‹ Dictionnaire de thâeologie catholique (volume 4)Chapitre 117 sur 423 · THÉOL'OGIE. SAINT AUGUSTIN · texte numérisé non relu

THÉOL'OGIE. SAINT AUGUSTIN

et de la littérature profane, dans fiech. de science relig.,t. xxi, 1931, p. 38-66; le même, Clément d'Alexandrie et l'utilisation de la philosophie grecque, ibid., p. 511-569.

Il faut dire d'ailleurs que, si Clément a esquissé déjà une théorie de la spéculation théologique, il n'a pas lui-même composé cet exposé synthétique et systématique de la vérité chrétienne que son programme appelait. Les Stromates, comme leur nom l'indique, forment plutôt « une esquisse bigarrée ». Mais le mouvement était créé, la valeur propédeutique de la philosophie et des sciences humaines par rapport à une activité contemplative du croyant, nettement définie. Tout un mouvement de spéculation va se développer. Vers la fin du ne siècle, nous trouverons en Orient des écoles de théologie : en Cappadoce, à Édesse, Jérusalem, Césarée, Antioche, mais surtout à Alexandrie, où le » didascalée de la science sacrée » remonte au delà de Pantène. On avait déjà pu voir, à Rome, avec Justin, Tatien, Rhodon, une sorte d'école catéchétique et apologétique; on a maintenant en Orient de véritables écoles de spéculation religieuse ayant chacune sa tradition et son esprit.

Origène est le créateur de la première grande synthèse de théologie scientifique.

Du point de vue méthodologique, il occupe, dans le développement de la notion de théologie, une place autrement importante qu'Irénée. Et ceci à trois titres : il a fondé l'exégèse scientifique de l'Écriture; il a formulé une théorie de la connaissance religieuse; il a composé le premier écrit de théologie proprement systématique. -- 1° Origène est demeuré, jusqu'en ses spéculations les plus hasardées, un bibliste; son œuvre systématique, le Ilspl àp/ûv, est un commentaire de textes bibliques qui a engagé la théologie, telle (jue la pratiqueront Athanase et les Cappadocuns, dans un sens profondément ecclésiastique et biblique. — 2° Origène a proposé et mis en pratique une théorie de la connaissance religieuse qui accentuait la dislinction faite par Clément entre la foi et la gnose. Beaucoup moins philosophe que Clément, beaucoup plus homme d'Église aussi, il a pourtant séparé davantage la connaissance supérieure de la gnose et la foi commune, mettant ces deux connaissances en relation avec les deux sens de l'Écriture, le sens matériel et le sens allégorique ou spirituel. La gnose représente ainsi, chez Origine, un mode de connaissance et un motif d'adhésion autres que le mode et le motif de la simple foi. Comme la foi pure, elle concerne certes les mystères, mais elle les aborde et s'en nourrit non par la voie des faits historiques et de leurs énoncés, mais par la voie d'une spéculation et de raisons d'ordre idéologique, que seule la sagesse discerne. — 3° Origène a composé !<• premier grand ouvrage de théologie systématique, le rispî. àp/wv, en quatre livres, où il est traité successivement de Dieu et des êires célestes, du monde matériel el de l'homme, du libre arbitre et de ses conséquences, enfin de l'Écriture sainte. Après avoir, dois le prologue, disl ingué les objets que la prédirai ion ecclésiastique impose a la croyance et le domaine des élaboration! ou des explications laissé à l'initiative du chercheur, Origène profite largement de la libellé' de recherche ainsi définie. Mais on a noté Bupra, :n i . Origène, i . xi, col. 1527 sq., el R. Cadiou, Le développement d'une théologie. Pression cl aspiration llrrh. tic science ni., t. xxiii, 1933, p. Ill 129, qu'Orlgène a su se corriger lui même el qu'en lui le

inl el l'homme d'Église Ont rectifié plusieurs fois le philosophe ou le spéculatif hardi. Il a eu h' souci in i vif, dans son œuvre, d'assumer tout ce qu'il était possible d'assumer. Un maître de pensée exigeante et de, un homme soucieux d'assimilei lynthétiquemeni dan, la pensée religieuse tout élément de \érité

el de profiter de tout pour grandir spiril iiellemenl , tel

nous paraît Origène dans le souvenir fidèle de Grégoire le Thaumaturge, évêque de Néocésarée. Oral, paneg., cf. surtout n. 8, 11, 13, 14 fin, P. G., t. x, col. 1077, 1081, 1087, 1093.

Malgré leur grande importance au point de vue dogmatique, nous ne nous arrêterons pas sur les Cappadociens qui, ayant exercé vraiment une activité spéculative, n'en ont pas fait la théorie méthodologique. Mais Rasile affirme très vigoureusement la nécessité de croire d'abord, Hom. in ps. cxv, n. 1, P. G., t. xxx, col. 104 sq.; Epist., xxxvm, n. 5, P. G., t. xxxn, col. 336; mais quand on voit, par exemple dans cette Epist., xxxvm, col. 325, 340, la fermeté et l'acribie avec lesquelles il distingue les notions d'essence et d'hypostase, on doit conclure que la pensée chrétienne est armée pour élaborer, construire et systématiser le révélé, sur la base de la foi. Rien au delà d'une simple répétition des affirmations scripturaires, bien au delà d'un concordisme apologétique avec la philosophie païenne, nous avons ici, au service d'une perception et d'une expression plus précises du donné chrétien, un usage de la raison et de ses ressources, qui est d'authentique théologie. D'ailleurs, Grégoire de Nazianze dira expressément qu'il ne faut pas craindre d'innover en matière d'expressions, pour les besoins de la clarté. Oral., xxxix, n. 12, P. G., t. xxxvi, col. 348 R.

De saint Jérôme nous ne ferons mention que pour sa lettre fameuse à Magnus, qualifié d'Oralor urbis Romœ, P. L., t. xxii, col. 664-068. Cette lettre, en effet, où Jérôme justifie l'usage des lettres profanes, fut pour l'Église occidentale el singulièrement pour le Moyen Age latin, le « lieu » propre où l'on alla chercher la tradition sur le point de l'utilisation des sciences humaines, des lettres et, d'une manière générale, des éléments rationnels dans les sciences sacrées.

IL Saint Augustin. — Saint Augustin a conçu une théorie très forte de la contemplation théologique; l'ayant lui-même appliquée, il a eu, sur le développement de la théologie dans l'Église d'Occident, une influence absolument prépondérante.

Les textes concernant cette conception (le la théologie suai épars, mais on peui se référer à quelques exposes plus explicites e1 plus formels, qu'on trouvera par exemple dans : Serin., xi. m, /'. /.., i . xxx\ m, col. 25 i sq. (commentaire du Nisi credideritis, non intelligetis); Serm., cxvii, n. ."> et 6. col. 665 sq. (sur l'usage des similitudes); Epist., CXX, tul Consentlum, t. xxxiii,col. 452-462 (sur les rapports de la ratio et de la fides; 410); linnrr. in ps. 'A' VIII, serm. xvm, surtout n. 3, i. xxwii, col. 1552 (sur les rapports du credere et de l'tntellectus; lia); De Trinitate (entre 398 et 11 (il, suri oui le 1. XV, t. xi.n.col. 1057-1098; De doctrina ehristiana, 1. It.i. xxxiv, col. 35-66 (397; seconde rédaction

en 127».

Sur la contemplation théologique chez saint Augustin : M. Schmaus, Die psgchologische Trlnitdtslehre dis hl. Auguslinus, Munster, 1927, surtout p. 169-190 (sa position théologique) et 285-291 (scientia el sapientta); F. Cayré, La contemplation augustinienne. Principes de lu spiritualité de suint Augustin, Paris, 1927, surtout les c. vii-ix; Et. toi son, /.k philosophie de suint Augustin, Paris, 1929, chap. sut la loi, sur la sagesse, et conclusion sur l'augustinisme (sur le point de vue de Gilson, cf. les remarques de B. Romeyer,

dans Archives de philos., t. vil, 1930, p. 201-213); (.11. liovei.

Philosophie ci théologie chez suint Augustin, dans Revue de philos., 1930, p. 503-518; H.-I. Marron, Saint Augustin ci

In fin de lu culture unlii/nc, Paris, 1938, surtout la H' el la

IIP partie; R. Gagnebet, La nature de la théologie spéculative, dans Repue thomiste, 1938, p. 3-17.

M. H.-I. Marron, op. cit., a établi que saint Augustin

•'était d'abord converti, en 3,si>, a la ici lien lie exclusive de la lagesse, comportant la seule connaissance de soi-même ei de Dieu, et se subordonnant, pour cette connaissance, l'usage des arts libéraux, puis que. en 391, ordonné i et évoque, il s'était ouvert au souci de l'action el a ce que celle-ci exigeait de connaissance de l'ordre temporel, i a-dlre de scientia •' le /'< doctrina ehristiana et la seconde

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