Totum sensibile quod experimur in vita spiritual
est abominabile, spurium et immundum.
31. Nullus meditativus veras virtutes exercet internas, quae non debent a sensibus cognosci. Opus est amittere virtutes.
32. Nec ante nec post communionem alia requiritur prseparatio, aut gratiarum actio (pro istis animabus internis), quam permanentia
templation infuse. Celui qui s'arrête toujours au premier ne monte jamais au second; celui qui s'éternise au second n'atteint jamais le troisième qui est notre contemplation acquise dans laquelle il faut persister pendant toute la vie, à moins que Dieu n'attire l'âme (sans qu'elle le désire toutefois) à la contemplation infuse. Celle-ci venant à cesser, l'âme doit redescendre au troisième degré et s'y fixer si bien qu'elle ne retourne plus ni au second ni au premier.
24. Quelles que soient les pensées qui surviennent dans l'oraison, même impures, ou contre Dieu, contre les saints, la foi et les sacrements, si on ne les entrelient pas volontairement sans les repousser cependant, mais qu'on les tolère avec indifférence et résignation, ces pensées n'empêchent pas l'oraison de foi.
Au contraire, elles la rendent plus parfaite parce que l'âme est alors davantage résignée a la volonté divine.
25. Lors même que le sommeil surviendrait et que l'on s'endormirait, l'oraison et la contemplation actuelle n'en continueraient pas moins parce qu'oraison et résignation, résignation et oraison sont une même chose. L'oraison dure autant que la résignation.
26. La distinction des trois voies : purgative, illuminative et unitive est la plus grande absurdité qui ait été dite en mystique, car il n'y a qu'une seule voie, la voie intérieure.
27. Qui désire la dévotion sensible et s'y attache ni ne désire ni ne recherche Dieu, mais soi-même. Et il agit mal celui qui, marchant dans la voie intérieure, souhaite cette dévotion et s'efforce de l'avoir tant dans les lieux saints qu'aux fêtes solennelles.
28. Le dégoût des choses spirituelles est bon, puisque par lui l'amour-propre est purifié.
29. Lorsqu'une âme intérieure prend en dégoût les entretiens de Dieu et les vertus, et qu'elle reste froide et ne sent en elle aucune ferveur, c'est un bon signe.
30. Tout sensible qui serait éprouvé dans la vie spirituelle est chose abominable, malpropre et immonde.
31. Celui qui fait la méditation ne pratique pas les vraies vertus intérieures, car elles ne doivent pas être connues par les sens. II faut donc bannir les vertus.
32. Ni avant ni après la communion, une autre pré-, paration ou une autre action de grâces n'est requise (pour les âmes intérieures) que
in solita resignatione passiva ; quia supplet modo perfectiori omnes actus virtutum, qui fieri possent et liunt in via ordinaria; et si hac occasions communionis insurgunt motus humiliât ion is, petitionis, nut gratiarum actionis, reprimendJ sunt quoties non dignoscatur cos esse ex impulsu speciali Dei; alias sunt impulsus naturœ nondum rnortuœ.
33. Maie agit anima, quae procedit per hanc viam internam, si in diebus solemnibus vult aliquo conatu particulari excitare in se devotum aliquem sensum, quoniam animae interna; omnes dies sunt œquales, omnes festivi. Et idem dicitur de locis sacris, quia hujusmodi animabus omnia loca sunt aequalia.
34. Verbis et lingua grattas agere Deo non est pro animabus internis, quae in silentio manere debent, nullum Deo impedimentum opponendo, quod operetur in illis : et quo magis Deo se resignant, experiuntur se non posse orationem dominicain seu Pater nosler recitare.
35. Non convenit animabus hujus vise internée quod faciant operationes, etiam virtuosas, ex propria electione et activitate; alias non essent mortuœ; nec debent elicere actus amoris erga B. Virginem, sanctos et humanitatem Christi, quia cum ista objecta sensibilia sint, talis est amor erga illa.