‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 3)Chapitre 383 sur 470 · RIBADENEIRA (GASPAR DE · texte numérisé non relu

RIBADENEIRA (GASPAR DE

RIBALLIER (AMBR01SE) 2658

simple intelligence : Secunda sententia salva liberlale possibilem admitlil directionem scientiœ mediœ; addit tamen non esse necessario requisitam, sed posse Deum, quin ullum evenlum conditionatum prœsciat, determinari vi solius scientiœ simplicis inlelligentiœ ad volendam collationem auxilii sicque servandam noslram liberlalem, dum licet prœsupponat ductum scientiœ mediœ, non tamen eo per se et essenliatiter indiget. Ita sentit Arriaga. ... et novissime P. Gaspar de Ribadeneyra... De prœdeslinalione, disp. IV.

N. Southwell, BiM. scriplorum S. J., Rome, lf 7\ p. 279; Sommcrvogel, BiM. de la Comp. de Jésus, t. vt, col. 1723 sq; Hurter, Nomenclator, 3° éd., t. îv, col. 8.

J.-P. GRAUSEM.

RIBADENEYRA (Pierre de), jésuite, auteur spirituel. Né à Tolède le 1er novembre 1526 (non en 1527, comme l'indiquent les anciens biographes, cf. Astrain, t. i, p. 206), il vint à Rome en 1539, dans la suite du cardinal Alexandre Farnèse, et fut admis dans la Compagnie par saint Ignace le 18 septembre 1540, âgé à peine de 14 ans. Le saint fondateur lui témoigna toujours une prédilection spéciale et réussit, à force de patience et de bonté, à discipliner ce caractère primesautier et étourdi mais généreux; il l'éprouva cependant pendant cinq ans avant de l'admettre à prononcer ses premiers vœux. Après avoir achevé ses études à Paris, Louvain et Padoue, Ribadeneyra enseigna la rhétorique au collège de Palerme et au Collège germanique à Rome (1549-1552) et fut ordonné prêtre en 1553. De 1556 à 1560, il travailla à établir la Compagnie dans les Pays-Bas; en 1558, il accompagna le duc de Feria à Londres et mit à profit les quelques mois qu'il y passa pour combattre l'hérésie. De retour en Italie, il remplit, de 1560 à 1573, les fonctions de provincial de Toscane, de commissaire en Sicile, de supérieur des maisons de Rome et d'assistant d'Espagne et du Portugal. En 1573, le P. général Mercurian l'envoya en Espagne pour refaire sa santé ébranlée. Il séjourna d'abord à Tolède, puis à Madrid, consacrant ce qui lui restait de forces à ses publications et au maintien de la discipline et de l'unité dans la Compagnie, qui était alors fort éprouvée par des divisions en Espagne. Il mourut à Madrid, le 22 septembre 1611.

Le P. Ribadeneyra est connu surtout comme auteur spirituel. De ses publications nous mentionnerons les plus importantes ou les plus connues : 1° Ouvrages concernant la Compagnie. — Vita Ignatii Loiolœ, Naples, 1572; en 1583 il publia à Madrid une édition espagnole retouchée et augmentée. L'ouvrage a été souvent réimprimé et traduit dans la plupart des langues d'Europe (en français : Paris, 1608; Tournai, 1610, etc.); Vida del P. Francisco de Borja. Madrid, 1592, traduit en français (Verdun, 1596, etc.) et en d'autres langues; Vida del P. M. Diego Laynez, publiée à la suite de la Vie de saint Ignace et de saint François de Borgia, Madrid, 1591; Tratado en el quai se da razon del Instituto de la Religion de la Compania de Jésus, Madrid, 1605; lllustrium scriplorum religionis Societatis Jésus calalogus, Anvers, 1608; rééditions augmentées : Lyon, 1609; Anvers, 1613 ; Rouen, 1653. C'est le premier essai d'une Bibliothèque des écrivains de la Compagnie. Il fut repris et développé plus tard par le P. Alegambe et par le P. Southwell. — 2° Ouvrages ascétiques. — Flos Sanctorum, o Libro de las vidas de les santos. Primera parte, Madrid, 1599; Segunda parte, ibid., 1601. Cet ouvrage célèbre a été, jusqu'à nos jours, très souvent réédité et traduit en entier ou en extraits. C'est en France que Us Fleurs des vies des saints ont eu, semble-t-il, le plus de vogue, cf. Léon Aubineau, Notices littéraires sur le XVIIe siècle, p. 256-277 (voir dans Sommervogel le détail des éditions et traductions): Tratado de la tribulacion, Madrid, 1589, etc.; il fut traduit en latin,

Cologne, 1603, etc., et en français, Douai, 1599, etc.; Tratado de la religion y virtudes que deve tener el principe Christian), Madrid, 1595; Anvers, 1597, etc., traduit en latin, en français et en d'autres langues. Il traduisit en outre en castillan les Méditations el Soliloques ainsi que les Confessions de saint Augustin et le Paradis de l'âme d'Albert le Grand. — 3° Histoire. — Historia ecclesiastica del scisma del reyno de Inglaterra, Madrid, 1588; la même année parurent à Madrid une réimpression corrigée et des rééditions à Valence, Saragosse, Barcelone et Anvers. Une Segunda parte parut à Alcala en 1593. L'auteur utilisa surtout, en le remaniant et en l'augmentant, l'ouvrage de son ami Nicolas Sanders. De origine ac progressu scliismatis anglicani, Cologne, 1585; les rééditions de Sanders, Cologne, 1610, 1628 et 1640, contiennent en appendice des additions tirées de V Historia del scisma. — 4° L'auteur donna une édition d'ensemble de la plupart de ses ouvrages (sans le Flos sanctorum) sous le titre Las obras del P. Pedro de Ribadeneyra, 3 vol. in-fol., Madrid, 1605. — 5° Les Confessions, les Lettres et plusieurs écrits inédits du P. Ribadeneyra ont été publiés dans les Monumenta historica Societatis Jesu, 2 vol., Madrid, 1920 et 1923.

J.-M. Prat, S. J., Histoire du P. Ribadeneyra, Paris, 1862; Anonyme, L'établissement de lu Compagnie de Jésus dans les Pays-Bas et la mission du P. Ribadeneyra èi Bruxelles en 1556, Bruxelles, 1886 (extrait des Précis historiques, 1886); A. Astrain, S. J., Historia de la CompcAia de Jesûs en la Asisiencia de EsprAa, t. i-iv, .Madrid, 1902-1913, passim; P. Tacchi Venturi, S. J., Sloria delta Compagnia di Gesù in Italia, t. n, Rome, 1922, p. 346-353; Sommervogel, Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, t. vi, col. 1724-1758; M. Rivière, Corrections et additions à la Bibl. de la Comp. de Jésus, col. 266-268, 740; E. de Vriarte, S. J., Calalogo de obras anônimas y seudônimas de autores de la Comp. de Je.'ûs..., Madrid, 1904-1916 5 vol., (voir t. v, index m, p. 437).

J.-P. Grausem.

RIBALLIER Ambroise (1712-1785), né à Paris en 1712, docteur de Sorbonne, fut grand maître du collège Mazarin, ou collège des Quatre-Nations. Le roi, par lettre de cachet, le nomma syndic de Sorbonne en 1765; comme tel, il eut à combattre les jansénistes et les philosophes, qui se vengèrent de lui par d'innombrables plaisanteries. Il intervint en diverses querelles et composa plusieurs Mémoires, en collaboration avec Legrand; il était abbé de Chambon, au diocèse de Poitiers depuis 1768. A plusieurs reprises, les Nouvelles ecclésiastiques se plaignent des difficultés que Riballier mit en avant pour approuver ce qu'elles appellent « les bons livres ». Riballier mourut en août 1785.

Riballier a publié Lettre èi l'auteur du Cas de conscience sur la réforme des réguliers, in-12, s. 1., 1767, pour répondre à un ouvrage intitulé : Casde conscience sur la commission établie pour réformer les corps réguliers, in-12, 1767, dont l'auteur, d'après Bachaumont, est dom Clérnencet; Lettre d'un docteur à un de ses amis sur la censure de Bélisaire, in-12, Paris, 1768; Riballier avait dénoncé le Bélisaire de Marmontel, le 2 mars 1767 (Nouv. ecclés. du 27 février-2 mai 1767, p. 33-39, 42-52, 57-62, 69-72); Collectio thesium in diversis universilatibus ac scolis orbis catholici propugnatarum, a paucis abhinc annis, circa prœcipua theologiœ ac juris canonici dogmata, Paris, 1768, in-8°. 11 avait laissé publier ces thèses, en y joignant des notes, Notée regii censoris, qu'il avait rédigées avec Legrand. Comme les Nouvelles ecclésiastiques du 27 décembre 1768, p. 206-208, avaient fait l'éloge de ce recueil et prétendu justifier les thèses jansénistes sur la prédestination et la grâce efficace par elle-même, Riballier et Legrand prirent la défense des Notes, et en trois Lettres (1769-1770) rééditées en 2 vol. in-8°, Avignon, 1810, montrèrent que ces thèses qui soutiennent les

RIBALLIER (AMBROISE]

RICCHINI (THOMAS;

augustiniens Bclleli et Bcrli sont très distinctes des thèses défendues par les appelants français. Les Nouvelles ecclésiastiques à diverses reprises, attaquèrent des thèses de Hiballier et de Legrand, 31 octobre- 7 novembre 17(59, p. 173-180; 25 avril, p. 65-68; 25 juillet 1770, p. 118-122; 10 avril-1" mai 1771, p. 57- 71; 2 octobre 1771, p. 157-159; 18-25 juillet 1772, p. 97-104 (L. Bertrand, Histoire littéraire de la Compagnie de Saint-Sulpicc, t. i, 1900, p. 383-385). On attribue à Riballier l'Essai historique et critique sur les privilèges et les exemptions des réguliers, in-12, Venise et Paris, 1769. Riballier intervint dans uncpolémique entre le chapitre et les curés de Cahors; deux docteurs de Sorbonne, Xaupi et Billette firent un Mémoire en faveur des curés; de leur côté, Riballier et Legrand, dans une Consultation du 14 avril 1772, soutiennent que les curés, tout en étant de droit divin, exagéraient leurs prétentions. Riballier fit censurer le Mémoire de Xaupi, en faveur duquel les jansénistes s'étaient prononcés. Voir Nouv. ccclés. du 29 octobre-19 novembre 1772, p. 173-178 et Mémoires de Picot, t. iv, p. 374- 376 ; Préclin, Les jansénistes du xvm* siècle et la Constitution civile du clergé, Paris, 1929, in-8°, p. 320-321.

Michaud, Biographie universelle, t. xxxv, p. 536; Picot, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le XFM» siècle, t. v, p. 474-475.

J. Carreyre.

RIBAS (Louis de) , jésuite espagnol, théologien, naquit à Valence en 1576, entra dans la Compagnie en 1591, enseigna la philosophie à Saragosse et la théologie à Valence, fut recteur du collège et supérieur de la maison professe de Valence, provincial d'Aragon, et mourut à Valence le 3 janvier 1647. Nous avons de lui : Summa theologiœ, lomus I, complectens apparatum ad theologiam et septem tractalus : de essentia Dei et altribulis in communi, de attribulis Dei transcend'ntatibus, de visione Dei, de scienlia Dei, de voluntate Dei, de providentia Dei, de prœdeslinalione et reprobatione, Lyon, 1643, in-fol.

,N. Soutlivvell, Bibliotlu'ca scriptorum Societatis Jesu, Rome, 1676, p. 572 sq.; Sominervogel, Bibl. de la Comp. de Jésus, t. vi, col. 1758 sq.; Hurter, Nomenclator, 3e éd., t. m, col. 925.

J.-P. Grausem.

' RIBET Jérôme, né le 16 janvier 1837 à Aspet (Haute-Garonne), entra au grand séminaire de Toulouse en février 1859. Désireux de se consacrer à la formation du clergé, il vint à Paris, le 29 septembre 1862, suivre le Grand cours du séminaire Saint-Sulpice et faire sa Solitude, pendant laquelle, le 19 décembre 1863, il reçut le sacerdoce. Durant une vingtaine d'années il enseigna la philosophie, puis la théologie à Clermont, Lyon, Rodez, Orléans, et une seconde fois à Lyon. En 1885 il quitta la Compagnie pour devenir secrétaire de Mgr Sourrieu, évèque de Châlons, son compatriote et son ami. Peu de temps après il rentrait dans son diocèse et passa une dizaine d'années dans la cure de Saman. Puis il se retira du ministère pour s'appliquer plus librement à la composition de ses ouvrages. Changeant plusieurs fois de résidence, il vivait en 1903 retiré à Notre- Dame de Piétat dans le diocèse deTarbes;en dernier lieu il avait cherché asile à la maison des Pères Blancs, de Notre-Dame-d'Afrique, où le supérieur général Mgr Livinhac, son ancien élève, avait été heureux de l'accueillir. (7 est là qu'il mourut le 29 mai 1909. Nature droite, élevée, passionnée pour la vérité et le bien, caractère énergique, intransigeant sur les principes mais ne sachant pas joindre à la fermeté la douceur et l'indulgence nécessaire en pratique. Son principal ouvrage, a pour titre : l.n mystique divine distinguée des contrefaçons diaboliques et des analogies humaines, l'aris, 1871-1883,3 vol. in-8°; 2" édition, 1895, et .i" en 1-903 en 4 vol. in-8". Œuvre Importante sur une ques-

tion alors peu explorée, et complétée par les deux études suivantes : L'ascétique chrétienne, Paris, 1887, (4e édit. en 1895), où l'on enseigne l'art d'acquérir les vertus, et Les vertus et les dons dans la vie chrétienne, Pau, 1901, in-8°, où l'on étudie leur nature intime et leur place dans la vie spirituelle. Une de ses premières publications avait été La clef de la Somme théologique, de saint Thomas d'Aquin. On lui doit aussi un guide oratoire dans la prédication intitulé : La parole sainte, 1892, in-12; Les joies de la mort, Paris, 1902, in-12; Le mois de Marie, Paris, 1903, in-12. Signalons un livre très personnel, anecdotique, qui est bien dans le caractère de l'auteur : Honnête avant tout, Paris, 1892, in-12.

Semaine religieuse de Toulouse, 1909; Bulletin trimestriel des anciens élèves de Saint-Sulpice, 1909, p. 406-408; P. Pourrat, La spiritualité chrétienne, in-12, t. iv, Paris, 1928, p. 612.

E. Levesque.

RICARD DE MONT CROIX ou RiCOLDI ou RICULD, dominicain florentin, mort en Italie en 1309 après avoir séjourné longtemps dans les pays du Levant. Il voulut traduire le Coran en latin. Mais il ne put se résoudre à aller jusqu'au bout de sa traduction. Au lieu d'une simple version de la dernière partie, il écrivit ses réflexions ou commentaires sur tout l'ouvrage. Il leur donna selon sa propre expression la forme de lettres adressées à l'Église. L'ouvrage est connu en divers manuscrits ou éditions sous le titre de Confutatio alcorani. Au milieu du xiv« siècle, un auteur grec, Démétrius Cydonius, traduisit l'ouvrage de Ricard en langue grecque. Plus tard, selon Possevin, l'ouvrage fut traduit du grec de nouveau en latin. Il fut imprimé à Venise en 1609. On attribue aussi à Ricard une « confession de la foi chrétienne faite en présence des Sarrasins », ouvrage demeuré manuscrit. Mais Ricard est surtout connu par son Itinéraire où il raconte ses voyages en Orient et donne toutes sortes de renseignements. Dès le milieu du xiv° siècle l'ouvrage fut traduit du lat in en français, popularisé par Jean Lelong, moine de Saint-Bertin. Le manuscrit de Paris porte cet explicit: « Explicit le itinéraire de la pérégrination Frère Riculd de l'ordre des Frères Prêcheurs, et sont en cesl livre contenu par sobriété les royaumes et les gens, les provinces, les loix, les sectes, les hérésies, les monstres et les merveilles que ledit Frères trouva es parties d'orient. El en cils livres translatez de latin en français par Frère Jean de Ypre moine de S. Berlin en Saintomer en l'an MCCCLI accomplis. »

Quétif-Échard, Scriptores ordinis prœdicalorum, t. i, 1719, p. 504-506; Touron, Histoire des hommes illustres de l'ordre des frères prêcheurs, t. i, 1743, p. 759-763.

M. -M. Gorce.

RICCARDI Nicolas (1585-1633), dominicain génois, professeur de théologie à Valence en Espagne, puis à la Minerve à Rome, maître du Sacré-Palais à partir de 1629. Il avait écrit en italien des réflexions sur les litanies de la sainte Vierge, d'abondants commentaires sur l'Écriture sainte, des travaux sur le concile de Trente, trois volumes qui paraissent avoir été peu répandus : Theologus sive de christiana theologiu, ejusque parlibus, libris, instrumentis, natura, proprielalibus et aucloribus, deux recueils d'opuscules théologiques, également rares, une dissertation sur la conception de la sainte Vierge, demeurée manuscrite. Riccardi était pourtant un théologien dont l'enseignement était réputé et un prédicateur dont le roi d'Espagne avait déclaré l'éloquence « monstrueuse ».

Quétif-Échard, Scriptores ordinis prœdicatorum, t. n, 1721, p. 503-50 1.

M. -M. Gorce.

RICCHINI Thomas-Augustin, dominicain né a Crémone en 1695, mort à Rome en 1762. Secrétaire de la Congrégation de l'Index en 1749, maître du Sacré Palais en 1759. Après s'être adonné à la poésie reli-

RICCHINI (THOMAS;

ricci (scipion;

gieuse, il publia diverses biographies édifiantes et se fit l'éditeur de Moneta de Crémone : Patris Monctœ adversus Catharos et Valdenses libri V, Home, 1743, in-fol.

Hoefer, Nouvelle biographie générale, t. xi.u, 1863, col. 134

M. -M. Gorce.

1. RICCI Dominique, dominicain italien moins connu que le suivant son confrère, compatriote et contemporain Jacques Ricci. Il a laissé un ouvrage contre le quiétisme : Homo interior juxta Docloris angelici doctrinam necnon SS. Palrum exposilus, ad explodendos errores Michaelis de Molinos damnalos an. MDCLXXXVII, part. I, II et III, Naples, 1709, ouvrage très peu répandu.

Quétif-Échard, Scriplores ordinis pra-dicatorum, t. il, 1721, p. 774.

M. -M. Gorce.

2. RICCI Jacques, dominicain italien, secrétaire de la Congrégation de l'Index, hagiographe, mort en 1703. Ne pas le confondre avec Dominique Ricci.

Quétif-Échard, Scriplores (.rdinis pnvdicatorum, t. n, 1721, p. 762.

M. -M. Gorce.

3. RICCI Joseph, jésuite, né à Lecce le 2 juillet 1650, admis dans la Compagnie le 23 mai 1665, enseigna trente-deux ans les belles-lettres et diverses sciences sacrées, dont pendant douze ans la théologie morale; il fut recteur du collège Saint-Ignace de Naples et y mourut le 17 mars 1713.

Au moment où le P. Thyrse Gonzalez travaillait à convertir la Compagnie au probabiliorisme, le P. Ricci, professeur au collège de Naples, publia un ouvrage intitulé : Fundamentum theologiie moralis, seu de conscientia probabili... opus in quo samma concordia et doclrime uniformilas maxima inter omnes Doctores calholicos, tam probabilistas, quam pmbabiliorislas in assignanda proxima régula honeslatis et formanda conscientia in materia opinativa seu probabili, ob oculos proponitur, et solum rem esse cum novaloribus, Naples, 1702, 320 p., auxquelles il faut ajouter 20 p. de début. L'ouvrage était dédié au T. R. P. Thyrse Gonzalez, général de la Compagnie depuis 1 697 et qui devait mourir en 1705. Dans la Parenesis ad lectorem par Anniba! de Philippis, le grand succès du Fundamentum theologiœ moralis, publié en 1694 parle P. Gonzalez, est signalé (voir dans ce Dictionnaire art. Gonzalez de Santalla, t. vi, col. 1491). Le P. Ricci, en deux dissertations, l'une sur les principes de la probabilité directe, l'autre sur ceux de la probabilité indirecte, s'efforce de montrer que les moralistes de la Compagnie sont en somme d'accord pour le fond et qu'entre doctrines du probabilisme simple et doctrines du probabiliorisme il n'y a guère que des diiïérences d'expression; au lieu de se disputer, il faut lutter contre le jansénisme (novatores). La thèse du P. Ricci est à rapprocher de celle que soutenait vers le même temps le P. Louis Vincent Mamiani délia Rovere, dans un ouvrage publié à Rome e:i 1708 avec approbation du P. Tamburini. successeur du P. Gonzalez, et dédié à Clément XI (Concordia doctrime Probabilislarum cum doclrina Probabilioristarum).

Animés des meilleures intentions, les deux ouvrages, au point de vue doctrinal, semblent plus ingénieux que solides et en somme étaient favorables au probabiliorisme de Gonzalez; ils ne paraissent, ni l'un ni l'autre, avoir eu grande influence, mais ils étaient à signaler comme tendance.

Sommervoi;el, Bibliothèque de la ( omp. de Jésus, t.vi, col. 178.3; Harter, Nomenclator, 3° éd , t. iv, col. 957-958; DôUinger-Reusch, Geschichle der Moralstreiligkeiten, t. i, 1889, p. 258-259.

R. Brouillard.

4. RICCI Scipion (1741-1810) naquit à Florence le 9 janvier 1741; il était le neveu de Laurent de Ricci, général des jésuites, et fit ses premières études chez les jésuites de Florence; il étudia la théologie chez les bénédictins de la même ville et s'initia aux doctrines de Port-Royal. Il embrassa l'état ecclésiastique : d'abord vicaire général de Florence, il devint évêque de Pistoie et Prato en 1780. Dès le début de son épiscopat, il se déclara en faveur des projets de réforme de Léopold II de Toscane et il approuva toutes les décisions prises par ce prince dans le domaine de l'administration, de la discipline ecclésiastique, pour le règh ment du culte et des cérémonies et même pour l'enseignement religieux dans les catéchismes et dans les écoles. Ces innovations d'ailleurs étaient en grande partie inspirées par Ricci lui-même. Conformément aux désirs de Léopold, Ricci réunit, le 18 septembre 1786, le concile de Pistoie, où les doctrines jansénistes furent proclamées, malgré l'opposition de plusieurs évêques. A la suite d'ordonnances épiscopales pour la suppression de pratiques regardées par l'évèque comme superstitieuses, une émeute éclata à Prato, en 1787; mais le duc de Toscane soutint Ricci. Une seconde émeute, le 21 avril 1790, obligea Ricci à donner sa démission, le 3 juin 1790; d'autre part, la bulle Auctorem fldei, le 28 août 1794, condamna les Actes du synode de Pistoie. Ricci fut emprisonné, lors de l'occupation de la Toscane par les Français, en 1799. Par un acte signé le 9 mai 1805, à Florence, Ricci se soumit à la condamnation portée contre lui; mais de graves historiens ont mis en doute la sincérité de cette soumission. Voir art. Pistoie, t. xn, col. 2226-2230. Ricci mourut le 27 janvier 1810.

Ricci consacra toute son activité, qui fut très grande, à répandre dans son diocèse de Pistoie les réformes préconisées par les jansénistes. Dès le 6 octobre 1781, il traça un Règlement pour l'école de théologie du séminaire épiscopal de Prato, afin de préparer son clergé à le seconder dans son programme. On doit enseigner la théologie, en supprimant « toutes les spéculations inutiles et toutes les pointilleries dont plusieurs scolastiques ont étrangement défiguré la théologie ». Pour les questions controversées, le professeur doit se dépouiller de tout esprit de parti, de toute prévention pour une école particulière; il rejettera toute opinion nouvelle et embrassera les sentiments qu'il trouvera le plus conformes à l'ancienne discipline de l'Église; pour les questions de la prédestination et de la grâce, il se tiendra « éloigné du molinisme et de tous ces tempéraments inventés par une démangeaison d'innover, pour s'attacher à l'enseignement de saint Augustin sur ces matières, dans lequel l'Église a toujours reconnu sa doctrine ». Le séminaire durera quatre ans: il y aura deux leçons par jour, avec un programme bien déterminé, durant la troisième et la quatrième année, on exercera fréquemment les élèves « aux confessions sèches et imaginaires, afin qu'ils apprennent insensiblement la pratique nécessaire du tribunal de la pénitence ». La solution des cas de conscience sera publiée chaque année. Nouvelles ecclésiastiques du 12 novembre 1788, p. 183-184. En fait, Ricci fit imprimer un Abrégé des résolutions des cas de conscience, dressées dans son séminaire de Prato par le P. Bandini, moine observantin, professeur de théologie dans ce séminaire : on y trouve les thèses jansénistes touchant le rapport de toutes nos actions à Dieu comme fin dernière, sur la nécessité de la foi explicite aux mystères de la Trinité et de l'Incarnation pour être justifié. Nouv. eccl. du 21 août 1781, p. 135. Ricci fit aussi publier un Recueil d'opuscules concernant la religion en douze volumes, dont on trouvera l'analyse détaillée, ici même, t. xn, col. 2136-2139, et il rédigea lui-même quelques Instructions pastorales. Ibid., col. 2140-2143. Les prin-

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