IV. De la cause formelle et de la cause matérielle
V. Cause exemplaire. VI. Cause finale. VII. Corrélation des causalités. VIII. Classification des causes. IX. Coordination des causes. La belle ordonnance de cet austère volume conquit de nombreux lecteurs. Le P. de Regnon avait débuté — pur accident - par l'histoire d'une controverse; il se montrait cette fois dans un cadre de son choix, épris de spéculation pure, divisant un sujet avec art, débitant sous des titres
fort nets de menus blocs de lumière, semblables à des diamants bien taillés. Aucun autre ouvrage ne donne une idée plus juste de ce qu'était dans l'intimité l'auteur, penseur et causeur, métaphysicien de race, théologien surtout, s'élevant à Dieu, par un libre vol, à propos d'objets familiers. Le public français, surpris et charmé, fêta ce livre classique et le redemanda.
3° Études de théologie positive sur la Sainte Trinité. Première série : Exposé du dogme. Deuxième série : Théories scolastiques, Paris, 1892, 2 in-8°, xn-514 et xn-584 pages. Troisième série : Théories grecques des processions divines. Quatrième série : Suite du même sujet, 1898, vi-584 et 592 pages. Les deux derniers volumes parus après la mort de l'auteur.
Le succès de la Métaphysique des causes avait enhardi le P. de Regnon à une plus vaste entreprise. Le mystère de la Trinité l'attirait puissamment; il commença de l'étudier chez les Pères et chez les scolastiques, sans plan très arrêté, un peu au gré de sa fantaisie. Lui-même se définissait « un coureur de bois »; et cette plaisanterie renfernie, avec beaucoup de modestie, quelque vérité. Chaque auteur formait pour lui un système clos; il s'y enfermait, jaloux d'arracher à ce Père, à ce scolastique, le secret de sa pensée profonde, au cours d'un tête-à-tête prolongé. Il ne s'interdisait pas, pour autant, de grouper les conclusions de ses enquêtes, de distinguer des familles d'esprits et des familles d'âmes; mais l'ambition qu'eut, par exemple, un Petau d'écrire l'histoire d'un dogme lui demeura étrangère. Amateur de métaphysique religieuse avant tout, et secondement de psychologie, sa curiosité était satisfaite quand il croyait avoir touché le fond de la pensée d'un auteur; et les portraits qu'il traçait avec amour témoignent, par le sobre éclat du style, des joies intellectuelles qu'il a goûtées au cours de ces méditations. Après avoir, dans un premier volume, traité des questions générales et déjà rencontré les Pères grecs, il s'attacha, dans un second volume, aux scolastiques : saint Thomas, qui toujours fut pour lui le maître par excellence; Richard de Saint-Victor, dont les constructions hardies et les élans mystiques ouvraient devant son esprit des perspectives singulièrement attirantes; les grands franciscains, Alexandre de Halès et saint Bonaventure. Après quoi il revint aux Grecs, et ne les quitta plus, au cours de ses deux derniers volumes. La pensée grecque, si concrète, si proche de l'Évangile, mettant au premier plan de la théologie trinitaire la distinction des personnes, répondait, par son côté pittoresque, à un besoin profond de son esprit. Il semble avoir trouvé moins de satisfaction à fréquenter la pensée latine, pour qui le dogme de l'unité divine occupe le premier plan de la théologie trinitaire ; et ce n'est pas pour le lecteur un mince sujet d'étonnement de constater qu'au cours de ces quatre volumes, il touche à peine à saint Augustin. Quand on lui signalait une lacune à combler, peut-être une retouche à accomplir, une lecture propre à supplémenter son enquête, il répondait : « Laissez-moi! » et défendait jalousement l'originalité, l'indépendance, j'oserais dire la virginité de ses conclusions. N'a-t-il pas poussé un peu loin le sentiment de l'opposition entre la pensée grecque et la pensée latine, dans la question trinitaire? On a pu se le demander : le relief puissant de son style explique un tel doute, qui ne jette aucune ombre, si légère soit-elle, sur la correction de sa pensée intime. Le doute porte principalement sur les deux derniers volumes qu'il n'a pas revus : s'il en avait eu le loisir, des entretiens fraternels auraient pu l'amener à retoucher quelques expressions. Étude xvm, t. ni ; Études xxiv et xxvn, t. iv. Les éditeurs de cette œuvre posthume l'ont traitée comme un document qu'il fallait respecter; on ne peut que louer leur discrétion.
REGNON (TH. DE'
REIFFENSTUEL (ANACLET
La 2' édition de la Métaphysique des causes (Paris, 1900) comporte une préface (p. v-xvm) par le P. Sortais, renfermant des détails biographiques et une courte bibliographie, p. xix. Une notice nécrologique attachante, due à la plume du P. Aug. Hamon, a paru dans les Lettres de Jerseii, 1S96-1S97.
A. d'Alès.
REGONO Antoine-Joseph, né à Venise en 1731, entra dans la Compagnie de Jésus en 1751, enseigna les humanités à Parme, la philosophie à Mantoue et à Sassari en Sardaigne. Après le rétablissement de la Compagnie, il devint supérieur à Naples; il mourut en 1816 ou 1817.
Nous avons de lui : Liberlalis humanœ theoria, sive homo necessario liber demonstralus, avec deux appendices : de anima, de scientia Dei, Verceil, 1788, œuvre d'une grande pénétration et d'une solide érudition théologique. Il intervint également dans la célèbre controverse sur la charité provoquée par le livre du P. Bolgeni : Délia carilà o Amor di Dio, Rome, 1788, d'après lequel la charité n'est qu'amour de concupiscence (voir ici, t. ii, col. 945 et 2220); il répondit à son confrère par un opuscule intitulé Rimostranze amichabile, Venise, 1791. Un autre opuscule explique les règles pour l'élection données par saint Ignace dans les Exercices : Regole sicure per una saggia clezione, Parme, 1797, et Naples, 1805.
Sommervogel, BiH. de la Comp. de Jésus, t. VI, col. 1608; Hurter, Nnmenelaior, 3e éd., t. v, col. 617.
J.-P. Ghausem.
REGOURD Alexandre, jésuite. Né à Castelnaudary en 1585, admis dans la Compagnie le 10 août 1602, enseigna les humanités, puis, pendant quatre ans la philosophie et pendant deux ans la théologie, se livra à la prédication, fut recteur du collège de Cahors, où il mourut le 26 avril 1635.
Par sa science, sa sainteté et son zèle, le P. Regourd fut l'un des plus éminents missionnaires du Languedoc, de l'Armagnac et du Quercy et l'un des meilleurs controversistes dans la lutte contre le calvinisme. Un épisode de cette lutte est resté célèbre. Pendant qu'il prêchait le carême à Lectoure, en 1618, les calvinistes le provoquèrent à une dispute publique qu'il accepta. Après l'échec successif de trois ministres, on fit appel au fameux ministre Charnier de Montauban, réputé invincible. Sous la présidence de M. de Fontrailles, sénéchal et lieutenant du roi, un des principaux soutiens de l'hérésie, les discussions se succédèrent pendant cinq jours de suite sur les points suivants : la Bible comme juge souverain des controverses, le culte des images, l'invocation des saints, la sainte eucharistie. Finalement, Charnier, sous prétexte de vérifier quelques citations, disparut pour ne plus revenir. Cette défaite, que ne réussit pas à réparer un venimeux pamphlet du ministre intitulé La jésuitomanie, détermina plusieurs conversions retentissantes, en particulier celle de la femme et de la sœur du sénéchal, suivie quelque temps après de celle de M. de Fontrailles lui-même.
Le P. Regourd publia dix ouvrages de controverse dont voici les plus importants : Les désespoirs de Charnier... avec la réfutation de la prétendue Jésuilomanie et l'éclaircissement de quatre célèbres difficultés : du juge des controverses..., Cahors, 1618, sous le pseudonyme de sieur Timothée de Saincte Foy. — La conformité de l'Église romaine avec l' Église des apôtres el des quatre premiers siècles louchant la transsubstantiation, Béziers, 1625. Cet ouvrage, ainsi que deux opuscules publiés la même année, se rapporte à une discussion avec le ministre Croy qui eut lieu à Béziers le 3 avril 1625. — Les ministres combattant la passion de Jésus et l'efficacité d'icelle, 2 vol., Béziers, 1626, réfutation d'un libelle du ministre Josué Rossel. Le t. n défend la
doctrine catholique sur l'invocation des saints, la prière pour les morts et le purgatoire, les bonnes œuvres, le sacrifice de la messe et l'incertitude du salut. —Démonstrations catholiques ou l'art de réunir les prétendus réformés et toute sorte de sectes à la créance el à la communion de V Église romaine, Paris, 1630. L'auteur réunit plusieurs de ses écrits sous le titre Œuvres théologiques du R. P. Regourd, 3 vol., Béziers, 1626.
Sommervogel, Bibl. de la Comp. de Jésus, t. VI, col. 1609- 161 1 ; J.-M. Prat, S. J., Recherches hist. el crit. sur la Comp. de Jésus en France du temps du P. Coton, t. iv, p. 104-1 17 ; El. de Guilhermy, Ménologe de la Comp. de Jésus, France, t. t, p. 544-545; H. Fouqueray, S. .T., Histoire de la Comp. de Jésus en France, t. ni, p. 550-552.
J.-P. Grausem.
REHLINGER voir RECHLINGER.
1. REIFFENSTUEL Albert, religieux de la province des frères mineurs réformés de Bavière et cousin du suivant. Originaire de Gmund, en Wurtemberg, où il naquit le 30 avril 1665, il entra dans l'ordre à Freising, en 1681. Il enseigna comme lecteur à Tolz, Altotting et Munich, fut gardien du couvent de Neubourg et supérieur de celui de Straubing, et fut élevé à la dignité de définiteur provincial. Il tint une chaire de théologie et de droit canonique au lycée épiscopal de Freising, où il exerça aussi la fonction de recteur des études. L'enseignement solide qu'il y donna, attira à ses leçons un nombre considérable d'auditeurs tant du clergé séculier que régulier. Appelé à Rome à la curie pontificale en 1710, il fut redemandé en 1711 par le prince-éveque de Freising, Jean François von Ecker, pour assister comme canonicus actualis aux séances de l'ordinariat diocésain. Il résolut les questions les plus compliquées de la façon la plus satisfaisante et ses décisions étaient regardées comme des oracles. Aux connaissances les plus étendues il joignait une piété et une humilité profondes et une charité sans bornes. Il mourut à Freising le 10 juin 1723.
Il est l'auteur de plusieurs ouvrages : Cœna magna seu traclalus eucharisticus, d'après la doctrine de Duns Scot, Munich, 1701; Practica confessionalis, Freising, 1719; Quœslio canonica de foro ecclesiaslico ejusque jurisdiclione, Freising, 1 707 ; Reflexiones canoniese super collatione parochorum, Freising, 170.S ; Novena canonica seleclarum resolulionum ex maleria beneficiaria libri III Decrelalium, Munich, 1709 ; Paraphrasis liluli XXX VII libri V Decrelalium papœ Gregorii IX de pœnis tentata, Munich, 1713; Jésus, dus allcredlichste undtrostreicheste Anlonianische Ehrenpràdicat, Munich, 1708.
J. Obermayr, lie Pfarrei Gmund am Tegernsee und die Rciffmsluel, Freising, 1868, p. 400-406; P. Minges, Geschichte der Franziskaner in Bagern, Munich, 1896, p. 149; Th. Kogler, Dos pliilosophisch-theologische Studium der buyrisclien Franziskaner, dans Franzisk. Studien, Beiheft x, Munster-en-W., 1925, p. 86; B. Lins, Geschiclile des Franziskanerkloslers in Ingolstadt, t. il, Gescliiehle des jelzigen (unleren) Franziskanerkloslers in Ingolstadt, Ingolstadt, 1920, p. 151-152; le même, Das Tolenbuch der ba.grischen Franziskanerprovinz von 1621 bis 1928, t. i, Landshut, 1929, p. 323.
A. Teetaert.
REIFFENSTUEL Anaclet, frère mineur réformé de la province de Bavière. Il naquit à Tegernsee ou selon quelques-uns à Kaltenbrunn, près de Tegernsee (P. Minges, Geschichte der Franziskaner in Bayern, p. 144, et A. Van Hove, dans The calh. encycl., t. xn, p. 724), le 2 juillet 1642 (d'après P. Minges, op. cit., p. 144, et H. Dausend, Die Liturgie in der bayerischen Franziskaner-provinz, dans Franz. Studien, t. xn, 1925, p. 87), ou 1641 (selon H. Hurter, Nomenclator, 3e éd., t. iv, col. 929, A. Van Hove, art. cit., p. 724, et I. Jeilcr, dans Kirchenlexikon, t. x, col. 961),. ou encore 1640, puisque d'après Das Totenbuch der-
REIFFENSTUEL (ANACLET)
bayerischen Franziskanerprovinz, édité par B. Lins, t. il, p. 193, il serait mort à l'âge de 63 ans en 1703. Il entra dans l'ordre des frères mineurs réformés de la province de Bavière le 3 novembre 1058. Élevé à la dignité de lecteur en 1605, il fut désigné pour enseigner la philosophie en 1667 à Landshut, en 1668 à Munich et fut nommé lecteur de théologie en 1671 à Landshut et en 1675 à Munich. En 1680-1683 il fut gardien de Weilheim et exerça deux fois la charge de définiteur provincial, en 1677-1680 et 1686-168!). Quand, en 1683, les supérieurs provinciaux scindèrent, sur les conseils et les instances de A. Reilîenstuel, le cours de théologie casuistique ou pratique en deux, à savoir le cours de théologie morale et celui de droit canonique, qui jusque-là avaient toujours été enseignés ensemble, et qu'ils eurent érigé un Studium canonicum spécial à Freising, A. ReilTenstuel fut désigné pour y enseigner le droit canonique aux membres de son ordre et aux séminaristes de cette ville. Il tint cette chaire jusqu'en 1691, date à laquelle il dut y renoncer pour raisons de santé. En 1692, l'évêque de Freising l'institua directeur des établissements d'instruction de la ville. Il fut en même temps recteur des études au Studium canonicum et en 1696 il devint custode de sa province. Il se dépensa aussi à organiser la bibliothèque épiscopale et capitulaire, dont il fit le catalogue. Estimé pour sa grande science et ses vastes connaissances tant dans le domaine moral que dans celui du droit canonique, ainsi que pour la sainteté de sa vie et son zèle pour l'observance régulière dans la vie religieuse, le P. Reiffenstuel jouit de la confiance universelle tant en dehors que dans l'ordre des frères mineurs. Il mourut à Freising le 5 octobre 1703.
A. Reiffenstuel s'est acquis une renommée peu ordinaire par deux ouvrages d'importance capitale, à savoir sa Theologia moralis et son Jus canonicum, qui ont exercé sur les générations suivantes, jusqu'au milieu du siècle dernier, une influence considérable et furent classiques dans les écoles. Le premier, intitulé Theologia moralis breui simulque clara melhodo comprehensa alque juxta sacros canones et novissima décréta summorum ponti/icum diversas propositiones damnanlium ac probalissimos auclores succincte resolvens omnes malerias morales, parut d'abord à Munich en 1692 et eut dans la suite un nombre considérable d'éditions qui, d'après les bibliographes, dépassent la trentaine. Massée Kresslinger, frère mineur de la province de Bavière comme A. ReilTenstuel, y ajouta des Addiliones, prxscrtim quoad traclalum de legibus, jure et justifia, beneficiis, immunilate ecclesiaslica, de sacramentis alque modo cxlraordinario illa administrandi cond mnalis ad morlem, pestiferis, infirmis aliisque hominum slalibus; item quoad impedimenta matrimonii et praxim impelrandi dispensationes, ainsi qu'un exposé de propositions condamnées. On les retrouve dans les éditions à partir de celle de Munich, de 1726, dans lesquelles tout ce qui fut ajouté est précédé du mot : Addilio. Dans l'édition d'Anvers de 1743, Jacques Esteva fit de nouvelles additions et fournit en outre une déclaration explicative de la bulle Cruciala. En 1756, Dalmatius Kick publia à Munich les Addiliones novissitmc ad Iheologiam moralem Anacleti Reifjenslucl, qui sont ajoutées à la Theologia moralis de ce dernier dans L'édition de Stadt ara Hof de 1756. Dans sa théologie morale, le P. Reiffenstuel est partisan d'un probabilisme mitigé, qui fut d'ailleurs le système prédominant au xvne siècle non seulement en Espagne, mais aussi en Italie et en Allemagne. Sous l'influence de A. Reiffenstuel, le probabilisme fut aussi généralement enseigné dans la province de Bavière des frères mineurs. Vers le milieu du xvme siècle surgirent des adversaires acharnés du probabilisme, parmi lesquels se distingua surtout
E. Amort, qui travaillèrent de toutes leurs forces à faire condamner ce système et à le faire supplanter par le probabiliorisme. Ce dernier gagna aussi du terrain chez les frères mineurs et suscita de vives controverses au sein de l'ordre. En fait le chapitre général de Mantoue de 1762 défendit aux lecteurs, sous peine d'être démis de leur office, d'enseigner des doctrines laxistes ou peu probables et le général Pascal de Varisio ordonna en 1763 que, dans les écoles de l'ordre, il fallait s'en tenir au probabiliorisme; il répéta cette même prescription en 1768. C'est pourquoi le P. Flavien Ricci de Cimbria, frère mineur et professeur à l'université d'Inspruck, fut chargé par les supérieurs généraux de retravailler la Theologia moralis dans le sens du probabiliorisme. L'ouvrage ainsi corrigé parut à Trente, en 1765, et eut également dans la suite une trentaine d'autres éditions.
La Theologia moralis de A. Reiffenstuel comprend quatorze traités. En tête du volume viennent les décrets d'Alexandre VII et d'Innocent XI, dans lesquels un certain nombre de propositions morales du xvne siècle sont condamnées. Suit alors le premier traité De aclibus humanis et conscientia, dans lequel l'auteur traite du volontaire et de l'involontaire, de la moralité des actes, de l'essence et des propriétés de la conscience. Le second traité De legibus fournit des renseignements sur l'essence, l'obligation, le sujet et l'interprétation des lois. Le troisième traité De peccalis donne la doctrine de l'auteur sur le péché en général, sur la distinction des péchés d'après leur espèce et leur gravité et sur les péchés capitaux en particulier; le quatrième traite des vertus théologales : la foi, l'espérance et la charité et des actes opposés; le cinquième de la vertu de religion et des péchés opposés. A ce dernier se rallie étroitement le sixième traité : De horis canonicis, de juramento et voto. Le septième traité expose amplement les théories d'A. Reiffenstuel : De justitia et jure ceterisque virtulibus cardinalibus. Les questions juridiques sur la propriété, le droit à l'usufruit et la possession, sur les différents objets et sujets du droit, sur les modes d'acquérir et sur la prescription y sont discutées à fond. Le huitième traité, également de caractère juridique, traite des contrats en général et en particulier. Les dix commandements de Dieu constituent la matière du neuvième traité, tandis que le dixième s'occupe des préceptes de l'Église, le onzième des bénéfices ecclésiastiques, du droit de patronage et des décimes, le douzième de l'immunité ecclésiastique et des indulgences, le treizième des censures, irrégularités et autres peines ecclésiastiques. Le quatorzième traité, de beaucoup le plus étendu, contient l'exposé sur les sacrements, dans lequel la partie canonicomorale est mise au premier plan.
La Theologia moralis d'A. Reiffenstuel, à peine parue, fut introduite aussitôt comme manuel dans l'enseignement de la théologie morale. En 1728 on insista encore d'une façon toute spéciale sur la nécessité pour les professeurs de se tenir à cet exposé pour pouvoir réaliser plus efficacement l'unité dans l'enseignement de la théologie morale, comme on l'avait déjà obtenue pour la philosophie et la théologie dogmatique ou spéculative. Ce manuel fut employé dans l'exposé de la morale dans les écoles et dans les répétitions, de sorte que les cours manuscrits des professeurs jusque-là en usage furent bannis des écoles. L'exposé de la Theologia moralis devait être achevé en deux ans. Dans les statuts de 1771 de la province bavaroise des frères mineurs, la matière à donner est réglée comme suit : deux lecteurs devaient enseigner le samedi la morale d'après Reiffenstuel, à savoir pendant la première année la première partie de la Theologia moralis et la seconde partie pendant la deuxième année. Pendant la troisième et la quatrième année il