‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 2)Chapitre 128 sur 233 · NIGER (ANTOINE) — NIL L'ASCÈTE · texte numérisé non relu

NIGER (ANTOINE) — NIL L'ASCÈTE

confondent avec Antoine de Oculis Nigris, provincial d'Aragon, en 1438. Originaire d'Arezzo, en Toscane, Antoine étudia à Paris, où il conquit le grade de docteur en théologie, d'après les uns en 1405, d'après d'autres en 1413. Il enseigna ensuite la théologie à l'université de Florence, où il fut, en 1424, doyen de la faculté de théologie. Entré d'abord dans l'ordre des frères mineurs conventuels, il passa ensuite aux frères mineurs de l'Observance, sous le généralat de saint Bernardin de Sienne. Antoine a composé quelques ouvrages théologiques : 1. Commentarius in Magistrum Sentenliarum, fruit de son enseignement à Paris, ou à Florence; 2. quelques Opuscula théologien ou tractatus Iheologici, et 3. Sermones prœdicabiles. Après s'être consacré à la prédication, pendant les dernières années de sa vie, il mourut, en odeur de sainteté, d'après les uns, à Arezzo, en 1450, d'après les autres, à Sergiani, près de Senario, en 1470.

L. Wadding, Annales minorum, t. x, Rome, 1734, p. 120; Scriplores ordinis minorum, 2e édit., Rome, 190G, p. 20, 24, 29; J. H. Sbaralea, Supplementum ad Scriptores trium ordinum S. Francisco, t.I, 2« édit., Rome, 1908, p. 90; Marc de Lisbonne, Chronicorum ordinis fratrum minorum pars III, 1. I, c. xliii; Fr. Haroldus, Epitome Annalium Waddingi, ad ann. 1424 et 1438.

A. Teetaert.

1. NIL L'ASCÈTE ou NIL D'ANCYRE dit LE SINAITE (Saint), cénobite célèbre du ve siècle, appartient avant tout aux théologiens de la vie spirituelle. — I. Vie. II. Écrits. III. Doctrine.

I. Vie. — Saint Nil devra à ce siècle naissant de l'avoir tiré de l'oubli et peut-être d'avoir tenté le premier de lui rendre sa véritable physionomie. Sa biographie traditionnelle est tirée d'un recueil de Narrationes de csede monachorum et de Theodulo filio, P. G., t. lxxix, col. 583-694, pillées par Nicéphore Calliste, Historia ecclesiastica, l. XIV, c. liv, P. G., t. cxlvi, col. 1256, et les livres liturgiques byzantins, d'où le compilateur du Synaxaire de Constantinople la tira au Xe siècle, ainsi que par les martyrologes depuis le Moyen Age. Consciencieusement étudiée par J. M. Suaresius, dans son Sancli Nili tractatus, reproduit en appendice aux œuvres de saint Nil, P. G., t. lxxix, col. 1367-1434, elle fient en ces quelques lignes : Né à Constantinople d'une famille illustre, Nil fut officier à la cour de Théodose et préfet du prétoire. Engagé dans le mariage, il en eut deux enfants. Épris de solitude, il renonça, vers 390 (Tillemont, Mémoires, t. xiv, p. 190 et 191), ou en 404 (Léo Allatius, De Nilis, 11-14), à tout l'éclat de la vie politique, comme à tout le bonheur de sa vie de famille, pour aller, en compagnie de son fils Théodule, se mettre à l'école des ascètes du Sinaï, tandis que sa fille et son épouse, également avides de vie religieuse, iraient la demander à l'Egypte. Nos ermites, au témoignage des Narrationes, excitaient à la fois la jalousie des anges et exaspéraient la haine des démons par leur vertu, quand, vers 410 (Tillemont, op. cit., p. 205), leur retraite fut troublée par une invasion de Sarrasins, qui firent une razzia au mont Sinaï, massacrèrent plusieurs moines et emmenèrent des prisonniers, entre autres Théodule. Épargné, Nil se mit à la recherche de son fils qu'il retrouva à Éluse, entre l'Arabie Pétrée et la Palestine. L'évêque de cette ville les ayant ordonnés prêtres l'un et l'autre, saint Nil revint au Sinaï où il mourut vers 430.

Tel est le Nil des Narrationes ; est-ce celui des écrits ascétiques ? Encore que la grande majorité des très nombreux manuscrits des Narrationes mettent en avant le nom de saint Nil, à rencontre de quelques unités qui les donnent comme l'œuvre d'un certain moine Anastase, et bien que les Narrationes

aient été regardées jusqu'à nos jours comme une autobiographie, il semble bien qu'il ne faille pas y voir plus qu'une manière de roman, tout au moins pour ce qui regarde notre saint Nil (Heussi, Untersuchungen, p. 155 sq.), s'il est vrai que l'information littéraire, notamment en ce qui concerne la littérature gréco-romaine, de l'auteur des Narrationes n'est pas à mettre en parallèle avec la pauvreté de notre épistolographe, que les aventures de Théodule soulïrent par trop d'invraisemblance et que la chronologie du narrateur ne cadre pas avec les dates sûres de Nil.

Notre Nil, dont l'entrée au monastère semble ne pouvoir pas être reculée au delà de 390, d'après une lettre à un nommé Dioclétien à qui il propose l'exemple d'Apollinaire (t 392) comme de quelqu'un encore vivant, Epist., i, 257, P. G., t. lxxix, col. 177, vécut pendant un temps plus ou moins long à Ancyre en Galatie. Il faut même, d'après deux de ses lettres comme d'après le panégyrique du moine Albianus et le traité Ad magnam diaconissam Ancyrœ, faire d'Ancyre, tout au moins de la province de ce nom, son pays d'origine. A ce compte, il faudrait en toute justice lui rendre le surnom d'Anci/ranus que lui donnent les signatures de quelques manuscrits du recueil des lettres. Son origine galale n'est pas un obstacle à un long séjour à Constantinople où il puisa, aux pieds de saint Jean Chrysostome, dont, au dire du chroniqueur Georges le Moine (cf. Degcnhart, Neue Beitrage., p. 7 et 8), il fut au sens plein du mot le disciple, cet amour filial qui percera si souvent dans sa correspondance. Epist., i, 309, col. 193; n, 265, col. 336, 293 et 294, 345; m, 13, col. 373; 199, col. 476. N'est-ce pas là qu'il s'acquit ces nombreuses relations qui le poursuivront dans sa solitude ? Peut-être les dut-il à un poste très honorable ? Il lui faut néanmoins refuser la préfecture de la ville impériale. L'absence de son nom dans tous les index connus des préfets du prétoire de Byzance doit, une fois de plus, nous mettre en méfiance contre l'information historique de Nicéphore Calliste.

Par ailleurs, il faut renoncer à faire de notre Nil un ermite et nous voilà de nouveau loin du Sinaï. Outre qu'il s'en défend et qu'il prêche à qui veut l'entendre la supériorité de la vie religieuse cénobitique sur l'érémitique, De monachorum prœstantia, P. G., t. lxxix, col. 1061-1094, il apparaît dans ses écrits, comme fondateur d'un monastère dans les environs d'Ancyre, comme maître des novices et supérieur des moines, comme archimandrite expérimenté, consulté par ses confrères sur l'administration de leurs propres monastères. Epist., i, 18, col. 89; m, 303, col. 532. Cf. Degenhart, Der ht. Nilus Sinaita, p. 98. Enfin, à rencontre du Nil des Narrationes, il semble bien qu'il n'a pas été prêtre. Epist., u, 261, col. 333.

Le cercle d'influence du moine d'Ancyre parait illimité et offre quelque chose d'extraordinaire pour ce temps. Sa volumineuse correspondance nous le montre en relations non seulement avec les hommes d'Église de renom, mais avec les fonctionnaires militaires et civils de l'empire et avec Arcadius lui-même. Il y apparaît comme le type des spirituels du temps, habillant toutes ses pensées, comme tous ses conseils et ses graves avertissements, d'images et de paroles scripturaires. Tempérament vigoureux, bon et doux, d'une condescendance évangélique pour la faiblesse, intraitable quand il soupçonne la malice ou une évidente mauvaise volonté, usant d'un saint franc-parler qui frôle l'imprudence avec les grands, il s'émeut fémininement en face de la douleur. Ce type achevé de maître spirituel qui fuyait le monde et le conduisait, était marqué pour être un entraîneur d'hommes parce que ses conseils seraient em-

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pruntés à la vie même, comme il le demandait aux supérieurs de monastères, De monastica exercitatione, c. xxi-xxxiii, P. G., t. lxxix, col. 748-761.

Le cénobite galate à la physionomie si personnelle ne peut pas être l'ermite homonyme du Sinaï. La question du véritable auteur des Narrationes est toujours à résoudre. Dès le ve siècle nous les voyons attribuées à un Nil. L'identification de ce Nil est une des nombreuses énigmes de l'histoire littéraire de l'antiquité chrétienne. Son existence est à peu près certaine. Car, encore qu'elles soient fortement romancées, les Narrationes offrent un fond? historique indubitable, surtout si on les confronte avec une lettre de saint Nil dont l'authenticité ne peut être mise en doute. Epist., iv, 62, col. 580 et 581. A la gloire de son saint compatriote, le martyr Platon, saint Nil nous raconte qu'un vieillard originaire de Galatie, après avoir embrassé la vie érémitique au Sinaï en compagnie de son fils, s'en vit séparé par un coup de main des païens et ne le retrouva que sur l'intervention miraculeuse de saint Platon. Le vieillard de saint Nil et le Nil des Narrationes offrent trop de ressemblances pour n'être pas identifiés, comme les récits qui les mettent sous nos yeux présentent des différences si graves que l'on a le devoir de distinguer leurs auteurs. De cette manière, l'existence, au ve siècle, de deux saints du nom de Nil : Nil l'Ermite, auteur des Narrationes et Nil le Cénobite d'Ancyre, auteur des écrits venus sous son nom, nous paraît sortir du domaine de la simple hypothèse pour devenir une certitude.

II. Écrits. — L'œuvre littéraire du moine d'Ancyre est fort étendue et reste, dans son ensemble, suffisamment établie, encore qu'elle demande une édition scientifiquement menée et quoique la critique n'ait pas encore dit son dernier mot. L'écrivain est abondant et facile, trop peut-être. Il ne recule pas devant les répétitions et se refuse de parti pris à brillanter son style, dût-il, par endroits, pour mieux éviter cette coquetterie indigne d'un moine, s'exposer à écrire en barbare. De même il se défend contre les réminiscences des littératures classiques. Stiglmayr, dans Zeitschri/t fur katholische Théologie, 1915, t. xxxix, p. 576 sq. On peut grouper ses écrits en trois classes : correspondance; écrits consacrés aux vertus chrétiennes; écrits concernant le monachisme. Resteront à signaler les écrits perdus et les œuvres inauthentiques.

1° La correspondance. — Aussi volumineuse que celle de saint Isidore de Péluse dont, par ailleurs, elle ne réalise pas la haute tenue littéraire, la correspondance de saint Nil comprend, à notre connaissance, 1062 lettres ou extraits de lettres. Poussinesen édita 365 à Paris, en 1657, d'après un manuscrit de Florence. Léon Allatius reprit l'édition à Rome, en 1668, et donna quatre livres contenant en tout 1061 lettres, qui sont passées dans la Patrologie de Migne, t. lxxix, col. 81-581. Il y faudrait ajouter une lettre au scholastique Nemertius, dont Pitra, qui l'attribue à Anastase, a édité la version latine. Spicilegium Solesmense, Paris, 1855, t. m, p. 398. Ces pièces, inégales d'étendue comme de valeur, traitant de diverses questions dogmatiques, morales et exégétiques, dénoncent en leur auteur un homme de Dieu aussi expérimenté que consulté; elles forment un spécimen original de direction, en même temps qu'elles sont une vraie source d'information sur les usages monastiques et séculiers du temps. Nous sommes loin d'affirmer qu'elles rendent toutes la manière de Nil dans leur rédaction actuelle. Admettons encore que l'examen des circonstances et de la vie de l'auteur en doive modifier la numérotation. Heusi, op. cit., p. 63 sq. Elles restent cependant dans leur ensembfc, au-dessus de

tout soupçon d'inauthenticité. Néanmoins, telle cette lettre 33 du IIIe livre, col. 388-400, qui n'est qu'un conglomérat des lettres 138, 139, 179, 317, 140, 108, 109, 111 et 135 du IIe livre, les lettres, 64, 65, 113, 114, 160, 170, 248, 245, 320 et 322 du IIP livre, 1 et 7 du IVe livre sont manifestement des empruntsétrangers ou de purs et simples doublets. Heusi, op. cit., p. 80 sq. On avait considéré un grand nombre des lettres niliennes comme de simples extraits desouvrages de Nil ou d'autres auteurs, tels que saint Jean Chrysostome et saint Isidore de Péluse, introduits au cours des siècles dans le recueil des lettres authentiques. Haidacher dans XpuaocTo^ixâ, Rome, 1908, fasc. 1, p. 226 sq. Mais Nil lui-même a fort bien pu se répéter et faire sien tel élément étranger qui allait bien à son but. Il arrive tous les jours qu'on s'inspire dans ses récits de ses lectures. Heusi, op. cit., p. 59.

2° Écrits moraux. — Outre une grande partie de ses lettres, Nil a composé plusieurs traités concernant les vertus chrétiennes; ils ont dès lors une portée universelle. Tels sont : 1. Le Sermo in efjatum illud Evangelii : Nunc qui habet sacculum tollat similiter et peram, et qui non habet, vendat pallium suum et emat gladium (Luc, xxn, 36), P. G., t. lxxix, col. 1263- 1280, dont il n'y pas lieu de suspecter l'authenticité. — 2. L'instruction Ad Eulogium monachum contient de belles considérations sur l'aspiration à la perfection, expose une sage tactique pour les combats contre le mal et donne des conseils au sujet de la vie monastique. P. G., t. lxxix, col. 1093-1140. Nicéphore Calliste qui la mentionne le premier l'intitule Ta 7tpôç EùXéyiov, Hisloria Ecclesiaslica, 1. XIV, c. liv, col. 1256. On peut supposer qu'il connaissait plusieursinstructions adressées par saint Nil à Euloge. Une seule nous est parvenue. ■ — 3. Le De oratione est un délicieux traité de la prière ou de l'esprit de prière, divisé en 153 chapitres ou thèses, selon les 153 poissons de saint Jean (Joa., xxi, 11), où l'auteur procède sous les traits d'un professeur de jeunes moines. Imprimé à Anvers, en 1575, il a trouvé place dans Migne, P. G., t. lxxix, col. 1165-1200. Photius connaissait déjà sa division en 153 chapitres, Bibliotheca, cod. cci, P. G., t. cm, col. 672. Les Apophtegmata Patrum lui empruntent 8 citations, P. G., t. lxv, col. 305, et, vers 620, le moine Antiochus de Saint-Sabas. de Jérusalem en fit de soigneux extraits dans ses Pandectes. S. Haidacher, Nilus-Exzerple im Pandektcs des Antonius, dans la Revue bénédictine, Maredsous, 1905, t. xxn, p. 244-250. Il semble bien que Heusi, n'ait pas de raison suffisante de douter de l'authenticité de la préface, op. cit., p. 118 sq. ■ — 4. Le De octo spiritibus malitiœ, qui ne s'inspirerait pas plus d'Évagrequ'il n'inspirerait Cassien, Degenhart, op. cit., p. 174 sq., mentionné pour la première fois par Antiochus de Saint-Sabas et marqué au coin d'une fine psychologie, s'étend longuement sur la théorie des huit vices capitaux, si répandue au ive siècle. Imprimé en 1557 par Fr. Ginus à Venise, réimprimé au même lieu en 1574 avec les ouvrages de saint Éphrem, puis dansla Bibliothèque des Pères, à Paris, en 1575 et dans le t. vu de celle de Lyon, enrichi d'une version latine parCombefis, il trouva place dans le t. i du supplément à la Bibliothèque des Pères, à Paris, en 1672, d'où il est passé dans Migne, P. G., t. lxxix, col.. 1145-1164.

3° Écrits concernant le monachisme. — Ces écrit* forment le groupe le plus considérable des œuvresniliennes. A remarquer qu'elles veulent le lecteur indulgent aux répétitions incalculables. Citons : 1. h'Oratio in Albianum, qui est un joli panégyrique du moine galate Albianus, dont Nil nous présente la vie comme une image lumineuse de la perfection P. G., t. lxxix,

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col. 095-712. Émigré d'Asie Mineure, Albianus se retira au désert de Nitrie en passant par Jérusalem et finit ses jours parmi les moines de ce bienheureux évoque Léontius, commémoré par Socrates, Hist. ecc,

1. VI, c. xvii, et par Sozomène, Hist. ecc, 1. VI, c. xxxiv;l. VIII, c. xx ; Tillemont, Mémoires, t. xiv, p. 215-218. Éditée à Paris, en 1639 avec une version latine par le P. Poussines, VOratio fut redonnée par Allatius à la fin de son édition des lettres. —

2. Le De monachorum prœslantia, P. G., t. lxxxi, col. 1061-1094, compare, à la louange de la première, la vie monastique menée dans le désert à celle qui est possible dans les monastères urbains. Degenhart, op. cit., p. 93-95. ■ — 3. Le De monastica exercitatione, appelé ordinairement l'Ascétique, publié à Venise, en 1557, par François Ginus, réimprimé en 1574 avec les œuvres de saint Éphrem, reproduit à Paris en 1575, dans la Bibliothèque des Pères, a été emprunté par Migne à Suarezius, P. G., t. lxxix, col. 720-809. Ce traité, qui donne une idée fort pessimiste du monachisme contemporain, se divise de lui-même en trois sections traitant respectivement de l'idée du monachisme ou de" la philosophie chrétienne (c. i-xx), des obligations monastiques (c. xx-xli) et de l'initiation préalable à la vie monastique. Schiwietz voit dans les premiers chapitres une refonte postérieure, pour cela seul que leur teneur ne cadre pas avec l'état connu du monachisme oriental au ve siècle. Das Morgenlandische Mônchtum, t. n, p. 59. Degenhart, op. cit., p. 10 sq., et Heusi, op. cit., p. 50 sq., sont, à juste titre, d'une opinion contraire. La nature des devoirs décrits, comme le ton général du traité, dénoncent un auteur d'âge mûr. Cet écrit étant par ailleurs plus court que celui Ad Magnam daté de 426 ou 427 qu'il semble inspirer, il en faut placer la composition vers 425. Saint Nil y a utilisé vingt-cinq passages de ses lettres plus anciennes. — 4. Le De voluntaria paupertate ad Magnam diaconissam Ancyrœ, P. G., t. lxxix, col. 967-1060, que saint Nil nous aide lui-même à dater, col. 968 C et 997 A, développe, sous un jour moins noir, le thème du traité précédent. Degenhart, op. cit., p. 100 sq. 172 sq. — 5. Le De magistris et discipulis est une petite considération sur le- monachisme, adressée au maître des novices et aux novices dans le style des sentences. Il a été édité en grec et en latin par le P. van den Ven dans les Mélanges Gode/roid Kurth, Liège, 1908, t. n,p. 73- 81. — 6. On a de saint Nil, au témoignage de Nicéphore Calliste, des chapitres ou sentences, Hist. ecc, 1. XIV, c. liv. Photius en connaît plus de cent, Bibliotheca, cod. cci. Tout de même, Saint Maxime le Confesseur donne, sous le nom de Nil, des sentences tirées des Capita parœnelica, P. G., t. xci, col. 725; t. lxxix, col. 1252, n. 28. Par ailleurs, on cite sous le nom de Nil nombre de sentences qui, niliennes par le fond et la forme, ont été tirées plus tard de ses écrits. Citons les Sententiœ abducentes hominem, qui comptent dans Migne 98 numéros, P. G., t. lxxix, col. 1239-1250, et comprenaient dans les éditions antérieures 135 numéros. L'éditeur en a exclu les n. 98- 121 parce que tirés de l'écrit Ad Magnam et les n. 122-135 fournis par le De monachorum prœslanlia. Fessler-Jungmann, Instit. patrol., t. n b, p. 116 sq. L'Institutio ad monachos n'offre pas de numérotation.

P. G., t. lxxix, col. 1235-1240. Les Capita parœnetica, P. G., t. lxxix, col. 1249-1254, comprenant 139 sentences et 8 aphorismes sans numérotation, sont authentiques, à l'exception des 25 premiers numéros qui forment un alphabet gnomique à restituer à Évagre le Pontique. A. Elter, Gnomica, 1, Sexti Pythagorici, Clitarchi, Evagrii Ponlici sententiœ, Leipzig, 1892. Krumbacher énumère plusieurs manuscrits à alphabet gnomique sous le nom de saint Nil numérotés Athos

1583, n. 10; Athos 2798; Athos 3230, fol. 178. Geschichte der byzantinischen Litteratur, Leipzig, 1897, p. 718-720. Trois autres recueils de sentences, mis autrefois sous le nom de Nil avant de passer dans les œuvres d'Évagre, peuvent lui être restitués, P. G., t. xl, col. 1263-1270.

4° Œuvres niliennes perdues. — L'histoire littéraire connaît certains écrits de saint Nil qui ne sont pas venus jusqu'à nous. Ce sont : Un Traité sur la Pénitence que saint Nil doit avoir envoyé au diacre Polychronius, dans une lettre, Epist.,m, 11, col. 373, dont on ne peut suspecter l'authenticité, Heusi, op. cit., p. 76 sq., encore que les extraits qu'elle nous livre de cet ouvrage rappellent par trop un traité similaire de saint Jean Chrysostome, De compunctione, P. G., t. xlvii, col. 393. — ■ 2. Deux Chaînes témoignent en faveur de l'existence d'un commentaire nilien sur le Cantique des Cantiques. Celle de Procope de Gaza ne fait pas moins de 61 emprunts à Nil, P. G., t. lxxxvii, 2° part., col. 1545-1754. Zahn, Forschungen zur Gesch. des neutestamentl. Kanons und der altkirchl. Lileratur; Erlangen, 1883, t. n, p. 247. Le grand nombre de citations empruntées à Nil laisse penser à l'existence, au temps de Procope, d'un commentaire nilien dont l'authenticité est assez démontrée par l'identité de processus exégétique entre les citations susdites et les passages similaires des lettres. La Chaîne des Trois Pères de Psellos est un témoignage moins précieux, puisque Psellos néglige de citer le nom de ces Pères. P. G., t. cxxn, col. 537-586. Le docteur A. Souié, après la visite des bibliothèques et l'étude de 18 manuscrits, annonce qu'il a pu reconstituer le commentaire nilien du Cantique des Cantiques, De Nili monachi commentario in Cant. Cant. restituendo, dans Biblica, Rome, 1921, p. 45-52; il en donne d'ores et déjà un spécimen, O Kommenlaru Nila mona/ia(t 430) Pjesmi nad Pjesmana, Zagreb, 1925, p. 18-22, et annonce qu'il publiera intégralement sa reconstitution dans les Monumenta biblica et ecclesiastica de Rome quand les circonstances le permettront ibid., p. 16. Par ailleurs la chaîne exégétique de Nicétas fait six emprunts à saint Nil. Mai, Scriptorum veterum nova collectio, Rome, 1837, t. ix, p. 626-722. R. Devreesse signale d'autres scolies de saint Nil qui devraient être étudiées pour une édition critique des lettres niliennes, Chaînes exégétiques grecques dans le Dictionnaire de la Bible, supplément, 1. 1, Paris, 1928, col. 1113, 1133, 1159, 1160, 1172, 1190, 1202, 1222. Nil serait, en exégèse, étroitement dépendant d'Origène. W. Riedel, Die Auslegung des Hohenliedes in der jiïdischen Ge meinde und der griechischen Kirche, Leipzig, 1898, p. 75. Au vrai, il est le tout premier à dévoiler sa méthode, Epist.,u, 223, col. 316 CD-31 7 A. — 3. Anastase le Sinaïte donne l'extrait d'un écrit de Nil sous le titre : Nili ex iis quœ scripsit ad Eucarpium monachum, Quœslio 3, P. G., t. lxxxix, col. 357. Or nous avons parmi les correspondants de Nil un certain Pionius dont le père, appelé Eucarpius, était un ami intime du moine d'Ancyre. Epist.,m, 31, col. 385-388. — ■ 4. Photius, Bibliotheca, codex cclxxvi, et Migne, P. G., t. lxxix, col. 1489-1502, donnent de longs passages des sermons de saint Nil, deux sur Pâques et trois sur l'Ascension. Mais la personnalité de l'auteur n'est pas tellement déterminée qu'il ne puisse s'agir d'un autre Nil prédicateur. Il semble même que le Nil du codex photien cclxxvi doive être distingué de notre Nil du codex cci — 5 Nicéphore Calliste fait mention d'un traité nilien Adversus gentiles dont il n'y a pas d'autre mention. Hist. ecc, 1. XIV,

c. LIV.

5° Œuvres inaulhentiques. — Certains ouvrages, signalés comme l'œuvre de Nil, doivent lui être refusés comme apocryphes. Ce sont : 1. Le recueil des Sep-

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lem narrationes de ciede monachorum et de Theodulo filio, qui est, pour le moins, très douteux, P. G., t. lxxix, col. 583-694. — 2. Le Tractatus de viliis quœ opposila sunt virtutibus ad Eulogium, court et apparemment incomplet, et présentant comme la suite du traité des vertus chrétiennes Ad Eulogium, s'éloigne par trop de la manière nilienne et ne peut être qu'une œuvre postérieure. Degenhart, op. cit., p. 30 sq; P. G., t. lxxix, col. 1139-1144. — 3. Le traité De octo vitiosis cogitalionibus, P. G., ibid., col. 1435-1464, n'est qu'une refonte et une amplification postérieure de l'authentique De octo spiritibus malitiœ. — 4. De même le De malignis cogitationibus, ibid., col. 1199-1234, assez émaillé de citations d'Évagre pour lui avoir été attribué, reprend servilement des sujets déjà épuisés dans d'autres ouvrages authentiques. Le chapitre xxm notamment, consacré à la prière, peut s'identifier avec le De oratione. Heusi donne de fort bonnes raisons pour douter de son authenticité, op. cit., p. 163-166. — 5. L'écrit Ad Agathium monachum Peristeria seu tractatus de virtutibus excolendis et vitiis fugiendis, col. 811-968, traitant, en deux sections, des devoirs et des vertus de l'homme considéré dans sa vie individuelle et sociale, semble bien avoir été composé à Alexandrie. Anastase le Sinaïte qui en cite trois passages, dit que l'écrit appartient à un moine Nil, P. G., t. lxxxix, col. 437,536. Heusi, après Tillemont, Mémoires, t. xiv, p. 209, montre que notre Nil n'en peut être l'attributaire, parce qu'il vivait dans un tout autre monde de pensées que l'auteur, op. cit., p. 160-163. — -6. Le Tractatus moralis et multifarius est un sermon incolore d'origine inconnue, P. G., t. lxxix, col. 1285-1312. — 7. h'Epicteti enchiridion seu manuale est une paraphrase chrétienne du Manuel d'Épictète, représentée par de très nombreux manuscrits, dont l'auteur inconnu est certainement de beaucoup postérieur à notre Nil. P. G., col. 1285-1312. C. Wotke, Handschriftliche Beitràge zu Nilus Paraphrase von Epiktets Handbûchlein, dans Wiener Studien, 1892, t. xiv, p. 69-74; Degenhart, op. cit., p. 18-20. — 8. La Narratio de Pachon patiente bellum meretricium et vincente, P. G., ibid., col. 1311-1316, est un extrait de l'Histoire lausiaque de Palladius, Butler-Lucot, Palladius, Histoire lausiaque, Paris, 1912, chap. xxm. — 9. L'hymne intitulée Paradisus qui porte, dans beaucoup de manuscrits, le nom de Nil, doit être restituée au poète Jean le Géomètre, P. G., t. cvi, col. 867-890.

III. Doctrine. — Saint Nil n'a rien d'un théologien de profession. Mais ses écrits, ses lettres notamment, sont un trop précieux témoin de la tradition pour ne pas voir leurs conclusions consignées ici. La spiritualité nilienne, encore qu'elle soit aussi peu originale que possible, veut en outre être commémorée. Ces divers points de doctrine seront donnés d'affilée et les références se feront toutes à P. G., t. lxxix. Pour l'emploi des lettres, le chiffre romain en dira le livre et le premier chiffre arabe en indiquera le numéro.

1° Exégèse. — Saint Nil cite les livres saints sous le nom de paroles, m, 228, col. 488 C; 243, col. 496 D, ou d'Écriture divine, n, 321, col. 357 A. Sa collection, comme en font foi les citations fréquentes, contenait les IIe et IIIe épîtres de saint Jean et l'épître de saint Jude. Semblablement Nil recevait les péricopes de Daniel dans la fosse aux lions, i, 88, col. 121 AB; des trois jeunes Hébreux dans la fournaise, n, 310, col. 352 C; le livre d'Esther, n, 220, col. 313 D-316 A; l'épître de saint Jacques, m, 228, col. 489 B, et l'épître aux Hébreux, n, 251, col. 329 C. Les citations des apocryphes sont fort rares. Différentes versions se trouvent utilisées : ici, Symmaque, m, 78, col. 424 CD ; la, Aquila, Symmaque et Théodotion, ni, 191, col.

472 D et 473 A. Sans rejeter pour autant le sens littéral propre et figuré, son exégèse dénonce une forte tendance alexandrine, cherchant partout, à la faveur d'une étymologie ingénieuse, i, 90, col. 121 CD, un enseignement moral ou mvstique, u. 223, col. 316 C- 317 A.

Ajoutons que la foi nilienne repose en outre sur la tradition, n, 210, col. 312 A et sur les saints canons n, 155, col. 273 B.

2° Monothéisme et création. — Nil vide résolument et non sans humour, i, 234, col. 168 D et 169 A, le panthéon hellénique, il, 32, col. 212 D et 213 A; 42, col. 216 C; m, 16, col. 377 BC; il en expulse nommément le Hasard et la Fortune, i, 278, col. 184 D et la tourbe impudique des Éons mâles et femelles, i, 296, col. 192 A; 248, col. 173 C. Leur sacrifier serait s'agenouiller devant Satan et s'attirer, en manière de récompense, le fini de sa haine, n, 280, col. 340 D. S'adonner à la magie, n, 148, col. 269 A, consulter les augures et les aruspices, c'est s'exposer pour sa propre punition à ce que Dieu les réalise, n, 151, col. 269 D- 272 A. Il ne serait, au contraire, que de rejeter tout ce fatras de superstitions pour voir cesser les maux de l'empire : pestes, famines, guerres, tremblements de terre, i, 75, col. 116 AB.

Il faut plutôt adorer le vrai Dieu, créateur et conservateur de toutes choses, i, 19, col. 89 A, Dieu de qui, quoi qu'en aient les manichéens, la nature tire sa bonté essentielle, n, 299, col. 349 C-350 A, sa malice apparente ne venant que des cœurs corrompus qui la regardent et en usent, i, 32 et 33, col. 97, en sorte qu'il faille agir xoexà cpûaiv pour nous ramener à la rectitude originelle, n, 199, col. 304 D et 305 A, et qu'il n'y ait pas lieu d'embrasser la désespérance manichéenne et de nous asseoir dans le péché puisque la conversion est possible, n, 317, col. 356 A. Dieu a créé nos premiers parents à son image et à sa ressemblance, n, 191, col. 300 CD, les a bénis, dès avant leur péché, comme destinés à répandre l'espèce humaine, i, 190, col. 153 D. Il faut donc rejeter la préexistence platonicienne et origéniste des âmes et leur chute dans les corps, i, 189, col. 153 CD, tout autant que leur anéantissement final prêché par Aristote, i, 192, col. 156 B. Mieux encore, ces âmes spirituelles et éternelles ressusciteront leurs corps, i, 109-113, col. 129-132; 163, col. 149; 192, cpl. 155; n, 82, col. 237; 200, col. 305. Avec cela l'être humain est-il pour Nil un composé de trois éléments substantiels comme le veulent les trichotomistes ? Ce n'est pas impossible : Nil connaît fort bien le o&y.<x, la {\>uyj) et le 7rv£Ùjj.a, Ad Eulogium, col. 1011 A, et donne une division tripartite des vertus, De oratione, c. cxxxn, col. 1196; mais sa psychologie n'est pas exclusive et soutient même la plupart du temps la division de l'homme en corps et en âme, i, 292, col. 189 B; n, 76, col. 233 C; De monastica exercit., col. 781 B.

3° Trinité. — Le Dieu créateur de Nil est le Dieu un en trois personnes, Institutio ad monachos, col. 1237 C. Il n'y a qu'une divinité du Père, du Fils et de l'Esprit, qu'une nature, qu'une puissance et qu'une volonté, i, 191, col. 156. La nature divine est une en essence ou en divinité et trois en personnes ou en hypostases. A remarquer que Nil se sert parfois du mot 7rpc(Tcj7rov pour indiquer la nature divine commune aux trois personnes, i, 174, col. 152 A. Contre les ariens, il soutient, sans craindre les répétitions, que le Verbe; Fils de Dieu, subsiste de sa nature, est adorable, créateur de toute chose, incompréhensible et qu'il n'est ni créature ni engendré de rien, mais engendré du Père, non pas comme du créateur mais comme du Père, avant tous les siècles, sans aucune passion, seul de seul, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, semblable

NIL L'ASCÈTK

en tout au Père : en puissance, en essence, en bonté, en autorité et en toute perfection, en sorte qu'il comprenne en lui le Père et qu'il en soit compris, créateur avec lui et avec le saint, consubstantiel et adorable Esprit, de tout ce qui est, i, 205, col. 100 A; 206, col. 160 AB; 79, col. 117 B; h, 39, col. 213 CD. Les lettres de saint Nil à Gainas (t 23 décembre 400), dit le Chercheur de Dieu, en qui il flagelle l'évidente mauvaise foi des ariens, ont la précision et la concision d'un symbole de foi, i, 70, col. 113 A; 79, col. 117 B. Il dit pareillement de l'Esprit-Saint qu'il est de même nature que le Père et le Fils, qu'il leur est coéternel et a les mêmes droits aux honneurs divins et éternels qu'eux; enfin qu'il est un, encore que ses vertus soient multiples, h, 210, col. 309 D; 204, col. 308 AG. Il ne lui restait qu'à s'en prendre à Eunomius pour avoir voulu scruter la nature humainement inintelligible de Dieu, i, 16 et 18, col. 88 CD; 158, col. 148 B.

4° Christologie. — Le Fils unique et Verbe de Dieu en se faisant homme, encore qu'en aient les anoméens, n'est point déchu de sa divinité, mais il est vraiment Dieu depuis son incarnation, comme il l'était avant qu'il prît un corps du sein de la Vierge, i, 102, col. 125D-128 AB. Il est vrai Dieu selon la nature qui ne paraît pas et vrai homme selon celle qui se voit, car il n'est pas sans âme et sans intelligence comme le veut Apollinaire, n, 40, col. 213 D- 216 A. Fait en tout semblable à ce que nous sommes : corps, âme, esprit, à l'exception du péché, i, 170, col. 149 C, il est Dieu par sa nature intérieure et fils de l'homme par sa naissance de Marie, i, 171, col. 149 C. Il a prouvé la vérité de son incarnation en buvant, mangeant et dormant, i, 149, col. 144 D et 145 A. S'il a emprunté un corps au ciel qu'était-il besoin de la Vierge? C'est donc d'elle qu'il s'est formé lui-même ce corps sans aucune corruption; car il ne peut y en avoir dans ce qui est l'œuvre du Saint-Esprit, i, 272, col. 181 D. Comme sa conception dans le sein de la Vierge s'est faite sans volupté, elle s'y est aussi faite d'une manière très pure, i, 293, col. 189 BC. Sa naissance n'a pas été moins miraculeuse, étant sorti du sein de la Vierge sans rompre le sceau de la virginité, i, 270, col. 181 B. En sorte que Marie, vraie mère sans douloureux enfantement, i, 171, col. 149 C, vraiment ©soxôxoç, n, 180, col. 293, est demeurée vierge après son enfantement comme auparavant, i, 269, col. 181 B, comme le veut Isaïe, n, 180, col. 293 A. Joseph qui ne l'avait pas connue avant son enfantement, ne la connut pas après, vivant avec elle non pas comme son mari, mais comme ministre de Dieu, i, 271, 181 CD. Cette insistance à réfuter la théologie nestorienne, alors qu'il ne nomme pas Nestorius, saint Nil la met encore à affirmer l'unité personnelle du Verbe incarné, m, 91 et 92, col. 428 CD. C'est bien la personne qui souffre, mais c'est l'humanité du Verbe qui est crucifiée et qui meurt pour nous, n, 300, col. 349 A; i, 115, col. 133 B; n, 292, col. 345 AB. Au reste, il est hérétique d'enseigner que Jésus-Christ serait un jour crucifié pour le salut des démons, i, 204, col. 157 D-160 A.

5° Les sacrements. — Le baptême est semblable au feu sous le symbole duquel il est représenté dans l'Écriture parce qu'il consume nos péchés et nous communique la grâce vivifiante; mais on ne pourrait le réitérer sans crucifier à nouveau le Christ, i, 204, ibid. — ■ Avant les paroles du prêtre et la descente du Saint-Esprit, il n'y avait sur l'autel que du pain ordinaire et du vin commun, mais après les invocations terribles de YÉpiclèse et la descente du Saint-Esprit, c'est le corps et le sang de Jésus-Christ, i, 44, col. 104, dont on ne peut s'approcher comme d'une nourriture commune, n, 144, col. 265 CD. Les conditions requises

pour la communion sont la crainte et un grand amour, i, 44, col. 104; m, 280, col. 521 D. Faut-il l'état de grâce ? Nil ne le dit pas. Il affirme par contre que l'eucharistie est purificatrice, i, 99, col. 124 D-125 A, et même qu'elle purifie et vivifie ceux qui sont morts dans le péché, ni, 39, col. 405 BC. Il s'agit bien là de péchés mortels, s'il est vrai que ce sont les péchés mêmes qui sont la matière de la pénitence, i, 274, col. 184 A. On voit dans le même texte que la (xerâvota nilienne qui est un don divin, m, 115, col. 436 D, vivifie également les âmes mortes. Nil ne peut souffrir les novatiens qui disent le pardon impossible, n. 155, col. 273 AB et la longue lettre, m, 243, au prêtre Chariclus, col. 496 D-501 B, condamne ces rigoristes qui prétendent que la confession ne suffit pas à la (xeràvoia.

6° Grâce et vie chrétienne. — On a coutume de chercher les origines du pélagianisme parmi les moines orientaux. Saint Nil aurait été l'un de ses pères. La plupart des textes allégués sont empruntés aux écrits inauthentiques. Parmi les autres il en est deux qui n'auraient pas besoin d'être beaucoup sollicités pour faire du moine d'Ancyre un authentique semi-pélagien, n, 326, col. 360 C; iv, 16, col. 557 BC. En insistant sur la part humaine dans la vie chrétienne, Nil appuyait à peine sur un principe qu'il avait reçu de son maître Chrysostome. Au reste, il confesse la grande faiblesse humaine, n, 47, col. 217 C, et rapporte tout à la grâce, Ad Eulogium, col. 1133 A, cette grâce absolument nécessaire pour se repentir de ses fautes, et surmonter les tentations, n, 240, col. 257 D sq., pour voir où est le plus parfait, h, 242, col. 325 B. Et c'est encore à la grâce de Dieu que Nil attribue la sainteté héroïque des moines, i, 1, col. 81 AB; 1112 C.

La vie chrétienne va à rejeter tous les péchés graves, non seulement ceux qui sont regardés comme tels, l'homicide et l'adultère par exemple, mais tous ceux qui sont graves de soi, comme les faux serments, i, 3, col. 83 C,et les pensées impures, m, 259, col. 513.

L'âme appellera à son secours la prière dont le Christ nous a donné l'exemple, encore qu'il n'ait pas prié pour lui, i, 114, col. 132 CD; 115, col. 133 A. Le chrétien priera le matin avant de se mettre au travail et de préférence dans les sanctuaires puisqu'ils sont faits pour cela,i, 165, col. 149, les bras en croix pour toucher le Christ, i, 86, col. 120, à genoux en semaine et debout le dimanche, ni, 132, col. 444 D. Il priera pour les morts, afin que Dieu leur accorde sans tarder ses miséricordes éternelles,!, 311, col. 196 B. L'âme s'adressera aux saints et aux martyrs dont les images se contemplent dans le chœur des églises élevées en leur honneur mais non dans le sanctuaire réservé à la croix, parce qu'ils sont ses médiateurs auprès de Dieu et que leur intercession obtient des merveilles, iv, 61 et 62, col. 580 et 581. Ces deux lettres niliennes furent lues au deuxième concile de Nicée (787) : les iconoclastes se réclamant bien à tort de la première, il leur fut répondu par la seconde, Mansi, Concil.,t. xm, col. 34 et 35.

Ajoutons que notre saint est un témoin de la tradition qui fait expirer saint Pierre à Borne dans le supplice du crucifiement, n, 306, col. 349 D.

7° La vie monastique. — Lavie religieuse nilienne aux appellations multiples : 6 fi.ovï)pY)ç (Bioç, col. 240 C, 729 B, et 1020 A, ô ^ovaSixoç pîoç, col. 724 A, 729 A, ô èp7)fxi,xàç fUoç, col. 589 A, ou simplement y) èpy]y.lo-, col. 745 D, et àva^côpvjatç, col. 257 A, qui groupe une àSEXçÔTTjç, col. 217 A, ou des àaxY]Taï, col. 320 A, 441 A, appelés encore |i.ovâÇovTeç, col. 433 C, aux soins d'un olxovô(xoç. col. 433 D, sous un xoivoèiôiTTfi. col. 193 B, ou àpxinavSpÎTrjt;, col. 441 A, dit ici simplement TCa-rrjp, col. 1129 AD, dans un (i.ovaoTr)ptov ou (xàvSpa, col. 228 D, ou xot.v66i.ov, col. 1136 A,

NIL L'ASCÈTE

ou àoxï)TY)piov, col. 412 C, ou simplement to xéXXiov, col. 256 A, est, pour ce vrai disciple de saint Jean Chrysostome, la vraie cp'.Xoaotpia, la philosophie spirituelle, Jean Chrysost., De sacerdotio, i, 3; Nil, col. 720 sq; 732 C, 1100 A, 421 C, 440 C, c'est-à-dire la réforme des mœurs accompagnée de la science vraie de Celui qui est, col. 721 B. Saint Jean-Baptiste et les Apôtres en sont les vrais fondateurs, col. 996 CD. Elle eut pour premiers membres les chrétiens des temps apostoliques, auxquels donnèrent la main, par delà des siècles de disparition de l'idéal chrétien, les solitaires, col. 721 C-7 24. A la vie active, l'ascèse, elle doit unir la vie contemplative, col. 1112D-1113 A. Et dès lors il faut construire les monastères hors des villes et ne pas succomber au prétexte que la ville offrant plus de difficultés à la vie monastique doit pour autant être plus sanctifiante, col. 1061 A. Ce n'est pas sans raison qu'on a appelé les moines des villes colombes et ceux du désert tourterelles, parce que les premiers courent le risque de ne lustrer leur plumage que pour se mirer dans les yeux des hommes, col. 1092 BC. On choisira donc de préférence la solitude et ce sera une première yjau/îa, col. 1068 AB-1075. Mais il faut au moine une Yjau^îa supérieure, col. 1236 B, une manière de clôture, col. 540 C, prêchée par la vie de tous les saints, col. 792 D et 793, faite d'une certaine stabilité, irréductible aux mœurs gyrovagues des moines du temps, col. 224 D, 228 C, 232 D, 252 A, 189 BD, 437 C et 1109 A, et faite de sainte indifférence à l'égard des proches qu'on s'abstiendra d'aller visiter, encore qu'il soit bon de les assister en leurs besoins dans toute la mesure du possible, col. 528 A, 773 C. De cette stabilité le moine ne se dispensera pas par motif de commerce ou d'agriculture, col. 744D-748, cette plaie du siècle, col. 725 sq., ce qui n'est pas exclure le travail manuel par ailleurs nécessaire, col. 1001; cette stabilité enfin préviendra bien des chutes en interdisant au moine d'aller prier dans les maisons de femmes pieuses, col. 217 BC.

Au reste, cette -ï)au)(toc n'entraîne pas pour autant la nécessité de l'érémitisme. Le cénobitisme lui est préférable, col. 421 C. C'est même par lui qu'il faut débuter 1133 D-1136 A : les frottements de la vie commune, tout comme l'obéissance aveugle qui s'interdit de rechercher les motifs des ordres des supérieurs, auront tôt fait de hausser le moine à la taille du Christ, col. 229 AB, 772 C-773 A. Avec l'âge, le moine peut demander à se murer dans une cellule hésychaste, col. 1136B, à la condition qu'il revienne au monastère ou s'adjoigne un compagnon, quand l'orgueil, l'impureté ou les démons commencent à l'assaillir, col. 256 AB, 1108 B, 529 B. L'orgueil entre autres s'entend à creuser à même le roc les cellules des reclus et à exhausser les colonnes des stylites, col. 244 AC, 249 AD.

8° La vie spirituelle. — Adam, créé dans l'état d'innocence, jouissait de la sagesse, de la science parfaite et pouvait s'adonner à la contemplation, De voL.paup., c. xv, col. 988. Tout de même son 7)auxîa n'était pas troublée par les soins de la vie, op. cit., col. 985 sq. Cette perfection d'Adam était à l'image de Dieu par la communion harmonique de toutes les facultés humaines au vrai et au bien contemplés par le voûç et était à sa ressemblance parla participation à la nature divine, réalisée par le moyen de la grâce, des vertus, notamment de la charité, col. 1023 BC- 1025 AD.

La spiritualité du moine d'Angora, comme la mystique fulgurante du moine de Scutari, saint Maxime le Confesseur, son disciple de génie, va tout simplement à nous ramener à l'image et à la ressemblance originelles, col. 172 B, par la vie active et la vie contemplative, nous dirions volontiers, avec quelques nuances, par l'ascèse et la vie mystique, col. 1112 D et 1113 A.

Cette marche mystique, dont l'amour de Dieu, 7r68oç est l'odomètre, est à triple étape : l'ascèse, la contemplation naturelle et la théologie qui se pratiquent en Egypte, au désert et dans la terre promise par les vertus corporelles, psychiques et spirituelles, col. 1069, 1196, c. cxxxji.

La reconquête de l'image par l'ascèse, parce qu'elle ne peut être qu'une lutte ardue contre l'habitude tyrannique, col. 1020 A, c. xli, habitude qui, engendrée par l'accoutumance, s'est muée en nature, col. 785, c. liv, doit avoir sa stratégie. Un travail négatif s'impose tout d'abord au commençant : quitter l'Egypte ou éliminer le péché xoct' Èvépyeiav, coi. 808, c. lxxiv, par une lutte sans merci contre les huit vices classiques : gloutonnerie, luxure, avarice, colère, tristesse, dégoût de la vie spirituelle, vaine gloire et orgueil qui voudraient le retenir en Egypte, en le saisissant par le pan de son manteau de sensibilité. De oclo spir. malit., col. 1145-1164. Il n'est que de leur répondre par rèyxpàcTeKx byzantine, aux attributs multiples, qui serait à la perfection de la vie active ce que la fleur est au fruit, 1145 A, et par l'r)auxta nilienne, qui vous ramène à la sainte indifférence originelle, col. 1148-1152; 748, c. xxi; 775, c. xlv. 11 faut surtout prendre garde aux sens, s'il est vrai qu'ils sont comme le concierge du voùç, col. 470 BC et que toute tentation a son origine, en définitive, en une impression exercée sur la sensibilité par l'objet extérieur, col. 184, Epist., i, 275.

Mais l'ascèse corporelle doit se parachever dans la mortification spirituelle sous peine d'être vaine. Le progressant, en route vers l'impassibilité du désert, doit éliminer les mauvaises pensées, s'il ne veut être ramené par elles en Egypte, col. 768 C, c. xxxix; 808 AC. Parce qu'il siège au cœur même de la place, l'ennemi est beaucoup plus à craindre, iv, 49, col. 573, comme le prouve à dégoût le processus de l'amitié charnelle, née d'une émotion esthétique et terminée bientôt dans le mélange fougueux des corps, Epist., n, 177, col. 280. Alors seulement, parvenue au désert, l'âme est revêtue par Dieu d'impassibilité, àra^eia, Epist., i, 104, col. 128; 186, col. 153; n, 66, col. 229; 120, col. 252; 168, col. 285. C'est, à la fois, une vertu et un état qui donne la similitude angélique, parachève l'image divine et permet de tendre à la ressemblance par la vue mystique, col. 721, c. iv. A remarquer toutefois que YànâQzia. parfaite n'est pas de ce monde, Epist., n, 43, col. 408, et que le parfait lui-même peut déchoir, Epist., n, 83, col. 237. L'ascèse n'était que pour la contemplation naturelle, Qzu>p':oc cputnxY), col. 1177, c. li, à laquelle le voûç, purifié pour avoir reçu l'Esprit de Dieu, Epist.', i, 17, col. 88, peut se livrer avec d'autant plus de fruit que son y)au%ia. le met à l'abri de toute préoccupation distrayante, col. 809, c. lxxv. L'âme doit transformer cette contemplation en oraison, col. 1177, c. li, lvi et lvii. Mais l'oraison de colloque intime sans image, col. 1181, c. lxx, sans aucun intermédiaire, col. 1193, c. cxvn, du voûç avec Dieu, col. 1168, c. m, cette chute dans les profondeurs de la divinité, col. 1173, c. xxxv, où l'amour des suprêmes ressemblances s'allume, col. 1193, c. cxvm, n'est pas au pouvoir de VàmxQrjc; lui-même, 1177, c. lv. Elle ne peut venir que de Dieu, col. 1180, c. lviii. Œuvre de l'Esprit-Saint, col. 1180, c. lxii et lxiii, comme du reste toute la vie spirituelle, Epist., n, 204, col. 308, elle s'achève normalement dans la théologie, col. 1180. c. lx, et l'amour déifique, col. 1184, c. i.xxvii.

Mais, il importe de le remarquer, celte oraison qui

purifie, nourrit et illumine, tout comme elle transforme

en Dieu, Epist., n, 92, col. 241, ne va pas sans

i épreuves purificatrices très douloureuses, Dieu ayant

NIL L'ASCÈTE

NIL DIASORENUS

coutume d'éprouver les bons, Epist., i, 37, col. 100. Et c'est le démon qui devient, pour saint Nil, le pareur providentiel de l'âme épouse de Dieu. Le débutant s'était déjà mesuré avec cet adversaire qui, après l'avoir acculé au péché par la tentation et l'obsession, l'écrasait sous le désespoir, Epist., n, 172, col. 288. Il se transforme, maintenant en ange de lumière, col. 1108-1109 A, et, s'il le faut, pour prendre l'âme au piège de l'illusion, il lui apparaît dans la lumière thaborique à la manière de Dieu, col. 1181-1184, c. lxxii et lxxiii; 1188, c. xciv, quitte à l'assaillir d'obsessions irrésistibles de blasphème s'il est dérouvert, Epist., n, 91, col. 241; 152, col. 272. Mais l'âme peut le repousser par le signe de la croix, Ad Eulogium, col. 1129 A, tracé sur le front ou sur la poitrine, Epist., n, 304, col. 349, ou sur toute autre partie du corps, Epist., n, 278, col. 521. Secourue du reste par les bons anges, col. 1184 et 1185, c. lxxiv, lxxv, i.xxxi, il ne lui est que de se plonger plus profondément dans l'oraison Epist., i, 155, col. 457. Qui donc porte la main au fer rougi au feu ? Puis encore, Moïse lui-même n'ayant pas été jugé digne de voir Dieu, Epist., i, 180, col. 152, l'âme asséchera le marais des illusions humaines et diaboliques en éliminant le désir des visions, col. 1192, c. cxv et cxvi. Qu'elle entre plutôt en son intérieur pour y percevoir l'odeur enivrante du Saint-Esprit, Epist., i, 175, col. 151, s'en remettant en tout au discernement de son père spirituel, Epist., n, 333, col. 364.

Cette notice qui, quant à la partie doctrinale, repose presque exclusivement sur les sources, donne, dans sa partie biographique et d'histoire littéraire, les conclusions des auteurs recueillies par O. Bardenliewer, Geschichte der allkirchlichen Literaiur, Fribourg-en-B., 1924, t.iv, p. 161- 178; Fr. Degenhart, Der hl. Nilus Sinaita, Munster, 1915; du même auteur, Neue Bcitràge zur Nilusforschung, Munster, 1918; K. Heussi, Unlersuchungen zu Nilus dem Asketem dans Texte und Unlersuchungen, Leipzig, 1917, t. xlh, fasc. 2 ; L. Allatius, De Nilis et corum scriptis diatribe, Rome, 1668, § 4, dans P. G., t. i.xxix, col. 25-56; J.M. Suaresius, Disserlatio de operibus S. Nili ejusdem liber chronologicus de vila S. Nili abbatis, P. G., t. lxxix, col. 1317- 1434; Tillemont, Mémoires pour servir à V histoire ecclésiastique des six premiers siècles, Paris, 1709, t. xiv, p. 189-218; 742-744; C. Oudin, Commentarius de scripioribus ecclesiaslicis, Leipzig, 1722, t. i, p. 1254-1258; G. Cave, Scriptorum ecclesiasticorum historia lilteraria, Bâle, 1741, p. 428 sq.; Fabricius-Harlés, Bibliotheca grœca, 1. 1, p. 701 sq. ; t. vm, p. 647, 676, 679;t. ix, p. 123;t.x,p. 1,3-17,251,294,325, 772; R. Ceillier, Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques, Paris, 1747, t. xm, p. 146-195; P. BatifTol, La littérature grecque, Paris, 1897, p. 254 et 255; Fessier, Institutiones patrologia-, Innsbruck, 1851, p. 592 sq. dans V. G.,, t. lxxix, col. 1-24; Hoffmann, Bibliographisches Lexikon der gesamten Literaiur der Griechen, Leipzig, 1839, t. n, p. 638-642; K. Heussi, NilusderAskel und der Veberjall der Manche am Sinai, dans Neue Jahrbiicher fur das klassische Altcrtum, 1916, t. xxxvn, p. 107-121; C. Wotke, Ilandsehriflliche Beitrage zu Nilus Paraphrase von Epiktets llandbiichlein dans Wiener Studien, 1892, t. xiv, p. 69-74; S. Haidacher, Nilus-Exzerple im PanJidetes des Antiochus, dans Bévue bénédictine, 1905, t. xxn, p. 244-250; du même auteur, Chrysostomus-Fragmente in der Briefsainmlung des hl. Nilus dans Xpuooaro[JUX<4, Rome, 1908, t. i,p. 226-234 ;NlV.o: A. B£»)ç,'0 âv t^ tt,ov»j I5ap).aà|A x<ï>6tij T(ôv èmoToXâv -/.ai xeçaXafcov toû à66âNêfXovi toO 'Ayxipavo-j xai Ma^'ij.o-j toC ôfjtrj/.oy^Toî, dans la Bévue de l'Orient chrétien, Paris, 1912, t. xvn.p. 32-44; J. Stiglmayr, Der Asketiker Nilus Sinaita und die anliken Sehriftstellcr, dans Zcitschr. fur kath. Théologie, 1915, t. xxxix, p. 576-581 ; A. Ncander, Biige aus dem Leben des h. Nilus, oder das Christenthum, ein Licht auch in den Zeilen der grôssten Finsternis, Berlin, 1843, in-4\ 16 p.; Lauchert, Der unler Nilos des aellern Namen uberliefertc lIxpà&ctToc dans Byzantin. Zeilsclu-., 1895, t. IV, p. 125-127; O. Zôckler, Das Lehrstùck von den sieben Hauptsiinden, dans Biblische und kirchenhislorische Studien, 1893, t. m, p. 28-34 ;

DICT. DE THÉOL. CATH

Johanncs Kunze, Marcus Trenita, Leipzig, 1895, p. 37, 46, 63, 129 sq., 161 sq. ; S. Schiwietz, Das morgenlandische Mônchtun, 1913, t. n, p. 37-72; P. Van den Ven, Un opuscule inédit attribué à S. Nil, dans Bibliothèque de la Faculté de philosophie et lettres de l'université de Liège, 1908; Mélanges Gode/raid Kurth, t. n, p. 73-81 ; T. X. Wertcr, Nili ascelœ parœnelica e codicibus Darmstadicnsi et Bernensi dans Acla philologorum Monacensium, Munich, 1820, t. m, fasc. 1. Pour la bibliographie de détail, voir L'. Chevalier, Biobibliographie au mot Nil, col. 3661 et 3662 et les ouvrages cités au cours de la notice.

M. Th. Disdier

2. NIL DIASORENUS, métrcpolite de Rhodes (xiv« siècle). — Originaire de Chio, il s'appelait Nicétas avant de se faire moine. Il prit part à la querelle hésychaste du côté de Palamas. Il lutta aussi contre les Latins, au témoignage de Joseph de Méthone, P. G., t. eux, col. 968. Le patriarche Philothée le nomma en 1357 métropolite de Rhodes et en 1366 en fit son exarque. Macaire, successeur de Philothée (1376-1379) le déposa.

Œuvres. ■ — 1° Enarratio synoptica de sanctis et œcumenicis synedis, publiée avec traduction latine dans Voel et Justel, Bibliclheca juris canonici, t. n, p. 1155- 1160. Nil de Rhodes compte neuf conciles œcuméniques. Le huitième est celui qui rétablit Photius, et où, selon la tradition schismatique qui remonte plus haut que notre auteur, fut condamnée l'addition du Filioque. Le neuvième est le concile palamite de 1341. Voir l'article de M. Jugie, le nombre des conciles œcuméniques reconnus par l'Église gréco-russe et ses théologiens, dans Échos d'Orient, t. xvm, p. 305-320. 2° L'archimandrite Arsenij a publié en 1891 quatre écrits inédits de Nil métropolite de Rhcdes (litre, introduction, appareil en russe) : contenus dans le Mosc. 402 (Vladimir, n° 434). Ce sont 1. un éloge de sainte Matrone de Chio et 2. trois homélies évangéliques : a) sur le début de saint Matthieu, b) sur la parabole du festin, Luc, xiv, 16 sq., c) sur la résurrection du fils de la veuve de Naïm, Luc, vu, 12 sq. — Parmi les inédits de Nil dans ce même manuscrit, à signaler un discours sur la Présentation de la sainte Vierge, et une poésie de 168 vers pentédécasyllabiques intitulée 'H6oTro(ia; c'est un discours de la Vierge à son Fils en croix. 3° Un autre codex de Moscou, n. 258 (Vladimir, n° 30V) contient un canon ïambique sur l'Assomption de la sainte Vierge. 4° A notre Nil appartiennent plusieurs réponses canoniques à un certain Job hiéromoine; questions et réponses ont été publiées par A. I. Almazov dans l'ouvrage intitulé : Réponses canoniques du patriarche Luc Chrysoberga et de Nil métropolite de Rhcdes (en russe). Voir sur cet ouvrage les comptes rendus de Krasnozen dans Vizantiiskij Vremennik, t. x (1904), p. 174-180, et de V. Benesevic, dans le Journal du ministère de l'Inslr. publique de Russie, n° 351, janvier 1904, p. 231-244. 5° Hy}Yf) yvwaecoç, inédit, ouvrage didactique sur la grammaire, la métrique, la logique et la rhétorique. Cf. Passow, Breslau, Universitâts-Programm, 1831, in-4°, 6 pages. — D'après Allatius, De A ilis, dans Fabricius, Bibl. gruca, t. v, p. 80, Nil de Rhodes est aussi l'auteur d'un écrit De versibus anacreonticis, peut-être un fragment du précédent, et de mélanges : De lapidibus, de conjectione unguenti Mosaici, de generatione artificiosa,de anno bis.exlo. — Au témoignage, toujours douteux quand il est isolé, de Nicolas Comncne Pfpadcpouli, Pranoliones mystagogicec, p. 12, 1 17, 138, etc., Nil de Rhodes aurait de plus composé -une Explanatio canonum synodicorum, distincte de la Synoptica enarratio mentionnée ci-dessus. Peut-être faut-il attribuer à notre personnage l'ouvrage de polémique antilatine attribué à un certain Nil moine, signalé par Démétracopoulos, 'OpGôSoÇoç 'EXXdcç, p. 94-95.

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