Cf. EpisL, cxcin, n. 9-13, t. xxxm, col
b) Quoi qu'il en soit, les corps ressuscites seront identiques aux corps possédés sur cette terre. Dans son sermon cclxiv, n. 6, Augustin explique que, même dans les élus dont le corps sera « transformé », l'identité sera sauvegardée : « La chair ressuscitera, mais que devientelle? Elle est changée, elle devient elle-même corps céleste et angélique. Eh! quoi, les anges auraient-ils des corps? Voici la différence : cette chair qui ressuscite, c'est la même qui est ensevelie, qui meurt, c'est cette chair qui se voit, qui se touche, qui a besoin de manger et de boire pour subsister, cette chair qui est malade, qui endure la souffrance; c'est donc cette même chair qui ressuscitera, chez les impies en vue des peines éternelles, chez les justes, pour être transformée. Et quand sera faite cette transformation, qu'arrivera-t-il? C'est alors que le corps sera appelé céleste et non plus chair mortelle ». T. xxxvm, col. 1217; cf. Serm., cclvi, n. 2, col. 1192; Enchir., c. lxxxix, t. xl, col. 273.
Nonobstant cette identité, tous les corps sans distinction revêtiront l'incorruptibilité, aussi bien les damnés que les élus. Chez les damnés, l'incorruptibilité empêchera le feu de consumer les corps. Serm., ci i.\ i. Inc. cit.; Enchir., c. XCII, col. 274. Chez les élus, cette incorruptibilité se doublera de la transformation spirituelle dont il vient d'être parlé et qui leur communiquera les qualités des corps glorieux. Voir ce mot. t. m, col. 1896.
c) La restitution des corps dans leur intégrité sera due à la puissance divine : « A Dieu ne plaise que, pour ressusciter les corps et leur rendre la vie, la toute-puissance du Créateur ne puisse rappeler les éléments détruits par les bêtes ou par le feu ou réduits en poussière et en cendre, ou dissous dans les liquides ou répandus dans les airs... » De civ. Dei, 1. XXII, c. xx, n. 1, t. xli, col. 782. Cependant Augustin nous laisse entendre que la répartition des éléments matériels importe beaucoup moins à l'intégrité du corps ressuscité, que la disposition générale : « Si une statue d'un inétal fusible était liquéfiée par la chaleur, ou si elle était broyée en poussière ou mélangée dans une autre masse, et que l'artiste voulût de nouveau la reconstituer avec la même quantité de matière, il n'importerait pas à son intégrité quelles parcelles de matière seraient rendues à tel membre de la statue, si cependant tout ce qui lui appartenait était repris pour lui être rendu. C'est ainsi que Dieu, artisan admirable et ineffable, nous rendra notre chair, avec une célérité admirable et ineffable, clans tout ce qui la constituait.
« Qu'importe à sa réintégration complète que les cheveux redeviennent cheveux et les ongles redeviennent ongles, ou que les éléments qui les constituaient soient changés en chair ou en d'autres parties, dès lors que la providence de l'artiste veille à ce que rien d'indécent ne se produise. » Enchir., c. lxxxix, col. 273.
Cette comparaison du moule fait songer à l'elSoç -/apaxTT,ptÇov d'Origène et l'indilTérence des éléments matériels relativement à la reconstitution future des corps ressuscites parait entr'ouvrir la porte à des conceptions moins rigides que l'identité strictement matérielle.
d) En plus de l'identité, il y aura, dans les corps ressuscites, une intégrité parfaite, dégagée de toute défectuosité. Au sens littéral de Luc, xxi, 8, nous ne perdrons aucun des cheveux de notre tête; il n'y aura que les choses laides et disproportionnées qui disparaîtront. Toutes les parties essentielles, tous les organes, même ceux de la génération, nous seront conservés. De civ. Dei, 1. XXII, c. xix; cf. c. xiv, t. xli, col. 780, 777. Les infirmités seront supprimées. Enchir., c. lxxxix, col. 273. Saint Jérôme, en vertu du principe que tous doivent ressusciter à l'âge parfait du Christ, voir ci-