I. Vie. - De la vie du personnage nous connaissons
fort peu de chose. Sa première ment ion comme évoque
«le Nicée date de 1366 : signature au bas d'un acte
publié en 1927 dans la revue grecque 'K-"T7)plç
rnupi itivcôv orrouSôiv, t. iv, p. 218. lai 1369,
nous le voyons (bms l'entourage de l'ex-empereur
VI Cantacuzènc, devenu moine sous le nom de
juin 1383). Paul, patriarche latin de
Constantinople, préoccupé de procurer l'union dis
i soi la < ont roverse palamite,
qui f une vingtaine d'années el divise
lyzanlins en deux factions rivales. Q s'adri dans ce but. a l'ex-empereur, grand protecteur des palamites, par une lettre, que .ban a traduite en grec
DICT. DE TllfiOL. CATHOI..
et a insérée dans un recueil de documents encore inédits. Cf. les mss Vaticani grœci 673 et 674, datés de 1371, et les mss Paris. 1241 et 1242, qui sont sans doute des autographes. Craignant sans doute de se compromettre, le moine Joasaph ne répondit pas directement au prélat latin. Il chargea l'évêque de Nicée, Théophane, de le faire à sa place. Cette réponse nous est parvenue dans plusieurs manuscrits et nous en reparlerons tout à l'heure. Elle nous montre en Théophane un disciple fidèle de Palamas, soucieux pourtant d'éviter certaines outrances de la terminologie palamite. Évêque de Nicée, Théophane ne put prendre possession de son siège, sinon durant tout son épiscopat, du moins pendant plusieurs années, les Turcs ayant occupé la ville dès 1330. Le pasteur en fut réduit à envoyer des lettres à ses ouailles. Il séjourna habituellement à Constantinople, prenant part au synode permanent. Nous le voyons paraître au synode du 21 janvier 1370, sous le patriarche Dosithée, où il signe : « évêque de Nicée et exarque de toute la Bithynie », Miklosich et Miiller, Acla palriarchalus Constantinopolilani, t. i, Vienne, 1860, p. 531 ; à celui du 9 mai 1371, cf. P. G., t. cm, col. 1441 C; à celui de juin 1380, Miklosich et Miiller, op. cit., t. n, p. 7. A partir de cette date, l'histoire le perd de vue. Nous savons seulement qu'en mai 1381 il avait pour successeur sur le siège de Nicée un certain Alexis. Ibid., p. 25, 27. Il est donc mort, ou a démissionné, entre juin 1380 et mai 1381.
IL Œuvres. — 1° Œuvres pastorales. — L'héritage littéraire de Théophane est assez considérable mais presque entièrement inédit. II figure dans la P. G. par trois de ses mandements à ses ouailles, que publia pour la première fois, à Rome, en 1590, Gonzalve Ponce de Léon, en présentant leur auteur comme identique à saint Théophane Graptos, surnommé le Confesseur, mort évêque de Nicée en 845, malgré la mention expresse de l'hérésie de Barlaam et d'Acyndine clans le premier document : Theophanis archiepiscopi Nicœrti quse exstant opéra nunc primum ex bibliotheca valicana grœce et latine édita, D. Consalvo Ponce de Léon interprète, qui annotationcs eliam addidil et varias lectiones ex allerius codicis collatione, Rome, 1590, reproduit dans P. G., t. cl, col. 279-350. Ces mandements sont à la fois édifiants et doctrinaux. Les deux premiers sont adressés à tous les fidèles en général; le troisième est destiné spécialement aux membres du clergé et constitue un petit résumé de théologie avec des considérations sur le sacerdoce. Le premier fut écrit aussitôt après la nomination de Théophane, avant son ordination, alors qu'il était encore iro^irjçioç. Le prélat exhorte ses ouailles à mener une vie vraiment chrétienne et les met en garde contre la nouvelle hérésie de. Harlaam cl d'Acindyne. Le second est une longue exhortation a la patience et à la longanimité.
2° Œuvres polémiques. — En dehors de ces mande ments, Théophane a laissé surtout des traités de polémique religieuse. II a bataillé à la fois contre les Juifs, contre les antipabimiles et contre les Latins.
1. Contre les Juif» : IIpay(i,aTe[a xarà 'IouSaîcov èv T(i.rju.aai xptol xal X^yoïç 0', ouvrage inédit contenu en entier dans le Valic. grtee. 372, contemporain de l'auteur. L'ouvrage est divisé en trois parties : les
deux premières parties comprennent chacune quatre
X6yoi ou traités ; la troisième partie est divise m
25 chapitres, (.'est d'après cette division du manus
crit Vatican qu'il faut corriger les données cont radie loires fournies tant par les dialogues des manuscrits que par les historiens de la Ml léral me bv/ant ine sur le
nombre des traités de l'ouvrage. Fabricius-Harlès, Btbltotlwca grœca, I. xi. Hambourg. 1808. p. 221,
de uni- traduction latine de 'et ouvrage faite par