‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 3)Chapitre 14 sur 470 · QUATRE-TEMPS — QUERINI (JÉRÔME · texte numérisé non relu

QUATRE-TEMPS — QUERINI (JÉRÔME

quatre-temps tombe dans l'octave de la Conception de la bienheureuse Vierge Marie, la Sacré Congrégation des Rites se réserve de dire ce qu'il convient de faire à l'office et à la messe. N. 2319, ad 26um, 5 mai 173G. Le samedi des quatre-temps et le samedi Sitienles (samedi d'avant le dimanche de la Passion), la messe d'ordination, qui est de la férié, n'admet aucune mémoire de saints occurrents. N. 3G42, ad 3um, 23 sept. 1883. Si une férié des quatre-temps tombe au jour octave de la Nativité de la bienheureuse vierge Marie, dans la messe conventuelle de la férié, il faut dire la préface de la férié. N. 128, 12 déc. 1626. Aux quatre-temps et aux vigiles de carême on ne doit pas omettre dans les cathédrales et les collégiales de dire la messe de la férié ou de la vigile si ce jour-là tombe une fête de saint double ou semi-double, ou une octave. La Sacrée Congrégation des Rites y est revenue plusieurs fois, n. 404. ad 3um, 525, ad 2um, 603, 925, 970, ad 4um, 1599, ad 3um, 1677, 1694, 22 août 1682.

Sur les textes des messes anciennes voir les sacramentaires léonien, gélasien, grégorien. Sur l'histoire et la pratique : dom Cabrol, art. Annonce des fêles, dans Dict. d'archéol., t. i, col. 2230; Duchesne, Les origines du cullc clirêlien, c. vin, § 2; Durand de Mende, Rational ou manuel des divins offices, 1. VI, c. vi; 1'. I.ejay, Reo. d'Iiist. et de liltér. relig., 1902, p. 301; Liturgia, 1930, Les quatre-temps ou les rogations, p. 022; A. Molien, /.« prière de l'Église, 2 vol. in-12, t. n, l'aris, 1924, p. 25-33, 117-121, 272-278; 539-540, 580-589; dom Morin, L'origine des quatre-temps, dans Heu. bénéd., t. xiv, 1897, p. 336-346; Pascal, Origines et raison de la liturgie cath., éd. M igné, in-4°, 1844, col. 1066; Thomassin, Traité des jeûnes de l'Église, l" part., c. xvni; Villien, Ilisl. des command. de l'Église, in-12, Paris, 1909, p. 216-220; Vacandard, art. Carême, ici, t. II, col. 1724-

A. Molien.

QUÉRAS Mathurin (1614-1695), né à Sens le 1er août 1614, fut docteur de Sorbonne; très attaché au jansénisme, il fut un des approbateurs du livre célèbre d'Arnauld La fréquente communion; en 1658, il ne voulut pas souscrire la censure portée contre Arnauld et il fut exclu de Sorbonne. L'archevêque de Sens, Gondrin, le nomma vicaire général et lui confia la direction de son séminaire en 1658. A la mort du prélat, en 1674, Quéras dut quitter le diocèse; il se relira à Troyes, où il fut prieur de Saint-Quentin. Il mourut le 9 avril 1695.

Quéras a publié quelques écrits, parmi lesquels il faut citer celui qui a pour titre Éclaircissement de relie célèbre et importante question : Si le concile de Trente a décide ou déclaré que l'attrition conçue par la seule crainte des peines de l'enfer et sans aucun amour de Dieu soit une disposition suffisante pour recevoir la rémission des péchés cl la grâce de la justification au sacrement de pénitence, Paris, 1683, in-8°; Quéras répond que le concile n'a point résolu cette question. Quéras a encore l'ail un Recueil sommaire des jirincipales preuves de la dépendance des réguliers; il a pris la part principale aux conférences ecclésiastiques de Sens en 1658 et en 1659 et dirigé M. Raugrand, qui a publié l'écrit intitulé Sancti Augustini doctrinse chrislianie praxis catechistica, Troyes, 1678, in-8°.

Iloerer, Nom), biog. gêner., t. xi.i, col. 304; Moréri, Grand dict. hist., t. vin, p. 071 ; Feller-Weiss, Riogr. univers., t. vu. p. 111; Richard et Giraud, Biblioth. sacrée, t. xx, p. /!27 ; Féret, La /acuité de théologie de l'aris et ses docteurs les plus célèbres, Époque moderne, t. III, p. 242.

J. CARREYRE.

QUERBEUF (Yves-Mathurin-Marie Trèaudet de) (1726-1797), né à Landeriieau le 3 janvier 1726, entra chez les jésuites le 26 septembre 17 12. Il professa la philosophie en divers collèges, puis la logique à Paris en 1761. Il resta a Paris jusqu'à la Révolution.

puis il se retira en Angleterre et en Allemagne. Il mourut à Rrunswick en 1797.

Les œuvres du P. Querbeuf sont très variées. Nous retiendrons seulement : Mémoires pour servir à l'histoire de Louis, dauphin de France, Paris, 1777, 12 vol. in-8°, — • Lettres édifiantes et curieuses, écrites des missions étrangères, nouv. édit., Paris, 1780-1783, 26 vol. in-12. avec une dédicace au roi et une longue préface. C'est le P. Querbeuf qui a groupé les lettres d'après le pays d'origine : Mémoires du Levant, 1780, 5 vol.; Mémoires d'Amérique, 1761, 4 vol.; Mémoires des Indes, 1783, 6 vol., et Mémoires de la Chine et des pays voisins, 1783, 9 vol. De nouvelles éditions furent encore publiées: Toulouse, 1810, 26 vol. in-12; Lyon, 1819, 14 vol. in-8° (Ami de la religion et du roi, du 23 oct. 1819, t. xxi, p. 321-328); Paris, 1829-1832, 40 vol. in-12; Paris, 1838-1813, 4 vol. in-4°. Cette dernière édition a pour titre : Lettres édifiantes et curieuses concernant l'Asie, l'Afrique et l'Amérique, avec quelques relations nouvelles des missions et des notes géographiques et historiques, publiées sous la direction de M. L. Aimé-Martin. — Œuvres de Fr. de Salignac de la Mothe-Fénelon, Paris, 1787-1792, 9 vol., in-4°; l'édition avait été commencée en 1785 par l'abbé Gillet et dirigée ensuite par le P. Querbeuf, reproduite en 1810 en 10 vol. in-8° et in-12, Paris, avec un Essai historique sur la personne et les écrits de Fénelon, par M. Chas, ancien avocat; une nouvelle édition parut de 1809 à 1811, à Toulouse, en 19 vol. in-12. — Principes de MAI. Bossuet et Fénelon sur la souveraineté, tirés du 5e Avertissement sur les lettres de. M. Jurieu et d'un Essai sur le gouvernement civil, Paris, 1791, in-8°, réédités en 1797 sous le titre : La politique du vieux temps ou les principes de Bossuet et de Fénelon sur la souveraineté. — Histoire des controverses les plus mémorables, tirée des Livres saints, de l'Histoire ecclésiastique de M. Fleuri/ et de la vie des saints et des martyrs, traduit de l'anglais, Paris, 1792, in-8°.

Michaud, fiiogr. univers., t. xxxiv, p. 624-625; Iloefer, Nom;, biogr. génér., t. xi.i, col. 304-305; Ouorard, La l-'rance littéraire, t. vu, p. 391 ; Caballero, Biblioth. scripl. Sociel. Jesu supplem., in-'.0, t. i, Rouen, 1814, p. 235; Miorccc de Kerdanet, Notices chronol. sur les théologiens, jurisconsultes, philosophes, artistes, littérateurs... de la Bretagne, depuis le convnenc. de l'ère chréi. jusqu'à nos jours, in-8°, Brest, 1818, p. 380; de Backer, Biblioth. des écrivains de la Compagnie de .Jésus, t. VI, p. 478-480; Sommervogel, Biblioth. de la Compagnie de Jésus, t. VI, col. 1335-1338.

J. CARREYRE.

QUERINI Jérôme, en religion Ange-Marie,

bénédictin, évèque de Brescia, cardinal et bibliothécaire de l'Église romaine (1680-1755). Le cardinal Querini, esprit ouvert à toutes les curiosités, en relations épistolaires avec presque tous les gens de lettres de son temps, nous a très bien renseignés lui-même sur sa propre personne, ses études, ses goûts, toutes les occupations variées de sa longue carrière dans de très intéressants Mémoires qu'il a menés jusqu'en 1741, et que le P. Fréd. Sanvilale, S. J., a continués jusqu'à sa mort. Il a aussi laissé une immense cor respondance, dont il a publié aussi une partie impor tante C'est là que nous puiserons surtout les éléments de cette rapide notice. Il naquit le 30 mars 1680, d'une antique et illustre Camille de Venise. Son père, son aïeul, deux de ses frères furent provédileurs de Saint- Marc. Sa mère était une Giustiniani. A sept ans, il fui confié, avec son frère aîné, au collège des nobles de Saint-Antoine à Rrescia, dirigé par les jésuites, y til d'excellentes humanités, y prit un goût très vif des lettres, résista aux instances répétées de ses maîtres qui voulaient attirer à leur Société un sujet déjà brillant. Mais, justement « pour se vouer sans partage aux études savantes », Jérôme Querini, à 17 ans, embrassa

QUE Kl NI (JE HUME

la vie bénédictine à la Badia de Florence, malgré l'opposition de ses parents. Il y fut déjà fêté et encouragé par Côme III et les derniers Médicis, auxquels il avait été présenté. A la Badia, il fut mis tout de suite à l'école de Mobarach, un Maronite, devenu jésuite sous le nom de P. Benedetti, et qui, plus tard, avec son aide et d'après ses conseils, édita en collaboration avec un des Assémani les œuvres de saint Éphrem. Benedetti lui apprit le grec et l'hébreu. Sorti de page, c'est-à-dire passé au rang des profès (il avait 20 ans), il eut le loisir de jouir de la compagnie de Montfaucon. qui lit alors un séjour de deux mois à la Badia et même il soutint une thèse en sa présence, sur la grâce d'après saint Augustin et saint Thomas. Son abbé, Angelo Ninzio, était loin de décourager l'ardeur d'un tel néophyte. Querini, avec l'étude de la théologie, menait de front celle des mathématiques, lisait le P. Lami, contrôlait Euclide, fréquentait tout ce que Florence comptait alors de littérateurs et de savants : Salvini, Grandi, Buonarotti, Magalotti, surtout Antonio Ma gliabecchi. Côme III avait pensé à le nommer professeur à l'université de Pise. A 22 ans, il soutenait des thèses publiques à Pérouse, il enseignait la théologie et l'hébreu à ses jeunes confrères de l'abbaye. En 1710, il est autorisé à voyager pour étendre ses connaissances dans tous les domaines de l'érudition. Il fut en route pendant quatre ans, en compagnie de son frère. Il visita l'Allemagne, la Hollande, l'Angleterre et la France, prolitant de toute occasion pour se j faire présenter à tous les gens de science sur son chemin. Il vit en Hollande Gronovius, Huster, Jean Le Clerc, Quesnel lui-mîme et autres notoriétés jansénistes; en Angleterre il discuta histoire avec les Burnet, vit Bentley, Hudson, Potter, deux fois Newton. Il plaignait les erreurs, mais se montrait bienveillant aux hom njs et sut leur faire apprécier sa politesse et son savoir vivre. Au retour d'Angleterre, passant par la Haye, il fut l'hôte du cardinal Passionei, un autre savant et curieux comme lui, salua à Leyde Perizonius, Jacques Bernard, Casimir Oudin, eut à Rotterdam un entretien amical avec le ministre Jurieu, alors octogénaire. Après quoi, ce voyageur éclectique se mit en rapports avec Papebrock à Anvers, et, à Cambrai, reçut le plus tendre accueil de Fénelon. A Paris, il prit logis en la docte abbaye de Saint-Germain des Prés. Il y retrouva Montfaucon, Massuet, Le Nourry, Félibien et les autres infatigables éditeurs; chez le cardinal d'Estrées, il rencontra presque tous les littérateurs français qui vivaient en ces années 1711, 1712 et 1713, les autres, chez d'Aguesseau; d'autres encore, comme dom Calmet, aux Blancs-Manteaux: Malebranche, Lelong, Le Brun, à l'Oratoire; Noël Alexandre, Le Quien, Échard, aux dominicains de Saint- Jacques ou de Saint-Honoré; Hardouin, Daniel, Gaillard, chez les jésuites. Et, hors des cloîtres, les savantes gens de l'Académie des Inscriptions et Belleslettres : Kenaudot, l'abbé Régnier-Desmarais, l'abbé Fleury, Houdard de la Mothe et tant d'autres, complaisamment énumérés dans les Mémoires. L'Académie ne le perdra plus de vue, et l'élira comme membre étranger en 1743 (titre qui lui plaira encore plus que ceux qui s'y sont joints ou s'y joindront d'associé des académies de Bologne, de Vienne, de Berlin, ou de Pétersbourg). Il se fait renseigner sur toutes les œuvres en cours, les controverses qui s'agitent; il va à Saint- Denis et s'intéresse, auprès de Denis de Sainte-Marthe, aux débuts du Gallia chrisiiana. On le mène à Fontainebleau, à Versailles. Ce gentilhomme vénitien aime les propos spirituels des gens de cour et rapporte, avec quelque apparence de vanité, les jolis compliments qu'on lui adresse. On le trouve en Ile-de-France, en Normandie, en Bretagne, en Champagne. 11 voit Le Beuf à Auxerre, Bouhier à Dijon. Par la Bourgogne,

par Avignon, par l'île de Lérins, il est de retour en Italie en 1714.

lia vu au passage Muratori, avec qui il bataillera plus tard au sujet de la réduction des fêtes chômées. Sa congrégation bénédictine du Mont-Cassin le charge d'écrire les Annales de l'ordre de Saint-Benoît en Italie. Dans ce but, le voilà reparti en tournée scientifique, explorant les archives a Venise, Trévise. Padoue, Ferrare, Modène, Florence, Rome, Naples, le Mont-Cassin Ce travail ne fut pas poursuivi, Mabillon l'ayant fait en grande partie dans ses Annales, dont les cinq premiers volumes venaient de paraître de 1703 à 1713. Il en sortit pourtant, plus tard, son travail sur l'abbaye de Farfa. Il dut surtout séjourner à Rome, y gagna l'amitié de Prosper Lambertini (qui fut Benoit XIV), et les bonnes grâces du pape régnant. Clément XI, qui l'entendait volontiers sur les hommes et les affaires religieuses de France. Il est déjà consul teur de la Congrégation de l'Index, de celle des Rites; en 1718, il fait partie de la nouvelle congrégation érigée pour la correction des livres de la liturgie byzantine, et publie une édition critique du Quadragesimale, d'après un manuscrit de la bibliothèque Barberini, avec des considérations qui lui attirent des contradictions et lui font prendre le parti de se livrer à d'autres études. Mais le pape voulut qu'il fût élu abbé de son ordre, et, peu après, le nomma à l'archevêché de Corfou. 11 y arriva au mois de juin 1724. y travailla beaucoup pour l'édification de son peuple et la conversion des sehismatiques. Venu à Rome deux ans après, pour sa visite ad limina, il y fut retenu par Benoit XIII, qui l'emmena avec lui dans son voyage à Bénévent, le fit consulteur du Saint-Office, cardinal le 9 décembre 1720, et l'année suivante, le transféra au siège de Brescia. Il se rendit sans tarder dans son nouveau diocèse, pourvut dès lors à ses besoins spirituels et matériels avec la plus grande sollicitude, y appela des prêtres de la Mission, y dota un monastère de la Visitation, y lit venir des clercs réguliers pour diriger son séminaire, y acheva de S'js deniers et avec somptuosité la nouvelle cathédrale, y fonda une bi bliothèque importante, qui existe toujours et porte son nom. Clément XII le nomma bibliothécaire de l'Église romaine, l'autorisant a résider dans son dio cèse. a la condition de faire de fréquents voyages à Rome pour veiller aux intérêts de la bibliothèque Vaticane. Il lit en effet bien souvent le voyage, sa voiture chargée de livres : « Les lettres, disait-on, voyageaient, villégiaturaient, pontifiaient, dormaient avec lui. « A Rome il trouva encore moyen de restaurer des basiliques : Saint-Alexis. Saint-Marc, Saint-Grégoire et Sainte-Praxède. Il accrût les fonds de la biblio thèque Vaticane, mais il racheta plus tard pour mille écus un certain nombre des livres qu'il lui avail donnés, voulant en faire le premier appoint de sa bibliothèque Quiriniana.

Il était resté ou était entré en correspondance épis tolaire avec un grand nombre de lettrés de son temps. des origines les plus diverses. Ses relations avec Vol taire datent de 17 H. La dissertation qui précède la Sémiramis, jouée en 1748, lui est adressée. Il avail traduit en vers latins une partie de la Henriade el l'ode sur la bataille de Foatenoy. D'une complaisance extrême, il compulsait des manuscrits pour ses corres pondants, recueillait pour eux les notes utiles, aidai! à la publication de leurs ouvrages. C'est ainsi qu'on lui doit notamment l'édition des œuvres de saint Éphrem, parue de 1732 a 1740, en six volumes in-folio. C'est surtout au cours d'un nouveau voyage qu'il (il en Suisse et en Allemagne, en 1747 et 1748, qu'il entra en rapports, le plus souvent amicaux, avec les plus notoires professeurs protestants des universités allemandes. Il n'y vit pas Schellhorn, le bibliothé-

QUERINI (JÉRÔME)

Page 1