Nicon aurait lancé contre le tsar. D'après l'histoire du concile de 1666, Palmer, op. cit., t. m, ce fut alors que Nicon aurait adressé un appel au pape de Rome. Ligaridès parlait en latin. Nicon lui dit : « Pourquoi ne me parles-tu pas en ta langue maternelle qui est le grec, au lieu de me parler dans la langue maudite des Latins? — Je répondis : c'est la langue que tu entendras parler chez le pape quand tu iras à Rome présenter ton appel. » Palmer, t. m, p. 79. Dans le compte rendu de cette entrevue, publié par Gibbenet, nous lisons : « Le 22 juin 1663, la 14e heure du jour, lors de la sonnerie de cloches du soir, le métropolite de Gaza, Paise, et Joseph, archevêque d'Astrakhan, et l'archimandrite de l'Epiphanie mandèrent au boyard Nikita Ivanoviè (Odoevskij) — tout ce monde était alors à la Nouvelle-Jérusalem — qu'à la même heure Nicon venait de leur envoyer une longue lettre et ils désirent que le boyard et ses compagnons délibèrent avec eux pour savoir s'il fallait accepter ce document ou le renvoyer à Nicon. Et le boyard Nikita Ivanoviè et ses compagnons, ayant délibéré, décidèrent d'accepter cette lettre, ils la prirent et la lurent, et dans cette lettre il était dit que Nicon se soumettait au pape de Rome, et il confirmait cette affirmation de sa signature. » Gibbenet, Étude historique sur l'affaire du patriarche Nicon, t. ii, p. 620. Le lendemain, il y eut une nouvelle visite de Paise et des boyards à Nicon, au cours de laquelle « il fut dit au patriarche qu'il avait envoyé
au métropolite Paise des extraits des saints canons, dans lesquels il parlait de la juridiction au pape, mais ces choses avaient été insérées dans les canons, parce qu'alors les papes étaient pieux, mais depuis ils ont défailli. C'était il y a 800 ans et, depuis lors, leur juridiction passa aux patriarches œcuméniques. Aussi Nicon parla mal dans son extrait des canons. » Nicon répondit : « Pourquoi ne pas honorer les papes pour ce qu'ils ont de bon? Ils célèbrent la liturgie aux tombeaux des apôtres Pierre et Paul. » On répondit à Nicon que le pape avait été maudit en concile (sic!), et qu'en fait le pape commettait beaucoup d'actions mauvaises. Gibbenet, t. Il, p. 629. Le même jour, Ligaridès écrivit une lettre à Nicon dans laquelle, entre autres choses, il disait : « Mais, peut-être, le pape au jugement duquel tu t'es adressé te confiera de nouveau l'Église que tu as abandonnée, et qui est devenue veuve à cause de toi... N'es-tu pas digne de déposition par le seul fait que tu t'es déclaré papiste? » Nicon, de son côté, nous a rapporté lui aussi cet incident. Il avait de fait mandé à Ligaridès de longs extraits des canons, non pour prouver la légitimité d'un appel à Rome, mais pour prouver que Ligaridès n'avait pas de juridiction sur lui. Or, parmi ces canons, il y avait le canon 106 de Carthage (dans Beveridge 109) et le 3e canon de Sardique qui consacraient l'appel au pape de Rome. Nicon alors ajoute : « Quand le métropolite de Gaza eut entendu ces saints canons, il se mit à crier comme un possédé en latin. Le patriarche Nicon lui dit : Les arbres mauvais portent de mauvais fruits, a dit le Seigneur. Mauvais servant, je te jugerai par ta propre bouche. Tu n'es pas orthodoxe, puisque, pour m'insulter, tu parles latin. » Palmer, t. i, p. 595. Il n'y eut donc pas d'appel au pape, quoique, parmi les canons cités par Nicon, il y eût des canons qui justifiaient cet appel. D'ailleurs, si Nicon en avait appelé à Rome, l'affaire aurait certainement été discutée lors du procès de 1666. Or, dans le procès-verbal de ces fameuses sessions, où toute la vie de Nicon fut examinée, on ne parle pas d'un fait semblable.
Le concile de 1666-67 ou le Grand concile de Moscou. — Le tsar avait invité les patriarches orientaux. Deux vinrent : Macaire III d'Antioche et Paise d'Alexandrie. 11 y eut le protosyncelle de Constantinople. En fait, assistèrent 13 métropolites, 9 archevêques, 5 évêques, sans compter les nombreux archimandrites, higoumènes et protopopes, en tout 76 personnes. La première partie du concile s'occupa de la personne même de Nicon. Les discussions furent orageuses, et Nicon se défendit avec éloquence. Le tsar lui-même plaida sa propre cause. Nicon, il fallait s'y attendre, fut déposé et envoyé en exil au monastère de Therapontov.
Mais, si le concile de 1666 condamna la personne de Nicon, il consacra son œuvre. Toutes les innovations liturgiques du patriarche déchu furent acceptées, et de sévères châtiments promulgués contre les dissidents. Le concile reprit aussi l'idée de Nicon sur une nouvelle division des sièges épiscopaux. Mais la partie du concile pour nous la plus intéressante est la longue discussion sur le pouvoir civil et sa relation avec le pouvoir ecclésiastique, discussion qui fut supprimée dans les actes officiels, mais dont Paise Ligaridès nous a laissé un compte rendu prolixe et tendancieux à l'extrême. Les idées de Nicon sur la souveraineté de l'Église avaient fait leur chemin, et deux évêques, Paul, métropolite des Kruticy depuis le passage ae Pitirim au siège de Novgorod, et Hilarion, archevêque de Rjazan, refusèrent de souscrire à la condamnation de Nicon. Il y eut de longues discussions, où, semble-t-il, ces deux hiérarques n'étaient pas les seuls à défendre les droits de l'Église. La question
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était de savoir si le patriarche devait être considéré comme sujet du tsar. Paise Ligaridès, il fallait s'y attendre, prit résolument le parti de césar. Mais parmi ses contradicteurs, il nomme « le synode », Palmer, t. m, p. 214, Simon, archevêque deVologda (p. 215), le synode (p. 219). Il y eut aussi une dispute entre « les évoques russes » (p. 245) et le métropolite de Gaza (c'est-à-dire Paise Ligaridès), pour savoir s'il était permis de prononcer l'anathème contre ceux qui se révoltaient contre leur souverain, et les évèques russes défendaient la négative. On aimerait avoir des comptes rendus authentiques de ces séances, que la censure impériale effaça des actes du concile.
L'exil. — Dès décembre 1666, Nicon fut mené au monastère de Therapontov, près de Beloozero, puis, après quelques années, au monastère de Saint-Cyrille de Beloozero, où il passa le reste de sa vie dans une pénible captivité (1666-1681). Quand, après la mort d'Alexis Mikhailoviô (1676), son successeur Feodor Alexeeviè monta sur le trône, Nicon fut au moins partiellement réhabilité. Feodor finit même par le rappeler à Moscou, mais Nicon mourut en chemin (1681). Il fut enterré solennellement, avec les honneurs patriarcaux, dans son monastère de la Nouvelle-Jérusalem. Il est piquant de constater que Nicon, qui avait été le grand ami et bienfaiteur des Grecs durant son patriarcat, qui avait été déposé par les patriarches et évêques de l'Orient grec en 1666, fut réhabilité par ces mêmes hiérarques quand Feodor Alexeeviô le désira, tant il est vrai que la conscience des hiérarques grecs, en cette affaire, dépendait à peu près uniquement de la volonté du tsar, lequel d'ailleurs ne ménageait pas son argent.
Les Russes restent toujours divisés sur la personne de Nicon. Plusieurs historiens, en particulier Serge Soloviev, Kapterev et d'autres, ne voient en lui qu'un intrigant. Le jugement est injuste. D'autres veulent le canoniser. Il a même trouvé sa place dans quelques listes hagiographiques locales, et des miracles lui ont été attribués.
II. L'ecclésiologie de Nicon. — On la trouvera formulée surtout dans son grand ouvrage : Répliques aux questions du boyard Siméon StreSnev, el aux réponses de Paise Ligaridès, et dans les lettres ou mémoires qu'il adressa au tsar de 1658 à 1666. Il est malheureux que tous ces ouvrages soient inspirés par la polémique. Le ton est souvent exagéré, les digressions abondent, la pensée est difficile à saisir. La conception de l'Église que propose Nicon repose sur des bases plutôt juridiques que théologiques. Son exégèse de l'Écriture, qu'il connaît cependant à fond, manque de force et de clarté, mais il a une connaissance prodigieuse de toutes les sources, cependant complexes, du droit byzantin. Rappelons en passant que l'Église telle que Nicon la décrit n'a jamais existé en Russie. Nicon nous montre une Église souveraine, respectée, mais jamais dominée par la couronne. C'est un rêve... Depuis Justinien, les empereurs orientaux s'ingéraient toujours à gouverner l'Eglise. Il en fut de même en Russie. Nicon s'efforce de prouver le contraire et cite, bien malencontreusement, l'exemple d'Ivan IV le Terrible. Palmer, t. i, p. 336. Nicon lui-même, lors de son patriarcat actif, de 1652 à 1658, accepta sans hésiter les interventions nombreuses du pouvoir laïque dans son gouvernement. Par conséquent, les remarques de Nicon s'appliquent à une Église idéale. Mais, cette réserve faite, nous trouvons beaucoup à admirer dans la conception grandiose du patriarche moscovite.
1° L'Église et l'État. ■ — ■ C'est la clef de voûte de la doctrine niconienne. L'Église est absolument indépendante de l'État dans l'exercice de son autorité. Bien mieux, l'Église n'est pas seulement indépendante
de la couronne, elle lut est supérieure. Il est intéressant de voir ce patriarche orthodoxe, chef, par conséquent, d'une Église essentiellement nationale, développer cette idée qui ne peut être réalisée que dans une Église vraiment catholique, dont le chef a toutes les prérogatives de la souveraineté. Ainsi, pour citer l'exemple favori de Nicon, Constantin laissa place libre à Silvestre de Rome et s'en alla à Constantinople. « L'autorité du tsar est une chose, l'autorité de l'évêque en est une autre. Mais celle de l'évêque est supérieure à celle du tsar, comme le ciel surpasse la terre... Car l'évêque est l'image de Dieu et est assis sur le trône de Dieu. Le tsar n'a même pas le rang d'un lecteur, encore moins d'un sous-diacre, ou d'un prêtre et bien moins encore d'un évêque. » Palmer, 1. 1, p. 242. « Ce n'est pas le sacerdoce qui tire son origine de la royauté, mais bien la royauté du sacerdoce. »(Ibid.,p. 250.) Nicon n'ignore pas la distinction classique : « Le tsar est suprême dans les choses temporelles, l'évêque dans les choses spirituelles », mais il semble bien qu'il soit impossible que les deux autorités souveraines vivent côte à côte sans difficultés, et Nicon finit par rappeler l'antique exemple de Constantin, s'en allant pour faire place libre à Silvestre (on connaît le récit apocryphe de la Donation de Constantin au pape Silvestre du patrimoine de Saint-Pierre). Tout le passage serait à citer, car le ton est moins polémique, et Nicon, croyons-nous, donne assez clairement le fond de sa pensée : « Dans les choses spirituelles qui appartiennent à la gloire de Dieu, l'évêque est supérieur au tsar, car lui seul peut posséder et maintenir la juridiction spirituelle. Dans les choses de ce monde, le tsar est supérieur. Ainsi — conclut Nicon dans un excès d'optimisme — il n'y aura pas d'opposition entre les deux autorités. Néanmoins, l'évêque a un certain droit de regard sur la juridiction séculière, un droit de direction, dans certaines matières, mais le tsar n'en a aucun dans l'administration des affaires ecclésiastiques et spirituelles. » Mais le suprême degré de l'autorité restera bien dans les mains de l'évêque, d'après Nicon, car « si le tsar n'obéit pas aux lois de Dieu, l'évêque pourra lancer une censure ou une excommunication contre lui, non pas contre lui en tant que tsar, mais contre la personne qui a apostasie contre la loi. » Et, comme le tsar n'a pas la contrepartie, c'est bien, en 'fin de compte, l'évêque qui doit rester souverain. Nicon, sentant l'irréalité de cette doctrine pour son Église orientale, en vient à son exemple favori : « Mais le pouvoir et l'autorité de l'Église chrétienne furent principalement développés du temps de l'empereur Constantin le Grand, qui fut baptisé par le pape saint Sylvestre, et guéri par lui de sa lèpre. » Après avoir énuméré tous les honneurs que l'empereur prodigua à Silvestre « pour la plus grande gloire de saint Pierre », il ajoute : « Ensuite, il lui donna Rome, et lui laissa comme sa province toute la région de l'Ouest, et transféra sa capitale à lui dans l'Orient. » Et la raison de ce transfert, Nicon la donne ailleurs. « Car il n'est pas convenable qu'un roi terrestre exerce son autorité là où le roi du ciel a établi le pouvoir épiscopal et la tête de la religion chrétienne. » Palmer, t. i,p. 327. En d'autres termes, le chef de l'Église doit jouir de la souveraineté. Nicon ne va pas expressément jusque-là, il se contente de donner les raisons de la supériorité du pouvoir ecclésiastique : l'autorité de l'évêque est spirituelle, « par conséquent, le tsar est inférieur à l'évêque et doit lui obéir. » De plus, d'après Nicon, « l'évêque a le pouvoir et la juridiction de faire ce qui appartient à la juridiction du tsar, c'est-à-dire qu'il peut juger et gouverner par la double loi, la loi spirituelle et la loi de ce monde ». Mais Nicon se rend compte qu'il est sur un terrain moins sûr. Il conclut
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ce passage des Répliques, qui est peut-être le plus intéressant de l'ouvrage, par sa fameuse comparaison des deux pouvoirs avec les deux astres : le soleil et la lune : « Le soleil, qui luit durant le jour, c'est l'évoque qui illumine les âmes, mais l'astre plus petit illumine la nuit, c'est-à-dire les corps. Et, de même que la lune reçoit sa lumière du soleil, et augmente en lumière à mesure qu'elle s'éloigne de lui, ainsi le I sar dérive sa consécration, son onction et son couronnement de l'évêque. » Palmcr, I. i, p. 250-
Le principe de la souveraineté absolue de l'Église vis-à-vis de l'État étant posé, bien des conclusions doivent en découler.
Les rois ne peuvent ni convoquer ni présider les synodes. Sans doute, tous les synodes russes, depuis plusieurs siècles, et même les synodes présidés par Nicon ont été réunis « par oukaze du tsar ». Nicon écrit sans hésiter : « S'il est vrai que jadis les synodes ont été convoqués par les religieux empereurs, ce fut par mode de requête et non de commandement, tandis que le système présent exige que les synodes soient convoqués par ordre et eompulsion du tsar. » (i, 40.)
Le souverain ne peut pas non plus nommer les évoques ou autres dignitaires ecclésiastiques. Les revendications de Nicon sonnent faux, car nous ne pouvons oublier qu'il fut nommé archimandrite de Novospass, métropolite de Novgorod et patriarche par la volonté souveraine du tsar. De plus, quoi qu'en dise Paul d'Alep, qui visita Moscou en 1655 et 1656, nous connaissons plus d'un oukase du tsar nommant les dignitaires ecclésiastiques durant le patriarcat même de Nicon. Nicon, citant mal le 13e canon de Laodicée et le 3e canon du IIe concile de Nicée, écrit : « Celui qui a été élu par le pouvoir séculier est dégradé, ainsi que l'évêque qui l'a ordonné. » Et il commente : « Le souverain a fait passer le métropolite des Kruticy (Pitirim), qui était le dernier des métropolites et des évêques, au premier rang de tous sans synode et sans élection. Or, le 35» canon des Apôtres et le 3* canon du VIIe concile déposent celui qui a obtenu une Église par l'entremise des princes séculiers... Cet homme est donc un ennemi de la sainte Église, et par les canons des saints Apôtres et des saints Pères, il est déposé et excommunié. » Nicon ne s'arrête pas en si beau chemin, et l'ardeur de sa polémique le pousse aux conclusions les plus inattendues : « Par le 2" canon du II' concile œcuménique (Ier de C.onstantinople), tous les prêtres, et tous les diacres, et autres clercs qui ont été ordonnés par un tel homme ne sont pas ordonnés, et ceux qui sont baptisés par eux ne sont pas baptisés, et on ne peut les appeler chrétiens. De même, tous les métropolites, les archevêques, évêques et autres ecclésiastiques qui ont communié avec lui, doivent être, suivant les saints canons, excommuniés et déposés. » Palmer, t. i, p. 502. Nicon, sans se rendre compte qu'il tombait dans le donatisme le plus grossier, répéta souvent que l'Église russe, contaminée par Ligaridès et Pitirim était ellemême tombée dans le schisme et que lui seul Nicon, gardait encore l'orthodoxie. Même le tsar est contaminé : « Si le tsar lui-même pèche contre ces canons, il en encourra la responsabilité », et un peu plus loin : « Tu dis qu'il appartient au tsar de choisir les patriarches, les métropolites, les archimandrites, les higoumènes, alors qu'il n'a aucune autorité pour cela, et qu'il n'a pas gardé ses vœux envers Dieu, et par conséquent, il n'est même pas digne d'entrer dans l'église, mais devrait passer toute sa vie à faire pénitence et seulement à l'heure de la mort, devrait être admis à la communion. » Palmer, t. i, p. 581. Il est savoureux de voir comment
Nicon, entraîné par la lecture et la méditation des canons, songe sérieusement à faire revivre l'ancienne discipline pénitentiellc dans la Moscovie du xvric siècle.
Ainsi, de même, il fait revivre l'ancien privilegium jori ou immunité personnelle du clergé, dont les derniers vestiges avaient disparu en 1649 par le nouveau Code de lois. D'ailleurs, Nicon lui-même avait toléré cette usurpation du pouvoir laïque, même quand il était patriarche, tant qu'elle n'était pas dirigée contre sa propre personne. De nouveau, il affirme que les ecclésiastiques qui acceptent cette juridiction sont dégradés, et que ' ceux qu'ils baptisent ne sont pas baptisés, et ceux qu'ils ordonnent ne sont pas ordonnés », car il ne sait plus distinguer entre administration illicite et administration invalide des sacrements. Et, affirmant de nouveau • — est-ce la rigueur de la logique, qui le pousse à ces conclusions épouvantables ou l'exaltation de son esprit? — qu'il n'existe plus de hiérarchie légitime en Russie, il s'écrie : « Et, si ceux qui communient avec les personnes excommuniées ou déposées par la sentence d'un homme doivent eux aussi être excommuniés et déposés, que pen.ser de ceux qui sont rejetés et maudits par les cemmandements de Dieu? A combien plus forte raison celui qui communie avec eux doit-il être excommunié et déposé? Par suite de tous ces désordres, tout pouvoir épiscopal et ecclésiastique a été efjacé en eux, du plus exalté jusqu'au plus humble. » Palmcr, t. i, p. 501.
2° Catholicité de l'Église. — Pour échapper à l'emprise du pouvoir séculier, Nicon souligne le plus possible l'idée de catholicité de l'Église. L'Église du Christ doit être une, non pas seulement de l'unité intérieure et invisible du corps mystique, mais aussi de l'uniformité extérieure des rites et des textes liturgiques. Ce fut la cause de la réforme que Nicon mena avec tant d'énergie. Pour cette raison, de même, il s'adressa au patriarche de Constantinople pour lui demander d'approuver ses réformes, et en obtenir la solution de ses difficultés liturgiques. Enfin, en 1665, quand il fut acculé par le tsar, il écrivit une longue lettre au patriarche œcuménique de Constantinople et se remit à son jugement.
3° L'autorité centrale. — Dans toute l'œuvre juridique de Nicon, on trouve une véritable nostalgie d'une forte autorité centrale. Sans doute, Nicon n'était pas un latin, ni même un latinisant. C'est lui qui fit entrer dans la Kormcaja (Recueil canonique slave) ce stupide chapitre sur la chute des latins où l'on retrouve les sottises les plus lamentables. Il fit détruire les icônes peintes à la mode allemande, c'està-dire latine, et il trouva les expressions les plus cinglantes pour reprocher à Ligaridès ses anciennes relations avec Rome. En dépit de cette animosité, ce n'est pas une fois, mais trois, qu'il cite dans ses Répliques le 3e canon de Sardique qui , suppose la suprême juridiction de Rome; quatre fois, il rappelle le canon 106 de Carthage (dans Beveridge, 109), qui défendait le recours à l'empereur sans la permission préalable du pape de Rome. Non seulement il fait ajouter à son édition de la Kormcaja de 1654 le texte de la donation apocryphe de Constantin au pape Sylvestre; il y revient à plusieurs reprises dans ses Répliques. Il en transcrit le texte intégral. Ailleurs, il rappelle la phrase vigoureuse qui consacre la souveraineté temporelle du chef spirituel de l'Église que nous avons rapportée plus haut. Mais tous ces textes, qui affirment une autorité unique, souveraine et indépendante de l'empereur, il se les applique, oubliant, hélas! qu'un patriarche national ne peut pas être souverain.
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