V. Grumel
1. NICOLAI Jean- — Ce dominicain français eut, en son xvne siècle trois homonymes : un magistrat français, un philologue et un orientaliste saxon. Né en 1594, à Monza, près de Stenay, il était entré à douze ans au couvent dominicain de Verdun où il fit profession en 1612. Il résida ensuite jusqu'à sa mort au couvent de Saint- Jacques, à Paris, bien qu'il fût de passage à Rome en 1628 et à Lyon en 1652. Maître es arts, puis lecteur sententiaire, il avait été retenu à Saint-Jacques pour l'enseignement théologique après ses examens de licence (1630-1632). Il avait l'estime de Louis XIII et de Louis XIV, de Richelieu et Mazarin, d'Anne d'Autriche, de Séguier qui semblent avoir prisé surtout en lui, avec des qualités morales, le lettré et le polyglotte. Pour lui confier les charges conventuelles à Paris, on l'afïîlia nominalement à un couvent de la province parisienne, celui de Blois, ce qui fit croire ensuite à Y Année dominicaine, édit. de Lyon, t. v, p. 223, qu'il passa sa vie à Blois. Après avoir été longtemps prieur ou régent de Saint-Jacques, il y mourut, à soixante-dix-huit ans, le 6 mai 1673. On lui consacra une grande épitaphe dans l'église, comme à un théologien fécond en ouvrages et en luttes. Il rompit des lances avec Pascal, Arnauld, Nicole, Launoi, Combéfis, Guyart, Mesplede, etc.
1° Polémique et doctrine de la grâce suffisante. — En 1645, Arnauld s'étonnait de ce que le livre d'un antijanséniste eût reçu l'approbation d'un thomiste comme Nicolaï. Arnauld, Œuvres, t. xvn, p. 6-9 et 187-189. En 1652 (cf. ibid, t. xx, p. 565), on savait seulement que, sans être moliniste, Nicolaï travaillait à la condamnation à Rome des cinq propositions qu'il avait fait condamner à Paris comme