‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 3)Chapitre 397 sur 470 · E. J.EVESQUE · texte numérisé non relu

E. J.EVESQUE

RIESS Florian, jésuite allemand, ne en 1823, à Tiefcnbach (Wurtemberg). Ordonné prêtre à Rotlenburg en 1845, curé à Ravensburg, puis répétiteur à Tubingue, il fonda et dirigea deux journaux catholiques : ])as deutsche Volksblall et Bas katholische Sonntagsblall. En 1857 il entra au noviciat de la Compagnie de Jésus à Gorheim. En résidence au scolasticat de Maria- Laach, il fonda, en 1864, les Stimmen ans Maria Laach, qui parurent d'abord sous forme de brochures périodiques, puis, à partir de 1871, comme revue mensuelle et sont encore aujourd'hui, sous le nom de Stimmen der Zeit, une des revues catholiques les plus importantes d'Allemagne. Professeur d'histoire ecclésiastique depuis 1870, il accompagna le scolasticat en exil à Ditton Hall en Angleterre, où il continua à enseigner et à écrire jusque quelques mois avant sa mort. Il mourut à Feldkirch le 30 décembre 1870.

On a de lui : Der selige Pelrus Canisius, Fribourg, 18(>5, in-8°; la même année il en publia une édition abrégée : Bas Leben îles sel. P. C, ibid., in-12; Dus Geburtsjahr Christi, chroiïologischer Versuch..., ibid., 1880, in-8°; l'auteur conclut que Jésus est né en l'an 752 de Rome, qui serait aussi le point de départ de la chronologie chrétienne établie par Denis le Petit : conclusions rejetées par l'ensemble des critiques actuels; Nochmals dus Geburtsjahr .lesii, ibid., 1881, in-8°. défense de l'ouvrage précédent contre les objections du I)r P. Schegg. Ce fut surtout par les Stimmen que le P. Riess exerça une influence considérable sur la pensée catholique en Allemagne, en particulier dans la lutte contre le libéralisme et pour les droits de l'Église et du pape. Dans la première série. Die lùiruclicu Papst Pins IX. vont S. Dezemter 1864 (12 fascicules, Fribourg, 1865-1869), il publia quatre études sur le Syllabus. Dans la deuxième série, /)</.s ôkumenisehe Coneil (12 l'asc, Fribourg, 1870-1871, en collaboration avec le P. K. von Weber), il exposa et défendit l'autorité et les décisions du concile du Vatican. N'eut articles dans les Stimmen, devenues mensuelles, sont consacrés à diverses quesl ions d'hisloire ecclésiastique. ( Voir dans Somincrvogel les lit res de ces études cl articles. ) 1 )ans le Kirchenlexicon de Hergenrôther et Kaulen il publia les articles Anlinomismus et Confirmation.

Somincrvogel, Bibl. de la Comp. de Jésus, l. VI, col. 1840-

1817; l.. Koch, s. J., Jesuiten-Lexikon, col. 1540.

J.-P. Grausem.

1. RIGAUD Eudes, frère mineur devenu arche vcque de liuiien (v I27.">). On sail peu de choses sur

ses origines; Il appartenait, sans doute, à une famille noble, comme il ressort de quelques renseignements

fournis par son journal (voir plus loin) rclativeinenl a ses frère cl sieur. Il a du n aille dans les premières années du XIII* siècle; e'esl en I236 qu'il entre chez les

frères mineurs, selon toute vraisemblance au couvent de Paris, où il a pu suivre les leçons d'Alexandre de l lalès. Fn 12 12, s'il n'esl pas maître en théologie, il est «lu moins une autorité dans l'ordre, puisqu'il est offl

ciellement chargé, conjointement avec Alexandre de I lalès, Jean de La Rochelle cl Robert de La Passée, de donner sur la règle franciscaine le commentaire connu sous le nom d'Exposition des quatre maîtres. C'est certainement son nom de Rigaldus qu'il faut lire dans le texte et non celui de Richardus, comme le portent des mss. plus récents (c'est la raison qui avait fait désigner Richard de Cornouailles, ci-dessus, col. 2GG8, comme l'un des quatre maîtres). Jean de La Rochelle, qui avait succédé a Alexandre de Halès dans la chaire de théologie des frères mineurs, étant mort en février 1245, Eudes Rigaud le remplaça comme maître régent du couvent des franciscains. Il ne professa pas longtemps, ayant été élu en 1247 archevêque de Rouen. Le pape Innocent IV, qui pour lors séjournait à Lyon, le sacra en mars 1218 et Eudes fit son entrée à Rouen à Pâques de cette même année. Avec un zèle admirable il se donna tout entier à l'administration de son diocèse. Le journal de ses visites pastorales, soit dans le diocèse même, soit dans la circonscription métropolitaine s'est conservé. C'est un document précieux à tous égards pour l'histoire des mœurs, de la religion, des coutumes liturgiques, etc., au xine siècle. Il nous donne en même temps des indications succinctes, mais fort précises, sur les grandes affaires auxquelles fut mêlé l'archevêque. Entré fort avant dans la confiance du roi saint Louis, peut-être dès son séjour à Paris, Eudes fut souvent consulté par le roi et employé par lui à maintes reprises. Nous n'avons pas à insister ici sur ce côte, d'ailleurs fort intéressant, de l'activité d'Eudes. Il avait déjà prêché la première croisade de Louis IX qui partit eu 1248; en 1207 il prend lui-même la croix pour accompagner le saint roi dans sa seconde expédition. Peu après la mort de saint Louis, il est chargé de faire les premières informations en vue de la canonisation. En 1274 il est au IIe concile de Lyon, comme assistant de saint Bonaventure; il meurt peu après son retour du concile, le 2 juillet 1275.

Outre le journal dont nous avons parlé et qui a été publié par Th. Ronnin en 1852, à Rouen, sous le titre de Regeslrum visitationum archiepiscopi Rolhomagensis, il reste d'Eudes Rigaud plusieurs œuvres importantes, demeurées jusqu'à présent inédites. La plus volumineuse est un Commentaire sur les quatre livres des Sentences, dont l'authenticité est parfaitement établie. Liste des mss. dans P. Glorieux, Répertoire des maîtres en théologie de Paris au XIIIe siècle, t. II, Paris, 1934, p. 31-32 à compléter par F. Pelster, dans Scholastik, t. xi, 1936, p. 518-510: quelques extraits relatifs au libre arbitre sont publiés par dom Lottin, dans Revue thomiste, t. xxxiv, 1020, p. 234-248, et dans les Beitrdge de Ràuniker, t. xxix, passim. C'est un des premiers commentaires qui soit sorti de l'école franciscaine, un des premiers aussi <jui ait pris cette ampleur. La dépendance d'Eudes Rigaud par rapport à la Somme d'Alexandre de I lalès serait évidente (à moins qu'il ne faille renverser le rapport, car, on le sait, tout n'esl pas clair sur les origines de la Somme attribuée à Alexandre); Fudes dépend aussi du chancelier Philippe et d'Albert le Grand. Dans le ms. 737 de Toulouse (fol. lt>7 r°-273 r°), ligure un bloc compact de Quwsliones disputai»-, OÙ le P. Pelster et dom Lottin voient une œuvre authentique de noire franciscain. L'une de ces questions est relative au libre arbitre et se trouve d'ailleurs explicitement attribuée à frère Rigaldus {ibid., fol. 231 v"A);ilom Lottin a publié la table des matières de celte question assez, étendue (elle va jusqu'au fol. 212 v° b) et un certain nombre d'extraits, dans Revue thomiste, t. xxxvi, 1931, p. 886-895. Le ms. d'Arias 7 ■'>'.) fournit un certain nombre de sermons, qui peuvenl se dater de 1246-1247.

Par contre les Poslillœ in Penlateuchum, in Psalterium, in Eoangelium qui se retrouvent en divers mss.

Page 1