LA THÉORIE DES SOURCES ET LA VALEUR
DES auctoritates PATR/STiQVES. — Saint Thomas d'Aquin est, des écrivains médiévaux, celui qui a le plus clairement parlé de la valeur des sources de la doctrine théologique. Au temps même de saint Thomas, Guillaume d'Auxerre (t 1231) venait de faire le rapprochement entie les articuli fidei et les principia de la science théologique. Summa aurea, éd. Pigouchet, 1. III, tr. III, c. i, q. i, f° 131 d; 1. IV, tr. De baptismo, f° 254 c. Voir la formule même chez saint Thomas dans In Boetium de Trin., q. n, a. 2, ad 5um, dont les deux premières questions constituent un petit traité sur la méthode de la théologie; voir également In Dioni/sium de dit), nom., c. n, lect. 1, et Sum. Iheol., IIMI*, q. i, a. 5: ad 2um, où saint Thomas renvoie à Dcnys pour le même rapprochement des principia et des articuli.
Les principes de la théologie, c'est-à-dire les articuli fidei, sont donnés par la révélation divine, Sum. Iheol., I", q. i, a. G, et ils sont consignés dans les Écritures canoniques, dont les textes fournissent au théologien \v auctoritates autour desquelles gravite la technique de la méthode scolastique médiévale. Saint Thomas ne rilc évidemment pas la Tradition comme source des nrliciili fidei; au contraire, c'est surtout à celle-ci qu'il fera appel dans sa doctrine saeramentaire, mais la technique médiévale de la méthode tHéologique ne pouvait que difficilement présenter cette Tradition comme audoritas à l'égal d'un texte, étant donné qu'à l'époque la Tradition se traduisait avant tout dans les pratiques de l'Église. Mais à côté des Écritures canoniques, le Moyen Age reconnut aussi les auctoritates, c'est-à-dire les textes des Pères, comme principes de la théologie à partir desquels on pouvait argumenter. Et, en fait, la théologie du Moyen Age faisait même appel à d'autres » autorités ■ que Celles des Pères et des Écritures, notamment à celles dis philosophes. Mais elle le faisait avec la conscience bien nette de leur valeur respective...
Sacra doctrine hujusmodi (c. à d. phllosophorom) auctorit.-il ilius utltur quasi extraneis argunienlis cl probahililms. Auelnnlatilius autein ennonica- Srriptunr ulitui proprie, '\ ni'i essitate argumcnt.-indo. Auolnritntibus aliorum doctonnn Kcclesiie, quasi arguendo ex proprlis, soi probabillter. (nnitltur enim fuies naîtra révélation! Ipostolls et Prophetls tacts, qui canonlcoa libroi scripsenint; non autrui revolatinni, si qua fnil alils doctoribm factn. Sum. Iheol., I», <\. i. a, 8, ad 2"™: cf. />< <Hv. nom.,
B. I, lect. 1.