‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 2)Chapitre 61 sur 233 · NESTORIENNE (L'ÉGLISE), TEXTES LITURGIQUES · texte numérisé non relu

NESTORIENNE (L'ÉGLISE), TEXTES LITURGIQUES

8. Psautier. — Le premier des livres servant à la récitation de l'office est le psautier ou Dawidâ ; il est divisé chez les nestoriens en 20 parties ou hulâlc «louanges », auxquelles on ajoute une vingt et unième section contenant les deux cantiques de Moïse et le premier d'Isaïe. Cf. F. E. C. Diettrich, De psalterii usu publico et divisione in Ecclesia syriaca, Marbourg, 1862, corrigé par P. Martin, Saint Pierre et saint Paul dans l'Eglise neslorienne, extrait de la Revue des sciences ecclésiastiques, Paris, 1875, p. xxiv, n. 1. Les hulâlê sont divisées en marmitâ, dont le nombre varie de deux à quatre, chacune contenant en général deux psaumes, dont chacun est précédé de son argument, qui ne se récite pas, et suivi d'une ou de deux antiennes (qanunà). En tête de chaque marmitâ se trouve une courte oraison, qui est à proprement parler la marmitâ « jaculatoire ». Ces oraisons passent pour avoir été composées par le catholicos Élie III Abu Haliin, mais il a inséré dans la collection un certain nombre de pièces anciennes. Lorsqu'un psaume est suivi de deux antiennes, la première sert habituellement, tandis que la seconde est réservée pour certaines occasions.

9. Le hudrâ « cycle » contient l'office, antiennes, hymnes et oraisons, des 58 dimanches formant le cycle de l'année liturgique; il indique en outre les fêtes du Seigneur et les commmioraisons des saints, mais sans en donner l'office complet. Il a été composé par Iso'yahb III, qui en avait commencé la compilation lorsqu'il était encore métropolite d'Arbèles, avec la collaboration de 'Enaniso', le traducteur du Paradis des Pères. A Baumstark, Geschichte der syrischen Literatur, p. 198; description d'un hudrâ dans W. Wright et A. S. Cook, op. cit., p. 168-184.

10. Le gazzâ «trésor » contient les offices des fêtes de Notre-Seigneur ne tombant pas le dimanche et des c miTiémoraisons des saints. Les offices qui s'y trouvent sont : Nativité de N.-D., commémoraisons de la sainte Vierge, Epiphanie, commémoraisons de saint Jean-Baptiste, des saints Pierre et Paul, des quatre évangélistes, de saint Etienne, d'un saint quelconque (office commun), des confesseurs, de saint Georges, de la mire des sept Machabées, Ascension, saint Thomas, saint Cyriaque, Transfiguration, Invention de la croix. Lorsque l'une ou l'autre de ces commémoraisons se répète dans l'année, c'est avec répétition du même office. P. Martin, op. cit., p. xxi.

1 1. Le kaskul contient le propre des fériés de l'année aux nocturnes et à vêpres; il est assez souvent incorporé au hudrâ.

12. Le ktâbâ daqdam wa-d'batar est ainsi appelé « livre du premier et de ce qui suit », par allusion aux deux chœurs qui occupent la droite et la gauche de l'église. Les offices, qui servent pour chacune des semaines de l'année, sont dits qadmâyè « premiers » ou d'batar et ahrâyê « derniers », suivant qu'ils doivent être entonnés par le premier ou le second chœur, l'ordre des dimanches, qui est indiqué par le hudrâ, étant continué pendant toute la semaine. P. Martin, op. cit., p. xxi-xxm.

13. Livres divers. — L'Abù Halim contient la collection des oraisons composées ou réunies par Élie ITI. Les hymnes de saint Éphrem pour le jeûne de Ninive forment parfois un livre spécial, qui est appelé Ba'utâ d'Ninwâyè. Le Kamis est le recueil des hymnes de Kamis bar Qardahê, comme le Wardâ est le recueil des hymnes de Georges Wardâ; les livres liturgiques renvoient parfois à ces recueils. Le Qâlë d'oudrânë ou livre des suffrages comprend 28 qâlë et 43 sahlupe « variations », qui sont généralement copiés à la fin du kaSkul.

G. Diettrich, Die nestorianische Tauflilurgie ins dcutsclie iibersetzt unter Verwertung der neuesten handsehriftlichen

Funde historisch-kritiseh erforscht, Giessen, 1903 (recension de A. Baumstark dans Oriens ehristianus, t. m, 1903, p. 219-226); texte des ordinations d'après le Vatican syriaque 45, et traduction latine dans J. Morin, Commentarius de sacris Ecclesiœ ordinationibus..., Paris, 1655, p. 442- 473, repris et complété à l'aide des manuscrits de Joseph I" par J. S. Assémani, Bibliotheca orienlalis..., t. m b, p. dcclxvh-dcccxliv (y compris d'abondants commentaires); rites des sacrements traduits en latin dans Denzinger, Ritus orienialium..,, Wurzbourg, 1863 : baptême et confirmation, t. i, p. 346-383, cérémonie de la communion, p. 417-420, réconciliation des pécheurs, p. 467-471; ordinations et réconciliation du prêtre excommunié, t. n, p. 226-274, mariage, p. 419-450, prières sur les malades, p. 517-519 (ces traductions sont celles des Assémani et de Renaudot ou dérivent des traductions anglaises de Badger op. cit., t. n, p. 195-281, 322-359); traduction du rituel des funérailles dans Badger, op. cit., t. il, p. 282-321. On trouvera des notions générales sur l'office nestorien dans A. J. Maclean et W. II. Browne, The catholicos o/ the East and /us people, p. 212-242, avec traduction de plusieurs morceaux et table de répartition des psaumes; renseignements sur les sacrements et le rite des funérailles, ibid., p. 243- 249. L'office complet de l'Epiphanie a été traduit en anglais par A. J. Maclean, dans F. C. Conybeare, Rituale Armenorum, Oxford, 1905, p. 298-388, d'après le manuscrit du Gazza, Borgia syriaque 60. L'office des saints Pierre et Paul a été publié en syriaque et traduit en français par P. Martin, op. cit., p. 47-151 et 67 p. de texte syriaque. La partie commune de l'olfice férial, extraite du manuel et du ktaba daqdam wad'balar, a été traduite en anglais par A. J. Maclean, East syrian daily offices, Londres, 1904.

3° Éditions liturgiques des chaldéens catholiques. — Ce fut un des premiers soucis de la S. Congrégation de Propaganda Fide, dès les premiers temps de son existence, de créer une imprimerie où seraient préparés des livres liturgiques pour les Églises orientales. On pensa aux chaldéens, et les archives de la S. Congrégation en fourniront sans doute un jour la preuve, mais c'est seulement à la fin du xvne siècle que nous en avons la certitude, dans la traduction italienne d'une lettre du patriarche Joseph Ier, en date du 22 mars 1684. S. Giam.il, Genuinœ relationes..., p. 312 sq. L patriarche prit soin d'envoyer à la S. Congrégation de Propaganda Fide les copies de plusieurs livres liturgiques, et lui-même en copia plusieurs autres pendant les années de sa retraite à Borne. Liste de ces volumes dans J. Al. Assémani, De catholicis seu patriarchis chaldœorum..., p. 242, n. 1. Toutefois, la Propagande qui avait imprimé pour les chaldéens une profession de foi en 1648 et un catéchisme en 1665, ne publia qu'en 1767 le Missale chaldaicum ex decreto Sacrée Congregationis de Propaganda Fide edilum. Ce volume contient : p. 1-268, le texte syriaque avec traduction arabe (écrite en caractères chaldéens) des leçons des épîtres de saint Paul; p. 272-301, le texte syriaque de la liturgie des apôtres (Addaï et Mari); p. 302-603, les péricopes des évangiles en syriaque et arabe; p. 604-613, la traduction en syriaque des prières dites par les prêtres romains lorsqu'ils revêtent les ornements sacrés, et trois prières d'action de grâces.

Le texte du missel chaldéen fut traduit avant d'être édité, par ordre de la Propagande, en vue d'un examen dogmatique, par J. Al. Assémani : quem nos jussu superiorum antea latine interpretati fueramus. (Op. cit., p. 247.) La S. Congrégation se proposait sans doute de publier ensuite un rituel, puisque le même orientaliste en traduisit les formules d'après deux manuscrits de la bibliothèque Yaticane, provenant de Joseph Ier et deux de la Propagande, dont les cotes sont données par la copie officielle de la traduction (Borgia latins 159 et 160; copie faite pour l'usage du cardinal Mai, Vatic. lut. 9ô34). On choisit pour ce travail des manuscrits récents, laissant de côté pour les ordinations le manuscrit utilisé par

NESTORIENNE (L'ÉGLISE

Morin, qui en avait eu copie par Abraham Echellcnsis.

Après le missel de 1767, on trouve trois volumes chaldéens imprimés en 1774 et 1775, un missel, un rituel et un bréviaire, mais il s'agit de textes pour les Chaldéens du Malabar. Voir art. Syro-malahaiœ (Église).

C'est seulement en 1842 que la Propagande imprima pour les Chaldéens de Mésopotamie un nouveau livre liturgique, le Psalterium clialdaicum in usum nalionis clialdaicœ editum. La préface est signée de Joseph Guriel, auquel on doit toute une série de publications faites alors aux frais de la Propagande. Le psautier est divisé en hulâlê et marmiyâtà, précédées de leurs oraisons. Après le vingt et unième hulâlâ, composé des deux cantiques de Moïse, celui du Deutéronome divisé en deux, se trouve le Magnificat. Ce volume devait avoir une suite, que nous connaissons seulement par l'exemplaire de la bibliothèque Vaticane (Raccolta générale, Liturgia, iv, 356), brochure sans titre, qui porte à l'intérieur de la couverture une étiquette en syriaque avec les mots klâbâ daqdam wad' batar. La pagination, 335-604, relie incontestablement cette impression au psautier de 1842; l'ensemble formait une réduction de bréviaire analogue au diurnal latin, contenant le psautier complet et la partie de l'office férial commun à toutes les semaines de l'année.

Nous ne savons pas si l'ouvrage complet fut distribué, mais nous en doutons, car il ne figure pas au catalogue de la bibliothèque Barberini, qui recevait de droit un exemplaire de toutes les publications imprimées par la typographie de la Propagande. En 1845, paraissait un Breviarium clialdaicum in usum nationis clialdaicœ a losepho Guriel secundo editum. Ce secundo indiquerait que la première tentative a été poussée jusqu'au bout; toutefois, on a du mal de croire que la S. Congrégation aurait fait les frais de deux éditions à trois ans de distance. L'édition de 1845 est imprimée avec d'autres caractères, dans un format de 14 centimètres sur 10; elle est formée également par la réunion du psautier et du klâbâ daqdam wad'batar, mais on a ajouté au début l'Aperi et à la fin toute une série de morceaux traduits du latin en syriaque : actions de grâces après la messe, Te Deum, prières pour les malades, psaumes de la pénitence, litanies des saints avec leurs oraisons, litanies de la sainte Vierge, du saint Nom de Jésus, etc.

En 1858, toujours par les soins de Guriel, paraissait un Manuale sacerdotum... juxta ritum Ecclesise Chaldœorum. Mais ce manuel ne correspond pas à ce que l'on attendrait, car s'il commence bien par les prières que le prêtre doit dire aux offices du matin et du soir (p. .14-143), commeles manuscrits nestoriens dumanuel sacerdotal, il ne contient plus ensuite que des formules de dévotion empruntées aux livres latins.

Nous sommes insuffisamment renseignés sur les livres liturgiques que missionnaires et Chaldéens commencèrent dès lors d'imprimer en Orient. Un psautier imprimé à l'imprimerie patriarcale de Mossoul, chez Raphaël Mazdji (bibliothèque Vaticane, Raccolta générale, Liturgia, v, 24), et un missel lithographie à Constantinople chez Zellitch vers 1870 (ne serait-ce pas au temps où le patriarche Audo s'y arrêtait, au retour du concile?) (Raccolta générale, Liturgia, n, 157), ne figurent pas dans le cataloguimprimé du British Muséum, qui indique par contra un bréviaire de 344 pages imprimé à Mossoul en 1866a A. Baumstark indique deux éditions du missel imprimées par les soins des lazaristes à Ourmiah enl876 et 1906 (Geschichte der sijrischen Literatur, p. 199, n.7),et, d'après les notes de H. Goussen-, un Nouveau

DICT. DE THÉOL. CATH

Testament suivi du psautier imprimé par les dominicains à Mossoul en 1896-1898 (p. 357), un rituel imprimé en 1907 (ibid.), et un Psalterium juxta exemplar apud Chaldwos usurpatum, 1910.

L'œuvre la plus considérable comme édition liturgique chaldéenne est le Breviarium clialdaicum en trois volumes, imprimé à Leipzig, édité à Paris en 1886, par le P. Bedjan, dont le nom figure seulement comme censeur à côté de celui du futur patriarche Ébedjésus V Khayyatt, alors archevêque de Diarbékir. Les trois volumes du bréviaire étaient accompagnés d'un Liber psalmorum, horarum diurnarum, ordinis offlcti divini et homiliarum rogationum, qu'on s'étonne de voir qualifié ad usum scholarum. Cette addition au titre a tout l'air d'avoir été faite pour tranquilliser l'imprimeur de la Propagande, qui risquait de garder en magasin le bréviaire de Guriel, terriblement distancé par l'élégante présentation de l'imprimeur Drugulin. Les trois volumes du bréviaire et celui du psautier diurnal sont, comme toutes les éditions de Bedjan, très soignés et faits d'après les meilleurs manuscrits que ce consciencieux travailleur avait pu se procurer.

Le Missale juxta ritum Ecclesiœ Syrorum orientalium, id est Chaldœorum, imprimé en 1901 par les dominicains de Mossoul, a été composé suivant les mêmes principes : disposer dans un ordre pratique les morceaux authentiques de la liturgie nestorienne épars dans les manuscrits. Ce missel contient les trois liturgies en usage dans l'Église nestorienne, mais celles dites habituellement de Théodore et de Nestorius sont appelées tout simplement deuxième et troisième messes; on sait que cette dernière est assez voisine de celle en usage à Byzance au temps de saint Jean Chrysostome et de Nestorius. A. Baumstark, Die Chrysostomosliturgie und die syrische Liturgie des Nestorios, dans XpuCTCCTTO(i.ixà, Stucli e ricerche intorno a S. Giovanni Crisostomo, Rome, 1908, p. 771-857. Suivent les parties propres aux messes des dimanches, fêtes et commémoraisons, à l'exclusion des leçons.

4° Éditions liturgiques des nestoriens. ■ — La mission anglicane a imprimé à Ourmiah, en 1890, les trois liturgies et le rite du baptême sous un double titre syriaque et latin : Liturgia sanctorum apostolorum Adaei et Maris, cui accedunt duse aliœ in quibusdam festis et feriis dicendse, neenon ordo baptismi..., où les noms de Théodore et Nestorius sont omis dans le titre des liturgies qui leur sont attribuées, soit par scrupule scientifique, soit plutôt afin de ne pas compromettre la vente du volume aux prêtres chaldéens catholiques. Deux éditions du psautier ont la même origine, Ourmiah, 1891 et 1908.

En 1928, le prêtre Joseph de Kelaytâ, dont nous avons dit l'opposition au patriarche Simon XXI Isaïe, col. 258, a fait imprimer un manuel sacerdotal intitulé The lilurgy of the Church of the East, compared in détails with many ancient mss., which their name and date is given in the syriac introduction... (édition de 520 exemplaires numérotés), 16 et 488 pages. Le contenu de ce volume est le suivant : p. 1-58, liturgie des apôtres; p. 69-75, liturgie de Théodore; p. 76- 101, liturgie de Nestorius; p. 101-106, canon d'haylat pour les différentes fêtes du Seigneur; p. 107-160, rite du baptême; p. 161-171, préparation de la matière du sacrifice; p. 172-179, rite de la réconciliation; p. 180- 192, renouvellement du /ermentum ou malkâ; p. 182- 207, prières diverses, pour la pluie, sur les semences etc.; p. 208-218, canons du catholicos Jean bar Abgârë sur le service de l'autel; p. 219-224, formules d'exorcismes; p. 225-242, diptyques; p. 243, bénédiction du calice dans un temps de nécessité; p. 244, confection du hënânâ ; p. 245-249, bénédiction de l'eau; p. 250-292, huttâmê qui se font à la porte du

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