CHEZ LES PÈRES DES TROIS PREMIERS SIÈCLES
1° Les Pères apostoliques et les apologistes. — Un indice très certain de l'autorité reconnue à l'enseignement oral dès le début de l'ère chrétienne, c'est le fait que les anciens documents rapportent avec respect les logia du Seigneur et les paroles des « anciens », apôtres ou disciples immédiats des apôtres. Sans doute il faut n'avancer cet argument qu'avec les réserves nécessaires sur l'origine véritable des logia ou des agrapha. Voir Vaganay, Agrapha dans le Supplément du Dict. de la Bible, 1. 1, col. 159 sq. Toutefois, malgré les défectuosités des paroles elles-mêmes dont l'authenticité présente le plus de garantie, « la question de la révérence que l'on a pour les logia du Sauveur et pour l'Écriture en général n'est pas en cause. Ce respect toujours profond se manifeste clairement ». Ibid., col. 190. Et c'est bien là un indice de valeur en faveur de l'existence et de l'autorité d'une transmission orale des enseignements du Sauveur. Aujourd'hui, d'ailleurs, après les controverses qui ont duré plusieurs siècles, catholiques et protestants sont d'accord pour affirmer que, dans l'Église naissante, la doctrine chrétienne fut un enseignement vivant se conservant surtout par la tradition orale. Cf. Harnack, Lehrbuch der Dogmengeschichte, 1. 1, 5e édit., Tubingue, 1931, p. 173- 181; Seeberg, Lehrbuch der Dogmengeschichte, t. i, 3e édit., 1920, p. 210; Krueger, art. Tradition (m. Dog-