RASTIGNAC (LOUIS DE CHAPT DE) H
opcrundo scqui non lune solum, cum eadem operanli magis probabilis apparet, sed elium quundo sequalem prœ se /, ;•.' probabilitatem cum opposita lutiore, stante pro lege, non tamen ctiam, quundo hubere videtur notabililer minorent. Auclorc R. P. Chrislophoro Rassler, Societalis Jesu... Ingolstadt, 1713, in-fol., 830 p., le volume est complété par une Synopsis de 60 pages. Rassler soutenait donc dans ce livre ce qu'on appel 1er;! plus tard l'équiprobabilisme; il prenait rang dans ce groupe de jésuites allemands, qui s'efforçaient de faire prévaloir ce système comme la via média si recherchée alors de tous les esprits pondérés entre rigorisme et laxisme.
Saint Alphonse de Liguori, croyons-nous, ne cite pas Rassler dans son traité de la théologie morale sur la conscience; mais il a pu subir son influence au moins par l'intermédiaire d'Eusèbe Amort, qui manifestement s'est inspiré de lui et de son groupe. Quoiqu'il en soit, l'équiprobabilisme de Rassler était bien oublié et sa Norma recli devenue un livre rare, quand les récentes discussions sur la doctrine de saint Alphonse les ont remis en quelque lumière. Cf. J. de Caigny, ('.. SS. R., Apologelica de œquiprobabilismo S. \lphonsi... disserlalio, 1894; F. Ter Haar, C. SS. R.. De morali systemate S. Alphonsi, 1894; G. Arendt, S. J., Crisis... 1897; ce dernier ouvrage reproduit, Append., p. 325-349, d'importants passages de la Norma recli et de sa Synopsis.
Concina (Apparatus, 1. III, diss. I, c. 7, n. 9, édit. 1773, p. 201) donne une lettre d'Amort, où ce dernier, après un grand éloge de Rassler — vir moribus suavis et in scienliis theologicis eximie versatus — présente la \ormti recli comme une grosse déception apportée aux tenants du probabilisme : à un ami qui manifestait sa surprise lors de la publication du livre, « le bon vieillard, rendu vénérable par son âge avancé », aurait répondu « qu'il avait consulté Dieu avec ferveur dans la prière une année entière avant de le faire paraître et qu'en conscience il n'avait pas trouvé d'autre doctrine a enseigner... ». Rassler n'était pas si avancé en âge, quand il aurait fait cette réponse; il n'avait que 59 ans. De plus il semble bien, d'après l'intéressante étude du P. Kratz, (pie dans la Norma recli, il reste aussi opposé aux vues du P. Gonzalez, — que, d'autre part, quand il écrivait contre celui-ci, il était déjà équiprobabiliste — et qu'il fallait toute la passion des luttes du temps pour invoquer sa doctrine en faveur du probabiliorisme.
En outre de ces ouvrages imprimés, il existe de Rassler en diverses bibliothèques (Munich, Eichstaedt, Dillingen, Louvain) plusieurs cours manuscrits, soit dictés par lui, soit recueillis par ses élèves; ils commentant diverses parties de la Somme théologique de saint Thomas. Voir Sommervogel, col. 1464.
Sommervogel, Bibl. de la Comp. de Jésus, t. VI, col. 1461- 1464; Hurter, Nomenclalor, 3e éd., t. iv, col. 1298-1299; Dollinger-Reuscb, Geschichte der Moralsireitigkeilen..., 1889, t. i, p. 236-245. t. n, ]>. 90-91, 169-191, 216-219; YVilhelm Kratz, S. .T., P. Ckristoph Tiasslcr, dans Zeitschrift fur katb. Thcol., Inspruck, 1916, p. 48-66.
R. Brouillard.
1. RASTIGNAC (Armand Anne-Auguste-Antoine-Sicaire de Chapt de) (1720-1792) naquit au château de Laxion, près de Sarlat, dans le Périgord, en 1726; il fut docteur de Sorbonne, abbé de Saint- Mesmin d'Orléans, prévôt de Saint-Martin de Tours, grand archidiacre et grand vicaire d'Arles. 11 fut député du second ordre aux assemblées de 175.") et de 1760 et il s'associa aux votes de l'assemblée de 1 755 pour le refus de sacrement aux opposants à la bulle Unigenilus. Il fut député par le clergé d'Orléans aux États généraux de 1789. Enfermé à l'Abbaye, le 26 août 1792, il fut massacré le 5 septembre 1792.
Tous les écrits de Rastignac sont dirigés contre les prétentions de l'Assemblée constituante, relatives aux biens du clergé et à la discipline ecclésiastique : Questions
sur lu propriété des biens-fonds ecclésiastiques en France, in-8°, Paris, 1789, où il se prononce fortement contre l'Assemblée au sujet des biens ecclésiastiques : l'administration des biens appartient non à la Nation, mais aux Églises qui les possèdent. — Accord de lu révélation et de la raison contre le divorce, Paris, 1790, in-8° : il montre les funestes conséquences du divorce pour les familles, pour les enfants, les bonnes mœurs et il établit que l'Assemblée nationale est incompétente sur cette question. Questions envoyées de France en Pologne et Réponses envoyées de Pologne en France sur le divorce en Pologne, in-8°, Paris, 1792. - - Lettre synodale de Nicolas, patriarche de Conslantinople , à l'empereur Alexis Comnène sur le pouvoir des empereurs, relativement à l'érection des métropoles ecclésiastiques, traduite du grec, in-8°, Paris, 1792, avec des notes et observations. Cette traduction faite par Rastignac était suivie d'une Réfutation de quelques erreurs capitales soutenues dans l'écrit intitulé : Accord des vrais principes de l'Église, de la morale et de la raison sur la Constitution civile du clergé, écrit signé par dix-huit évêques constitutionnels.
Michaud, Biographie universelle, t. xxxv, p. 219-220;
Feret, La faculté de théologie de P(U-is et ses docteurs les plus célèbres. Époque moderne, t. vu, p. 291-298.
J. Carreyre.